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EAN : 9782070458318
208 pages
Gallimard (02/05/2014)
2.89/5   22 notes
Résumé :
Dans les entrailles d’un paquebot transformé en palace, deux hommes pleurent la mort d’un de leurs amis en écoutant le douzième album des Beatles… qui n’a jamais existé. À l’atterrissage de son avion, Buddy Holly ne sait pas qu’il va participer au plus grand concert de sa vie. Elvis le rouge restera dans les mémoires comme l’un des plus grands chanteurs de rock et l’un des syndicalistes les plus charismatiques. Revenu d’entre les morts, Jimi Hendrix se paye une dern... >Voir plus
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J'ai remis à plat mon existence. Aujourd'hui, j'arrête les clopes. Demain, j'arrête l'alcool. Après-demain, j'arrête les clopes. Oublie l'alcool, le réveil sonne la tête dans le cul, la bringue de la veille à te foutre la nausée. Tout avait pourtant bien commencé dans cette piaule abandonnée. Des caisses de bières laissées pour mon compte, une vieille platine disque. Un vinyle sous la poussière. Je souffle dessus, lâche le diamant, la musique abonde dans la moiteur exigüe et la puanteur de cette chambre. Quatre garçons dans le vent. Mais… mais… ce ne sont pas les accords originaux. Un album qui ressemble à deux gouttes de whisky à « Let it Be », sauf qu'aucun Islay ne ressemble à un autre Islay, aucun Speyside à un autre Speyside… Mais d'où sort cet album, d'une autre dimension. Musique de générique, si fidèle à mon enfance, les images en noir et blanc. Je rentre dans la quatrième dimension. Une dimension où les albums des Beatles ne sont pas tout à fait les mêmes albums que ceux de mon habituelle dimension. Faut-il vraiment que j'arrête la tourbe dans mon verre.

Le temps de m'en resservir un, de mettre un caleçon propre, et descendre dans la rue pour aller m'acheter un paquet de Marlboro, le cowboy solitaire qui chevauche les plaines à la recherche de sa propre solitude et de son profond bien-être. Personne, pas un chat, noir ou gris, dans les rues, ni même dans la laverie automatique. Deux pièces dans la machine, mon caleçon à laver, programme délicat. Un bus s'arrête, un type plus vieux et plus gros, dans un costume presque grotesque, blanc avec des franges, une banane à la Dick Rivers. Je reconnais ce gars-là, il s'appelle Elvis dans mon inconscient, mais que fait-il ici, dans ce trou du cul du monde et du Minnesota. Un congrès sans fan. Tristesse d'un déchu devenu vieux et gros. C'est la vie, ma putain de vie. Un homme qui vieillit, même avec une guitare, cela change la vision du rock'n'roll. Et quand je rencontre Janis et Jim en coulisses, je me dis qu'il est temps que je change de dimension.

La peau grisâtre, comme sorti d'un tombeau de Toutankhamon. Les bandelettes qui pendent encore de sa veste à franges. le regard perdu, l'oeil droit hagard, le gauche je ne t'en parle même pas. Un trou perdu de la campagne anglaise, mon Westfalia naviguant de pubs en distilleries. J'hésite à m'arrêter sur le bord de la route et prendre ce zombi, pouce levé, guitare dans le dos. Après-tout, il pourra me décapsuler les canettes lorsque je serai au volant. Derrière ce type, pourtant, une nuée de serpents qui glissent entre ses jambes. Putain d'hallucinations morbides. Il s'installe à l'arrière, à deux doigts de chialer comme une madeleine ou pire une gonzesse romantique. Pourtant, il n'est pas seul, j'ai la vision d'une nuée de groupies suivies par une nuée de roadies déambulant dans la fraîcheur brumeuse londonienne d'une nuit parsemée d'étoiles. Arrêt dans un bar, je demande un verre d'anis étoilé au comptoir. Les serpents glissent entre les tabourets et les flaques de bière éventée. Je vais aux chiottes, une piqûre, je respire, les serpents fuient dans leur nid, je reprends la route, sans zombi. Juste une musique dans la tête, ou dans le haut-parleur de ma caisse, une vieille cassette de Jimi.

