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Hélène Tronc (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070337477
208 pages
Éditeur : Gallimard (14/09/2006)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 32 notes)
Résumé :

"Vous avez vu comment d'un homme on fit un esclave ; vous verrez comment un esclave devint un homme. " En 1845, à vingt-sept ans, Frederick Douglass, ancien esclave américain, publie l'un des récits les plus puissants contre l'esclavage. Il y raconte son enfance sur la plantation, la séparation des familles, la violence omniprésente, son départ pour la ville et la révélation qui le met sur la voie de la liberté... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
LydiaB
  08 mai 2013
Frederick Douglass nous raconte avec force détails sa vie d'esclave, dès sa plus tendre enfance. Comment ne pas éprouver de compassion pour cet enfant retiré à sa mère très tôt ? Cette dernière, après sa journée de labeur, parcourait des kilomètres à pied pour aller le voir. Bien entendu, elle n'y arrivait que pour le voir dormir et repartait presque aussitôt pour ne pas se faire attraper par le maître qui remarquerait son absence le matin. L'auteur avoue que, lorsqu'il apprit son décès, (elle était morte de maladie et d'épuisement), il n'éprouva aucun sentiment. C'est dur, certes, mais quand on y réfléchit bien, comment cet enfant qui n'a que très peu vu sa mère, et encore de nuit, pourrait-il s'y attacher ? Dans ce monde brutal, il n'y a pas de place pour les sentiments. On apprend alors que Frederick sera ensuite placé par le propriétaire chez un couple âgé, certainement pour apprendre les rudiments du "bon esclave". La dame, au début, essaiera même de lui apprendre à lire. Enfin une once d'humanité dans ce système. Cependant, son mari le lui interdit vite, craignant très certainement que le propriétaire ne l'apprenne. Et à partir de là, la dame deviendra pire que le mari. La violence entraîne la violence n'est-ce-pas ?

Le tournant dans la vie de Douglass sera lorsqu'il apprendra que certains défendent leurs droits, les fameux abolitionnistes. Dès lors, il n'aura de cesse de sortir de sa condition.
Ce livre est passionnant ! En effet, quoi de mieux qu'un témoignage pour apprendre ce qu'il pouvait se passer dans ses immenses propriétés américaines ? Douglass ne nous épargne rien. Et l'écriture est très fluide, très agréable à lire. Je vous le conseille, vraiment !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Under_the_Moon
  06 mars 2014
20 ans avant l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis, Frederick Douglass publiait un témoignage dans lequel il parlait de son expérience en tant qu'esclave, dans le sud et dans le nord du pays. A cette époque, les partisans de l'abolition de l'esclavage se servent des "slave narratives", les témoignages d'esclaves, pour étayer leurs argumentaires. Après la lecture de celui-ci, on en comprend aisément l'utilité.
La première remarque que je tiens à faire sur ce texte est qu'il est très bien écrit, et avec beaucoup d'élégance.
Les évènements qu'il relate valent tous les livres d'histoires que l'on peut trouver sur le sujet. On peut dire de ce témoignage qu'il est "complet" car il aborde tous les sujets qui permettent de connaître la vie d'un esclave dans les plantations du sud et dans les maisons du nord. En commençant par la différence qu'il existe entre les esclaves et les maîtres selon l'endroit où l'on se trouve.
Ce qui rend ce témoignage si marquant, c'est qu'il ne fait pas que narrer des évènements et décrire des conditions de vie mais il analyse aussi les procédés qui entretiennent l'esclavage et ceux par lesquels les êtres humains sont brisés pour ne devenir que des esclaves. Douglass explique de façon très simple et très clair comment le langage presque politiquement correct enferme les esclaves. Ou encore, comment avec perversité, les maîtres se servent d'un semblant de liberté donné à leurs esclaves pour leur donner la sensation que , finalement, ils sont bien mieux que s'ils étaient libres. Ce qui pourra expliquer pour des non initiés aux sujets pourquoi des thèmes comme l'alcool ou l'aliénation des liens familiaux hante la littérature afro-américaine moderne.
Autre point, presque touchant, c'est l'analyse minutieuse que l'auteur livre lorsqu'il nous dit en quoi le fait d'avoir appris à lire et à écrire a certes libéré son esprit, mais qu'en se libérant il n'en est devenu que plus malheureux.
Un témoignage fort et très intéressant à découvrir.
