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Julien Hervier (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070745869
238 pages
Éditeur : Gallimard (13/09/1996)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 21 notes)
Résumé :
« Je me rappelle deux ans plus tard, en face de moi, ce grand diable d'officier allemand debout dans la tourmente, à Verdun, Fritz von X..., qui était debout, et appelait, et m'appelait. Et je ne lui répondais pas, je le canardais de loin. Dans cette guerre, on s'appelait, on ne se répondait pas. J'ai senti cela, au bout d'un siècle de course. On a senti cela. Je ne faisais plus que gesticulailler, criailler. Je n'avançais plus guère. Je trébuchais, je tombais. Ils ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
moravia
  20 juin 2019
Je suis prêt à parier qu'avant "l'affaire" 50 millions de Français ignoraient tout de Pierre Drieu la Rochelle. Jusqu'à son existence. Et pourtant, aussitôt qu'il fut question en 2012 de le faire entrer dans la prestigieuse collection de la pléiade : branle bas de combat général ! Une partie des médias enfourchèrent aussitôt leur "Dada" habituel. C'était le retour de la bête immonde...nous allions revivre les heures les plus sombres de notre histoire. N'avaient-ils pas des sujets plus importants à traiter ? D'ailleurs, avaient-ils lu un seul livre de lui ? Leur seul souci était de dire qu'un fasciste ne pouvait devenir un grand écrivain et que le lire vous faisait devenir automatiquement un affreux nostalgique de Benito. La liberté d'expression oui ! mais pas pour tout le monde...il ne faut pas déconner quand même.
Jean-Marc Reiser disait "On vit une époque formidable". Il n'avait pas tout vu. Aujourd'hui plus les événements sont lointains, plus les sectaires s'y intéressent. Je crains qu'un jour le massacre de la Saint-Barthélemy nous revienne dans la gueule...
Car enfin 70 ans après les faits, est-ce que la publication de Pierre Drieu la Rochelle dans la pléiade allait relancer les guerres, les famines et autres fléaux qui existent de par le monde ? Restons sérieux deux minutes.
En 1970, quand le livre de poche a publié La Comédie de Charleroi, il n'y eu aucune protestation, aucune hystérie alors que figuraient déjà au catalogue trois autres livres du même auteur (Gilles, l'Homme à cheval, le Feu follet).
Alors ? Faut-il aujourd'hui créer des brigades spéciales chargées de brûler tous les livres de Drieu ? (tiens, cela me rappelle quelque chose).
Faut-il condamner lourdement tout individu qui vendra, qui lira, qui possédera un ouvrage de Pierre Drieu la Rochelle ?
Orwell ! ils sont devenus fous.
Quiconque aura lu La comédie de Charleroi ne pourra que constater le talent de son auteur. Seul un grand écrivain a les capacités de faire naître un tel livre. Tout le reste n'a rien à voir avec la littérature. Hélas nous vivons une époque où les barbares n'ont que faire des livres.
Ils ne lisent pas, ils hurlent.
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CDemassieux
  08 juin 2019
Avant d'évoquer le texte proprement dit, je préviens par avance que je vais décevoir les collectionneurs de repentance en n'insistant pas lourdement sur le passé collaborationniste de l'auteur de la Comédie de Charleroi. Je laisse ce soin à d'autres…
Ce recueil de six nouvelles raconte la guerre [la Première] en six tableaux ; une guerre que Drieu La Rochelle a faite, comme beaucoup d'autres, et qui l'imprégnera durablement – il y sera blessé trois fois.
