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ISBN : 2246852609
Éditeur : Grasset (20/08/2014)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 91 notes)
Résumé :
1945. Saint-Pierre-de-Chaillot, l’une des paroisses les plus huppées de Paris. Toute l’aristocratie, beaucoup de la politique et pas mal de l’art français se pressent pour enterrer la duchesse de Sorrente. Cette femme si élégante a traversé la guerre d’une bien étrange façon. Elle portait en elle un secret. Les gens du monde l'ont partagé en silence. « Ce sont des choses qui arrivent », a-t-on murmuré avec indulgence.

Revoici donc la guerre, la Second... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  30 novembre 2014
Ils sont nombreux, en ce jour glacial de février 1945, à se presser sur les bancs de l'église Saint-Pierre-de-Chaillot pour assister à la messe d'enterrement de la duchesse Natalie de Sorrente, née princesse de Lusignan. Officiellement, cette femme encore jeune est morte d'une embolie pulmonaire. La vérité est pourtant toute autre. Natalie de Sorrente est morte dévorée par la morphine, rongée par un secret de famille. Un secret de famille embarrassant mais si banal qu'autour d'elle on l'a balayé d'un désinvolte : ''ce sont des choses qui arrivent''. Mais pour cette princesse si fière de son ascendance, le secret s'est insinué comme un poison, balayant ses convictions les plus profondes, l'interrogeant sur ses origines à un moment de l'Histoire où l'occupant nazi en a fait une question de vie ou de mort.

C'est à Cannes et dans ses alentours que l'aristocratie parisienne trouve refuge pendant l'Occupation. Ils ne fuient pas les persécutions allemandes, ils n'ont rien à se reprocher, leur particule les met à l'abri d'une quelconque ascendance juive et ils apprécient tout ce que fait Pétain pour la France. Non ils essaient d'échapper à un Pris qui s'enlise dans l'ennui et les restrictions. Sur la Côte d'Azur, le soleil brille, les dîners sont charmants et le bruit des bottes reste lointain. L'aristocratie est pétainiste, frivole, cynique, et peut se faire antisémite si l'air du temps l'exige. Dans ce monde qui l'a vu naître et où elle évolue comme un poisson dans l'eau, Natalie de Sorrente se targue d'être anti-conformiste, même si elle participe à l'insouciance générale. Même la découverte de sa filiation ne la fait pas dévier de sa trajectoire pailletée. Bien sûr, elle va laisser le doute s'insinuer en elle, s'interroger sur le sort des juifs mais n'ira pas jusqu'à trouver le courage de se démarquer de la complaisance teintée de lâcheté de son milieu. Elle mourra d'avoir fermé les yeux, de s'être tue.
Un livre dérangeant dont le titre aux notes résignées décrit toute la passivité de l'aristocratie française à l'heure des choix. Eux ferment les yeux et essaient de maintenir leur train de vie. Dans ce monde où il faut avoir du sang bleu pour exister, les juifs ne sont pas dignes qu'on s'intéresse à leur existence ou à leur mort.
Les petites histoires de ces mondains se mêlent à la grande Histoire sans réellement s'y frotter. Tandis qu'on danse dans les salons parisiens, qu'on fréquente les plus grandes tables du marché noir, ailleurs des hommes, des femmes, des enfants, portent une étoile jaune... Ils se vantent du passé glorieux de leurs ancêtres mais ils n'ont rien de glorieux ces aristocrates qui pactisent avec l'ennemi.
Un beau roman qui décrit la guerre sous un angle original, même si l'empathie est difficile avec ces êtres frivoles et lâches.
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Annette55
  09 février 2016
L'ironie mordante dés les premières pages, lors de l'enterrement de la Duchesse de Natalie de Sorrente, en l'église Saint-Pierre de Chaillot, l'une des paroisses les plus huppées de Paris, nous conforte dans l'idée que nous allons passer un riche moment de lecture.
Pauline Dreyfus nous donne à voir les années de guerre et d'occupation d'une façon inédite et originale, du côté de l'Aristocratie.
En1940, Natalie de Sorrente est astreinte en villégiature avec sa famille sur la Riviera pendant l'occupation allemande .
Plus de fêtes à thèmes , de bals costumés, de grands dîners entre gens du même monde.
"La guerre pour les Sorrente, c'est d'abord des complications domestiques".
Un roman parfaitement construit , dérangeant, oú l'auteur décrit la passivité, l'égoïsme, l'opportunisme de l'aristocratie française à l'heure de choix cruciaux.
Ils ferment les yeux en cette période sombre sur le drame et l''injustice dont est victime une partie de la population..
Ils tentent par tous les moyens même les plus indignes de maintenir leur train de vie.
Les juifs ne sont pas dignes que l'on s'intéresse à eux.
