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EAN : 9782070727193
266 pages
Gallimard (23/10/1992)
4.04/5   24 notes
Résumé :
L'Homme à cheval est peut-être le roman le plus achevé, Dans une Bolivie mythique à travers les amours de Jaime Torrijos, le lieutenant de cavalerie devenu dictateur, de la belle aristocrate Camilla et de la danseuse à demi indienne, Conchita, Drieu La Rochelle fait apparaître au soleil éclatant de l'Amérique du Sud toutes les grandes forces qui se disputent depuis un siècle et demi la domination mondiale : l’Église sous l'aspect d’un jésuite assez déplaisant, la Ma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Dans une Bolivie réinventée et complètement mythique, Drieu La Rochelle, à travers les amours d'un lieutenant de cavalerie devenu dictateur, d'une belle aristocrate et d'une danseuse semi-indienne, décrit toutes les grandes forces qui se disputent la domination mondiale depuis environ deux siècles : l'Eglise sous les traits d'un Jésuite assez déplaisant et la Maçonnerie sous l'aspect d'un “frère” encore plus détestable, les forces populaires qui émergent et que l'Homme à cheval veut conduire et guider et les anciennes classes dirigeantes, l'aristocratie et la bourgeoisie décadentes, qui perdent pied et essaient de surnager par l'intrigue et la corruption. Drieu lui-même se met en scène avec le personnage De Felipe, le guitariste poète conseiller de l'homme d'action...
Roman politique et philosophique (les références au péronisme et au communisme sont très claires), ce livre est sans doute le plus achevé de l'écrivain maudit. Les accents shakespeariens sont nombreux et frappants. Les allusions à Henri Bergson comblent d'aise le lecteur. le style magnifique est proche de celui de Mérimée, de Cervantès ou de Stendhal. Ce livre est un véritable chef d'oeuvre écrit par un esprit exalté et idéaliste mais également brillant et sceptique. On ressort de cette lecture enchanté et presque plus intelligent qu'avant.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Je crois que l'intitulé du livre de Frédéric Saumade « L'homme en désordre » pour qualifier celui qui fût un écrivain magistral du XX° siècle quoi qu'en pensent les Sollers et consorts, désigne bien le dandy prêchant à la fois tout et son contraire. L'homme à femmes, ces femmes qui tenteront de le sauver malgré lui, de le détourner de l'obsession du suicide, le moment venu de l'heure des comptes après une vie si agitée.
Mondain et solitaire à la fois, étranger à ces hussards de la littérature souvent normaliens, il nous livre ici un roman singulier et peu connu qui révèle à bien des égards une littérature « d'avant » aux phrases labyrinthiques, qui paraissent empruntées aux répliques du Cid ou des textes de William Shakespeare.
Je n'ai pas l'habitude… et il me fallut parfois relire certaines de ces phrases pour en déceler le sens. Peut-être… que le monde Cornélien de l'entre-deux-guerres nécessite un temps d'adaptation.
Ce roman est de toute évidence construit comme une pièce de théâtre. Je découvre que Drieu s'est intéressé à l'histoire précolombienne ou plutôt à ce qui a succédé quelques siècles après la décolonisation. Ces tentatives d'unification de territoire dont Bolivar à l'instar de Napoléon se faisait le porte-drapeau et qui furent souvent vaines. Il pointe son doigt sur la Bolivie, ancien territoire appartenant à l'empire inca et peuplé d'Aymaras, pris en tenaille entre le Pérou et le Chili pour se ménager un débouché sur la mer. Une ville emblématique, La Paz, au carrefour des contrastes et accrochée à une paroi qui est la limite sud de l'Altiplano (4000 m d'altitude), un désert de sel au sud, la forêt tropicale à l'est, et des sommets de plus de 6000 m d'altitude non loin des faubourgs. Ce n'est pas une ville, c'est une cascade de maisons passant de 4000 m d'altitude à 2500 m plus bas. Contrairement à ce que l'on connait d'habitude, la zone résidentielle n'est pas au sommet mais en bas de l'agglomération. de quoi être déstabilisé comme je le fus moi-même en 1999, comme le fût Drieu lui-même lorsqu'il découvrit ce paysage accompagné de sa compagne de l'époque, une écrivaine argentine Victoria Ocampo. Certains diront que Drieu n'a jamais mis les pieds en Bolivie et qu'il en a tout au plus rêvé. Peu importe, tous les ingrédients d'un livre accompli sont réunis ici.
