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ISBN : 2246813484
Éditeur : Grasset (23/08/2017)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Quel peut bien être le point commun entre une révolution et un palace  ? Entre mai 68 et un immeuble de 1838  ? Le point commun est que, en mai 68, le personnel de l'hôtel Meurice, en grève, occupe les locaux. Et ce 22 mai de l'an révolutionnaire où ce roman se passe est le jour où, à déjeuner, doit avoir lieu la remise d'un prix littéraire, le fameux prix Nimier, à un jeune auteur encore inconnu, Patrick Modiano. Et voici, dans le huis clos des pièces lambrissées e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
alainmartinez
  22 septembre 2017
La vie d'un palace parisien durant les évènements de mai 68, le repas pour la remise d'un prix littéraire, tels sont les grands thèmes de cette comédie écrite par Pauline Dreyfus.
22 mai 1968, la France est à l'arrêt. Les étudiants sont dans la rue. Les grèves et les occupations d'usines paralysent le pays. le parlement est réuni pour discuter et voter une motion de censure contre le gouvernement de Georges Pompidou. le personnel de l'hôtel Meurice vient de voter l'autogestion et confiner son directeur dans son bureau tout en continuant d'assurer le service de ses richissimes clients. C'est dans ce cadre que se déroule le repas pour la remise du prix littéraire Roger-Nimier, prix décerné à Patrick Modiano.
L'auteure dresse une magnifique galerie de portraits. J.Paul Getty, Salvador Dalì, Antoine Blondin, Marcel Jouhandeau, Patrick Modiano ou la riche milliardaire Mme Florence Gould qui finançait le prix Roger-Nimier côtoient Roland le maître d'hôtel représentant syndical, Denise la dame-vestiaire, Lucien le concierge, Sylvain le barman et tout le reste du personnel.
"Le déjeuner des barricades" est une sorte de vaudeville. Les riches qui s'accrochent à leur passé, paniqués à l'idée de la prise du pouvoir par les communistes. Des écrivains d'extrême droite qui consacrent un roman qui parle de Juifs. le personnel de l'hôtel qui ne sait pas trop comment se comporter.
C'est léger avec beaucoup d'humours et d'ironie. Un vrai plaisir !
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Archie
  04 novembre 2017
Une bien belle idée, cette fiction élaborée à partir d'un événement véridique, le déjeuner de remise d'un prix littéraire dans un palace parisien, en pleine crise de mai soixante-huit.
Écrit par Pauline Dreyfus – qui n'était pas née à l'époque – le déjeuner des barricades reconstitue assez fidèlement l'étrange atmosphère de ces quelques semaines – que j'ai pour ma part vécues – où, du fait des grèves générales et d'une météo printanière, Paris semblait en vacances le jour – commerces fermés, peu de voitures, peu de métros –, et à feu et à sang le soir, du moins sur la rive gauche, où étudiants et autres manifestants descellaient les pavés du boulevard Saint-Germain et de la rue Soufflot pour en faire des barricades ou des projectiles à lancer sur les forces de l'ordre.
La parole s'était libérée un peu partout. On refaisait le monde, pas seulement à l'Odeon, à La Sorbonne et dans les universités, mais aussi dans les familles, dans les entreprises. Certains se laissaient aller aux utopies les plus osées, d'autres en appelaient à l'ordre et à la fermeté, d'autres encore étaient terrorisés. Personne ne savait très bien comment cela se terminerait et quel type de société allait émerger de ces convulsions...
A l'hôtel Meurice, où l'usage veut que l'on se plie à n'importe quel caprice d'une clientèle richissime, les mots d'ordre habituels sont luxe, service, raffinement. Dans ce palace comme ailleurs, sous l'influence de l'actualité, on s'est mis à parler et à débattre. Et à voter : plus de directeur, on fonctionnera désormais en autogestion. Et comme on est attaché à son métier et à l'image de l'hôtel, en dépit des grèves et des ambiguïtés idéologiques, on vote pour le maintien du déjeuner de remise du prix littéraire Roger-Nimier, créé par Florence Gould, une veuve américaine immensément riche qui dispose d'une suite à l'année dans l'établissement.