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loreleirocks
  15 décembre 2013
Le témoignage autobiographique de la vie de Frederick Douglass, né esclave sur une plantation du Maryland est un incontournable des Slave Narratives. Un parcours extraordinaire de "maître en maître", pourtant quotidien de nombreux esclaves, entre violence gratuite et apprentissage par divers subterfuge de la lecture et de l'écriture. Cette vision de l'intérieur du système aberrant de l'esclavage est exposée de manière tellement simple qu'il n'en est que plus horrifiant.
Le plus intéressant concerne toute la rhétorique sur la nécessité de maintenir les esclaves dans l'ignorance pour pour favoriser et préserver un système déshumanisant basé sur la terreur, l'exploitation et l'injustice. Également passionnant, la choquante justification religieuse des propriétaires de plantations dans le sud et le paradoxe de la religion en terre d'esclavage... Douglass ajoute d'ailleurs un court chapitre de clôture désirant expliquer pourquoi il peut apparaître comme sans respect pour la religion. Ce qui n'est pas le cas, puisqu'il explique sa différenciation de la religion mascarade des esclavagistes et la religion chrétienne elle-même.
Un petit livre à ne pas manquer, droit au but, dont simplicité apparente du témoignage ne met que plus en évidence la complexité de l'esprit de l'auteur et son questionnement constant face à la condition qui a longtemps été la sienne et celle de millions d'autres.
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Eejil9
  11 janvier 2016
Un récit très touchant : Frederick Douglass nous raconte comment il a vécu en tant qu'esclave, comment il a cherché à s'affranchir de cette abomination dès le plus jeune âge, et comment il a finalement réussi à s'échapper, à gagner un Etat libre et à fonder une famille.
Dans une langue très travaillée, avec de nombreuses réflexions très fines, notamment sur l'hypocrisie de la foi des sudistes, ou sur le caractère barbare et primaire des esclagistes, l'auteur nous montre sans fard ce qu'il a vécu.
Sans fard ? Peut-être pas. Il est intéressant de noter que Douglass a écrit une autre autobiographie, des années plus tard, dans laquelle il donne une version des choses légèrement différente. Changement d'influence, disparition de la peur qu'il avait de nuire à ses compagnons, la cause reste inconnue. Cependant, il est clair que dans ce récit larmoyant, des choses sont fabriquées de toutes pièces : notamment l'histoire de la mère, qu'il confie avoir tout de même bien connue, dans sa seconde autobiographie.
Mais qu'importe, ce livre nous plonge avec réalisme dans la réalité de la condition des esclaves américains de la première moitié du dix-neuvième siècle.
Une belle découverte.
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Virgule-Magazine
  13 février 2019
"Vous avez vu comment d'un homme on fit un esclave ; vous verrez comment un esclave devint un homme." Cette phrase, tirée de l'autobiographie de Frederick Douglass, pourrait résumer sa vie : comment cet homme, né esclave dans une plantation du sud des Etats-Unis au XIXe siècle, réussit, à force de courage et de volonté, à suffisamment croire en lui-même pour conquérir sa liberté ; et comment les vexations, les punitions subies par ses frères d'infortune, loin de l'asservir davantage, firent de lui un combattant zélé du mouvement anti-esclavagiste.
L'avis d'Aurélie, 17 ans : Ce livre est une autobiographie, ce qui rend ce témoignage d'esclave encore plus fort. le récit est de plus accompagné d'un dossier très riche permettant une meilleure compréhension du texte pour les lecteurs les plus jeunes, et une remise en contexte, pour les plus âgés.
L'avis de la rédaction : Ce livre brille autant par le fond que par la forme : cinglant, percutant, ironique, démontant avec finesse les arguments esclavagistes, cette histoire est écrite par une plume acérée qui n'a rien à envier à celle des philosophes des Lumières (ces penseurs du XVIIIe siècle qui ont dénoncé l'esclavage). Seule différence : Douglass a vécu l'esclavage de l'intérieur, ce qui donne à son récit une dimension émotionnelle et humaine qui dépasse le simple argument philosophique.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   08 mai 2013
Les petits blancs savaient leur âge. Je ne pouvais imaginer pourquoi je devais être privé d'un pareil privilège. Il ne fallait pas songer à interroger mon maître là-dessus. Il aurait trouvé des demandes de cette espèce, de la part d’un esclave, inconvenantes et déplacées; il y aurait vu l'indice d'un esprit inquiet. D'après le calcul le plus approximatif que je puisse faire, je dois avoir maintenant de vingt-sept à vingt-huit ans. Je base ma supposition sur ce qu'un jour j'ai entendu dire à mon maître, en 1835, que j'avais alors à peu près dix-sept ans. Ma mère se nommait Henriette Bailey. Elle était fille d'Isaac et de Babet Bailey, qui étaient tous deux nègres et d'un teint très foncé. Ma mère était plus noire que ma grand-mère, ou mon grand-père. Quant à mon père, il était blanc. Tous ceux à qui j'ai entendu parler de ma parenté admettaient ce fait. On disait tout bas que mon maître était mon père. Cette opinion était-elle fondée, c'est ce que je ne puis dire ; car les moyens de le vérifier me furent enlevés.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   05 mars 2014
O, why was I born a man, of whom to make a brute! The glad ship is gone; she hides in the dim distance. I am left in the hottest hell of unending slavery. O God, save me! God, deliver me! Let me be free! Is there any God? Why am I a slave?
