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Henri Mongault (Autre)Louise Desormonts (Autre)Claude Roy (Autre)
EAN : 9782070369256
512 pages
Éditeur : Gallimard (15/03/1977)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 146 notes)
Résumé :
La maison des morts, c'est le bagne de Sibérie où Dostoïevsky a purgé comme condamné politique une peine de quatre années de travaux forcés et de six ans de " service militaire ". Mais la maison des morts, c'est aussi le Goulag. La Russie de Dostoïevsky est déjà celle de Staline, de Beria, de Vychinsky, des grands procès où les accusés rivalisent devant leurs procureurs de contrition et d'aveux. Comme l'écrit Claude Roy, " la Russie d'hier et la Russie moderne sont ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
lafilledepassage
  05 juillet 2020
Bienvenue dans l'univers carcéral russe du XIXème siècle !
Certes c'est un livre pas franchement, franchement feel good. Mais bon c'est peut-être aussi le moment idéal de le lire, entre les vacances insouciantes et les jours trop courts trop gris, la Toussaint et les réveillons ...
Lecture difficile mais nécessaire. Dostoïevski est un excellent observateur et nous décrit parfaitement ses compagnons de bagne, tant sur le plan physique que sur le plan psychologique, leurs conditions de vie et les travaux forcés. Il nous parle des coups de verge et autres punitions corporelles, des chaines portées pendant cinq ou dix ans, de la corruption des gardiens, des vols entre détenus et des trafics en tout genre dans le camp, de la malnutrition, du manque d'hygiène (épisode mémorable de la chemise de nuit qui passe de malade en malade à l'hôpital du camp, sans jamais être lessivée, accumulant sueur et autres sécrétions corporelles – pour rester décente). Mais aussi il évoque les moments plus légers, comme la représentation de théâtre au moment des fêtes, moment privilégié où « on avait permis à ces pauvres gens de vivre, ne fût-ce que quelques instants, à leur guise, de s'amuser, de passer une heure autrement qu'en galériens – et ces brèves minutes les avaient moralement transfigurés ». Ou encore le très touchant partage des croissants donnés en aumône par les habitants du village.
C'est un témoignage historique aussi, bien sûr. Mais surtout une expérience grandeur nature de sociologie et de psychologie. Dostoïevski décrit admirablement le crétinisme des petits chefs qui appliquent le règlement à la lettre, la perversion de certains individus qui s'enivrent de leur pouvoir de vie ou de mort sur les bagnards. Mais surtout je trouve qu'il parle excessivement bien de la misère morale des hommes voués à effectuer une tâche qui n'a pas de sens, de la soif insensée parfois de liberté que chacun de nous porte au plus profond de ses entrailles, du pouvoir effrayant de l'argent dans ces lieux où il permet d'acheter un semblant de liberté, celle de le dépenser comme bon nous semble. Et il rappelle fort justement que « aucun homme ne peut vivre sans un but qu'il s'efforce d'atteindre ; s'il n'a plus ni but ni espoir, sa détresse fait de lui un monstre ».
Un livre essentiel. Pour essayer de comprendre l'Homme. Et méditer sur notre époque.
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Ecrits-slaves
  29 juin 2008
Dostoievski, est arreté en 1849 pour avoir fréquenté des cercles révolutionnaires (contre le Tsar Nicolas Ier). Il est envoyé, après une mise en scène d'execution capitale, dans un bagne de Sibérie pendant 4 ans. le livre raconte donc sous forme de notes la vie du camp, l'organisation qui y règne, les bourreaux, la faim, le travail forcé...
Il est particulierement important pour tout lecteur assidu de Dostoievski de lire ce livre. Outre son intérêt historique et son caractère autobiographique, cette oeuvre a surtout marqué un tournant dans la vie littéraire de l'auteur. En effet, au retour du bagne, Dostoievski s'éloigne des cercles révolutionnaires et devient un profond croyant (en Dieu comme en l'âme russe). Il devient conservateur et commence à développer réellement ce qui fera son génie...
L'idée que celui qui est reconnu comme l'un des plus grands génies de la littérature russe (cortège funéraire suivi par 30 000 personnes) ait pu vivre un tel enfer, dans un tel dénuement ... et qu'il ait pu dans cette souffrance, trouver matière à élaborer tant de chefs d'oeuvre sur l'âme humaine... Comment a-t'il pu garder amour et confiance envers son pays ? A quel moment précis s'est déroulée sa rencontre avec Dieu ?
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Henriette
  25 mai 2011
Beaucoup plus lumineux et léger que son thème (le journal d'un déporté en Sibérie...) ne pourrait le suggérer, ce roman autobiographique m'a surtout frappée par sa galerie de personnages hors du commun et sa succession d'anecdotes, parfois profondément tristes, parfois édifiantes, parfois franchement drôles.