Des grands noms de la SF anglo-saxonne, des spécialistes de la dystopie ou autre fantasy fantastique comme Michael Moorcock, Walter Jon Williams, Michael Swanwick, Ian R. MacLeod ou autre Stephen Baxter. le déhanché n'est pas mon fort, les Beatles pas trop mon truc, mais c'était avec une certaine curiosité de voir se mélanger la SF avec le bon vieux rock'n'roll que j'ai entamé ce recueil de nouvelles dans un monde qui n'est pas tout à fait le mien. Et s'il ne faut pas avoir de connaissances ardues dans la SF pour partager ces mondes-là proposés par de grands auteurs fictionnels, il vaut mieux avoir une bonne base en matière de scarabées ou de garçons dans le vent. Ce qui m'a profondément manqué, notamment dans la première histoire, le 12ème album des Beatles qui n'aurait jamais été produit dans notre monde à nous, moi qui ne pensait que les Beatles n'étaient l'auteur que d'un seul album, le Sergent Pepper's Lonely Heart Club Band, seul album à survivre dans ma dimension propre. Par contre, le Elvis perdu dans un bled perdu du Minnesota ou le Jimi Hendrix revenu des morts, là ça en jette plus à mes yeux et mes esgourdes.

«Alternative Rock », Et si John Lennon avait quitté le groupe avant la folie des Beatles ?
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Que voilà une belle idée que ce recueil de nouvelles où s'entremêlent SF et rock. Des récits qui réécrivent l'Histoire de légendes du rock. Des uchronies qui mettent en avant les Beatles, Elvis, Buddy Holly, Janis Joplin et Jimi Hendrix.

Imaginez un album inconnu des Beatles ou encore John Lennon qui ne faisait plus partie du groupe mythique quand il a rencontré le succès. Imaginez un jam entre trois monstres sacrés du rock'n'roll, qui matériellement ne pouvaient pas se croiser. Imaginez une autre étoile du rock de retour à la vie…

De vrais exercices de réécriture de l'histoire de la musique en cinq nouvelles très différentes les unes des autres et de qualité inégales, comme souvent dans un recueil de nouvelles. Chacun réagira selon sa sensibilité et ses connaissances musicales.

Car, oui, ces récits s'adressent bien davantage aux fans nostalgiques de rock qu'aux amateurs de science-fiction. Pour profiter pleinement des thématiques, il est effectivement préférable de bien connaître les artistes concernés et leurs parcours de vedettes. Si c'est votre cas, vous prendrez clairement plaisir à ces détournements de carrières (mention spéciale aux deux histoires mettant en scène les Beatles).

Au final, un court mais très agréable recueil, qui porte bien son nom. Let's rock !
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Avec son petit format, son nombre raisonnable de pages (200) et son sujet, Alternative Rock semble très vite un cadeau idéal pour un nostalgique de la grande époque 60/70 un peu en froid avec la science-fiction. On regrettera cependant une cible principale vieillissante pour toucher un public large. Beaucoup de jeunes lecteurs assez peu portés sur l'histoire détaillée d'Elvis ou des Beatles pourraient être déçus par les références pointues d'auteurs contemporains (ou presque) aux groupes, à la scène et aux phénomènes de mode de ces années-là. Rien sur les 80's ou 90's, pas même un avant goût du punk. Non, nous restons aux fondations du rock et, si cela a l'avantage de faire réviser les classiques, j'ai cependant regretté de ne pas rencontrer des figures auxquelles m'identifier.

Sur les cinq nouvelles, la formule n'a pas toujours pris non plus, bien que seule la première me paraisse un réel mauvais choix. En effet, le douzième album de Stephen Baxter est une entrée très abrupte dans le recueil. A coups de références très spécialisées, le narrateur essaye d'imaginer ce qu'aurait pu être le douzième album des Beatles. J'ai davantage eu le sentiment d'écouter une discussion entre fans sur-référencée et très ennuyeuse quand on ne se sent pas concerné que celui de lire une histoire dont on attend un dénouement intéressant…
En tournée, écrit à trois mains par Gardner Dozois, Jack Dann et Michael Swanwick, apporte déjà plus de légèreté bien que nous restions dans un fantasme d'admirateurs à très faible portée. On appréciera l'effort de mise en scène des personnages d'Elvis, Buddy Holly et Janis Joplin qui vont se retrouver à la croisée de leur carrière. Plutôt touchant.
Elvis le rouge de Jon Williams propose une histoire alternative où Elvis aurait refusé de s'engager dans l'armée, devenant un artiste communiste. Si le concept est amusant, je n'ai pas été réellement convaincue par l'uchronie. L'idée d'un frère jumeau décédé à la naissance (le vrai Elvis) avec lequel communique son frère m'a laissée sceptique tout le long. Je ne suis vraiment pas preneuse de ce genre de ficelles scénaristiques qui frôlent très souvent la mièvrerie. Ensuite, les conclusions tirées par l'auteur sur les conséquences de la décision d'Elvis m'ont semblées plus clichées que réalistes, et, surtout, arrivent en une sorte de résumé final qui bâcle un peu la réflexion de fond à laquelle on aurait pu s'attendre.

