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Céline Schwaller (Traducteur)
EAN : 9782742765249
357 pages
Éditeur : Actes Sud (23/10/2006)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Amantle accomplit son service national dans un dispensaire de brousse, du côté des superbes paysages du delta de l'Okavango. Affectée à des tâches subalternes, elle découvre une boîte contenant les vêtements d'une petite fille, couverts de sang. Il s'avère que ce sont ceux de la jeune Neo, disparue cinq ans plus tôt. La police avait classé l'affaire : "attaque par un lion, aucune trace de l'accident."
Véritable empêcheuse de danser en rond, Amantle va relance... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
myrtille81
  07 avril 2013
Botswana, détroit de l'Okavango. L'endroit, connu pour ses documentaires animaliers, pourrait faire rêver. Mais c'est une toute autre réalité de son pays que nous fait découvrir Unity Dow, bien loin de ces images de carte postale ou des gentilles enquêtes de la N°1 des femmes détectives (que j'aime beaucoup par ailleurs).
L'innocente est une petite fille d'une dizaine d'années, Néo. Néo a disparu un soir, dans son village de brousse. L'affaire, étouffée par la police, est réouverte grâce à la découverte de ses vêtements tachés de sang. Et c'est le courage d'Amantle et de son amie avocate qui vont faire éclater la vérité.
Dans ce roman, Unity Dow dénonce les croyances dans l'irrationnel et la médecine traditionnelle qui ont cours dans son pays, au nom desquelles des meurtres sont commis. Et étouffés. Car ils sont l'oeuvres de personnes puissantes qui cherchent par ce biais à l'être encore plus. Corruption même au plus haut niveau de l'Etat et des administrations, inégalités sociales, société misogyne, Unity Dow n'est pas tendre avec son pays.
Elle nous donne aussi à découvrir son pays. L'explication à une jeune Anglaise de la mentalité botswanaise par l'exemple des installations de robinet est savoureuse.
Elle interroge également la lâcheté humaine. Quel degré d'inhumanité peut-on atteindre par peur ?Combien de temps peut-on se taire par honte ?
"Y a-t-il un monstre qui dort en chacun de nous ? Et si nous sommes tellement paralysés par la peur, si nous n'osons pas affronter ce mal, qui prendra garde aux cris de l'innocente ?" (p.357)
Un roman à lire, non pas pour l'énigme policière mais pour la plongée au coeur d'un pays. A noter que l'auteur sait de quoi elle parle, elle est la première femme à avoir été nommé juge à la cour suprême. Elle ne fait apparemment pas partie de celles et ceux qui ont peur ! Respect.
Lien : http://mumuzbooks.blogspot.f..
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keisha
  13 janvier 2017
Unity Dow est botswanaise, a été juge à la cour suprême de son pays, et a écrit des romans, dont celui-ci, qui n'est d'ailleurs pas qu'un polar!
Alors prêts à partir pour le Botswana? Plus particulièrement dans le delta de l'Okavango? Pas pour du tourisme, mais pour mieux connaître la réalité de la vie villageoise.
Nous sommes en 1999. Amantle effectue son service national (obligatoire) dans un dispensaire de brousse. Elle désire devenir médecin, mais en attendant elle s'investit bien, y compris quand les deux infirmières tire au flanc lui demandent de ranger un débarras. Voilà qu'elle met la main sur un carton contenant des vêtements ensanglantés, remettant à la lumière une histoire de disparition de fillette dans le village cinq ans auparavant. La police avait conclu à une attaque de lion, les villageois à l'étouffement d'une affaire de meurtre rituel. La tenace Amantle va faire bouger ses amis dévoués, et des personnages haut placés (mais là, contre leur gré)
Je m'attendais à une enquête policière classique, mais, pour mon grand bonheur, j'ai eu l'impression de vivre au Botswana.