Le narrateur, qui nous traîne dans son sillage à travers ces tableaux peints avec un regard perçant et implacable, oscille entre exaltation et découragement, patriotisme et nihilisme, courage et lâcheté, enthousiasme et ennui, etc., comme pour exprimer toute la moelle d'une expérience hors-norme qui le pousse à ces comportements paradoxaux. Car la guerre « n'a jamais été faite uniquement par ceux à qui elle plaisait, et ceux-là ont toujours été tentés de la faire, plutôt qu'à leur pareils, aux autres. »
Cette guerre est nouvelle : « une guerre pour bureaucrates, ingénieurs, un supplice inventé par des ingénieurs sadiques pour des bureaucrates tristes. » C'est une « guerre d'usines », avec pour corollaire la mort industrielle, où les chefs « sont chargés de déverser des trains de viande dans le néant »…
Tout commence en accompagnant à Charleroi une femme snob et mère d'un soldat mort au combat, dont le narrateur était le camarade avant de devenir le secrétaire de ladite mère. À partir de là, dans le décor de ses premières frayeurs et exaltations de soldat, il se souvient. Tout commence (je me répète) pendant cet été 1914, quand on « achevait de rassembler le bétail le plus héroïquement passif qu'ait jamais eu à prendre en compte l'Histoire qui brasse les troupeaux ». Ce Grand troupeau, écrivait Jean Giono
Troupeau qui se résume ainsi : « Au fond, j'avais senti autour de moi l'accablement de toute cette médiocrité qui fut pour moi le plus grand supplice de la guerre, cette médiocrité qui avait trop peur pour fuir et trop peur aussi pour vaincre et qui resta là pendant quatre ans, entre les deux solutions. »
Tout le texte recèle de ces phrases fusant comme des balles tirées non plus à la face de l'ennemi mais celle du lecteur, réceptacle de ces pages pleines de dualité. le narrateur pousse le bouchon très loin, jusque dans la basse luxure, à Marseille en transit, ne nous épargnant pas même les détails de sa dysenterie dans les Dardanelles. Parce qu'il en aura vu du pays ; c'était partout une « jungle de fer » : « ces lieux où j'avais tant souffert et la souffrance m'avait fait connaître certaines extrémités de moi-même. »
Puis il y a ces généralités cinglantes, dont certaines feraient aujourd'hui craindre le pire sur les réseaux (a)sociaux : « Les femmes sont presque toujours des actrices, des caricatures attendrissantes de leurs hommes. » Il y a aussi celle-ci, exemplaire : « L'oeuvre d'art la plus réussie est une déception pour qui a tenu dans ses mains la misérable vérité ; elle peut pourtant lui apporter une ivresse favorable à ses chers souvenirs. »
D'autre fois, une sorte de cynisme l'emporte : « Je ne suis pas ici en tant que patriote, mais en tant que bourgeois raffiné, avide d'expériences. Je viens vers le peuple par un romantisme transposé, méconnaissable, un romantisme taciturne et dandy. » Il y a, enfin, l'aveu fataliste quand il est question d'avenir : « Les patriotes mourront au fond d'une cave. »
Quant à la guerre, elle le perturbera jusqu'au bord de l'armistice, en 1918, et il ira défier le sort en s'approchant du front alors qu'il n'en avait plus l'obligation. La guerre déconstruit autant qu'elle construit les êtres qui s'y frottent, terrible paradoxe : « Je pressentais confusément ce que j'ai éprouvé depuis, qu'un même abandon délibéré à la mort serait la base de toutes mes actions », avouant par ailleurs : « Je n'ai jamais eu besoin d'action que par spasmes. » Inconstance d'un esprit tourmenté autant par lui-même que les événements.
Enfin, il y a cette phrase, prononcée en Amérique du Sud par un déserteur, des années après le conflit ; phrase qui ressemble étrangement au destin de Drieu La Rochelle, interrompu par son suicide en mars 1945 (moi qui m'étais promis de ne pas en parler… !) : « J'ai joué franchement avec les hommes : je leur ai donné en justes parts mon dégoût et ma tendresse. » Parce que la guerre démasque le soldat dans ses plus profonds retranchements, il est désormais condamné à tout voir chez ses semblables, le haut comme le bas…
Dans ces pages, la guerre joue ce rôle dont parlent parfois ceux qui l'ont faite : un révélateur de soi-même. 1914-1918, deux dates qui n'auront pas abîmé que les corps, mais aussi, et plus durablement les esprits. Certains se seront précipités plus tard dans des abandons funestes. Cependant, le temps des rancoeurs n'est plus ; il faut lire désormais Drieu La Rochelle pour ce qu'il est : un écrivain.
