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ISBN : 2849533246
Éditeur : La Boîte à Bulles (07/08/2019)

Note moyenne : 4.75/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Avec Putain de vies, l’illustratrice et auteure Muriel Douru aborde un sujet polémique, captivant et rarement traité en BD : la prostitution. Pour recueillir ces parcours de vie, Muriel s'est jointe aux maraudes de l’association Médecins du monde dédiées aux travailleuses du sexe.
Sans misérabilisme aucun, Muriel donner une visibilité à des personnes qui ont rarement droit à la parole, qui sont invi-sibles alors même qu'elles sont bien souvent au cœur de nomb... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Presence
  09 septembre 2019
Il s'agit d'une bande dessinée indépendante de tout autre, réalisée par Muriel Douru, dont la première édition date de 2019. Il commence par une préface d'Ovidie (actrice, réalisatrice, productrice, autrice et journaliste). Elle évoque sa réticence initiale, avant d'apprendre qu'il s'agit d'évoquer le parcours de vie de travailleuses et de travailleurs du sexe, à partir de leurs propres dires. Elle développe ensuite son propos : elle a constaté que généralement lesdits travailleurs sont exclus des débats qui les concernent, en indiquant que chacun de ces travailleurs a une histoire personnelle différente, qu'ils continuent de souffrir de stigmatisation dans la société, et que les métiers se sont diversifiés avec le numérique, mais qu'ils restent exploités et mal considérés. Vient ensuite une introduction de 3 pages en bande dessinée réalisée par l'autrice elle-même dans laquelle elle évoque ses a priori, son travail dans les maraudes de Médecins du Monde et Paloma dédiées aux travailleuses du sexe, ainsi que la distance de son cadre de référence de vie, d'avec celui des personnes qu'elle a rencontrées. le tome se termine avec une postface de 5 pages, un texte illustré de quelques photographies : paroles de Médecins du Monde & Paloma.
La bande dessinée comprend 10 chapitres, chacun consacré à une travailleuse ou un travailleur du sexe différent. Chapitre 1 : Vanessa - de l'enfant esseulée à la mère de famille nombreuse. Dans un appartement en banlieue, une femme observe sa voisine par le judas de sa porte palière et constate qu'elle fait entrer un homme chez elle. Elle décroche son téléphone et avertir l'office HLM. Vanessa est née il y a 48 ans, vivant dans un appartement avec sa famille dans la banlieue modeste d'une ville de province. Chapitre 2 : Amélia - de la vie subie à la vie choisie. Amélia arrive au boulot pour s'installer à son poste de téléopératrice. Un texto arrive sur son portable lui rappelant qu'elle doit 60.000 euros et que son correspondant ne la lâchera pas tant qu'elle n'aura pas remboursé. Amélia est née au Nigéria dans une famille très pauvre. Chapitre 3 : Mei - Des rizières de la Chine aux trottoirs de Belleville. Quelque part dans le quartier de Belleville à Paris, Mei emmène un client faire une passe dans un appartement. Une fois qu'il est parti, elle se fait choper sur le palier pour un autre homme qui exige du sexe gratuit. Elle ne peut qu'obtempérer au risque sinon qu'au moindre esclandre elle se fasse dénoncer par les voisins. Elle est née en Chine au début des années 1970, et sa famille travaillait durement dans la production de maïs.