Je m'attendais à la description féroce d'un cauchemar, avec matons sadiques, prisonniers qui s'entretuent, famine et maladies et au final, c'est un récit somme toute presque... banal, d'un quotidien répétitif, et qui illustre l'un des propos principaux (et grand sujet d'effarement de l'auteur), qui est que l'être humain est capable de s'adapter à absolument tout.
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PascalMalosse
  06 mai 2019
A la lecture, on a l'impression de vivre auprès des détenus, de partager leur quotidien, leurs humeurs, on se surprend à rêver avec eux d'une simple liberté. A la fin, nous sommes, comme le narrateur ému, de quitter les compagnons de la douleur. Un des récits les plus authentiques de Dostoïevski, sans doute l'expérience qui a changé son écriture à jamais, ouvrant la voie aux grands chefs d'oeuvres plus tard,, tels Crime et Châtiments, les frères Karamazov et les Possédés
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Nikoz
  22 novembre 2016
Quel témoignage (déguisé) quelle expérience (pour le futur auteur)... Et quelle distance, tout de même, avec le Goulag... oui, les siècles qui avancent peuvent faire reculer...
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
PeteplumePeteplume   28 janvier 2012
La tyrannie est une habitude douée d'extension, elle peut se développer. devenir à la longue une maladie.Je soutiens que le meilleur des hommes peut, grâce à l'habitude, s'endurcir jusqu'à devenir une bête féroce. Le sang et la puissance enivrent, engendrent la brutalité et la perversion, si bien que l'âme et l'esprit deviennent accessibles aux jouissances les plus anormales.
...
Chose étrange, tous les bourreaux qu'il m'a été donné de voir donnaient l'impression d'individus intelligents, beaux parleurs, doués d'un amour-propre excessif. L'orgueil avait-il grandi en eux pour résister au mépris général, s'était-il fortifié par la peur qu'ils inspiraient à leurs victimes, par le sentiment de leur pouvoir sur elle?
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NikozNikoz   22 novembre 2016
Il m'est venu un jour à l'idée que si l'on voulait réduire un homme à néant, le punir atrocement, l'écraser tellement que le meurtrier le plus endurci tremblerait lui-même devant ce châtiment et s'effrayerait d'avance, il suffirait de donner à son travail un caractère de complète inutilité, voire même d'absurdité.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   07 décembre 2013
Sans travail, sans lois, sans rien qui lui appartienne en propre, l'homme n'est plus lui-même, il s'avilit, il redevient une bête.
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KirsikkaKirsikka   09 janvier 2016
Il m'est venu un jour à l'idée que si l'on voulait réduire un homme à néant, le punir atrocement, l'écraser tellement que le meurtrier le plus endurci tremblerait lui-même devant ce châtiment et s'effrayerait d'avance, il suffirait de donner à son travail un caractère de complète inutilité, voire même d'absurdité.
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AbelKaderAbelKader   18 juillet 2019
Des trois Tartares du Daghestan, tous frères, les deux aînés étaient des hommes faits, tandis que le cadet, Aléi, n’avait pas plus de vingt-deux ans ; à le voir, on l’aurait cru plus jeune. Il dormait à côté de moi. Son visage intelligent et franc, naïvement débonnaire, m’attira tout d’abord ; je remerciai la destinée de me l’avoir donné pour voisin au lieu de quelque autre détenu. Son âme tout entière se lisait sur sa belle figure ouverte. Son sourire si confiant avait tant de simplicité enfantine, ses grands yeux noirs étaient si caressants, si tendres, que j’éprouvais toujours un plaisir particulier à le regarder, et cela me soulageait dans les instants de tristesse et d’angoisse.
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Videos de Fiodor Dostoïevski (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fiodor Dostoïevski
JE TE SUIVRAI EN SIBERIE, LE 19 SEPTEMBRE AUX EDITIONS PAULSEN Un manuscrit dormait dans les archives de Saint-Pétersbourg, dicté par Pauline Annenkova, une ancienne vendeuse de modes française exilée à Moscou. Il relatait une vie cent fois plus intense qu'un roman. Pauline a rencontré et fasciné deux géants de la littérature mondiale, Dostoïevski et Alexandre Dumas. Leurs portraits sont contradictoires. Qui a tort, qui a raison ? J'ai voulu savoir. Quand son amant, Ivan Annenkov, fut condamné en 1825 avec 120 autres aristocrates russes à l' « exil éternel » aux confins de l'empire russe, Pauline lui avait juré : « Je te suivrai en Sibérie ». Je l'ai suivie à mon tour aux confins de la Chine et de la Mongolie. Puis, de sa maison natale à sa tombe, j'ai reconstitué sa vie.
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