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EAN : 9782859208967
153 pages
Éditeur : Le Castor Astral (05/04/2012)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Je suis devant un tableau de Gérard Schlosser. Si je tourne la tête, découvrant ta main posée sur le drap, ou mon propre bras levé dans la lumière, j'ai encore son regard dans les yeux. Le cadre n'enferme pas la vie, il la rapproche, la pense. Aujourd'hui est une réalité qui se partage. On s'y étire, on s'y replie, cela dépend des moments, de qui est là ou pas, à quoi on pense (oui, deux fois au moins, penser).
Pour une fois je n'ai construit aucune demeure, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Dixie39
  18 octobre 2014
Ce recueil est né suite à une rencontre vertigineuse entre l'auteure et la peinture de Gérard Schlosser. Se définissant elle-même hermétique à cet art pictural, happée par le visuel de l'affiche, elle franchit la galerie et c'est la révélation. Renversée par l'éclat des « morceaux de monde » que ce peintre livre dans ses oeuvres, elle prend la plume se laissant guider par cet artiste qui croque avec force et discrétion nos instants de vie.
Les poèmes en prose sont courts, ciselés, comme une esquisse que l'on ferait sans lever le pinceau de la toile. Il émane une sensualité, une mise en image de la sexualité, toute féminine. On suit l'auteure dans cet univers : On a cette impression qu'elle nous ouvre des portes, l'une après l'autre, et nous donne à voir, saisis dans l'instant, des morceaux de vie qui pourraient tout aussi bien être les nôtres -qui sont les nôtres-. Une intimité vécue qu'elle nous livre avec des mots simples mais qui font mouche, qui touchent.
On est actif dans la lecture de ses poèmes, on ne subit pas, on participe. Dans « il est fou », on voit cette femme -la lettre- de dos tournée, qui semble figée : « Pour bouger elle attend de ne plus brûler ». Et c'est un monde qui s'ouvre, riche de sens, d'un-possible.
Les chantiers de poèmes, en annexes, sont un vrai régal. Ariane Dreyfus nous livre les étapes de la création de deux de ses poèmes. On suit leur mise au monde : ses sources d'inspiration, le choix des mots, des sonorités, le difficile abandon d'une combinaison de mots qui fait sens au bénéfice d'une autre aux sonorités qui cristallisent l'imaginaire du lecteur.
Et dire qu'elle considère (considérait ?) de tous les arts, la peinture comme celui étant le plus éloigné d'elle ! 
« Reconnaissance à Gérard Schlosser».
Lien : http://page39.eklablog.com/n..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie39   19 octobre 2014
Mais, consulté, l'ami me dit que j'ai supprimé justement ce qu'il préfère, cette pensée comme une mastication intérieure, alors j'écoute ce premier lecteur. Je déplace toutefois le ciel, sans grande certitude. Peut-être le poème l'expulsera-t-il un jour.

"Tu voudras bien lui donner"

Dans le bol transparent une poignée de cerises
Plutôt sombres que rouges, les dernières

Elles ne sont pas prises
Sauf si penser à, aimer sans réponse c'est comme manger
Le bol est plein d'elles qui sont prêtes
Qui disent :
"Il faut savoir que c'est fini"

Même si le ciel est bleu tout à fait
Violemment

Gouttes coagulées exactement comme
Ce qui peut souffrir et le refuse

Le poème aura donc su, en bonne amitié, patienter ce qu'il fallait. Toujours par amitié, il ne me dit pas tout, ou pas tout de suite, il a rejoint la vie, nous y sommes ensemble.
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Dixie39Dixie39   16 octobre 2014
Il est fou

Oubliant la lettre qu'elle a posée sur la table

Le tiroir est ouvert, son visage est penché,
Ses longs cheveux pas attachés
Ne laissent paraître qu'un peu de sa nuque

Elle n'a pas oublié plutôt elle l'a déjà relue
La lettre à demi ouverte par ses quatre plis
Et soulevée à l'endroit où elle touche l'enveloppe

Pour bouger elle attend de ne plus brûler
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Dixie39Dixie39   16 octobre 2014
Tu aurais pu dire une chose pareille ?

Depuis qu'elle l'a lancée la chaise
Ne bouge plus de sa place
Il n'y a personne

Elle met sa main devant ses yeux
Toute cette force à un endroit
Et pas de vrais bords

Elle enlève sa main ouvre la fenêtre
Le ciel

Elle découvre le temps qui lui reste
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armand7000armand7000   23 avril 2020
IRIS
Mais Dieu, surtout pas.
Ne mettez pas de mots vides dans votre bouche,
Hommes, regardez



Iris, malgré le mur,
Debout
C’est votre bleu.