La description des comportements du personnel et des réactions des clients est amusante, mais les allers-retours, les quiproquos et les incidents qui se succèdent finissent par donner au récit l'allure d'une pièce de théâtre de boulevard aux facéties banales et désuètes.
La partie la plus intéressante – mais malheureusement courte – est le déjeuner proprement dit. La narration se muscle à l'arrivée de l'auteur de l'ouvrage primé, un très jeune homme timide et dépenaillé, nommé Patrick Modiano, dont La place de l‘Etoile est le premier roman, et dont personne n'imagine qu'il recevra le prix Nobel presque cinquante ans plus tard.
Pauline Dreyfus en profite pour évoquer l'enfance et l'adolescence douloureuses du jeune homme, des pages qui éclairent la psychologie, le comportement et la démarche littéraire d'un écrivain dont l'accès reste difficile. Patrick Modiano, dont le père était juif, rappelle-t-elle, est obsédé par son identité et la période de l'occupation allemande de Paris, qu'il n'a pourtant pas connue. Des thèmes, souligne-t-elle avec humour, qui ont pu faire grincer les dents de membres du jury comme Paul Morand, Marcel Jouhandeau et Jacques Chardonne, des éminences littéraires dont le comportement pendant la guerre avait été plus que douteux.
Ces sujets dépassaient probablement Florence Gould, dont le salon, pendant l'Occupation, avait reçu somptueusement moult personnalités sans distinction de bord, ce qui lui avait valu quelques tourments lors de la Libération. Ça aurait pu être pire pour elle. (Je pense au roman de Drago Jancar, Cette nuit je l'ai vue, lu et critiqué en juillet 2016.)
J'ai apprécié les apparitions de Salvador Dali, ainsi que les clins d'oeil au van Choltitz de Paris brûle-t-il ? et à Dora Bruder. Je tiens aussi à ajouter que le déjeuner des barricades est très joliment écrit.
Une lecture somme toute divertissante.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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isabelleisapure
  02 octobre 2017
En ce du 22 mai 1968, rien ne va plus, la France ne tourne plus rond, on peut même dire qu'elle ne tourne plus du tout.
Tout est ralenti, le pays est paralysé, la rue est envahie par les manifestants, les pavés s'envolent et les barricades se dressent.
Pauline Dreyfus choisi de nous faire vivre cette journée dans l'un des plus prestigieux palaces parisiens, l'Hôtel Meurice, où le Prix Roger Nimier doit être remis à un tout jeune écrivain, Patrick Modiano pour son premier roman « Place de l'étoile ».
Mais le palace n'est pas épargné, entraîné dans la mouvance des événements, le personnel a décidé d'en destituer le directeur et de prendre les rênes de l'établissement.
Rien ne se passera comme prévu pour ce déjeuner, le menu même en sera chamboulé, faute d'approvisionnement, au grand dam de Florence Gould, milliardaire, mécène du Prix littéraire.
Nous découvrons une galerie de personnages célèbres ou anonymes, à la fois cocasses et pathétiques dans leurs excès.
Qu'il s'agisse de Madame Gould et de ses pékinois, de Salvador Dali et de son léopard « de compagnie », ou de Modiano et de sa timidité, on sourit, on rit même parfois.
Les anonymes ne sont pas en reste, j'ai particulièrement aimé Denise, Madame Vestiaire, toujours fidèle au poste, qui sait tout sur tout et sur tout le monde.
Ce roman est truculent, jubilatoire, l'écriture est alerte avec un humour caustique, efficace, irrésistible mêlé à un sens aigu de l'observation sociologique, de la conscience professionnelle et des vanités.
Un vrai régal !
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tynn
  13 septembre 2017
Mai 68: la contestation paralyse le pays. Les nantis ont la frousse...
Autour du jeune Modiano, fêté et primé pour son succès de librairie (La place de l'étoile), la fine fleur parisienne (et plutôt décatie) de la littérature se presse pour un déjeuner annuel dans les salons feutrés de l'hôtel Meurice.
