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H. Henri Mongault (Traducteur)L. Louise Desormonts (Traducteur)Gilbert Sigaux (Préfacier, etc.)
Éditeur : le livre de poche classique (01/01/1966)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 169 notes)
Résumé :
La maison des morts, c'est le bagne de Sibérie où Dostoïevski a purgé comme condamné politique une peine de quatre années de travaux forcés et de six ans de «service militaire». Mais la maison des morts, c'est aussi le Goulag. La Russie de Dostoïevski est déjà celle de Staline, de Beria, de Vychinski, des grands procès où les accusés rivalisent devant leurs procureurs de contrition et d'aveux. Comme l'écrit Claude Roy, «la Russie d'hier et la Russie moderne sont exe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  05 janvier 2020
De 1850 à 1854, Dostoïevski purge une peine d'emprisonnement en Sibérie. A sa sortie, il publie "Souvenirs de la maison des morts" aujourd'hui considéré comme un classique de la littérature concentrationnaire. C'était la première fois qu'un roman était publié sur ce sujet politiquement incorrect et dévoilait les coulisses du système pénitentiaire russe.
Dostoïevski passe par le roman pour témoigner, ce qui lui donne davantage de liberté mais on n'a pas de peine à se projeter avec lui au coeur de la Sibérie pour découvrir non seulement l'organisation pénitentiaire mais aussi sa communauté de prisonniers. La force du récit vient du fait qu'il ne s'agit pas d'un pamphlet (contrairement à Victor Hugo qui a fustigé le système judiciaire français à travers "Le dernier jour d'un condamné" et "Claude Gueux") mais bien d'une exploration sociologique de la vie au bagne. le tour de force de ce grand auteur russe est de nous rendre attachants les criminels condamnés.
Les descriptions des scènes de la vie quotidiennes sont incroyables de vie et de précision, et le lecteur est subtilement invité à se forger sa propre opinion au spectacle des usages et coutumes de la prison. L'approche psychologique est fine et sert à merveille un récit tout en action dans lequel il est impossible de s'ennuyer.
Dostoïevski est un auteur qui a été condamné à mort dans sa jeunesse. La sentence fut exécutée par un simulacre avant d'être transformée en déportation. Quand on a vécu ce type d'expérience et qu'on s'est retrouvé les yeux bandés devant un peloton d'exécution, le besoin de témoigner semble plus que légitime, indispensable pour goûter à nouveau au réel.

Challenge XIXème siècle 2020
Challenge MULTI-DÉFIS 2020
Challenge NOTRE-DAME de PARIS
Challenge PAVES 2020
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PhilippeCastellain
  25 février 2018
Peut-être au fond ‘Souvenirs de la maison des morts' est-il le roman russe le plus intéressant de la fin du XIXème. Un paradoxe pour ce texte froid et austère, souvent dédaigné au profit des grands romans. Mais il y a deux arguments à faire valoir.

Le premier est lié au caractère autobiographique, mais pas pour celui-ci en tant que telle. Des livres évoquant la misère des étudiants et de jeunes artistes, les dettes et les jours sans pain, on en trouve à foison et on reconnait bien vite quand ils ne sont pas le fruit de l'imagination. Mais même dans la pauvreté, l'homme instruit ne se mêle pas à l'ouvrier. le jeune homme pauvre reste dans son galetas humide, ressassant ses échecs et relisant ses précieux livres. Il fréquente d'autres jeunes déclassés, parfois quelques grisettes. Il ne manie pas les outils de ses mains trop blanches, ne partage pas le pain noir et la piquette avec l'ouvrier. Qu'on se rappelle Vallés, Vallés le communard, essayant de s'embaucher dans une imprimerie ; Tolstoï jouant les paysans…

Mais Dostoievski, lui, l'a vécu au bagne. Subi. Lui a vécu à leur côté, les a observé, a touché du doigt son inutilité quand il s'agissait d'aider de ses mains. Il décrit nombre d'entre eux – le petit juif d'une endurance insurpassable au sauna, le vieux-croyant banquier… Mais aussi leurs interactions, leurs habitudes, leurs rares distractions. Un témoignage unique sur la Russie des tsars, loin des palais de Saint-Pétersbourg et des babouchkas dans les isbas.
Mon second argument découle du premier, car il s'agit du constat implacable qu'il fait alors : même en prison, les barines et les gens du peuples ne vivent pas dans le même monde. Que les premiers puissent se dire leurs camarades n'engendre que l'incrédulité et le dédain chez les seconds. Un mur invisible et infranchissable les sépare, que Dostoïevski contemple avec tristesse et impuissance, quand Tolstoï se cogne dedans avec obstination.