Un long et passionnant chapitre, par exemple, raconte l'enfance de la petite Amantle, dernière née et première de la famille à aller à l'école. Villageois et citadins sont aussi enclins à des croyances les poussant à la violence, et hélas le pays n'échappe pas à d'autres maux, tels la corruption... le lecteur peut s'émouvoir, mais aussi s'amuser (en dépit du sujet). Passionnant de bout en bout.
Apprécions la fréquente ironie du texte (ce Disanka est un des meurtriers, on le sait au départ)
"A tous les égards, donc, M. Disanka était un honnête homme. Il possédait des commerces florissants, une bonne épouse, une bonne maîtresse qui savait élever seule ses enfants, de bons enfants légitimes, et de bonnes ex-maîtresses qui savaient élever seules leurs enfants et qui étaient à l'occasion disponibles pour rompre la monotonie de l'épouse et de la maîtresse actuelle. Après tout, les gens ne disaient-ils pas souvent qu'un homme ne pouvait se nourrir uniquement de porridge."
"Je ne vis pas passer la nuit dans la brousse, avec des hyènes qui hurlent et des éléphants qui font trembler le sol! Et puis il y a des lions, par ici!"
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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traversay
  29 août 2012
Peut-on parler de polar à propos de Les cris de l'innocente, le roman de Unity Dow ? Il serait plus juste d'évoquer un thriller dont la toile de fond est un petit village du Botswana. Unity Dow ne se contente pas d'écrire des fictions, elle est juge à la Cour suprême du Botswana et a rédigé plusieurs rapports sur la condition des femmes et des enfants dans son pays. L'affaire dont il est question dans Les cris de l'innocente est un meurtre rituel perpétré sur une jeune fille nubile. Une horreur absolue. Unity Dow maîtrise parfaitement les codes du roman policier et le livre est riche en rebondissements et situations extrêmes. Mais l'intérêt réside dans la description d'une démocratie corrompue où les enquêtes vont rarement à leur terme, où les pauvres n'ont pas droit à la vérité et à la justice, où les puissants font régner la terreur et imposent le silence par la peur. le livre est choquant pour ce qu'il révèle et sous-entend. Et surtout courageux, douloureux et lucide.
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Polars_urbains
  08 octobre 2019
Beaucoup plus qu'un polar, Les Cris de l'innocente mêle le reportage, l'essai anthropologique et le plaidoyer contre l'archaïsme. Pas de grand suspense toutefois : les faits étant établis depuis le début du roman et les coupables désignés, du moins pour la plupart d'entre eux, la seule question est de savoir s'ils seront confondus et éventuellement punis.
Roman dense, bien que parfois un peu lent, bien construit et solidement argumenté, Les Cris de l'innocente commence par la découverte fortuite par une jeune « appelée du service national » dans un village reculé du Botswana de pièces à conviction remettant en cause la version officielle de la disparition d'une petite fille cinq ans plus tôt. Décidée et sans peur, mais hélas un peu naïve, Amantle va mobiliser des amies attachées comme elle à la modernité et mettre tout un village et toute une communauté à ses côtés pour tenter de faire éclater la vérité. Un combat contre l'obscurantisme qui connaîtra bien des péripéties jusqu'à un final glaçant.
Le roman d'Unity Dow, qui a été plus de dix ans juge à la cour suprême du Botswana, part d'un constat accablant sur les pratiques coutumières que connaît encore l'Afrique et constitue un réquisitoire sans appel contre celles-ci. Car si féticheurs et guérisseurs perdurent face à une médecine moderne hélas trop souvent absente dans des zones reculées, certains n'hésitent pas à aller beaucoup plus loin, quitte à se mettre entre les mains de sorciers ayant recours au crime rituel – le dipheko en langue setswana – pour s'assurer réussite, puissance et fortune.