Chapitre 4 : Giorgia - du petit garçon des rues à la femme engagée. Dans la nuit du 16 au 17 août 2018, au Bois de Boulogne, un client mécontent abat Vanesa, une transgenre, à bout portant. Une autre travailleuse du sexe en informe Giorgia. Celle-ci est née à Bogota en 1979, dans une famille recomposée. Petit garçon elle a rapidement pris conscience qu'elle avait été assignée à un genre qui n'était pas le sien. Chapitre 5 : Candice - du malheur à la quête du bonheur. Candice regarde une déclaration d'Éric Ciotti à la télévision, enjoignant l'Aquarius à retourner sur les côtes libyennes. Elle est née au Nigéria il y a 25 ans, l'aînée de 3 frères et 4 soeurs. Elle n'a jamais vu d'amour entre ses parents. Chapitre 6 : Lauriane - de l'adolescente complexée à l'escort girl. Lauriane rentre chez elle dans son petit pavillon et trouve un bouquet de fleurs devant sa porte, avec un gentil mot d'un certain Jean-Louis. Elle se souvient de son enfance en pavillon dans une famille ordinaire, et de sa passion pour le sexe, développée à l'adolescence, de ses expérimentations diverses et sans tabou. Chapitre 7 : Emmy - du petit garçon à la femme épanouie…
Le sous-titre explicite la nature de l'ouvrage : itinéraires de travailleuses du sexe. La quatrième de couverture est composée de 2 paragraphes extraits de l'introduction rédigée par Ovidie sur la stigmatisation dont sont l'objet toutes les travailleuses et les travailleurs du sexe. La lecture de l'introduction ne laisse pas de place au doute sur l'honnêteté de la démarche de l'autrice. Cette dernière explique dans l'introduction qu'elle rapporte les histories de vie de personnes qu'elle a rencontrées et qu'elle a écoutées à l'occasion de maraude avec l'association Paloma, la couverture portant en plus le logo de Médecins du monde. La postface de 5 pages constitue un texte explicatif corédigé par Médecins du Monde France & Paloma sur la nature de leurs actions, la diversité des situations des travailleuses/eurs du sexe, et les actions de prévention. le lecteur comprend qu'il s'agit donc d'évoquer plusieurs parcours de vie de manière brève (entre 12 et 24 pages) partant généralement de l'enfance jusqu'à la situation adulte (entre 25 et 50 ans en fonction des personnes). Ces parcours sont présentés de manière condensée, mais pas romancée.
Le lecteur entame la première histoire et apprécie la douceur qui se dégage de la narration visuelle. L'artiste détoure les formes d'un trait léger, fin et précis. Les individus présentent des morphologies variées et réalistes, avec des visages différenciés, des tenues vestimentaires en cohérence avec leur statut social, leur activité, leur culture, la région du globe où se déroule la scène. Muriel Douru représente la réalité sans l'enjoliver, sans la dramatiser, avec un degré de simplification dans les formes pour rendre la lecture plus fluide, sans pour autant s'inscrire dans un registre tout public, encore moins enfantin. Elle prend soin de représenter les environnements en les différenciant également. Au fil des histoires, le lecteur peut observer des appartements différents, un pavillon, une ville au Nigéria, un village en Chine, une rue à Bogota, une vue aérienne de Paris, etc. Il ne s'agit pas de reportages touristiques, mais chaque lieu comporte des caractéristiques géographiques et d'aménagement, cohérentes et réelles. de même, le lecteur est bien en train de lire une bande dessinée, et pas un texte illustré, pas des pavés de texte découpés en morceau où la dessinatrice hésite entre représenter ce qui est dit, ou coller une image de transition. Ces 10 chapitres sont autant de bandes dessinées en bonne et due forme, avec une approche factuelle et descriptive, et une narration visuelle riche et variée, que ce soit dans la conception des prises de vue, ou dans la complémentarité entre textes et dessins.
Le lecteur commence donc par découvrir l'itinéraire de Vanessa, depuis son enfance maltraitée jusqu'à l'interrogation sur son futur maintenant qu'elle a 50 ans. Il n'y a pas de misérabilisme, pas de victimisation, pas de jugement de valeur, pas de romantisme, pas de diabolisation du métier ou des clients. Pour autant, il n'y a pas de banalisation ou d'indifférence. le lecteur a l'impression que Vanessa lui raconte le déroulement de sa vie, avec les éléments relatifs à son métier, et des détails de sa vie privée qui en font une vraie personne. le deuxième récit est raconté de la même manière, avec la même approche naturaliste. L'absence de dramatisation évite à la narration de donner l'impression d'un reportage sensationnaliste. À nouveau, l'histoire d'Amélia est unique et personnalisée. le lecteur ressent tout naturellement de l'empathie basique pour cette personne, en gardant à l'esprit qu'il a accès à une partie de sa vraie vie. du coup, lorsqu'il la voit avec d'autres femmes dans sa situation, dans une cage d'escalier dans un foyer à enchaîner les passes à dix euros, le ressenti est douloureux. Les actes sexuels sont représentés dans 3 cases, sans effet esthétique, sans gros plan, dans un registre sans rapport avec celui de la pornographie. L'aspect factuel de la description rend palpable la réalité de la situation et des actes. En proscrivant tout effet pour appuyer, l'autrice rend possible la projection du lecteur dans la situation, sans filtre déformant.