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Fortuna
  16 mai 2014
Pierre Drieu la Rochelle a écrit ce recueil de nouvelles à propos de la guerre 14/18 en 1934. Bien qu'inspirées de son expérience personnelle, elles témoignent d'une certaine distance par rapport à l'évènement comme à travers «Le lieutenant de tirailleurs » ou « le Déserteur » dans lesquelles la forme moderne de la guerre occidentale est analysée et fortement critiquée. Dans la première nouvelle, « La Comédie de Charleroi », l'accent est mis sur l'inhumanité des combats et de la mort du soldat, ainsi que sur le rôle pathétique de la mère bourgeoise qui joue la comédie même devant la tombe de son fils, en quête permanente d'un statut social pour masquer la vanité de son existence.
Drieu n'est pas contre la guerre en soi – bien qu'il rejoigne ceux qui ont dénoncé l'absurdité de celle-ci - mais contre cette guerre moderne dans laquelle l'homme n'est plus rien qu'une chair à canon démocratique. Il est pour une armée de métier, avec de vrais chefs qui vont au combat à la tête de leurs troupes et ne sont pas à l'abri dans leurs bureaux. D'où sa nostalgie de terres plus authentiques comme l'Afrique ou l'Amérique du Sud. Et des guerres lointaines du Moyen Age…
Ce sont tous les mensonges de la guerre et de l'après-guerre qui sont évoqués, l'héroïsme dérisoire, les vantardises des planqués, les femmes vénales et sans tendresse, les faux exploits et les vrais lâchetés. On y retrouve également les champs de morts, le martèlement des obus, les blessés, la peur, les maladies, les conditions de vie difficiles.
Une très belle écriture, un point de vue original, marqué par une réflexion sur la décadence des vieilles nations européennes, de la bourgeoisie et de l'impasse vers laquelle se précipite le vieux monde…en route vers les totalitarismes. Drieu lui-même se prendra à leur piège ce qui ne remet pas en cause son talent d'écrivain.
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GrandGousierGuerin
  28 juillet 2015
Recueil de nouvelles du sulfureux ou peu fréquentable Drieu La Rochelle traitant de la Première Guerre Mondiale, avec un narrateur omniprésent qu'on identifie forcément à l'auteur.
Univers étrange. En effet, il est marquant de traiter de cette guerre sans vraiment relater un combat, une bataille, si ce n'est par une ellipse. Par contre, on tisse peu à peu un portrait du narrateur, avec ses angoisses dont la possibilité d'une mort imminente soulève le couvercle des aspirations juvéniles escamotées : rêves de gloire, d'honneur et d'amour. Si dans un premier temps, on est à la rencontre d'un jeune homme juste sorti de l'adolescence et de ses nécessités, un esprit empreint de désillusion, d'empathie envers l'autre semble installer au final un humaniste des temps modernes. Drieu revendique son origine et son conformisme petit-bourgeois, comme une identité ou une culture, pour mieux les mettre en défaut et en montrer les mesquineries et bassesses, tout particulièrement dans les nouvelles de la comédie de Charleroi et le chien de l'Ecriture. La fine frontière étanche entre lui et les autres est un thème récurrent de ces nouvelles : Drieu se sent toujours plus ou moins décalé ou inadapté aux situations qu'il narre. Ses relations nécessaires avec le gente féminine sont purement hygiéniques et leurs représentantes semblent le plus souvent peu dignes d'intérêt, pour ne pas dire stupides. Son sens de l'ordre et de la patrie sont par contre un élément majeur de ces nouvelles. Sur ce dernier point, Drieu la Rochelle ne fait pas l'apanage des idées dont il se fera le héraut par la suite. Non il se questionne surtout sur le rôle et la propension à commander et surtout la sienne qu'il juge rapidement devoir se limiter au niveau du simple bidasse.
