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EAN : 9782759604012
96 pages
Éditeur : Paris Musées (05/12/2018)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
A la fois peintre,dessinateur, graveur et sculpteur, Fernand Khnopff (1858-1921) est considéré comme un des grands représentants du symbolisme.
Cet album présente plus de soixante-dix oeuvres emblématiques de l'esthétique singulière de cet artiste belge - dont témoignaient les tons bleu, noir, blanc et or de son incroyable maison-atelier. Portraits mystérieux, comme hors du temps, paysages silencieux, études autour de sa soeur et muse Marguerite pour le gran... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
michfred
  27 janvier 2019
On pénètre dans l'univers silencieux, assoupi et mystérieusement figé de Fernand Khnopff, peintre belge du xix et ami du poète Émile Verhaeren, comme le prince dans le château de la Belle au bois dormant..
Sur la pointe des pieds.
Des femmes en longues robes blanches, hiératiques et gantées, (qui ont les traits de Marguerite , la soeur et modèle adorée du peintre), des enfants cramponnés à leur siège, et le regard ailleurs, des villes désertes, à demi mangées par la brume de mer, des rivières languides où se noie un ciel bas et où le paysage se lit à la renverse, tout l'univers onirique et poétique du peintre baigne dans une tonalité bleutée comme l'aile d'Hypnos...
Souvent un disque d'or, plaqué contre un mur pâle , apporte au rêve ambiant son scintillement énigmatique, et la perfection de sa forme. Rappelant le cercle d'or peint au sol , au centre duquel Fernand Khnopff plaçait son chevalet pour travailler dans le grand atelier réalisé, avec sa complicité, par l'architecte belge Édouard Pelseneer.
A première vue, les paysages et les portraits semblent "photographiques"... D'ailleurs, le catalogue comme l'exposition nous apprennent beaucoup sur l'usage que Khnopff faisait de la photo : préparant l'esquisse, puis, une fois le tableau réalisé, la reprenant, la prolongeant, devenant oeuvre à son tour, par le biais de quelques tracés de crayon ou frottis de pastels.
Mais une façon de cadrer, de déplacer le sujet, de le placer devant des portes closes, dans des angles morts, un entêtement à le livrer à notre regard tout en nous le dérobant, transforment ce réalisme apparent en mystère, en énigme dont on aurait perdu la clé .
Sur la pointe des pieds, donc, nous entrons dans l'exposition magique du petit Palais, parcours fidèlement retracé par un catalogue aussi raffiné qu' elle.
La scénographie nous fait littéralement "entrer" dans la maison aujourd'hui disparue du peintre -merci les crétins du patrimoine!- et, de thème en thème, avec ça et là des rapprochements éloquents avec quelques autres oeuvres , modernes ou antiques, comme l'énorme tête d'Antinoüs du Louvre ou le masque d'Hypnos attribué au sculpteur grec Scopas-, le mystère s'épaissit, même si le trousseau de clés pour le comprendre s'alourdit dans notre main.
Fascinant et passionnant!
Courez-y vite, avant que la séduction de la scénographie et le bouche à oreille ne transforment cette progression rêveuse dans le labyrinthe en parcours du combattant!
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Commenter  J’apprécie          437
Nayac
  07 avril 2019
L'exposition à laquelle il est dédié est terminée, mais ce livre mérite une critique ... et sa lecture!
Comme tout livre d'exposition, on y retrouve les oeuvres majeures ou moins connues de l'artiste. de mon coté, c'est avec plaisir que je retrouve un univers symboliste... qui ne fait pourtant pas partie de mes favoris picturaux. Symbolisme apprécié néanmoins, non par goût des allégories souvent trop obscures (à mes yeux), mais par les ambiances oniriques qui y sont souvent reprises.
Chez Khnopff, cela se traduit par exemple par l'utilisation de glacis de peinture, par des dessins sur base de photographies auxquelles un effet de tremblé apporte une touche d'irréel, des yeux et paupières souvent vides ou fermées, les lèvres serrées comme pour protéger le silence et / ou la vie intérieure, des teintes assourdies se prêtant aux effets d'évanescence, de diffus, d'estompe, communs à de très nombreuses oeuvres.