Heureusement, après ces trois nouvelles américaines, arrivent les anglais ! Je ne voudrais pas froisser les adeptes des auteurs outre-Atlantique, mais force est de constater que, lorsqu'il s'agit de parler rock'n'roll, les britanniques sont diablement plus dans le ton – ce qui correspond aussi à l'époque d'écriture des nouvelles, il faut le dire. Alors que les premiers gardent une écriture assez sage, des idées inspirées par le fantasme, l'admiration, les derniers y mettent la forme et le fond. Michael Moorcock n'a pas volé sa réputation puisqu'il signe avec Un chanteur mort ce qui est pour moi la meilleure nouvelle de l'anthologie. Pas le meilleur texte de sa carrière, loin s'en faut, mais en tout cas le plus fidèle à mes attentes de lectrice quand on me tend un livre sur le rock et la SF. Déjà, nous avons droit à Jimi Hendrix plutôt qu'aux Beatles et Elvis. Ensuite, il s'agit d'un road trip à l'anglaise (on a d'ailleurs droit à un taclage d'Easy Rider) avec un ex-roadie de Jimi complètement camé et le « fantôme » de ce dernier. C'est cru, ça parle de sexe, d'alcool, de drogue avec une précision qui ne relève clairement pas de l'invention. C'est cool, distrayant, et ça fait du bien.
Ian MacLeod reste dans un esprit assez proche avec Snodgrass où il nous présente un John Lennon qui, après avoir lâché son groupe au début de sa gloire, a mené une vie d'errances, de galère et de boisson. L'idée de la chute d'un musicien pendant que le reste du groupe s'élève et connaît un succès commercial est bien menée, assez universelle pour nous faire oublier le groupe dont il s'agit. le seul problème de cette nouvelle est malheureusement sa longueur assez peu justifiée. Elle nous rend enthousiaste au début, et nous lasse sur la deuxième partie.

En conclusion, Alternative Rock est effectivement un cadeau sympathique pour les non-initiés à la SF et fans de la première heure des noms légendaires du rock. La cible est à la fois trop large et trop pointue pour toucher un public de 20/40 ans réellement fan de rock, car celui-là attendrait une plus grande diversité dans les références, et peut-être cette liberté de ton que j'ai apprécié chez nos voisins britanniques, et qui manque cruellement aux américains.
C'est une jolie proposition, je suis heureuse d'avoir pu redécouvrir Moorcock, et eu l'occasion de me pencher plus en détail sur la bibliographie de MacLeod par ce biais, mais pour une convaincue comme moi, l'ensemble reste encore trop policé.
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Une couverture bien alléchante me propose Alternative Rock avec son Elvis élevé telle une statut stalinienne entouré de drapeaux rouges et d'un ciel bleu légèrement couvert. le ton est donné, des nouvelles de science-fiction uchronique autour de la musique. Mais la saveur correspond t'elle à la mise en bouche proposée?

Le recueil nous propose cinq nouvelles écrites entre 1974 et 1988 par des auteurs américains ayant en commun des idoles de la musique des années 70 et 80 pour la plupart morts. Ainsi on passe d'une histoire où des amis pleurant la mort de leur ami écoutant l'inexistant 12ème album des Beatles (Le douzième album de Stephen Baxter)à un concert exceptionnel d'Elvis , de Buddy Holly et de Janis Joplin (En tournée de Gardner Dozois, Jack Dann et Michael Swanwick). Puis Elvis devient un fervent défenseur des droits des travailleurs et choisi de quitter les paillettes et les fans hystériques (Elvis le rouge de Walter Jon Williams) et Jimi Hendrix revenu d'entre les morts pour se balader avec un de ces roadies, Mo, un drogué (Un chanteur mort de Michael Moorcock). Pour finir avec John Lennon qui a quitté les Beatles avant le succès auprès du public devenu aigri (Snodgrass d'Ian R. MacLeod).

