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ISBN : 2362290832
Éditeur : Editions Bruno Doucey (21/05/2015)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
1943 : Saint-Benoît-sur-Loire. Dans une chambre, un vieux poète juif attend qu’on vienne le chercher. Anticipant son arrestation, Max Jacob noircit les pages d’un petit carnet, racontant avec un humour féroce la folie qui s’est emparée du monde, son inquiétude pour sa soeur déjà déportée, ses angoisses, ses rêves et ses colères. Ce carnet ne le quitte pas en prison et l’accompagne jusqu’à ses dernières heures à Drancy. Il y consigne l’horreur mais aussi l’humanité d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
cathcor
22 février 2016
Dès les premières pages le malheur fait son entrée, avec une lettre anonyme lourde de menaces. Max Jacob, le mage, l'ami d'Apollinaire, le compagnon de frasques de tant d'artistes, se cache à Saint-Benoît-sur-Loire. Il a 68 ans, a été décoré de la légion d'honneur, mais n'a plus le droit de publier: il est né de mère juive. Et, de page en page, l'étau se resserre.
D'abord, sur le carnet bleu, de novembre 43 à février 44, c'est l'horreur de l'hécatombe familiale: Gaston, le frère, Julien Lévy, le beau-frère, et surtout Mirté Léa, la petite soeur tant aimée, arrêtée et conduite à Drancy, et pour qui Max cherche à intervenir auprès de Jean Cocteau et de Sacha Guitry.
Puis, le 24 février, à 11h du matin - le jour de la Saint Modeste, note-il avec humour - trois hommes en civil et une Traction Avant noire. C'est à lui d'être transféré à la prison d'Orléans. Et c'est le carnet jaune (est-il toléré parce qu'on pourra toujours y découper des étoiles, si le tissu venait à manquer ?), et Drancy, où "Monsieur Max" n'est plus qu'un chiffre le matricule 15872, qui mourra le 5 mars 1944, dans l'infirmerie n°5 du camp.
Avec une immense empathie, avec des mots simples comme ceux du doux poète, Bruno Doucey, poète lui-même et éditeur, dont la plume se consacre aux poètes assassinés ( Victor Jara, le chilien, Federico Garcia Lorca ), nous rend proche et fraternel le vieux poète, dont il imagine que Simon, jeune codétenu devenu l'ami et le fils qu'il n'a pas eu, a sauvé les derniers écrits. Mais tout n'est pas imaginé : trois lettres bouleversantes, à Jean Rousselot, commissaire de police à Orléans, à Jean Cocteau et au curé de Saint-Benoît-sur-Loire sont authentiques, ainsi que plusieurs passages de ce livre.
Et Bruno Doucey communique l'envie de serrer dans ses bras le doux vieillard qui, malgré l'horreur, continue à croire au Verbe, à conseiller les jeunes poètes, à créer des mots-valise ( La " torticolitalie"), à plaisanter et à utiliser l'humour comme seule arme ( J'suis le bouquet,
j'suis le bouquet, j'suis l'bouc émissaire...), à soutenir fraternellement ses compagnons de cellule, en chantant Offenbach et en affirmant que la poésie est nécessaire à la vie et que l'amitié et la prière sont plus fortes que l'enfer créé par les hommes.
Ce livre émouvant et simple devrait être conseillé aux lycéens et étudiants: peut-être leur donnera-t-il le désir d'aller plus loin et d'aborder l'oeuvre de l'un des plus grands poètes du XXème siècle.
Merci à Babelio, aux Editions Bruno Doucey et à Bruno Doucey lui-même.
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virginiedelattre
29 février 2016
"...La bonne blague! Je griffonne en homme libre. le contraire de la liberté, ce n' est pas la prison; le contraire de la liberté c'est la mort..."

Au travers de 176 pages, Bruno Doucey nous livre avec ses mots, sa poésie, son style littéraire ce qu' aurait pu être un carnet écrit par Max Jacobs.
Aucun paragraphe, juste des notes au jour le jour, voir au fil des évènements d' une même et seule journée pour nous confier les pensées de cet homme qui se sait menacé, dont les sentiments oscillent entre la peur (pour lui pour les siens, sa petite soeur en particulier), la colère, l' incompréhension de ce monde devenu fou, l' humour.... On lit, on est tenu en haleine par cette vie qui file et qui malgré tout est émaillée d' humour, de réflexion d' une telle justesse!

