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ISBN : 2918110019
Éditeur : lOUMETO (11/09/2009)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Une famille en quête de bonheur et de rédemption. Entre immigration de première et de seconde génération, chacun cherche à contourner le système dans lequel les a plongé cette nouvelle ère mondialisée. Une plongée dans les eaux profondes et tumultueuses des drames et des amours qui construiront ou détruiront les liens familiaux ; destins croisés d’un clan pas tout à fait comme les autres.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Charybde2
  18 mars 2013
Surprenante et réjouissante saga franco-africaine en banlieue parisienne.
Publié en 2009 en auto-édition par le « griot junior » franco-congolais Joss Doszen, « le clan Boboto » surprend et réjouit.
Loin des clichés complaisants véhiculés à longueur d'année par les séries télévisées de TF1 (mais trop souvent aussi par celles d'autres chaînes pourtant réputées plus exigeantes), le roman donne vie à une famille franco-africaine étendue, avec ses cousins « adoptés », ses voisins devenus partie prenante et ses partenaires de coeur et de rapine, plongée dans l'authentique dureté socio-économique d'une cité de banlieue déshéritée aux horizons bouchés.
Jouant avec une étonnante maturité de points de vue successifs qui dévoilent dans un efficace clin d'oeil faulknérien ce que chaque protagoniste sait des autres, croit savoir, ou ignore purement et simplement, l'auteur nous entraîne avec brio et dans une langue maîtrisée et savoureuse dans les méandres d'une incroyable « volonté de s'en sortir », cimentée par des valeurs morales en quelque sorte « recomposées », hésitant en permanence entre individualisme et sens du collectif, sans illusions romantiques surestimant la force mythique d'une solidarité « africaine », mais sans mépris ni aveuglement face à toute la légèreté vive et dansante qu'elle peut introduire dans la grisaille des existences trop vite condamnées…
Sans misérabilisme, sans morale conventionnelle, sans étalage gratuit de spectacles épicés ou mortifères, le « Clan » dessine les contours d'une saga qui vibre paradoxalement des meilleures composantes du « Parrain » de Mario Puzo – et l'on se prend à songer qu'un cinéaste talentueux se saisisse de ce puissant canevas franco-africain comme Francis Ford Coppola le fit pour le mythe italo-américain plus ancien.
Quelques (petites) scories et coquilles toujours difficiles à éviter en auto-édition ne gâchent guère le plaisir intense et bien songeur ressenti à la lecture de ce texte, dont on s'explique mal qu'il n'ait pas jusqu'ici trouvé d'éditeur classique. Ou que l'on s'explique trop bien hélas, pour un roman écrit avec grâce, vigueur et redoutable franc-parler par un Franco-Africain, et refusant de se couler dans les « canons acceptés et recherchés » de la littérature écrite en France par des Noirs…
« Tiens il va falloir que je chambre le bonhomme d'ailleurs. Quand je le vois comme ça de profil à papoter avec Arléna je me rends compte qu'il commence à prendre du bidon. Ce confort de bourgeois qui nous gère depuis un moment ne fait du bien à aucun d'entre nous. Quand je pense qu'il jouait au dictateur pour que nous soyons physiquement toujours au top ! Il disait toujours que vu le bouge dans lequel nous vivions nous ne pouvions pas nous permettre d'être faibles. Il fallait se débrouiller pour faire toujours partie des plus forts afin d'éviter les emmerdes.
Mina nous a baladés dans toutes les salles de sport, de la natation à la musculation et surtout au taekwondo où lui, Scotie et moi sommes très vite devenus les meilleurs de nos générations respectives. Même Andriy qui a échappé aux compétitions de taek n'a pu échapper aux séances de muscu hebdo et de self-défense. Mina a fait de cette famille une bande de guerriers à qui il était interdit de combattre. Pour lui c'était au général de combattre et pas aux soldats, mais sur ce point-là il s'est complètement ramassé. Comment aurait-il pu faire pour nous éviter à tous de rentrer dans la mêlée quand on vit dans un ghetto pareil ? Nous avons tous failli y rester, chacun affrontant ses propres démons et chacun cherchant à s'accrocher au premier ange qui lui tendrait un bout d'aile. Moi j'ai mis des gnons au mien mais j'ai tout de même reçu la perche. Et l'ange s'est chargé de me mettre le coup de bâton au cul pour m'empêcher de sombrer dans le chaos qu'était mon univers familial. »
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MarianneL
  25 avril 2013
Emmené par une gouaille qu'un Auguste Breton n'aurait sûrement pas renié s'il était né en Seine Saint Denis dans les années 1980, mâtinée de multiples autres registres de langages, "Le clan Boboto" nous entraîne, dans cette banlieue déshéritée que l'auteur appelle "la zone négative", découvrir les péripéties et déboires du clan Boboto. Dans cette famille franco-africaine, chacun, à sa façon, va essayer de se sortir de la voie sans issue que constitue le fait d'être noir et d'habiter dans une cité de banlieue totalement dégradée.