L'idée est séduisante, d'ailleurs la quatrième de couverte m'a mise en appétit. Mais voilà, l'idée est chose le récit en est un autre. Je me suis ennuyée dans la lecture en me demandant quand l'histoire allait décollée ou me surprendre. Dans deux histoires, on aurait pu croire le premier chapitre d'une histoire mais cela tombe encore comme un cheveux sous la soupe. Je me suis sentie frustrée de la brièveté de l'histoire même si un petit explicatif des auteurs est proposé à la suite de la nouvelle.

Malgré une déception de lecture, j'avoue avoir une furieuse envie d'écouter à fond Jimi Hendrix, de chanter yaourt sur les Beatles et de me déhancher sur la voie d'Elvis Presley. Comme quoi même si les mots ne sont pas au rendez-vous de la musique, les notes dans la tête avec le rythme le sont.
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Dans les entrailles d'un paquebot transformé en palace, deux hommes pleurent la mort d'un de leurs amis en écoutant le douzième album des Beatles... qui n'a jamais existé.
À l'atterrissage de son avion, Buddy Holly ne sait pas qu'il va participer au plus grand concert de sa vie.
Elvis le rouge restera dans les mémoires comme l'un des plus grands chanteurs de rock et l'un des syndicalistes les plus charismatiques.
Revenu d'entre les morts, Jimi Hendrix se paye une dernière virée avec un de ses roadies.
Difficile de trouver un boulot quand on s'appelle John Lennon et qu'on a quitté un groupe qui a, par la suite, connu un certain succès : les Beatles.

Stephen Baxter, Gardner Dozois, Jack Dann, Michael Swanwick, Walter Jon Williams, Michael Moorcock et Ian R. MacLeod nous offrent cinq nouvelles où le rock'n'roll est roi, cinq textes mettant en scène des icônes de la musique du XXe siècle, cinq alternatives à notre triste réalité.

J'ai adoré l'idée d'une réalité alternative mettant en scène des rockeurs connus. Surtout qu'en plus, il y a deux nouvelles qui nous parlent des Beatles, un groupe que j'aime beaucoup. Malheureusement, ces deux nouvelles ne m'auront pas trop plu. Bon, elles ne sont pas mauvaises et elles sont bien écrites mais j'ai eu du mal à rentrer dedans. La toute dernière nous montre un John Lennon pas très agréable et ça m'a un peu perturbé je dois bien le dire.

Nous retrouvons également Jimi Hendrix. Cette nouvelle là non plus ne m'a pas trop emballée mais à la base, je ne suis pas fan d'Hendrix alors bon ça n'aide pas ! En fait, je l'ai trouvé sans beaucoup d'intérêt, oui Hendrix est revenu d'entre les morts et il se planque à l'arrière d'une camionette ... Bof, je n'ai pas trouvé ça transcendant !

Par contre, j'ai adoré les deux autres nouvelles ! Avec une bonne préférence pour celle mettant en scène Elvis Presley ... Je l'ai trouvé très bien écrite, bien composée et très agréable à lire. Et j'ai été bluffée par la fin à laquelle je ne m'attendais absolument pas ! du coup, j'ai adoré parce que je me suis faite trimballer par l'auteur sans même m'en rendre compte. C'est juste génial !!

J'ai également beaucoup apprécié la nouvelle avec Buddy Holly (que je ne connais pas particulièrement à part ça). Je lui ai trouvé un petit air de nostalgie et de rétro très agréable. Ca m'a un peu fait penser au film "Peggy Sue s'est mariée" de Coppola, je lui ai trouvé la même ambiance. Et puis, il y a un petit côté émouvant que j'ai vraiment aimé.