Mais surtout il y a le style de Drieu qui a encore une fois fait mouche, bien des années après Gilles dont je ne garde plus qu'un agréable souvenir. Comme je n'ai plus l'ouvrage sous la main, vos invocations n'y feront rien : vous n'obtiendrez pas le moindre petit extrait
Ce recueil comprend cinq nouvelles :
La comédie de Charleroi
La plus longue de ses nouvelles. le narrateur est le secrétaire particulier de Madame Prantzen, riche bourgeoise qui a perdu son fils unique dans des combats à Charleroi. le narrateur était plus une connaissance de régiment qu'un camarade et a vécu les événements qui ont conduit à la perte du fils. Dans cette nouvelle, deux récit se chevauchent : le pèlerinage bigoto-patriotique de cette bourgeoise qui se rend en Belgique habillée en infirmière et engoncée dans ses médailles, qui ne sait pas aimer et ne se vit et se voit que par son rang, sa fortune, ses relations brillantes surtout si elles sont ministérielles et qui jouit presque de pouvoir jouer les pietas éplorées grâce à son fils qui a eu la courtoisie de bien vouloir devenir un héros de guerre. Les carolorégiens bien qu'en pointillés ne sont pas oubliés. le second récit nous transmet les souvenirs fulgurants qui transpercent le narrateur à mesure qu'il se déplace sur les lieux de la bataille. A mon avis, la nouvelle la plus réussie !
Le chien de l'Ecriture
Un fils de bourgeois, initialement dans le corps prestigieux des dragons, se retrouve affecté dans l'infanterie où il crève de trouille d'aller à l'assaut et demande inlassablement son affectation dans l'aviation. Très belle chute qui donne tout son sens à la nouvelle.
Le voyage des Dardannelles
Le narrateur demande à être affecté sur le front turc. Cela sera essentiellement l'occasion de nous proposer une description de certains de ses camarades peu recommandables, de donner un tableau en gris sale de Marseille ainsi que de la vie de camp avant l'embarquement.
Le déserteur
Après-guerre, le narrateur se trouve en Amérique latine et échange des propos avec un déserteur de la première heure. Petite étude philosophique sur le droit de déserter.
La fin d'une guerre
En cette fin de conflit, le narrateur se retrouve interprète auprès des armées américaines. C'est l'heure des bilans et surtout de partir et de passer à autre chose …
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Que-vent-emporte
  25 avril 2015
D'un livre il faudrait pouvoir parler comme si l'on n'en connaissait pas l'auteur, tant le destin de Drieu, fascisme et collaboration, pèse lourd sur la lecture de son oeuvre. Comme il n'a pas le style flamboyant de Céline, il n'est pas intouchable et peine un peu plus à convaincre. La Comédie de Charleroi est pourtant un beau livre ; mais surtout, elle constitue une belle ouverture à la compréhension de ce XXe siècle qui s'éloigne de nous.
En six nouvelles, Drieu nous montre comment la guerre peut s'emparer d'un tout jeune adulte, l'imprégner jusqu'à la moelle et marquer sa pensée d'un sceau indélébile.
Celle de 14 fut gagnée par la France et ses alliés, dit-on. Pourtant, le sentiment qui domine, d'un bout à l'autre du livre est la défaite, celle d'une jeunesse broyée, décimée sans états d'âme par des chefs incompétents.
La guerre du narrateur oscille constamment entre l'héroïsme gratuit pour soi et pour la patrie et l'esquive roublarde à la limite de la désertion.
Si quelques individus tirent leur épingle du jeu, l'immense majorité des cadres ne sont que des exécutants bornés. Les officiers, de simples contremaîtres. En aucun cas des chefs au plein sens du terme.
Pourtant, le narrateur sent naître en lui une capacité de dépassement, un rapport nouveau de l'individu exceptionnel à la masse. L'idée d'un chef singulier, hors du système, charismatique, incarnation d'une valeur supérieure revient dans tous les temps forts du livre, sporadiquement mais avec insistance.
Autre thème : le dégoût pour la démocratie et les politiques, tenus pour responsables de la gabegie mortifère qui règne dans l'armée. Démocratie et avilissement vont de pair, systématiquement.
Autre thème encore : les vrais acteurs de cette guerre et les seuls hommes au vrai sens du terme sont les combattants. Amis ou ennemis, ils valent plus que ceux qui les ont conduits au massacre. Or la guerre industrielle escamote abolit l'humanité et interdit tout affrontement entre des hommes et partant toute rencontre.