L'auteur montre avec cynisme éclairé, véracité et lucidité mêlées , ironie cinglante cette aristocratie pétrie de préjugés , de principes surannés, de snobisme indécent, de mépris de caste.
Une société refermée sur elle même, rétrécie, glaçante, imbue de ses priviléges ,encalminée dans son ennui superbe,.........sa superficialité, sa magnifique insouciance........
"Les juifs sont devenus des morts- vivants, tout leur est interdit, ils sont plus ostracisés que des lépreux au moyen-âge".
"Tout pour les apparences et rien au- delà";
"Rien n'empêchera les gens du monde de s'amuser".
Un roman coup de coeur à l'écriture ciselée, bien documenté, un portrait de femme bouleversant ,écartelée entre son éducation et son milieu,oscillant entre lâcheté et faiblesse.
Une vision saisissante et acide, juste , précise et sarcastique de ces milieux mondains et pétainistes.
Et aussi, comment le secret révélé d' une filiation peut chambouler une vie ?
Ouvrage intéressant par le décalage entre un monde aristocratique bardé de certitudes et de titres brandis comme une armure par delà le peuple, attentif au paraître , un monde disparu.........

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tynn
  18 décembre 2014
Événement mondain en 1945 : on enterre Natalie de Sorrente en l'église de Saint-Pierre de Chaillot.
Travelling arrière: La guerre et ses contraintes, "ce sont des choses qui arrivent..."
En 1940, la belle duchesse est astreinte en villégiature sur la Riviera pendant l'occupation allemande. L'exil forcé en zone libre sonne le glas des fêtes à thèmes et des bals costumés, des essayages chez les grands couturiers, des invitations quotidiennes qui remplissaient si bien un agenda de futilités raffinées.
Pauvre duchesse! Ce séjour en Méditerranée est d'un ennui!
En dépit d'une grossesse insolite ("Ce sont des choses qui arrivent": fatalisme d'époux trompé mais bien né donc bien élevé), en dépit aussi de leur microcosme de haute lignée contraint de se tasser dans les villas ensoleillées.
Cette guerre est une vraie plaie!
D'autant que le scandale d'une autre et ancienne bâtardise couve dans ces temps de peur des loi anti juives. La prise de conscience d'un malheur annoncé par un secret de famille révélé mettra Madame la duchesse face à elle même, assise à sa coiffeuse.
Envolée la frivolité, lors du retour dans un Paris vert-de-gris.
"Car là où on avait plutôt la manie de compter ses quartiers de noblesse, il faut désormais prouver ses quartiers de chrétienté".
Bien des secrets de familles sortent des alcôves des nantis, engendrant tristesse et regrets. Ce sont des choses qui arrivent et on fait avec, avec élégance.
J'ai dégusté cette peinture féroce et jubilatoire de la société aristocratique d'avant-guerre, un petit monde qui se croit grand, et "qui attache plus de prix à la naissance, même illégitime, qu'au caractère et au talent". Entre gazette mondaine et album-photos sépia, une certaine société ressuscite, vivant sur le postulat de base: "ce qui se fait"et "ce qui ne se fait pas".
Vanités, lâcheté, futilités, condescendance de caste, une société affligeante, à l'agonie dans son insouciance et son ennui, autiste aux bouleversements humains.
Un livre acide, ironique, bien moins léger qu'il n'y parait.
Un petit détail amusant, néanmoins... on y croise une rue du cirque :-)
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NCJ
  03 janvier 2015
J'ai été absorbée dès les premières pages, car j'ai trouvé le sujet très original et superbement traité. L'occupation vécue du côté de l'aristocratie est en effet un thème que je n'avais pas encore rencontré dans la littérature.
A la mort de sa mère, Natalie de Sorrente, maman de deux enfants dont le dernier né est le fruit d'une relation adultère (ce sont des choses qui arrivent… ), doit faire face à une révélation qui va complètement bouleverser sa vie.
L'écriture très précise de Pauline Dreyfus, notamment sur la période trouble du Gouvernement de Vichy est également empreinte de sarcasme, c'est un régal !
C'est un coup de coeur. C'est assurément un livre à lire si le sujet vous interpelle.

Lien : http://uneautrelecture.blogs..
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spleen
  21 février 2015
L'histoire débute par les obsèques de Natalie, duchesse de Sorrente, née Princesse de Lusignan ; tout le gratin mondain est là, il ne manque que Léon Zitrone pour commenter la cérémonie mais nous ne sommes qu'en 1945.
Le milieu dans lequel a évolué Natalie n'a pas connu la même guerre que le commun des mortels: réfugiée sur la cote d'Azur avec mari et enfants pour fuir un Paris devenu ennuyeux , la vie de Natalie est toujours remplie de fêtes , avec parfois la rencontre d'un homme séduisant et à la clé une grossesse imprévue mais ce sont des choses qui arrivent, répond le mari ...