C'est donc l'un des rares romans russes où se montre le point de vue du peuple. Et la profondeur de la fracture sociale, à bien des égards, permet de mieux comprendre l'incroyable déchainement de violence de la révolution russe.
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lafilledepassage
  14 septembre 2019
Bienvenue dans l'univers carcéral russe du XIXème siècle !
Certes c'est un livre pas franchement, franchement feel good. Mais bon c'est peut-être aussi le moment idéal de le lire, entre les vacances insouciantes et les jours trop courts trop gris, la Toussaint et les réveillons ...

Lecture difficile mais nécessaire. Dostoïevski est un excellent observateur et nous décrit parfaitement ses compagnons de bagne, tant sur le plan physique que sur le plan psychologique, leurs conditions de vie et les travaux forcés. Il nous parle des coups de verge et autres punitions corporelles, des chaines portées pendant cinq ou dix ans, de la corruption des gardiens, des vols entre détenus et des trafics en tout genre dans le camp, de la malnutrition, du manque d'hygiène (épisode mémorable de la chemise de nuit qui passe de malade en malade à l'hôpital du camp, sans jamais être lessivée, accumulant sueur et autres sécrétions corporelles – pour rester décente). Mais aussi il évoque les moments plus légers, comme la représentation de théâtre au moment des fêtes, moment privilégié où « on avait permis à ces pauvres gens de vivre, ne fût-ce que quelques instants, à leur guise, de s'amuser, de passer une heure autrement qu'en galériens – et ces brèves minutes les avaient moralement transfigurés ». Ou encore le très touchant partage des croissants donnés en aumône par les habitants du village.
C'est un témoignage historique aussi, bien sûr. Mais surtout une expérience grandeur nature de sociologie et de psychologie. Dostoïevski décrit admirablement le crétinisme des petits chefs qui appliquent le règlement à la lettre, la perversion de certains individus qui s'enivrent de leur pouvoir de vie ou de mort sur les bagnards. Mais surtout je trouve qu'il parle excessivement bien de la misère morale des hommes voués à effectuer une tâche qui n'a pas de sens, de la soif insensée parfois de liberté que chacun de nous porte au plus profond de ses entrailles, du pouvoir effrayant de l'argent dans ces lieux où il permet d'acheter un semblant de liberté, celle de le dépenser comme bon nous semble. Et il rappelle fort justement que « aucun homme ne peut vivre sans un but qu'il s'efforce d'atteindre ; s'il n'a plus ni but ni espoir, sa détresse fait de lui un monstre ».
Un livre essentiel. Pour essayer de comprendre l'Homme. Et méditer sur notre époque.
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Sachenka
  01 septembre 2013
Souvenirs de la maison des morts me rappelle beaucoup Une journée d'Ivan Denissovitch, écrit par Alexandre Soljenitsyne en 1973. C'est étrange de constater que, malgré la centaine d'années et le changement de régime (de celui des tsars à celui des communistes de Staline) qui les séparent, ces deux oeuvres se rejoignent, l'une faisant écho à l'autre. Camp de travail forcé, goulag, à croire que le temps n'avait rien changé dans cet immense empire. Les deux auteurs ont été condamnés au bagne et cette expérience les a amené à raconter ce qu'ils y ont vécu.
Dostoïevski raconte la vie d'un prisonnier dans un camp de Sibérie. L'arrivée, d'abord, comment survivre à ces premières journées, se faire des amis ou, du moins, ne pas se faire d'ennemis, tant parmi les forçats que les gardiens. Surtout le travail et les façons de s'occuper les longs mois d'hiver. Aussi les petits gestes quotidiens (s'occuper du chien, se faire raser la tête, etc.). Sans oublier l'eau de vie que certains parviennent à faire entrer dans le camp. Puis les fêtes occasionnelles, Noël, Pâques, qui permettent de rompre avec la routine. Quelques uns profitent de séjours à l'hôpital.
Mais ce sont surtout les petites histoires qui touchent. Pourquoi un tel se trouve-t-il ici? Qu'a-t-il commis? Un meurtre? Certains, oui. D'autres ont peut-être imprimé de la propagande jugée dangereuse? Après tout, une bonne partie des prisonniers sont des lettrés, des intellectuels. Comme l'écrit l'auteur, à très peu d'endroits dans la Russie du 19e siècle on ne peut trouver un groupe de 250 personnes dont la moitié sait lire et écrire…
Le tout est écrit avec sobriété et réalisme. On ne s'apitoie pas sur le sort des prisonniers, on ne cherche ni à les excuser ni à les condamner. le lecteur assiste au châtiment de ces hommes, jour après jour après jour… Jusqu'à la libération, pour ceux qui s'y rendent.
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colimasson
  07 mai 2014
Dostoïevski a passé cinq ans dans le bagne d'Omsk en Sibérie. On note généralement cet événement comme l'origine d'un tournant marquant de son oeuvre. A partir de ce moment-là, Dostoïevski semble avoir atteint une clairvoyance humaine prodigieuse. Pourtant, les Souvenirs de la maison des morts, rédigé aussitôt après cet emprisonnement, ne le confirment presque pas. On ne peut parler ni d'autobiographie, ni même d'autobiographie romancée, à peine de fiction. Tout juste se retrouve-t-on en face d'un document austère qui raconte, dans une froide économie de pages, la vie d'un personnage enfermé pour plusieurs années dans un bagne sibérien.
Dostoïevski s'investit à peine dans la psychologie de son personnage et de ceux qui l'entourent. Son expérience carcérale semble avoir agi sur lui comme toutes ces expériences extrêmes qui détachent l'homme de son individualité immédiate pour le projeter sur le belvédère terrestre, depuis lequel il promène sur l'humanité entière un regard d'une plus grande objectivité. Dostoïevski a eu la tentation de raconter son histoire personnelle mais l'entreprise est surtout celle d'un témoignage politique, historique et social qui ne peut pas s'embarrasser de pathétique. le moindre souffle tragique est impitoyablement éliminé. Les Souvenirs de la maison des morts se lisent comme Dostoïevski semble les avoir écrits, avec une lassitude croissante témoignant des bouleversements profonds que son expérience a apportés à sa vision de l'existence.
Revenu de loin, croyant peut-être qu'il ne lui serait plus possible de vivre, Dostoïevski a voulu témoigner de sa souffrance et de celle de ses compagnons de bagne avant de se rendre compte qu'il ne s'agissait que du symptôme d'un mal plus large qu'il ne pourrait jamais décrire en se contentant de rapporter les faits et souvenirs de sa période rétentionnaire. La suite de ses oeuvres constitue peut-être alors une tentative d'approfondissement de cette nouvelle disposition d'esprit…