La guerre n'efface pas les barrières de classes. Pourtant, au-delà des clivages sociaux d'autres liens se dessinent. le narrateur, jeune bourgeois, ne se voit au départ aucun point commun avec les paysans et les ouvriers qu'il côtoie. Il finira néanmoins par les rejoindre, mais sans jamais se fondre à eux. Toujours au-dessus, avec un cran d'avance, Il apprend à manipuler les foules jusqu'à mener sa propre guerre, à être le plus malin à défaut d'être le plus fort.
Enfin, on est étonné par la présence insistante et ambiguë des juifs dans ce roman. Si Drieu les distingue, c'est pour souligner leur zèle et leur courage dans l'effort (vain ?) visant à se montrer plus français que les Français eux-mêmes.
Bref, n'interprétons pas ce livre à la lumière de positions que l'auteur ne prendra que plus tard, mais reconnaissons que dans cet après-guerre où tout est remis en question sans qu'apparemment rien ne change, tous les destins, toutes les dérives sont possibles, et la catastrophe inévitable.
Or, ne vivons-nous pas aujourd'hui une période analogue où les fronts se renversent, où mots les plus simples, comme bonheur, avenir, liberté ou progrès se brouillent ou, pire, inversent leur sens ?
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   22 août 2019
Vous avez beau dire. Vous refusez la civilisation.
- Comment ?
- Vous n'appartenez à aucune patrie. Or, la forme inévitable d'une société, c'est d'être une patrie. Une patrie, c'est à la mesure du regard des hommes. Et puis, il faut bien de la variété sur la planète.
- D'abord, aujourd'hui la France ou l'Allemagne, c'est trop petit.
- Certes, quand je parle de patrie pour moi, je parle de l'Europe. Eh bien, allez aux Etats-Unis ou en Russie, ou militez pour les Etats-Unis d'Europe.
- Non, j'ai lâché l'Europe pour de bon. Je l'ai fait par instinct, mais aujourd'hui ma raison me dit qu'elle crèvera dans ses dissensions.
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dechosaldechosal   26 février 2020
Dès les premières balles, je connus encore mieux le paysage minuscule, à ras de mes yeux, qui bornait désormais mon destin d'homme. Je ne connaîtrais plus le monde qu'à l'échelle du pissenlit. A jamais, à jamais enfoui dans la terre. Mon corps plaqué cherchait sous lui la tranchée qui n'était pas encore. Les balles autour de moi comme des clous m'enfonçaient dans le sol.
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moraviamoravia   20 août 2019
Nous allons de porte en porte. On se colporte dans la poussière. On fait des stations dans les petits cafés. Il y a toujours là quelques zouaves, en deuil, ces Grecs des îles avec leurs vastes culottes noires, qui sont là à tourner leur chapelet et à sucer leur narghilé. Leur inertie scandalise les plus feignants des nôtres.
On boit en douce dans l'arrière-boutique une sorte d'anisette. Nous remontons pompettes et satisfaits.
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moraviamoravia   28 août 2019
Nous marchâmes six heures de suite, dévorés de froid, rongés de solitude. Nous étions des milliers d'hommes qui cheminions et chacun de nous se sentait seul comme un petit enfant, au milieu de cette campagne aux jachères glaciales, en traversant ces villages abandonnés depuis mille ans.
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moraviamoravia   18 juin 2019
Oh, ma pauvre jeunesse déçue. Je m'étais donné à l'idéal de la guerre et voilà ce qu'il me rendait : ce terrain vague sur lequel pleuvait une matière imbécile. Des groupes d'hommes perdus. Leurs chefs derrière, ces anciens sous-lieutenants au rêve fier, devenus de tristes aiguilleurs anxieux chargés de déverser des trains de viande dans le néant...
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Videos de Pierre Drieu La Rochelle (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Drieu La Rochelle
Oslo, 31 août est un film (2011) dramatique norvégien co-écrit et réalisé par Joachim Trier d'après Le Feu follet de Pierre Drieu La Rochelle.
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