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Fresque politique vue au travers d'un guitariste "observateur" qui raconte l'épopée et la prise de pouvoir de son chef, Jaime Torrijos, dans une Bolivie phantasmée. le style de l'auteur est efficace, avec certaines élégances, et l'histoire, quoique parfois un peu complexe avec ses retournements politiques, se comprend bien.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Il y avait une belle et forte idée dans ce rapprochement de l’homme et de la femme, des deux parties de la nation. Mais le Père Florida veillait. Et ce n’est jamais en vain qu’une femme est une femme du monde, comme vous dites dans votre singerie de Paris. Qu’est-ce qu’une femme du monde ? C’est la fille d’une aristocratie battue, décapitée. En cette année 1868, cela est plus vrai que jamais. Cela est vrai depuis 1792. Les aristocrates de par le monde sont des décapités qui marchent par habitude. Voilà ce que sont vos grands, Florida, voilà sur quoi s’appuie l’Église, voilà ce qu’appuie l’Église. Mais peut-être que le pape et les cardinaux sont eux-mêmes des décapités. Cela se saura un jour, dans deux ou trois siècles.
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- C’est toi, Felipe, qui m’a mis tous ces mots dans la tête. Qu’étais-je, moi ? Un lieutenant de cavalerie qui sautait sur les chevaux, maniait le sabre et la carabine et se roulait dans l’amour des soldats et des filles. Tu as mis des mots en moi.
- Qu’étais-je, moi ? Un joueur de guitare, un pâle étudiant en théologie ; et soudain tu t’es dressé devant moi, tu étais la forme. La Forme. Moi qui était amant de la beauté, je me suis rué vers cette forme, qui était la beauté vivante. Soudain, la musique, la théologie étaient une seule figure qui marchait dans le monde.
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"Il faut aller au-devant de ses ennemis, il n'est pas bon de les attendre. Il faut faire tout franchement et très vite."
"Les hommes d'action sont suffisamment hommes de pensée, et les hommes de pensée ne valent qu'à cause de l'embryon d'homme d'action qu'ils portent en eux".
“Il y a beaucoup d'action dans l'homme de rêve et beaucoup de rêve dans l'homme d'action”.
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Elle commença de danser. Ses premiers ^pas allaient se briser, semblait-il, dans le silence effrayé et hostile comme un verre où l'eau se glace.
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Avec une voix que je ne m'étais jamais connue, j'entonnai le chant des cavaliers d'Agreda. Alors, il sembla que tout l'animalité que nous traînions après nous s'éveillait à la beauté inouïe du site: les chevaux tirèrent le cou, agitèrent leurs gourmettes d'acier et deux ou trois hennirent; les âmes des hommes, au refrain, s'élevèrent d'un seul élan au-dessus d'eux-mêmes, qui se dandinaient sur les montures. Le plus haut chœur de la terre composa la magnifique illusion d'un chant qui atteignait en plein les étoiles.
Ah, si tu n'as pas entendu chanter à pleine gorge des hommes, qui par la grâce de la guerre, savent enfin qu'ils allaient tous les jours à la mort, tu ne peux connaître la fugitive beauté d'être leur frère. C'est quand le cheval est préféré à la femme, le fer à l'or. Bénis soient Apollon et le dieu solaire des Incas, j'ai chanté les hommes plus souvent que les femmes. Du reste, dans nos contrées de sang indien, la femme admire l'homme et n'attend rien que de son bienfaisant mépris.
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Videos de Pierre Drieu La Rochelle (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Drieu La Rochelle
C'est une histoire française. Elle se passe à Paris pendant l'Occupation, puis dans le maquis du Vercors où les résistants se battent dans la neige, jusqu'au dernier. C'est une histoire qui oppose deux France. Celle des Cossé-Brissac, le côté maternel de l'auteure, dont la grand-mère May, aussi libre de son corps en privé qu'attentive aux conventions en public, reçoit le Tout-Paris de l'Occupation, de Paul Morand à Pierre Drieu La Rochelle, de Josée Laval à Coco Chanel. Une jeune fille grandit là, promise à un mariage de l'entre-soi, bientôt elle sera rebelle. Elle se nomme Marie-Pierre de Cossé-Brissac. L'autre France, c'est celle de la résistance par les idées et par les armes. Un grand médecin juif parisien envoie son fils en province. L'intellectuel rompu aux joutes de l'esprit rejoint le maquis. Il se nomme Simon Nora, rebaptisé « Kim » dans son réseau. À la fin de la guerre, le survivant du Vercors rencontre l'aristocrate en rupture avec sa famille. Les héritiers des deux France s'aiment comme s'ils n'en formaient qu'une. Mais auront-ils le droit à la liberté ?
Ce roman haletant est une fresque guerrière, un amour impossible, une brève libération.
Extrait disponible sur notre site https://www.editions-stock.fr/livres/la-bleue/une-breve-liberation-9782234094024
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