Au fil des 10 biographies, le lecteur se retrouve ainsi dans la peau d'êtres humains en butte aux pires comportements de ses confrères. Il perçoit la souffrance de chacune de ces personnes. L'effet cumulatif est dévastateur. Au fil de ces 10 parcours de vie, il subit l'oppression, les viols, la guerre, la famine, l'exploitation, les profiteurs, le chantage, les passes à 10 euros, la peur au bois (de Vincennes, de Boulogne), les macs, les mariages arrangés, la violence conjugale, le chômage, la crédulité, l'abus de confiance, le mirage de l'Eldorado, l'angoisse de l'expulsion du sol français, l'indifférence des pouvoirs publics, la prison de son identité sexuelle physique, la séropositivité, la déscolarisation forcée, les prédateurs, la traite des femmes, la pauvreté, le racket, le chantage sur les proches, la reproduction des schémas de la violence familiale, la drogue… Il se rend compte que le parti pris graphique atténue l'horreur visuelle des situations et des violences, rendant la lecture supportable et même agréable, mais qu'il ne cache rien de ces maltraitances. Muriel Douru se révèle être une narratrice extraordinaire. Elle sait représenter la violence sans la rendre esthétique, sans non plus tomber dans le gore. Elle n'hésite pas à représenter les actes sexuels, sans hypocrisie, sans fausse pudeur, mais sans séduction, ce qui correspond bien à cette relation tarifée. Elle montre ces travailleuses et travailleurs en situation de travail, avec une approche professionnelle, sans être technique.
Bien sûr, l'accumulation de maltraitance finit par atteindre le lecteur. Son regard sur ces femmes et ces hommes s'en trouve modifié, quelles que soient ses convictions morales ou religieuses. Dans son introduction, l'autrice évoque la difficulté de projection pour comprendre la réalité de ces vies, à partir de son milieu, son éducation et son statut, de femme blanche et occidentale, n'ayant jamais manqué d'amour parental ni souffert de la faim. Elle indique que la rencontre avec ces femmes et cet homme lui a permis de comprendre combien il est compliqué d'appréhender ce qui vivent des gens au destin si éloigné. Au fil de la lecture, il se dégage également une représentation de la relation sexuelle comme un rapport de force, dans lequel les travailleuses du sexe et les travailleurs du sexe occupent la position de faiblesse. En outre, la représentation de ces rapports forcés, de ces abus réguliers (sans être systématiques) par des clients violents ou voleurs, et souvent des conditions sordides du rapport tarifé (sur le capot d'une voiture) finit par brosser un tableau déprimant de la pulsion masculine imposée aux femmes, et par voie de conséquence subie par les hommes incapables d'échapper à sa force impérieuse. Au sein des témoignages, le lecteur peut relever 2 petites phrases qui définissent cette forme de relation. Dans la première, une travailleuse indique qu'elle était devenue un objet, l'objet de 2 hommes. Dans la seconde, une autre travailleuse constate que même les gentils profitent d'elle : elle doit toujours coucher même quand elle n'en a pas envie, et pour le temps dont ils ont besoin pour se soulager.
Cette bande dessinée est extraordinaire dans le sens où elle parvient à déjouer tous les pièges de la représentation de du travail du sexe (misérabilisme, romantisme, voyeurisme, etc.) sans rien occulter de la nature de ce travail, en donnant la sensation au lecteur d'écouter ces femmes et cet homme en train de lui parler directement, lui laissant son libre arbitre sans lui faire de chantage à l'émotion, sans le culpabiliser, sans l'agresser par des visions insoutenables, dans un rapport de lecture librement consenti, respectueux de sa sensibilité.
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Bequelune
  16 octobre 2019
Cette bande dessinée militante met en images différents témoignages de travailleuses et travailleur du sexe sur le sol français. Extrêmement bien pensée, assortie d'une préface par Ovidie et d'un commentaire final par Médecins du Monde, ce livre illustre bien la diversité des parcours de vie qui peuvent amener à la prostitution, ainsi que les dégats que peuvent créer les réponses idéologiques et simplistes comme la loi de pénalisation de 2016 toujours en vigueur. Une bédé très pertinente.
Il va s'en dire que la lecture de tels témoignages est difficile. Les parcours de vie des différentes personnes présentées ici, s'ils sont très divers, ont tous en commun (une seule exception) une violence originelle – souvent dans le cadre familial. Ce sont des témoignages de personnes migrantes venues d'Afrique subsaharienne, d'Amérique du sud, de Chine ou bien d'Europe de l'est, ou bien de Français-es ; elles sont femmes cis ou trans, il y a même un homme gay. Certaines se prostituent dans la rue, d'autres sur Internet, d'autres comme escorts ou masseur. Certains témoignages finissent bien, d'autres continuent dans les galères. Les clients sont parfois cruels, parfois aidants, souvent indifférents. Les réalités multiples du travail du sexe sont bien représentés, et l'air de rien cette bédé permet en quelques pages de donner une bonne vision de la complexité du sujet. Il y a autant de travail du sexe que de travailleur-euse du sexe, et aucune solution unique.
