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ISBN : 2259191673
Éditeur : Plon (20/10/1999)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 99 notes)
Résumé :
Immense fresque de la bourgeoisie française des années quarante et cinquante, tableau impitoyable des milieux politiques et financiers de l'entre-deux-guerres, cet ouvrage de Maurice Druon a reçu le prix Goncourt, et fait partie des romans les plus célèbres de la littérature française contemporaine. Il a été salué par la critique dès sa publication, traduit dans le monde entier et porté à l'écran avec succès.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
mfrance
  10 février 2016
Avant d'explorer le Moyen-Age avec brio, Maurice Druon s'était lancé dans l'auscultation de son époque et a brossé une fresque inoubliable de la bourgeoisie arrogante des années de l'entre-deux-guerres.
Dans sa trilogie "la fin des hommes" dont "les grandes familles" (prix Goncourt 1948) constituent le premier volet, Druon livre un portrait d'une cruauté sans pareille de ces nantis des années vingt et trente.
Tous les notables de la société parisienne de l'époque, où se joue la comédie du pouvoir, vont défiler sous le regard impitoyable de l'écrivain, qu'ils soient banquiers, financiers, politiques, poètes, dramaturges, médecins ou encore aristocrates .....
Bien sûr, tous ses personnages sont ancrés dans la réalité de leur époque, mais pour autant, la description que Maurice Druon en fait ne sent pas la naphtaline, que nenni ! car il a brossé des portraits, archétypes de l'ambition, de l'arrivisme, de la vanité ... dont l'actualité reste brûlante !
Du "petit" Simon Lachaume, obscur professeur et journaliste, dévoré de l'ambition de "réussir" à tout prix, (sans savoir exactement dans quoi, au début de l'ouvrage), ouvert à toute opportunité,
au baron Schoudler, descendant d'une famille anoblie par Napoléon III, présidant aux destinées d'entreprises, de banque, de journal, qui, pour couler un rival détesté, n'hésitera pas à monter de toutes pièces une opération boursière scélérate, sans réaliser les conséquences funestes qu'elle peut avoir sur son entourage !, Maurice Druon nous fait pénétrer dans les arcanes de la vie parisienne avec ses fastes, les coulisses du pouvoir, les ors de la république, les enterrements prestigieux, mais aussi les lieux de plaisir avec ses amours taxées.
Du Balzac au vingtième siècle !
Impossible de livrer ici le moindre résumé, ce serait trahir l'ouvrage, car un grand nombre de personnages s'agite dans cette valse des pantins, et Maurice Druon n'en sacrifie aucun en offrant à tous un rôle non négligeable dans sa partition, menée avec un brio magistral, tant au niveau de l'intrigue que de l'écriture. Une écriture, un style, de facture très classique, comme seul un fin lettré en peut offrir !
"Les grandes familles" sont donc à découvrir et je vous enjoins vivement à vous y plonger ainsi que dans leurs suites : la Chute des corps et Rendez-vous aux enfers.....
Je vous y donne d'ailleurs rendez-vous (si cela vous agrée), très prochainement pour le complément de cette chronique !
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gill
  30 mai 2012
En 1916 Noël Schoudler, patriarche d'une grande famille bourgeoise est aussi à la tête d'un empire industriel.
Il est impitoyable et ne recule devant rien pour augmenter sa fortune.
Son fils François s'impatiente de pouvoir prendre la suite pour moderniser cet empire industriel...
Maurice Druon entame avec cette histoire d'une force peu banale le récit d'une tragédie jouée dans une grande famille industrielle française.
La haine et le cynisme font des ravages.
A la sortie du livre Emile Henriot, de l'académie française écrivait dans le monde " Un très bel écrivain est né..."
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Wyoming
  12 avril 2018
3 tomes dans ces grandes familles tous aussi passionnants les uns que les autres. D'abord, l'écriture de Maurice Druon qui coule, limpide, en brossant ses personnages jusqu'au plus profond de leurs personnalités distinctes, et il sont très nombreux dans cette saga. Cela a été écrit à une époque dont une bonne cinquantaine nous sépare, mais, à part l'absence d'internet et de téléphones mobiles ou autres objets connectés, franchement pas une ride. A replacer bien sûr dans le contexte des années 50. On y rencontre des hommes sûrs d'eux et dominateurs, d'autres faibles et dominés, des femmes de tête, d'autres soumises, des jeunes filles en fleurs qui s'ouvrent plus ou moins aisément. Très belle lecture.
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Jipi
  14 septembre 2018