Mais les temps sont difficiles, beaucoup de convives ont décliné l'invitation, le palace est en état d'insurrection, occupé par le personnel qui néanmoins travaille (non sans avoir mis le directeur au piquet dans son bureau), les apprivoisements sont chaotiques et l'ocelot de Salvador Dali s'est perdu dans les couloirs...
J'ai dégusté cette fantaisie littéraire, j'en ai goûté l'ironie et l'acidité. Les fans de Patrick Modiano s'amuseront de le retrouver jeune homme au succès débutant, indécrottablement taiseux et timide. L'envers du décor d'un grand hôtel parisien est savoureux, mettant en perspective luxe et révolution prolétaire.
Et le meilleur de cette pantalonnade est de voir la mise en pratique de l'égalité sociale et de l'autogestion, jusque dans les décisions urgentes à prendre dans les moments de tension.
C'est là que le bât blesse et qu'un bon nombre se satisfait alors d'avoir un patron pour gérer les crises.
Bien jolie lecture
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Harmonide
  23 février 2018
Mai 1968, palace parisien du Meurice. Alors que les revendications des étudiants et des travailleurs contre le gouvernement gagnent en ampleur au point d'immobiliser le pays et que la répression se durcit, même le personnel des établissements de luxe les plus réputés de la capitale se laisse gagner par l'idéal de l'abolition des hiérarchies et de l'avènement d'un système d'autogestion. Le directeur du Meurice est ainsi démis de ses fonctions par ses propres employés, ce qui n'est évidemment pas du goût des clients du somptueux hôtel, grands bourgeois au train de vie d'aristocrates d'Ancien Régime, sur lesquels plane le spectre des révolutions populaires françaises et russes qui ont déjà ébranlé le continent.
Malgré leurs craintes mi-fondées mi-fantasmées, le déjeuner traditionnel de la veuve de milliardaire Florence Gould est maintenu, île statique et imperturbable au milieu du chaos. Au cours de celui-ci sera décerné, comme chaque année, le prix Roger-Nimier au roman incarnant le mieux « l'esprit hussard » que revendique la tablée littéraire qui le compose – terme d'autant plus ironique que les convives ne sont non pas du nombre des révoltés, mais de la classe possédante empâtée dans le luxe, incarnation symbolique de ce contre quoi le monde extérieur se révolte.
L'ironie est en effet le maître-mot de ce roman. Le foisonnement de personnages historiques hauts en couleur – qui témoigne d'une méticuleuse recherche de la part de l'autrice – se décline en une gigantesque ribambelle satirique. Tous plus ridicules les uns que les autres dans leur lâcheté et leurs petites manies d'enfants gâtés aux préoccupations égocentriques et superficielles, c'est à l'assassinat moral d'une certaine droite littéraire et financière, pétrie de contradictions et de suffisance, auquel on assiste. Mais les employés de l'hôtel ne sont pas non plus en reste, ayant vite fait de se critiquer les uns les autres, ou pire encore, de se démettre de leur pouvoir fraîchement acquis, à l'instar de Roland le maître d'hôtel, dès que ceux-ci impliquent des responsabilités désagréables à porter, comme annoncer à Mme Gould la tragique dévoration d'un de ses pékinois par l'ocelot de Salvador Dalí en cavale dans les couloirs de l'hôtel.
Trois personnages sortent malgré tout du lot : le lauréat du prix littéraire, qui n'est nul autre que le jeune Patrick Modiano, créature hors-temps évaporée aux vêtements défraîchis et au débit haché, colonisé par la mémoire traumatique du génocide nazi d'avant sa naissance ; la sinistre « chouette » Denise, Juive rescapée des camps de la mort et épouse d'un policier, qui s'occupe méticuleusement des vestiaires, dernier échelon du luxueux hôtel ; et Aristide Aubuisson, notaire de province célibataire, sans enfant et sans histoires, entretenant des lectures érudites et cultivées comme seul plaisir, coupable et incongru, et qui vient dilapider à Paris ses précieuses années d'économies maintenant qu'il sait que le temps lui est compté à cause d'un cancer. Ces deux derniers sont les seules personnes, inattendues, à avoir lu jusqu'au bout le roman couronné par le prix, à en être émus, lui par le style, elle par le fond qui touche à sa propre histoire, et chez qui cette lecture suscite de lancinantes questions existentielles.
