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André Markowicz (Traducteur)Grigori Fridlender (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2742702172
Éditeur : Actes Sud (14/06/1994)

Note moyenne : 3.28/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Pressé par ses amis de décrire ses impressions de voyage lors de sa première visite à l’étranger, en 1862, Dostoïevski répond par une fiction : entre observations, invocations, jugements, invectives, esquisses, croquis ou commentaires, l’écrivain élabore une typologie plus mentale que réelle de l’Occident, dont il ressort essentiellement que sa beauté et son élégance sont les cache-misère de la prostitution enfantine et d’une pauvreté endémique.

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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
cmpf
  30 janvier 2015
J'avais parlé du style de Dostoïevski dans la critique faite de Crime et châtiment regrettant de n'avoir pas lu la version de monsieur Markowicz réputée la plus fidèle à l'écriture de l'écrivain. Ayant cette fois ci l'ouvrage publié par les éditions Babel, j'ai été plusieurs fois obligée de relire une phrase qui ne me paraissait pas claire. Par exemple : « Tous, en général, chaque premier du mois, perdaient à tour de rôle, au bénéfice des autres, tout leur salaire dans un petit pharaon, une partie de préférence, ou de billard chinois ». Une partie de préférence, faut il comprendre leur jeu de prédilection ou autre chose ? Je n'ai pu me référer à une autre traduction car celle qui était disponible avait carrément omis la fin de la phrase. Peut-être est ce conforme au texte d'origine mais cela casse pour moi la lecture. de même le langage des protagonistes me semble étrange dans la traduction nouvelle « Toi, eh gamin, la ferme ! des craques tu dis, de la boue, toi ! t'entends, semelle ! prince, t'es, hein ? tu le piges le truc ? » En particulier le « tu le piges, le truc » me semble faire plus appel au vocabulaire du 20ème siècle qu'à celui du 19ème quel que soit le pays. Dans une autre traduction ces invectives deviennent « Toi, malheureux, va-t'en. Tu n'es qu'un misérable, un voleur ; entends-tu, propre-à-rien, beau prince, un voleur ! ».
Ceci n'a pas pour but de décrier le travail de Markowicz, je n'ai pas de compétences pour cela, mais peut-être d'aider ceux qui se seraient interrogés sur la traduction à choisir. Pour ma part, je crois que je prendrais une traduction plus classique désormais quitte à perdre éventuellement le suc de l'écriture dostoievskienne au profit de la fluidité et du plaisir de lecture.
Ce qui m'inspire un questionnement sur la traduction, doit-elle être fidèle au texte d'origine quelle que soit la culture à laquelle elle est destinée et donc quel que soit l'effet qu'elle fera au lecteur ou doit-elle s'efforcer de provoquer les mêmes impressions qu'aux lecteurs d'origine et donc s'adapter. Je ne suis évidemment pas la première à me poser cette question puisqu'elle est au coeur de la traduction, mais la réponse a visiblement évolué depuis le 19ème.
Concernant Dostoïevski, je ne sais pas si son écriture paraissait heurtée à ses contemporains russes. Je suppose que déjà ses romans dérangeaient certains comme ceux des premiers romanciers français qui ont osé mettre en scène des gens de peu, et Dieu sait si cela semble être le cas de Dostoïevski.
Quant au le roman lui-même, il aurait été inspiré à l'auteur par un fait divers.
Monsieur Prokhartchine est un petit fonctionnaire vivant misérablement dans une pension tenue par une dame (qu'on qualifierait volontiers de marchande de sommeil mais j'ignore quelle était la norme dans la Russie de l'époque), dont il est le favori, cette dame ayant pitié de lui, « que Dieu protège sous son aile ». A noter que comme apparemment souvent chez Dostoïevski les noms des personnages sont significatifs : « khartchi » c'est le crouton de pain. Prokhartchine ne se refuse pas seulement le peu de confort qu'il pourrait apparemment s'offrir, il refuse aussi le commerce de ses semblables, il économise sa vie. de ce fait il devient la cible de ses commensaux qui se mettent à « l'asticoter » avec un succès qui va au-delà de leur volonté de départ. Je laisse aux futurs lecteurs de découvrir par eux-mêmes la fin même si elle se devine.
C'est donc une nouvelle figure de l'avarice, pire à mon sens que celle des deux archétypes que sont Harpagon et le père Grandet. le premier voulant tout au moins s'offrir le plaisir d'un mariage avec une jeunette, et le second s'amusant beaucoup à rouler dans la farine les « parisiens ».
Lu dans le cadre du challenge XIXè siècle 2015
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dienel
  01 mars 2017
J'aime bien, en général, les situations alambiquées dans les romans et ici j'ai été servi. J'ai beaucoup aimé l'approche de l'auteur concernant les différentes réactions dans l'entourage du héros quand la situation de celui-ci évolue. Un texte cynique à souhait.
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Livrepoche
  05 mai 2016
Monsieur Prokhartchine, c'est un très court récit de Dostoïevski dans lequel il dépeint, une fois de plus, avec une sorte de virtuosité qui lui est propre, ce que je considère comme la folie russe. Cette folie qui sonne chez l'occidental que je suis comme totalement irrationnelle (car il peut y avoir des folies rationnelles, oui oui) et qui deviennent sous la plume de Dostoïevski totalement réelle. Réelle mais russe.