Très habilement, les regards croisés des membres de cette famille construisent progressivement l'histoire commune du clan Boboto mais nous dévoilent aussi ce que les autres membres de la famille ignorent. Loin des clichés uniformes sur les banlieues, sans angélisme non plus, les personnages sont surtout des héros romanesques, très attachants car ils ont plus de substance que le stéréotype qu'ils incarnent, en particulier Mina le grand frère, monstre gentil de force et de sagesse, Scotie, « le côté obscur de la force », à la tête dès l'adolescence d'un empire contrôlant la drogue et les call-girls dans la zone, mais aussi Bany le cousin qui débarque de son bled, Andriy le junkie... pour finir bien sûr par les darons. Joss Doszen se délecte visiblement de tous les registres de langage et de pensée que ses personnages lui permettent de mettre en musique.
Un très bon moment de lecture.
« Et oui ! J'ai percé mon gars. Je suis en haut du baobab, tout en haut, pendant que tu me regardes d'en bas. Je vais épouser une babtou au sang bleu pétée de thune et commencer enfin à vivre. J'en ai fini avec la vie d'accompagnateur, je vais rejoindre le camp de ceux qui sont nés sur terre pour y vivre et non pas simplement pour faire le nombre. Grâce à ma petite Laurine je rejoins le camp des vainqueurs et tant pis si son vieux facho de père pète une durite à cause de ça. »
« J'avais onze ans quand le corps de Monsieur Gio est tombé à mes pieds, juste au moment où je tentais une passe de l'extérieur du pied gauche à Schearo. La rumeur a couru sur sa petite jeune épousée au bled qui n'avait pu supporter de partager la vie d'un chômeur père de trois gosses, et s'était barrée avec un gamin livreur de pizzas. Et sur le fait que ce serait une énième question de son fils sur ce qu'ils allaient manger ce soir qui aurait fait déborder la coupe. Il avait envoyé ses gosses chez la voisine avant de prendre la voie express : douze étages.
À l'époque, il semble que ce genre de drame fût devenu monnaie courante dans la « zone négative ». Les plus vieux disaient pourtant que les choses s'étaient calmées depuis quelques années. Les plus fragiles avaient déjà pété un plomb lors des faillites en cascade des usines du coin, ceux qui ne s'étaient pas cassé étaient les plus forts, ou n'avaient pas d'autre choix que de rester. Blancs comme noirs, la misère était la même dans la zone, mais c'est sûr que plus nous grandissions, plus les habitants du coin étaient bronzés, et plus leurs accents étaient prononcés. »
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Gangoueus
  24 septembre 2012
« La zone négative » est une de ces cités qui ont fleuri au courant des années 60-70 en France. Zone négative. Elle n'est pas interdite, mais tout simplement voué à ne rien produire de positif. Melting-pot de populations venues de part le monde se créer un destin et prêtes à se soumettre à ce cadre urbain, désertée progressivement par les autochtones qui en avaient les moyens, et c'est dans cet espace que s'établit le clan Boboto.
Dès le départ, on est pris par le style de ce griot « made in France » qu'est Joss Doszen. Introduisant dans son prologue, le contexte historique de ce quartier « sensible », il nous fait découvrir les éléments de cette famille. Les parents se tuent à la tâche pour assurer des conditions décentes à leur progéniture. Ils sont donc peu présents et le père finit quelques années plus tard par déserter le foyer, saisissant une opportunité au bled...