Ce livre se veut militant d'abord pour ça : exposer les réalités complexes d'un travail du sexe quasiment toujours caricaturé dans les médias publics. Y compris dans le volet législatif puisque la loi de 2016, votée sous l'initiative d'asso comme Le Mouvement du Nid, enfonce les travailleuses du sexe les plus précaires (surtout celles qui travaillent dans la rue) dans de nouvelles difficultés, les exposent davantage aux violences et compliquent la négociation du préservatif. Malgré les plaintes, les rapports fait par à peu près toutes les structures accompagnant et aidant les prostitué-es (Médecins du Monde, AIDES, le Strass...), cette loi reste... Si ce n'est pas l'objet central des témoignages, la préface et la conclusion montrent bien la volonté de faire du plaidoyer de cette ouvrage. Ovidie le dit très bien en ouverture : il faut arrêter de confisquer la parole des premier-es concerné-es, et dire ce qui est bien pour elles et eux à leur place. Trop de dégâts ont été fait de cette façon.
Bravo à Muriel Douru, l'illustratrice et autrice dont je ne connaissais pas le travail, bravo aux assos Médecins du Monde et Paloma qui accompagnent les femmes et l'homme qui ont accepté de témoigner de leur parcours de vie. Et bravo à elles et lui. Une bédé dure mais pertinente pour se confronter à la réalité du monde et faire avancer les choses dans le bon sens.
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Tinuviel33
  12 juillet 2019
Quel magnifique recueil de témoignages ! Sans fard, sans enjolivement, l'autrice et illustratrice nous transmet les témoignages de multiples femmes et hommes travailleuses-eurs du sexe qui ont croisé sa route lors de différentes maraudes auprès d'associations humanitaires. Ces femmes sont cis, trans, viennent de tous les continents, sont porteuses de vives souffrances dues à des existences d'une violence inouïe ; travaillent pour certaines avec plaisir, souvent sans, pour vivre, survivre, sauver leur peau ou celles de leur famille. Plus que tout, ce qui ressort de ces nombreux témoignages ce sont leur force et leur courage, leur bienveillance et leur adaptabilité face aux pires situations de violence.
Le format bande dessinée permet à la fois une grande accessibilité de lecture et une immersion totale au coeur de ces nombreuses vies si différentes et pourtant si semblables. Une bd où les femmes sont traitées avec justesse et justice, les corps montrés tels qu'ils sont dans la vrai vie, les violences dessinées sans tabou.
Cette oeuvre permet de réfléchir pleinement à la question de la prostitution sans s'enfermer dans les nombreux préjugés qui nous tiennent lieu de vérité au sein de nos sociétés patriarcales. C'est une bd, qui émeu car elle représente véritablement la vie de ces nombreux travailleuses-eurs du sexe dans toute leur diversité et entrapercevoir l'inhumanité de certaines réalités face auxquelles on ne cesse de détourner le regard.
J'en ressors avec une vive empathie pour toutes ces personnes et le besoin de sortir de mes représentations sociales. Car qui s'intéresse véritablement aux sorts de toutes ces personnes ? Comment paillent-elles leur loyer, parfois leur proxénète ? Qu'elles violences subissent-elles au quotidien ? Comment font-elles pour jongler avec leur travail et leur vie de maman ? Doivent-elles envoyer de l'argent dans leur pays ? Comment vivent-elles leur stigmatisation ? Tant et tant de problématiques faces auxquelles nos lois et nos politiques sont vaines.
Il est temps que ces personnes soient dignement représentées et qui de mieux placées qu'elles-mêmes et que les associations qui travaillent avec elles pour cela ? Je vous encourage vivement à vous procurer cette bd afin de mieux comprendre ces réalités qui bien trop souvent tuent et de soutenir ce très beau projet.