Je suis donc un peu mitigée après ma lecture mais c'est ce à quoi je m'attendais puisqu'il s'agit là de nouvelles. du coup, chaque auteur a son propre style et il n'était donc pas gagné que j'accroche à chacun d'entre eux. Mais globalement, je suis très contente de ma découverte !
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Je nous revois dressés face au public pour attaquer un de ces morceaux que je serais désormais incapable de jouer. A l’époque où Paul savait encore faire du rock. Quand Stu était un artiste, à la fois rêveur et effrayant. Quand George avait tout d’un enfant derrière son énorme guitare et qu’il mentait sur son âge. Quand Ringo avait de l’humour et que le rythme était censé ne jamais s’interrompre. Là-bas, dans les cages d’escalier suintantes de brouillard et les tunnels crasseux, dans les terriers et les ruelles où la puanteur aigrelette des gogues nous stoppait aussi efficacement qu’un mur. A l’époque, l’alcool était gratuit dès que nous descendions de scène et les filles venaient se coller doucement contre nous, en souriant. Contrairement à leurs petits copains qui restaient au comptoir en marmonnant, conscients du danger que nous représentions. Nous les savions capables de percevoir la puissance de la musique qui se déversait de la scène. Ah, les filles ! Elles étaient aussi douces que les gouttes de pluie dans ces villes grisâtres, ces rues brillantes, les forêts de mâts des quais, les porches obscurs d’où s’élevaient des rires au cœur d’une nuit pavée de briques ruisselantes. Et ensuite, nous nous endormions avec l’esprit embrumé par l’alcool, avant les réveils et la déprime, nous relayant sur ces matelas tâchés au-dessus du cinéma dont les grondements résonnaient dans nos têtes alors que la musique s’y déversait toujours. Une plongée dans le manège des rêves.
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Le temps d’atteindre la station de métro la plus proche puis d’aller jusqu’à Ladbroke Grove, Mo n’en pouvait plus. Trop d’images l’assaillaient : Jimi jouant Hey, Joe ! la première fois qu’il l’avait vu à la télé (il allait encore à l’école, à l’époque) ; Jimi à Woodstock, à des festivals et des concerts dans tout le pays ; Jimi avec ses grands chapeaux à plumes, ses chemises multicolores extravagantes, ses doigts lesté de bagues, qui martyrisait sa Strato blanche, la levait au-dessus de sa tête, pinçait les cordes avec ses dents, la fourrait entre ses jambes écartées, la faisait pleurer, vagir et palpiter, obtenant bien plus d’une guitare que personne avant lui. Lui seul pouvait leur donner vie, les transformer en créatures organiques, à la fois pénis, femme, cheval et serpent. Mo jeta un coup d’œil à ses bras, mais les reptiles se tenaient tranquilles. Le soleil se couchait quand il prit Lancaster Road, plus par habitude que dans une but précis. Il avait à présent une autre image à l’esprit, celle de Jimi en voleur d’âme qui s’alimentait de la force vitale des spectateurs. De martyr, Jimi se métamorphosa en vampire. Mo sut qu’il devenait complètement parano et qu’il devait se trouver des amphés au plus vite.
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La voix pure et majestueuse de Lennon se collectait à la mélodie pendant que la ligne de basse de McCartney, le rythme énergique de Ringo Starr, et les pleurs que Harrison arrachait à sa guitare alimentaient une structure chromatique obsédante et complexe. Puis débuta une coda interminable, soutenue par des cuivres purs et puissants de toute évidence attribuables à George Martin.
Finalement la coda s'acheva par une ultime lamentation de Lennon, presque un murmure, une suite d'accord descendante, un filet de notes de piano, comme si les Beatles ne pouvaient se résoudre à en rester là.
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Il s'assit en tailleur sur la bruyère pour défroisser son jean blanc, retirer les éclaboussures de boue de ses boots noires en cuir verni.
- C'est quoi, toutes ces conneries façon Easy Rider ? Qu'est-ce qu'on fiche ici ?
- T'as pas aimé Easy Rider ? Mo en était sidéré.
Jimi haussa les épaules.
- J'ai rien vu de meilleur depuis Lassie, Chien fidèle. ça n'a prouvé qu'une seule chose... C'est que les types d'Hollywood pouvaient également exploiter ce filon. Ces deux paumés bidons leur ont permis d'empocher un tas de fric. Une arnaque, mec. Et les mômes s'y sont laissés prendre. Qu'est-ce que je suis dans tout ça ?

(Un chanteur mort, Michael Moorcock
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Il se produisait une autre ruée de musiciens et de roadies. Buddy ressortit de la cabine en lorgnant à regret le téléphone et entra en collision avec une petite femme en manteau de vison. «Oups !» fit-elle avant de se pencher pour exercer une pression sur son bras, afin de lui indiquer qu'elle ne lui tenait pas rigueur de l'incident. Elle leva vers lui un visage expressif et souriant de garçon manqué.
« Eh, mec ! fit-elle avec animation. J'adore ton noeud pap et tes lunettes...! Seigneur, on croirait Buddy Holly !
- On me l'a déjà dit», fit-il, ironique.
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