Ce roman est composé dans un style comique mûr et maîtrisé. J'ai apprécié la vivacité de l'écriture et l'humour des dialogues, aux accents indéniablement dramatiques, ce qui vient compenser une action somme toute minimaliste qu'on ne peut guère qualifier d'intrigue. Le cadre du palace invite en passant à des descriptions esthétiques au dandysme appuyé, et la mise en scène de nombreux personnages historiques ravira en premier lieu les passionnés de la période et de ce milieu littéraire.
En dépit de cette focalisation géographique et sociale particulière, le Déjeuner des barricades apparaît comme un roman doublement bakhtinien. La période est à la fièvre révolutionnaire, donnant lieu à de nombreux renversements des ordres sociaux et naturels (le directeur est détrôné puis s'occupera héroïquement des vestiaires, le chef cuisinier désobéira à la commande traditionnelle de sa richissime cliente pour concocter son propre menu au ravissement des commensaux, le gros félin poursuit et engloutit le petit chien, le cancéreux mourant revient à la vie, etc.), et ce dans un style où chaque événement incongru et apparition de personnages aux traits forcés jusqu'à la caricature s'enchaînent en farandole effrénée et grotesque. En outre, cette prolifération permet la multiplication des points de vue, de laquelle naît une polyphonie de perspectives critiques les unes des autres.
Ainsi, sous la plume de Pauline Dreyfus, les descriptions de la vacuité de ces grands bourgeois, légèrement collabos sur les bords bien qu'ils s'en défendent, n'ont guère à envier aux portraits vitrioliques d'Euphrosine et Iphicrate que font Cléanthis et Arlequin dans "L'Île des Esclaves". Mais à dire vrai, sa narration tient également du « progressisme conservateur » de Marivaux, qui se borne à la satire des excès des classes dirigeantes pour aboutir à une invitation, non pas à les libérer et les traiter en égaux, mais à devenir de « bons maîtres » vis-à-vis de celles et ceux qu'ils dominent et continueront de dominer.
En effet, le choix de centrer l'attention sur les outrances du déjeuner et non sur l'héroïsme des barricades, le vocabulaire recherché, parfois rare, les références historiques pointues, ainsi que les considérations méta-littéraires dont cet ouvrage regorge, font qu'il reste accessible et s'adresse avant tout, et justement, aux principales cibles qu'il critique. Certes, sont égratignés un « apolitisme » ou une « neutralité » supposés, et tant vantés, de la littérature qui ne serait qu'esthétisme et « art pour l'Art », pour insister sur le fait, n'en déplaise à ses élites, que cette vision loin d'être impartiale penche en fait très clairement sur la droite, côté statu quo et côté capital. Mais on est moins dans un esprit de littérature engagée, véritablement révolutionnaire, que dans l'humour insolent du bouffon, qui seul a le droit de railler le roi pour lui montrer son vrai visage, mais qui ne connaît guère d'autre existence et d'autre compagnie que la vie de cour et ses courtisans.
Pour finir, le ton badin avec lequel sont moquées les craintes de dépossession et de massacre de ces médiocres nantis dont le pouvoir est remis en cause, renforce la conscience d'une certaine ironie dramatique chez le lecteur. Ses connaissances historiques ultérieures à ce mois de grand chambardement ne peuvent que réduire l'incertitude de l'interregnum et la crainte de la révolution, à la perception d'une simple intermittence cyclique, divertissante et rassurante, de carnaval. Car l'on sait dès l'ouverture du livre que, quand on le refermera, ce grand désordre rentrera assez vite, comme d'habitude, dans l'ordre – au point que cet ordre social ressemble toujours bel et bien, mutatis mutandis, à celui d'aujourd'hui.