Il écrira jusqu 'au bout, jusqu' au bout de sa liberté. Derniers instants fait de rencontre, accompagné de sa poésie de toujours
"et ce bon vieux Max d' expliquer à un jeune homme de seize ans, dans la puanteur de la prison d' Orléans, combien la poésie est nécessaire à la vie. Oui je lui ai parlé comme si je m' adressais à un poète, sans me soucier de savoir s' il avait déjà lu ou écrit de la poésie... Écrire pour ne pas désespérer. Pour rester debout. Écrire pour être libre. Tus ais petit la poésie est sacrée quand elle est le fruit de l' urgence..."

Le texte, beau, imagée de poésie, d' exercices poétiques comme cette série de mots valise sur le mot DRANCY.... écrire, poétiser l' horreur, la peur, l' incompréhension, l' injustice.

Au fil de ces pages, de ces mots, Bruno Doucey nous dépeint un moment de l' histoire, de l' histoire de cet homme mais aussi de ses contemporains.

Une très jolie et émouvante lecture. J' avais réellement le sentiment d' avoir ce carnet jaune entre les mains (peut être aussi à cause du format du livre?). Une fois termine, une seule envie, recommencer, regoûter à ce carnet poétique.

Lien : http://biblioado.canalblog
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gilles3822
21 août 2016
Difficile tant le sujet impose le silence; le silence et non l'oubli, c'est pourquoi il faut évoquer cette sombre période de l'Histoire, honte du peuple français qui envoyai à l'abattoir ces propres enfants. La dignité de ce texte nous renvoie à l'abjection des actes qu'il rapporte. Je connais peu Max Jacob. En lisant ces carnets, je me dis que l'absurdité de sa déportation est complète pour autant que la déportation dans la logique nazie puisse avoir un sens, un fonctionnement interne, une mécanique folle.
Merci monsieur Doucey de nous avoir fait partager votre osmose avec ce monsieur Jacob, bon et honnête artiste, ami des grands créateurs.
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Babelette
15 février 2016
Ce 'drôle' de carnet est bien sombre, puisqu'il raconte les derniers mois de Max Jacob, grand artiste mort à Drancy en 1944.
Je ne connais pas son oeuvre mais ce récit à la première personne nous donne un très bel aperçu de Monsieur Max : poésie, humour féroce, esprit enjoué et pensées profondes parsèment son journal. Ses amitiés fortes sont également évoquées.
Des passages particulièrement poignants portent sur sa soeur ou sur son attachement à un jeune homme raflé avec lui.
Un carnet que l'on remercie Bruno Doucey d'avoir 'retrouvé'.
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lelangagedement
25 juin 2016
Paru en mai 2015, le carnet retrouvé de monsieur Max est un roman écrit par Bruno Doucey et publié chez les éditions du même nom. Il s'agit d'un des premiers ouvrages faisant partie de la collection Sur le fil, dirigée par Murielle Szac, et vouée à faire découvrir la vie de divers poètes.
Le carnet retrouvé de monsieur Max, c'est en fait le journal intime que lui imagine Bruno Doucey durant les derniers mois de sa vie. de novembre 1943 à février 1944, Max Jacob expose ainsi son quotidien, ses inquiétudes, ses réflexions sur la guerre et sur les hommes — sans jamais se départir d'un ton malicieux, d'un humour vif qu'il manie comme un dernier outil pour cisailler les ténèbres.
Bruno Doucey se livre à un exercice de style particulièrement périlleux avec une justesse remarquable : dès les premières lignes, c'est Max Jacob que l'on voit, noircissant son carnet depuis la petite chambre dans laquelle il passe la plus grande partie de ses journées.
Chacune de ses pensées semble lui appartenir entièrement, qu'il s'agisse de ses moments d'angoisse ou des multiples fragments poétiques dispersés dans l'ouvrage.
Un roman captivant et empreint d'humanité — l'hommage magnifique d'un poète d'aujourd'hui à un poète d'hier.
Lien : https://lelangagedement.word..
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Citations & extraits (1) Ajouter une citation
lelangagedementlelangagedement25 juin 2016
J’ai longtemps cru que le corps seul éprouvait la sensation du froid. C’est faux. Il existe aussi un frisson de l’âme. La mienne a le pressentiment du malheur.
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Videos de Bruno Doucey (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bruno Doucey
Les paroles de "Manifiesto" peuvent être consultées sur le site "Lyrics translate" http://lyricstranslate.com/fr/manifesto-manifeste.html Victor Jara fut torturé puis assassiné par les hommes de Pinochet le 13 septembre 1973...
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