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   03 mars 2014
A city slave is almost a freeman, compared with a slave on the plantation. He is much better fed and clothed, and enjoys privileges altogether unknown to the slave on the plantation.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   03 mars 2014
Slaves sing most when they are most unhappy. The songs of the slave represent the sorrows of his heart; and he is relieved by them, only as an aching heart is relieved by its tears.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   03 mars 2014
By far the larger part of the slaves know as little of their ages as horses know of theirs, and it is the wish of most masters within my knowledge to keep their slaves thus ignorant.
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Video de Frederick Douglass (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Frederick Douglass
Frederick Douglass (1818-1895), le lion d’Anacostia : Une vie, une œuvre (France Culture). Photographie : American abolitionist and former slave Frederick Douglass. (Credit: Corbis/Getty Images). Production : Perrine Kervran. Avec la collaboration de Claire Poinsignon. Diffusion sur France Culture le 19 décembre 2015. Né d'une esclave noire et d'un maître blanc, lui-même esclave affranchi, Frederick Douglass devint l'une des plus grandes voix abolitionnistes américaines du XIXème siècle. Par Virginie Bloch-Lainé. Réalisation : Clotilde Pivin. Attachée de production : Claire Poinsignon. Avec la collaboration d'Annelise Signoret. Au 19ème siècle aux Etats-Unis, au cours des trente années qui précèdent l’abolition de l’esclavage en 1865, de nombreux esclaves affranchis racontent leur histoire. Publié et diffusé par les sociétés abolitionnistes, le récit d’esclave devient un genre littéraire. Steve McQueen a réalisé un film à partir de l’un de ces récits, “Twelve years a slave”, écrit par Solomon Northup. Mais la plus célèbre de ces autobiographies, depuis sa publication en 1845 jusqu’à aujourd’hui où elle a le statut de texte classique lu et étudié, c’est l’autobiographie de Frederick Douglass. Né en 1817 d’une mère esclave et d’un maître blanc, Douglass connaît vingt années d’esclavage, sur une plantation d’abord, puis en ville, à Baltimore il parvient à s’échapper. Surdoué, sachant lire et écrire, Douglass raconte la violence dont il fut victime. Il donne des conférences très remarquées car il est un orateur exceptionnel. Rapidement, Douglass est davantage qu’un témoin de l’esclavage. Il s’engage en politique auprès des Républicains et conseille Lincoln pendant la guerre de sécession. Il fonde trois journaux, dirige une banque réservée aux esclaves affranchis, s’enrichit, fait faillite, épouse deux femmes dont une blanche en seconde noce. Douglass est un self-made man américain jusqu’au bout des ongles, irascible et génial.
Avec :
Claire Parfait , professeur de civilisation américaine à l’université Paris-Diderot.
Marie-Jeanne Rossignol,professeur de civilisation américaine à l’université Paris-Diderot.
Agnès Derail, maître de conférences en littérature américaine à l’ENS (Ulm).
Cécile Roudeau, professeur de littérature américaine à Paris III.
Hubert Haddad, écrivain, auteur de “Théorie de la vilaine petite fille” (éd. Zulma), un roman dans lequel apparaît Frederick Douglass.
Bibliographie :
Frederick Douglass, “Vie de Frederick Douglass, esclave américain, écrite par lui-même”, traduit de l’anglais (États-Unis) par Hélène Tronc (Gallimard).
Hubert Haddad, “Théorie de la vilaine petite fille” (Zulma).
François Specq, “De l’esclavage en Amérique”, (éditions rue d’Ulm).
William Wells Brown, “Le récit de William Wells Brown, esclave fugitif, écrit par lui-même”, traduit, introduit et annoté par Claire Parfait et Marie-Jeanne Rossignol (Publications des Universités de Rouen et du Havre).
Solomon Northup, “12 ans d’esclavage”, traduit de l’anglais (États-Unis) par Philippe Bonnet et Christine Lamotte (éditions Entremonde).
Source : France Culture
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