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ISBN : 236229143X
Éditeur : Editions Bruno Doucey (11/02/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes)
Résumé :
L’anthologie que nous publions pour la 19ème édition du Printemps des Poètes est une invitation à explorer le continent injustement méconnu de la poésie africaine. Et cela ressemble à un voyage. Voyage dans le temps, à la rencontre des griots et de l’oralité native du poème ; voyage dans l’espace, d’est en ouest, du nord au sud, sans ignorer les territoires situés au-delà du continent. Car toutes les Afrique cohabitent dans ce livre : méditerranéenne, saharienne, sa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
OumG
  24 août 2017
Ils sont 120 à s'entasser là-dedans. Ils se sont chargés au minimum. Juste un poème, parfois à peine un fragment. Ils sont 120 à s'entasser dans cette barque. Pourvu qu'elle ne chavire pas.
Tous sont porteurs de quelque-chose de leur pays. De leur continent, de leur fleuve ou de leur île. De leur histoire, de leur condition, de leurs blessures. Ce n'est pas de la poésie batelière. C'est un voyage. Un exil, souvent.
Un voyage parti des rives de la Méditerranée. Mais vers le Sud, continentalement, pas à pas. A travers les déserts et les cours d'eau, jusqu'au Cap. Avant de remonter maritime par les îles de l'Océan Indien et des Antilles, jusqu'à un goût d'africanaméricanitude.
Les voici qui s'approchent. Ecoutons ce que leur disait Joyce Mansour.
« Ne jamais dire son rêve
A celui qui ne vous aime pas
L'oreille hostile est tarie
La bouche amère calomnie
La haine vomit le sable du sablier
Plus vite toujours plus vite
La nuit trahie avorte
Une passion au présent déjà passée
Et la peur ne fait qu'augmenter
La rage du caïman
La taille du cancer
Enfouissez vos rêves dans les poches sous vos yeux
Ils seront à l'abri de l'envie
Ils seront à l'abri de l'adage
Qui veut que l'Africain babille
Et que tous les vieux soient sages »
Pourvu qu'ils ne chavirent pas avant d'arriver à Lampedusa.
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polarjazz
  15 décembre 2019
Douze régions d'Afrique et des Caraïbes chantées, contées, clamées, pleurées.
Des auteurs connus et surtout inconnus qui explorent la géographie du corps, la géographie du monde.
De la détresse, de la douleur, de la colère, de l'espérance. Un hymne à l'Afrique. Sensualité et réalisme s'affrontent dans un rythme à la fois fougueux et apaisé. Une poésie contemporaine qui ne lâche rien.
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LaCalebasseaLivres
  29 octobre 2017
Cette anthologie est un ensemble d'extraits de textes de différents auteurs du continent africain et de sa diaspora. J'ai apprécié la qualité des morceaux choisis et leurs répartitions en fonction des régions géographiques d'où sont issues leurs auteurs. Un très beau livre à lire. Coup de coeur 2017. La suite sur le blog.
Lien : https://lacalebassealivres.c..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
OumGOumG   20 août 2017
Je parlerai sans détours,
Parce que j’ai envie d’abandonner les devinettes.
Je vous raconterai comment nous avons tenu nos têtes
Entre nos mains
Parce que le hibou avait fait entendre son hululement toute la nuit
Et que les chiens hurlaient comme s’ils étaient en deuil :
Nous attendions de mauvaises nouvelles.
Nous les avons reçues.
Notre mère était aveugle d’un œil,
Privée de l’usage de la jambe droite.
Parce qu’elle n’avait pas voté
Pour le candidat de son mari.

Laissez-moi rappeler à votre mémoire
Le jour où les plantains pelés
Se sont retrouvés dans la marmite.
Nous avons égorgé un coq,
Anticipant la venue d’un invité de marque.
Et nous l’avons eu :
Notre fille – morceaux de chair dans un sac -
Un cadeau de la part de son mari.

Je parlerai sans détour (extrait), Susan N. Kiguli (Ouganda), traduit de l’anglais par Christiane Owusu-Sarpong
+ Lire la suite
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nath45nath45   08 mars 2017
Trois ethnies

Trois ethnies
Trois jolis sourires,
Trois jeunes destins,
Trois petites filles,
Trois éclats de rires qui chatouillent les manguiers.