Votre ligne, imaginons
Une plaie vivement recousue.



Votre broderie, sa joie se gonflant,
Quelques secondes d’amour par miracle successives.



Ici,
Du balancement le velours dressé,
Iris.



Je m’endors les mains sur toi.



Tu m’aimes si profondément qu’en dormant
Il y a ton visage pour le dire.



La nuit n’est pas noire.
Reconnaître ton sexe
A mon bonheur touché,
Fleur de l’infinie sculpture, fleur.



Plus rien de multiple.
La simplicité qui serait violente de te perdre,
qui serait d’un coup.



La vie simple vite tranchée
Serait mon visage dans la sciure.



Tu fermes les yeux pour que je les embrasse aussi,
C’est en confiance le ciel.



La langue dans le baiser, je dis la vérité.



Si j’ai la voix grave ?
Tantôt basse, tantôt soulevée dans le corps que tu cherches au milieu
de tes mains.
Mes enfants grandissent, l’air passe. Serre-moi, toi qui es l’amour amour.



La vie éternelle n’est que mort, la vie veut seulement que les épaules frémissent l’une et l’autre et s’il fait froid, c’est qu’il n’y a pas de lumière sans qu’elle change.



La nuit les mains dansent obscurément.



Parfois le jour tu pars,
Je ramasse de l’invisible à plein courage.
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Dixie39Dixie39   16 octobre 2014
Je suis comme toi

La porte à demi ouverte laisse voir les corps

Mais un long baiser est une forme
Que le visible ne retient pas

Il est brun, elle se tait dans le creux de ses bras
Les mots pas entendus s'enfoncent dans les cheveux

Chaque partie d'eux
Est touchée par une autre qui se replie
Pour l'étreindre

La nuque ne s'affaisse pas, on le croit
C'est seulement la peau, son odeur touche le visage
Aux yeux fermés, sa chaude odeur
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Videos de Ariane Dreyfus (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ariane Dreyfus
Avec Arthur H, Rim Battal, Seyhmus Dagtekin, Maud Joiret, Sophie Loizeau, Guillaume Marie, Emmanuel Moses, Anne Mulpas, Suzanne Rault-Balet, Milène Tournier, Pierre Vinclair & les musiciens Mathias Bourre (piano) et Gaël Ascal (contrebasse) Soirée présentée par Jean-Yves Reuzeau & Alexandre Bord
Cette anthologie reflète la vitalité impressionnante de la poésie francophone contemporaine. Quatre générations partagent des textes pour la plupart inédits. La plus jeune a 17 ans, les plus âgés sont nonagénaires. Ils sont ainsi 94 à croiser leurs poèmes sur la thématique du désir, un mot aussi simple que subversif.

ADONIS – ARTHURH – Olivier Barbarant – Linda MARIA BAROS Joël BASTARD – Rim BATTAL – Claude BEAUSOLEIL – Tahar BEN JELLOUN – Zoé BESMOND DESENNEVILLE – Zéno BIANU – Carole BIJOU – Alexandre BONNET-TERRILE – Alain BORER – Katia BOUCHOUEVA – Julien BOUTREUX – Nicole BROSSARD – Tom BURON – Tristan Cabral – CALI – Rémi Checchetto – William CLIFF – François de CORNIÈRE – Cécile COULON – Charlélie COUTURE – Laetitia CUVELIER – Seyhmus DAGTEKIN – Jacques DARRAS – Michel DEGUY – Chloé DELAUME – René Depestre – Thomas DESLOGIS – Ariane DREYFUS – Renaud EGO – Michèle FINCK – Brigitte FONTAINE – Albane GELLÉ – Guy GOFFETTE – Cécile GUIVARCH – Cécile A. HOLDBAN – Philippe JAFFEUX – Maud JOIRET – Charles JULIET – Vénus KHOURY-GHATA – Anise KOLTZ – Petr KrÁL – Abdellatif LAÂBI – Hélène LANSCOTTE – Jean LEBOËL – Yvon LE MEN – Perrine LEQUERREC – Jérôme LEROY – Hervé LETELLIER – Sophie LOIZEAU – Lisette LOMBé – Mathias MALZIEU – Guillaume MARIE – Sophie MARTIN – Jean-Yves MASSON – Edouard J.MAUNICK –
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