Si j'aime Dostoïevski, c'est qu'il n'a pas son équivalent pour nous plonger dans la tête d'un individu. Il est seul capable de transmettre une fièvre par la lecture. Dans Monsieur Prokhartchine, cependant, même si le personnage principal fait montre de quelques bizarreries, ainsi que la galerie de personnages de la pension dans laquelle il habite, nous ne sommes pas (pas uniquement) dans sa tête. La forme de ce récit a une forme plus narrative.
La suite sur le blog…
Lien : http://livrepoche.fr/monsieu..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
cmpfcmpf   30 janvier 2015
Toute cette belle jeunesse se concertait en de rapides clins d’œil et l’on entamait aussitôt une conversation d’abord décente et sérieuse.
Mais quelque hardi gaillard se mettait soudain à débiter un choix de nouvelles le plus souvent aussi apocryphes qu’invraisemblables. Par exemple, il avait entendu Son Excellence confier à Demide Vassiliévitch que les employés mariés valaient mieux que les célibataires et que l’avancement leur convenait de préférence ; car les hommes vraiment calmes et sensés acquièrent dans la pratique de la vie matrimoniale de nombreuses capacités. En conséquence, l’orateur, désireux de se distinguer et de voir grossir ses appointements, se proposait de convoler en justes noces avec une certaine Févronia Prokofievnia. Ou bien, on avait souvent remarqué chez certains d’entre ses collègues une telle ignorance des usages mondains et des bonnes manières qu’il semblait impossible de les admettre dans la société des dames. Pour remédier à un aussi fâcheux état de choses, il avait été résolu en haut lieu qu’une retenue serait opérée sur les appointements en vue d’organiser une salle de danse où se pussent acquérir, et la noblesse des attitudes, et la bonne tenue, et la politesse, et le respect des vieillards, et la fermeté du caractère, et la bonté du cœur et le sentiment de la reconnaissance et autres agréables qualités.
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Videos de Fiodor Dostoïevski (62) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fiodor Dostoïevski
http://www.club-livre.ch#Bessa_Myftiu Interview de Bessa Myftiu réalisée par le Club du Livre en partenariat avec Reportage Suisse Romande
Bessa Myftiu, née à Tirana, est une romancière, poète, conteuse, essayiste, traductrice, critique littéraire, journaliste, scénariste et actrice établie à Genève, en Suisse romande, de nationalité suisse et albanaise. Pour commander un ouvrage de Bessa Myftiu : En SUISSE : https://www.payot.ch/Dynamics/Result?acs=¤££¤58REPORTAGE SUISSE ROMANDE36¤££¤1&c=0&rawSearch=bessa%20myftiu En FRANCE : https://www.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?SCat=0%211&Search=bessa+myftiu&sft=1&sa=0
Fille de l'écrivain dissident Mehmet Myftiu, Bessa Myftiu fait des études de lettres à l'université de Tirana et par la suite elle enseigne la littérature à l'université Aleksandër Xhuvani d'Elbasan. Elle devient ensuite journaliste pour le magazine littéraire et artistique albanais La scène et l'écran. Elle émigre en Suisse en 1991 et s'établit à Genève dès 1992, passant son doctorat et devenant enseignante à l'université de Genève en faculté des Sciences de l'éducation, tout en poursuivant en parallèle ses activités dans les domaines de l'écriture et du cinéma. Depuis 2013, elle enseigne à la Haute École Pédagogique de Lausanne. Elle est par ailleurs membre de la Société Genevoise des Écrivains BIOGRAPHIE 1994 : Des amis perdus, poèmes en deux langues, Éditions Marin Barleti [archive], Tirana 1998 : Ma légende, roman, préface d'Ismail Kadaré, L'Harmattan, Paris (ISBN 2-7384-6657-5) 2001 : A toi, si jamais?, peintures de Serge Giakonoff, Éditions de l'Envol, Forcalquier (ISBN 2-909907-72-4) 2004 : Nietzsche et Dostoïevski : éducateurs!, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-915741-05-6) 2006 : Dialogues et récits d?éducation sur la différence, en collaboration avec Mireille Cifali, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-915741-09-4) 2007 : Confessions des lieux disparus, préface d'Amélie Nothomb, Éditions de l'Aube, La Tour-d'Aigues (ISBN 978-2-7526-0511-5), sorti en 2008 en livre de poche (ISBN 2752605110) et réédité en 2010 par les Éditions Ovadia (ISBN 978-2-915741-97-1), prix Pittard de l'Andelyn en 2008. 2008 : An verschwundenen Orten, traduction de Katja Meintel, Éditions Limmat Verlag [archive], Zürich (ISBN 978-3-85791-597-0) 2008 : le courage, notre destin, récits d'éducation, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 9782915741087) 2008 : Littérature & savoir, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-915741-39-1) 2011 : Amours au temps du communisme, Fayard, Paris (ISBN 978-2-213-65581-9) 2016 : Vers l'impossible, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-36392-202-1) 2017 : Dix-sept ans de mensonge, BSN Press, (ISBN 978-2-940516-74-2)
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