Parmi celles ci, les "souvenirs de Flandre" peut être illustrative de cette ambiance: un canal dont l'eau immobile reflète d'austères bâtiments à l'architecture rigoureuse, et une absence complète de toute présence humaine dans un silence brumeux.
Mais la singularité de ce livre (et de l'oeuvre de Khnopff) est la mise en lumière et les commentaires des influences d'autres artistes:
- peintres comme Vinci, Durer, les préraphaélites comme Rossetti, Gustave Moreau, Rops
- les écrivains: Péladan (inconnu je dois l'avouer jusqu' à cette lecture), Verhaeren (merveilleuses "campagnes hallucinées" et "villes tentaculaires") mais surtout Mallarmé (que sa réputation d'hermétisme m'avait dissuadé de lire jusqu'alors ).
Bref "un peintre littéraire"!
Les dessins et la peinture de Khnopff font écho au romantisme désenchanté de ces auteurs, à la recherche de solitude comme condition d'une lucidité grave, au débat sur le la fusion ou la domination de l'esprit sur le corps ou encore sur la réalité (ou la tromperie) de nos perceptions.
Ces indications, ces correspondances, participent à un intérêt renouvelé au regard de plusieurs oeuvres que l'oeil avait déjà retenues.
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MonCharivariLitteraire
  17 mai 2019

Bon petit livre sur Fernand Khnopff mais léger quand on pense que c'est le catalogue de l'exposition du Petit Palais. j'ai rarement vu de catalogue aussi petit. On dirait une simple compilation des cartels de l'exposition. l'ensemble est intéressant mais n'apporte pas plus que l'exposition et c'est ce qui est vraiment dommage.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   27 janvier 2019
Jusqu'à l'âge de six ans, Fernand Khnopff a vécu à Bruges, où son père occupait la charge de substitut du procureur du Roi. La nostalgie de cette petite enfance se conjugue, chez lui, avec le souvenir d'époques plus lointaines. Une secrète complicité l'unit à Hans Memling, le grand peintre flamand qui vécut et travailla à Bruges au XVe siècle. Les deux artistes partagent le même goût pour un dessin strict et appliqué et, l'un et l'autre, cherchent à traquer une vérité au-delà de l'apparence des choses.
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michfredmichfred   08 février 2019
Fernand Khnopff est véritablement hanté par la figure du dieu grec du Sommeil, Hypnos. L'a-t-il découvert pendant ses études classiques à Bruxelles ou à la faveur d'un voyage à Londres au cours duquel il aurait pu admirer, au British Muséum, le petit bronze attribué à Scopas? Il copie cette sculpture à maintes reprises, la colore en bleu, ou la surmonte d'un oiseau de nuit. Il installe dans sa maison-atelier de l'avenue des Courses un autel votif dans lequel il dispose, au-dessus d'une armoire en verre, un moulage de la tête ailée.
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michfredmichfred   27 janvier 2019
(..) Khnopff joue d'un " symbolisme caché "qui conditionne l'émergence d'une pratique symboliste du portrait. Celui de sa soeur qu'il exécute en 1887 en fixe la typologie: corps prisonnier de l'espace, contraint par le vêtement qui en comprime les formes, geste qui interdit tout contact avec le spectateur, regard qui se défausse et, pourtant, représentation qui se livre au regard. (...) À l'instar de la porte fermée, la femme reste cloîtrée dans un rêve qui bannit toute action et n'autorise que l'attente.
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michfredmichfred   27 janvier 2019
Khnopff suit ce processus [celui du poète Mallarmé] en adoptant une double logique: d'une part, son oeuvre réaliste s'attache à figer ce qui relève de l'instant pour le douer d'une forme d'éternité où l'eau s'immobilise et le ciel se referme en ecran; d'autre part, face à cet univers pétrifié par un regard qu'on qualifiera de photographique, l'artiste échafaude des représentations d'un monde où un savoir perdu depuis des lustres se serait maintenu l'abri du progrès et de la course du temps. Un lieu où l'idée s'incarnerait dans le dessin comme forme de pensée au-delà des limites propres à tout mot.
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michfredmichfred   08 février 2019
Et la femme se révèle d'une sensualité qui passe par le tremblé du crayon. L'abandon du corps impose le renoncement à la ligne acide qui nomme ce qu'elle trace.
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