Le bruit des canons est loin, et celui des bottes n'est pas forcément gênant sauf s'il faut laisser la villa à l'occupant et rentrer à Paris .
Mais lors du décès de sa mère, elle apprend le secret de sa naissance et découvre avec stupeur les origines juives de son père biologique, le coup de tonnerre est immense et sa raison s'ébranle, elle perd d'un coup ses repères , tente de s'identifier à ceux dont elle ne s'était jusqu'à présent jamais préoccupée et c'est le début de la descente aux enfers, accélérée par une addiction à la morphine qui la précipite dans la déliquescence puis la mort.
Roman intéressant par ce décalage entre un monde aristocratique, bardé de ses titres comme d'un bouclier, au dessus de masse populaire et souvent sans scrupule et la découverte d'une faille dans cette certitude avec comme seul moyen trouvé pour affronter la réalité : la drogue .
On suit d'une façon assez détachée, il est vrai car il est difficile de ressentir de l'empathie pour le personnage , le cheminement de Natalie oscillant entre lâcheté , faiblesse , écrasée par son éducation et son milieu et n'arrivant pas à s'en libérer.
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critiques presse (3)
Bibliobs   29 octobre 2014
Pauline Dreyfus [...] observe ces maréchalistes huppés avec un mélange de répulsion et de fascination. Elle le fait dans un style brillant et désabusé qui colle à son sujet, et donne parfois la chair de poule.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   29 septembre 2014
Pauline Dreyfus peint avec mordant la France des mondains sous l'Occupation. Entre frivolités et secrets.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Chro   09 septembre 2014
Pauline Dreyfus signe un petit roman sage et compassé, à l’ancienne, garni de jolis mots d’auteur [...].
Lire la critique sur le site : Chro
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
NCJNCJ   03 janvier 2015
La préfecture de police est débordée. Chaque jour, les sacs de jute apportés par les facteurs vomissent leurs mille cinq cents enveloppes. Ecrites en pattes de mouche ou en élégantes lettres anglaises, signées « Une Aryenne indignée » ou « Des voisins inquiets », ces lettres anonymes dénoncent en vrac les francs-maçons, les trafiquants du marché noir et bien sûr les juifs.
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AifelleAifelle   05 août 2015
"En ce printemps 1943, le plus grand plaisir des Sorrente consiste à se rendre à Groussay, ou Charles de Beistegui, protégé par son statut d'attaché à l'ambassade d'Espagne, reçoit dans un luxe digne de l'avant-guerre. Hormis l'angoisse que procure à Natalie la nécessité de se munir à l'avance de suffisamment de morphine pour ne pas en manquer une fois installée à Montfort-L'Amaury, ces séjours sont un délice. Personne ne sait comment sa table est toujours si bien garnie ni comment son enthousiasme pour les travaux d'embellissement du château qu'il a en tête n'est pas entamé par la guerre. La guerre ? Quelle guerre ? Allongés sur des matelas posés à même la pelouse, les invités se demandent parfois si elle est bien réelle".
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luocineluocine   25 décembre 2014
De toute façon, la duchesse douairière de Sorrente n’a jamais aimé les enfants, non plus que les contacts physiques qui présidaient à leur arrivée. Sitôt après la naissance d’un fils , elle s’était estimée quitte avec son mari et avait définitivement condamné la porte de sa chambre. Elle s’était réfugiée dans la lecture et la médisance, deux activités qui accomplie avec sérieux, auraient suffi à emplir la journée de n’importe qui.
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luocineluocine   25 décembre 2014
Les frasques d’Élisabeth sont indubitablement à ranger dans la case « ce qui ne se fait pas ». Dans la même nomenclature, il y a le divorce, le mariage avec une demoiselle ayant du sang juif(du sang protestant à la rigueur, si la jeune personne porte le nom d’une grande banque), et la bâtardise assumée. Tous ces comportements qui engendrent la pire des calamités pouvant s’abattre sur une famille: « le scandale ». En puriste des mondanités, il aurait volontiers ajouté à cette liste le fait de manger son dessert avec une cuillère…
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luocineluocine   25 décembre 2014
Un jour que la cousine de son mari d’autant plus à cheval sur sa généalogie qu’aucun parti ne lui semblait à la hauteur de la sienne, lui avait lancé: « Mais au fond votre nom ne vaut rien! » . Élisabeth avait eu assez d’esprit pour lui répondre « Pas au bas d’un chèque. .. »
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Videos de Pauline Dreyfus (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pauline Dreyfus
Le Prix du livre Cheminot édition 2015 a été attribué le 5 septembre dernier à Pauline Dreyfus pour son roman "Ce sont des choses qui arrivent" (Paris : Grasset, 2014). Son prix lui a été officiellement remis le 19 septembre à Hendaye à l'occasion de la fête des CE et CCE SNCF.
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