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culturevsnews
  17 octobre 2019
Une banalité que dire que traiter de la prostitution est difficile. Qui plus est en BD. Et c'est d'autant plus courageux qu'il y a des vérités que l'on aimerait voir ne pas occulter alors que la réalité, violente, sans pitié est parmi nous. Dans Putain de vies, Muriel Douru a eu ce courage en portraitisant plusieurs travailleuses du sexe, chez nous, à côté de nous, et sur lesquels nous fermons les yeux, même pas par pudeur mais par indifférence ou pour en parler sans savoir. C'est leur quotidien que Muriel Douru raconte, leur histoire aussi, toujours, à peu de cas près, misérable, sans issue. Une enquête constat, coup de poing utile et incontournable sur un état des lieux sans complaisance. Des réfugiées dont la prostitution est censée couvrir les frais de leurs passages, Lauriane qui elle par contre aime le sexe et en fait le choix, puis celui de l'amour, les portraits couvrent un large éventail. Chacun est un témoignage différent mais qui montre qu'à part de très rares cas, la prostitution est une tragédie. Muriel Douru est allée à leur rencontre avec l'aide de Médecins du Monde et Paloma. La préface est signé par Ovidie qui connait bien le sujet. Pénalisation des clients, stigmatisation des femmes et hommes prostitués, des aberrations. Sans tomber dans les clichés, sans misérabilisme, l'album donne la parole à des gens qui souffrent et qu'on ignore sans rien en connaître. Un album important. (Par Jean Luc Truc)
Lien : https://culturevsnews.com/
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Tesla2015
  15 juillet 2019
Ouvrir ce livre, c'est regarder par le trou de la serrure d'un milieu particulier. Une fois lu, vous ne serez pas un spécialiste du domaine mais vous vous éloignerez des préjugés tellement présents. Spoiler : les prostituées ne sont pas toutes des femmes victimes de la traite des êtres humains. Cela arrive, c'est vrai mais ce roman graphique vous fera découvrir une réalité nuancée. L'auteur nous propose des parcours multiples sans préjugé mais , je pense, sans édulcoration. Jamais vulgaire et sans tomber dans le pathos, cet ouvrage est un roman écrit avec le coeur et avec la volonté de faire tomber les barrières.
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critiques presse (1)
ActuaBD   27 septembre 2019
Ces témoignages tous très différents ne laissent pas indifférent. On est tantôt horrifié, dégoûté, et même parfois amusé. Loin de tout jugement moral, l’autrice nous délivre des tranches de vie touchantes qui nous amènent à reconsidérer ce que l’on prenait pour acquis. Ce n’est pas là le procès de la prostitution, ni sa défense, mais simplement l’énonciation des faits.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
PresencePresence   13 septembre 2019
Ma famille n'était pas assez riche pour m'envoyer à l'école et mon père voulait me marier de force. Ma mère a été tuée dans l'indifférence générale. J'ai vécu deux mois de viol, de persécutions et de privations pour arriver jusqu'en Europe. J'ai été forcée à la prostitution, et vous vous étonnez que je ne souhaite pas retourner dans mon pays ? J'aspire à une vie enfin apaisée, comme tout le monde.
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PresencePresence   10 septembre 2019
Je suis née en France, il y a quarante-huit ans. Ma famille vivait dans la banlieue modeste d'une ville de province. Ma mère ne m'aimait pas et, telle une Cendrillon du XXe siècle, elle m'enfermait à la maison pour faire le ménage et m'occuper de mes frères et sœurs. Elle ne m'emmenait jamais avec elle quand elle sortait. Mon seul horizon, c'était la vue par les fenêtres de notre appartement, l'indifférence de mon père et la grande violence de notre mère.
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PresencePresence   11 septembre 2019
Mes clients sont des habitués, des gentils qui sont déçus quand je ne souhaite pas les recevoir. Certains, les masochistes, me rendent un service en retour puisque je peux défouler ma colère sur eux.
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PresencePresence   12 septembre 2019
Aujourd'hui, à presque 50 ans, je suis fatiguée et j'ai des problèmes de santé. Je ne sais pas combien de temps, j'aurai encore la force d'exercer le travail du sexe pour survivre et quel sera mon avenir en tant que femme, un jour, âgée et plus désirable.
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PresencePresence   13 septembre 2019
J'ai compris que les femmes transgenres se prostituaient pour survivre ou se produisaient dans des cabarets cachés, car interdits en Équateur. La police y faisait régulièrement des descentes pour les embarquer et les jeter ne prison, où elles étaient torturées et violées. Il arrivait qu'au lieu de la prison, elles soient jetées d'une falaise de la Cordillère des Andes en toute impunité.
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