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critiques presse (3)
LesEchos   18 octobre 2017
Au départ d'un bon livre, excusez le truisme, il y a une bonne idée. Celle de Pauline Dreyfus était excellente.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Culturebox   02 octobre 2017
Pauline Dreyfus revient en pleine forme avec cette satire cruelle d'un déjeuner organisé par la milliardaire Florence Gould à l'hôtel Meurice, en mai 68. Il s'agit de décerner le prix Roger Nimier à un jeune écrivain talentueux et encore méconnu, Patrick Modiano, pour "La place de l'étoile".
Lire la critique sur le site : Culturebox
Bibliobs   28 août 2017
Dans "Le Déjeuner des barricades", Pauline Dreyfus reconstitue l'étonnante journée où l'auteur de "Place de l'étoile" fut récompensé par d'ex-écrivains collaborationnistes.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez   19 septembre 2017
Il est de si méchante humeur qu’il houspille pour un rien le jeune marmiton qu’il avait giflé un peu plus tôt. Lequel finit, exaspéré, par dénouer son tablier et annoncer à la cantonade qu’il ne passera pas une minute de plus dans cette boîte de tortionnaires.
– Tu veux démissionner ? rétorque le chef de cuisine avec une ironie méchante. Très bien, mais je te rappelle que nous n’avons plus de directeur. Il n’y a plus personne pour l’accepter, ta démission.
Personne n’avait songé que l’autogestion rendait autant prisonnier que libre.
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alainmartinezalainmartinez   20 septembre 2017
Il y a un vieux proverbe talmudique qui dit : « Ne pas dormir rend fatigué, ne pas rêver rend mort. » C’est seulement aujourd’hui que j’en ai compris le sens. Réfléchissez-y. Ne pas rêver rend mort.
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alainmartinezalainmartinez   19 septembre 2017
Au réfectoire, c’est l’heure du déjeuner pour le personnel. Les maîtres d’hôtel ont pris soin de nouer une serviette autour de leur cou pour épargner leur plastron immaculé, les femmes de chambre et les garçons d’étage ont enfin l’occasion de s’asseoir et de reposer leurs jambes gonflées par l’effort.
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rkhettaouirkhettaoui   05 septembre 2017
L’hôtel ressemble plus que jamais à une ruche industrieuse. C’est une ville dans la ville. Les garçons d’étage, passant devant des portes où des paires de souliers rutilants attendent de retrouver leur propriétaire, foulent la moquette épaisse des couloirs en pliant les genoux comme des bébés girafes, avachis sous le poids des lourds plateaux en argent chargés de théières brûlantes et de marmelades d’agrumes ; les lingères continuent de repasser les draps et les fines serviettes de baptiste ; en cuisine le chef s’inquiète des approvisionnements à venir ; dans le hall d’entrée la porte à tambour provoque de molles bousculades aussitôt suivies d’excuses proférées en différentes langues – quand, dans les usines où la production est arrêtée, les ouvriers jouent aux cartes et organisent de joyeux barbecues pour passer le temps.
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Olivia-AOlivia-A   08 décembre 2017
Les employés se regardent. Cette décision force leur admiration. Le directeur est donc si dévoué à son hôtel qu'il est prêt à endosser l'uniforme le plus modeste, à jouer le rôle le plus médiocre, à accomplir la tâche la plus subalterne pour que la grande machine ne s'enraye pas ? Quel panache ! Cet n'aurait pas l'orgueil puéril et sot de ceux qui veulent à tout prix rester à leur place ? On a beau entendre que les patrons sont tous des brutes et qu'il est urgent de s'en passer, il ont, eux, hérité d'un type épatant.
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Videos de Pauline Dreyfus (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pauline Dreyfus
Le livre du jour du 29 août 2017, par Bertrand Deschamps de la librairie La Procure : "Le déjeuner des barricades" de Pauline Dreyfus aux éditions Grasset.
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