Elles jouent en cercle en se tenant la main,
Sandales et peurs au vent,
Trois rêves ludiques,
Trois chansons.

Un, deux, trois, elles sautillent,
Et petites nattes se hissent à l'horizon.
Un, deux, trois, elles sautillent,
Six petits pieds se posent sur la terre fébrile;
Fraîchement violée par ses fils,
Féconde et porteuse en son sein de l'infâme.

Un, deux, trois, et la terre minée s'ouvre,
Rugissante et béante,
Purulente de petits monstres,
Elle avale les trois chansons

Trois petits bouts d'enfance s'envolent en éclats.
Trois rêves déchiquetés, trois rires muets.
Trois destins étouffés, trois boutons de fleurs écrasés.
Trois chants inachevés.

Un, deux, trois pleurs identiques s'élèvent dans un ciel désastré.
Trois silhouettes vêtues d'imvutano noirs s'allongent,
Cheveux rasés, âmes calcinées.

Trois mères,
Tris plaies.
Trois cœurs fendus à jamais.
Hutu, Tutsi, Twa.
Trois ethnies.
Une seule agonie.
Un seul fleuve de larmes qui s'écoule et s'écoule, à l'infini

Et ce silence
Le silence lourd et écarlate du sang des innocents.

Ketty Nivyabandi (Chants du métissage)
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polarjazzpolarjazz   15 décembre 2019
L'amour après l'amour DEREK WALCOTT
Le temps viendra
où, avec allégresse,
tu t'accueilleras toi-même, arrivant
devant ta propre porte, ton propre miroir,
et chacun sourira du bon accueil de l'autre

et dira : assieds-toi. Mange.
Tu aimeras de nouveau l'étranger qui était toi.
Donne du vin. Donne du pain. Redonne ton cœur
à lui-même, à l'étranger qui t'a aimé

toute ta vie, que tu as négligé
pour un autre, et qui te connait par cœur.
Prends sur l'étagère les lettres d'amour,

les photos, les mots désespérés,
détache ton image du miroir.
Assieds-toi. Régale-toi de ta vie.
+ Lire la suite
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nath45nath45   08 mars 2017
honte...

honte à toi qui me cantonnes
à ce lopin de terre
et me donnes le tam-tam à battre

prends donc ta Négritude creuse
porte-la comme viatique
surtout n'oublie pas ta sagaie
encore moins ta natte
on t'attend ainsi
vêtu de peau de léopard

je n'ai pour attaches
que la somme des intersections
les échos de Babel

Alain Mabanckou (tant que les arbres s'enracineront dans la terre, Mémoire d'encrier)
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LaCalebasseaLivresLaCalebasseaLivres   29 octobre 2017
Je parlerai sans détours de Susan N. Kiguli p.127

Je parlerai sans détours,
Parce que j’ai envie d’abandonner les devinettes.
Je vous raconterai comment nous avons tenu nos têtes
Entre nos mains
Parce que le hibou avait fait entendre son hululement toute la nuit
Et que les chiens hurlaient comme s’ils étaient en deuil :
Nous attendions de mauvaises nouvelles.
Nous les avons reçues.
Notre mère était aveugle d’un œil,
Privée de l’usage de la jambe droite.
Parce qu’elle n’avait pas voté
Pour le candidat de son mari.

Laissez-moi rappeler à votre mémoire
Le jour où les plantains pelés
Se sont retrouvés dans la marmite.
Nous avons égorgé un coq,
Anticipant la venue d’un invité de marque.
Et nous l’avons eu :
Notre fille – morceaux de chair dans un sac -
Un cadeau de la part de son mari.
[…]
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Videos de Bruno Doucey (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bruno Doucey
En 2014, Michel Baglin s'entretenait avec Bruno Doucey à l'Université permanente de Nantes à l'occasion de la parution de son recueil "Un présent qui s'absente".
Plus d'infos ici : https://bit.ly/2OauKxh
Réalisation © Thibault Grasset.
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