« Les sacrifices humains existent depuis très longtemps, mais avant d'en arriver là, traditionnellement, il fallait épuiser toutes les procédures de conjuration du mal. On commençait par sacrifier les animaux. Aujourd'hui, on est face à des voyous à qui on remet de l'argent pour aller abattre des gens, leur extorquer des organes à vifs. Ce n'est pas un rituel, c'est de la barbarie. le seul rituel en soi, c'est quand le Nganga (sorcier) traite ce "matériel" pour que le client puisse le consommer. C'est un rituel perverti, transgressé. » Joseph Tonda, entretien à Jeune Afrique, Mai 2014
Certainement pas un très grand roman policier, Les Cris de l'innocente constitue toutefois un excellent témoignage sur des pratiques barbares – femmes et enfants kidnappés et démembrés, albinos massacrés, cadavres mutilés – qui, du Togo au Cameroun et de l'Afrique du Sud au Nigéria, n'épargnent aucun pays du continent. Pratiques qui semblent connaître une recrudescence à la veille de chaque élection importante…

Lien : http://www.polars-africains...
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Cronos
  24 mai 2020
Le premier chapitre est assez long mais nécessaire pour bien comprendre les différences de coutumes comme la tolérance pour un homme d'avoir une épouse et des amantes, sur ce qu'est un chef aussi. La description du mari idéal fut longue à mon goût mais quelques lignes sur cet adulte qui fait plus que fantasmer sur des prépubères m'ont paru encore plus longues. Et pourtant l'auteur le rappel à chaque fois M. Disanka est un homme respecté, il a de l'allure, de l'argent donc on se tait sur ce penchant nauséabond. M. Disenka, monsieur… En apparence seulement. Il a beau jouer au bon papa, amant, notable, ce n'est qu'un masque pour camoufler l'être abjecte qu'il est, il y aurait bien un jour où un père n'accepterait pas le viol de sa fille.
Je n'ai pas aimé le style de l'auteure, cela manque de force, il y a trop de répétition qui donnent beaucoup de longueurs à l'intrigue, je n'ai pas été transporté dans ce roman policier mais le cadre est original.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   19 novembre 2015
Dans le village, les gens répandaient des rumeurs à son sujet – mais ils répandaient des rumeurs au sujet de n’importe quel homme ayant réussi. Les gens soupçonnaient fréquemment qu’un homme devait sa situation politique, sa réussite commerciale, son prestige universitaire ou sa promotion professionnelle – n’importe quelle réussite, en l’occurrence – à des moyens diaboliques.
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rkhettaouirkhettaoui   19 novembre 2015
Les fillettes ne laissaient pas leur jupe s’envoler quand elles avaient perdu leur innocence. Et puis, elles ne sautaient pas seins nus ; d’ailleurs, en général, elles ne sautaient plus à la corde. Celle-là était mûre pour la moisson.
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rkhettaouirkhettaoui   19 novembre 2015
Il ne lui voulait aucun mal. Simplement, il la voulait, avait besoin d’elle. Sans doute, dans le fait d’avoir besoin et de vouloir y a-t-il une certaine affection, même si ce n’est pas tout à fait de l’amour.
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rkhettaouirkhettaoui   19 novembre 2015
Mary était une belle femme qui remportait souvent des concours de beauté. Elle se souciait toujours de son apparence, et elle avait en permanence un miroir sur elle : elle semblait presque croire qu’un jour, en se regardant dans son miroir, elle s’apercevrait qu’une méchante sorcière l’avait dépossédée de sa beauté. Elle était toujours en train de vérifier ses traits pour s’assurer que tout était bien en place.
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rkhettaouirkhettaoui   19 novembre 2015
On ne voit pas l’intérêt de modifier notre âge sur une base annuelle quand il suffit de retenir une seule date. C’est seulement notre façon de voir les choses. C’est différent, peut-être, parce que nous avons des priorités différentes. Ce que je veux dire, c’est que si quelque chose ne te semble pas logique, réfléchis et demande-toi si ce n’est pas toi qui n’as pas la mentalité adéquate pour le comprendre.
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