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Citations et extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
GuelfeGuelfe   13 janvier 2021
Et il était intelligent, rusé, joli, quelque peu instruit, avec certaines capacités. Non ! l'incendie, la peste, la famine, n'importe quel fléau est préférable à la présence d'un tel homme dans la société.
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GuelfeGuelfe   13 janvier 2021
Débauche pour débauche, risque pour risque, mieux vaut aller jusqu'au bout, voire jusqu'au meurtre. Il n'y a que le premier pas qui coûte.
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sweetiesweetie   02 janvier 2021
Moi, quand le sacristain voulait m'apprendre à lire, des fois il me tirait l'oreille et il disait : « Répète : épargne-moi, Seigneur, en ta miséricorde. » Et je répétais après lui : « Épargne-moi, Seigneur, la misère et la corde. »
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sweetiesweetie   02 janvier 2021
Les chefs de l'État russe n'ont jamais voulu seulement qu'on leur obéisse corps et âme. Ils exigent aussi d'être aimés de ceux qu'ils brisent. Ils entendent obtenir le baiser de paix et la révérence d'esprit de ceux qu'ils envoient au supplice. D'Ivan le terrible à Staline, il ne convient pas seulement de mourir bravement sur l'ordre du tyran : il faut encore le bénir dans son agonie.
(Claude Roy, Préface)
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sweetiesweetie   02 janvier 2021
Aujourd'hui, tandis que je suis en train d'écrire ce livre, des rayons de livres humanistes font peser sur moi un scintillement réprobateur, on ne saurait rien obtenir en ce monde par la violence. Ici, assis à ma table et bien au chaud, j'en tombe pleinement d'accord. Mais il faut avoir écopé de vingt-cinq ans pour rien, tenir les mains toujours derrière le dos, être passé à la fouille matin et soir, s'être exténué au travail, avoir été foulé plus bas que terre, pour que tous les discours des grands humanistes nous fassent l'effet d'un bavardage de pékins bien nourris (...)
(Alexandre Soljénitsyne)
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Videos de Fiodor Dostoïevski (51) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fiodor Dostoïevski
Hommage à Dostoïevski par Luc Durtin avec Madame Roubéssinski et Pierre Descaves. Première diffusion le 20 avril 1956 sur Paris Inter. Un grand russe du siècle : Fiodor Dostoïevski, auquel était rendu un hommage, en 1956, à l’occasion du 75ème anniversaire de sa mort, au Théâtre des Arts à Paris. Gens de théâtre, une belle voix russe, des comédiens interprétant des extraits de pièces (adaptation des romans : “L’éternel mari”, “Crime et châtiment”, et “Les frères Karamazov”…), oui, l’émission sera très théâtrale.
Thèmes : Littérature| Littérature Russe| Roman| Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Source : France Culture
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