C'est donc à une exploration des différentes composantes de cette famille que se livre le romancier, je voulais dire le griot. A travers le cousin, Bany, venu du bled, adolescent, pour poursuivre ces études, récupéré par un oncle bienveillant après le décès de sa mère, qui se retrouve en situation irrégulière à sa majorité. Ou Scotie, le dernier garçon, discret, doué qui prend la main avec autorité sur le « business » de la cité. Sans oublier, Andriy le tombeur de meufs, sombrant dans sa lente addiction aux drogues. Mina le great bro'. Celui qui tente de tenir la baraque après la désertion paternelle...
Chaque personnage a voix au chapitre. Les divers états d'âme, l'intimité, les combats des différents personnages nous sont livrés de manière très brute, voir brutale. Doszen ne fait pas dans la fioriture. Il est dans la tête de ceux-ci et ne cherche pas à nous traduire leur vision du monde, à atténuer le choc des mots, la violence des fantasmes. Et le roman touche là, à ce qui pour moi fait sens, mettre en scène l'univers de l'autre.

Chacun se cherche dans cette famille. La mère dans la spiritualité, le père dans un amour de jeunesse, les enfants en affrontant un quotidien et pour se défaire des tentacules de la cité et du système qui tendent à vous broyer et vous maintenir dans cette zone négative, improductive. Une clé du roman, pour comprendre cette famille où l'amour tient les individus debout, est dans le sens du nom Boboto en lingala : « La bonté ».
Joss Doszen se révèle être un peintre talentueux qui maîtrise son sujet et se joue des mots à bon escient. J'ai dû mal à comprendre le pourquoi d'une autoédition pour un texte qui mérite une meilleure diffusion et qui constitue ce qui se fait de mieux dans la littérature « périphérique » française.
Affaire à suivre.
Lien : http://gangoueus.blogspot.fr..
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la_plume_francophone
  12 novembre 2010
« La vérité, c'[est] comme une grossesse, elle finit toujours par être évidente, au moins au bout de 9 mois »
Par Virginie Brinker
Le Clan Boboto est le second roman du franco-congolais Joss Doszen, sous-titré « conte urbain ». Il met en scène une famille, celle des Boboto, vivant au dixième étage de la « Tour de Babel » - « une monstrueuse cage à poule dans laquelle les immigrés de tous les coins du monde étaient venus s'entasser dans l'espoir d'une vie meilleure » (p. 4), au coeur de la « zone négative », un quartier dit « sensible » et « défavorisé ». Dans ce roman choral, l'auteur explore les arcanes de la conscience de chacun des membres du clan et nous plonge dans l'intimité parfois crue des personnages. Véritable oeuvre de la marge, célébrant la périphérie et ses paradoxes, le Clan Boboto, nous apparaît surtout comme une traversée du miroir et des faux semblants, une quête salutaire vers la vérité des êtres, de l'autre et de soi.
Lire la suite :
http://la-plume-francophone.over-blog.com/article-joss-doszen-le-clan-boboto-60817283.html
Lien : http://la-plume-francophone...
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Dridjo
  24 décembre 2010
http://gangoueus.blogspot.com/2010/05/joss-doszen-le-clan-boboto-conte-urbain.html
« La zone négative » est une de ces cités qui ont fleuri au courant des années 60-70 en France. Zone négative. Elle n'est pas interdite, mais tout simplement voué à ne rien produire de positif. Melting-pot de populations venues de part le monde se créer un destin et prêtes à se soumettre à ce cadre urbain, désertée progressivement par les autochtones qui en avaient les moyens, et c'est dans cet espace que s'établit le clan Boboto. [.....]

Lien : http://gangoueus.blogspot.co..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
DridjoDridjo   24 décembre 2010
Je crois que j’avais une tête de con quand elle est entrée dans la chambre et que j’avais ma langue sur le bouton-d’or de l’autre. Quand je me suis retourné pour lui faire face, je me suis dit que jamais personne n’aurait été capable d’infliger plus de souffrance à quelqu’un d’autre qu’à cet instant-là. Elle nous a regardés en silence, mon cerveau était comme figé. Inès avait remonté les draps sur sa poitrine, instinctivement ; elle n’avait rien dit non plus. Arléna n’avait rien fait pour cacher les larmes qui coulaient sur ses joues, elle s’était lentement retournée et s’était éclipsée en fermant doucement la porte derrière elle
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