Difficile de passer la main quand on détient tout et que l'on ne veut pas le perdre pas même le partager avec une descendance pressée de grandir en imposant sa manière de faire bouleversant le long fleuve tranquille d'un existant ronronnant dans sa récurrence
Seul dans sa tour d'ivoire, bien au delà d'un second souffle un patriarche refusant de passer la main dirige sans montrer la moindre défaillance un empire financier presque Byzantin.
Les décorations, les titres et les privilèges pullulent sur des esprits bien souvent revanchards et opportunistes dont le carriérisme se camoufle dans le bon mot servant à l'entretenir.
Certains aveux sont sincères mais enrobées d'intelligence dans un contexte ou il faut savoir mener sa propre barque en sachant remercier afin de durer le plus longtemps possible.
Seul un petit fils encore inoffensif semble avoir de l'intérêt pour un ténor de la finance encore vaillant sans illusion sur un environnement familial hypocrite, austère, calculateur ou libertin qu'il ne désire pourtant pas quitter en le manageant par une réplique appropriée.
Un donneur de leçon désirant canaliser avec trop de virulence le punch d'une génération montante un peu trop dynamique à son gout ne fait que détruire la survie de sa propre continuité
Il ne lui reste plus que finir seul accablé de remords à condition que ceux-ci puissent s'exprimer sans orgueil ni fierté.
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barjabulette
  05 avril 2017
Bienvenue dans le monde impitoyable de l'argent et du paraître.
Les Grandes familles c'est un peu le Dallas du début XXème siècle en fait !
Le Baron Schoudler est prêt à tout pour défendre son empire, à tous les sacrifices. Et un "dommage collatéral" entraînant une bonne raison de se venger, une vengeance en entraînant une autre, c'est finalement les malheurs des Grandes Familles !
Je ne connaissais pas Maurice Druon. J'y suis venue par le biais de la série : les Rois maudits.
Quel écrivain ! J'adore autant que Zola.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ADAMSYADAMSY   29 septembre 2014
Personne n'avoue jamais sa hantise de la mort ; et cette retenue n'est point, comme on le prétend, dignité ; elle est souci surtout de ne pas effaroucher l'aide d'autrui. L'enfant qui appréhende l'instant où la lumière va s'éteindre persuade à sa mère que c'est par tendresse qu'il attend un baiser ; le soldat qui vocifère à la portière du wagon une chanson grivoise étouffe l'angoisse qui hurle en lui, sans arrêt, comme une sirène détraquée ; la femme qui se pelotonne contre la moiteur de l'amant et le vieux ménage qui continue de faire lit commun nomment amour leur frayeur. Personne, personne n'avoue, de crainte que son aveu ne l'isole comme un pestiféré, parce que la mère, l'amant, le capitaine, eux aussi ont peur ! Tout, les civilisations, les cités, les sentiments, les arts, les lois et les armées, tout est enfant de la peur et de sa forme suprême, unique, la peur de la mort.
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mfrancemfrance   10 février 2016
Soudain, Marie-Ange fit un petit signe à son frère et tous deux, plutôt prêts à la frayeur qu'au rire, observèrent l'aïeul. Le vieux Siegfried finissait sa chartreuse, et comme il avait le nez énorme et que le petit verre gravé d'or était fort étroit, il ne pouvait pas parvenir à se verser la fin de la liqueur dans le gosier; il sortait, pour lécher ce qui restait au fond, une langue violette, recourbée, épaisse, qui se mouvait lentement dans le cône transparent et l'obstruait, comme une espèce de sangsue bien pleine de sang et prête à crever.
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JipiJipi   29 juin 2018
Extrait du film de Denys de La Patellière les grandes familles 1958.

La honte de la famille, le cousin Lucien Maublanc (Pierre Brasseur) s'adressant à Noel Shoudler (Jean Gabin) financier et patriarche de la famille Shoudler.

Nous avons de l'argent tous les deux. Toi tu représentes le patronat, moi le capitalisme.

Nous votons à droite, toi c'est pour préserver la famille, moi pour écraser l'ouvrier.

Dix couples chez toi c'est une réception, chez moi c'est une partouze.

Le lendemain si nous avons des boutons toi c'est le homard, moi c'est la petite vérole.

Même la guerre, nous ne l'avons faite ni l'un ni l'autre Eh bien toi tu représentes le héros de l'intérieur et moi le planqué. Avoue que tout ça est bourré d'injustice.

Mon cher Lucien je suis ravi de t'avoir revu. Maintenant si tu veux bien me laisser travailler.

Aaaaahhhh travailler ! J'attendais ça. Le maître mot. L'explication de tout. Voila quarante que tu travailles et que je ne fais rien. Que tu gagnes de l'argent et que j'en dépense. Que tu collectionnes les présidences et moi les aventures. Vous me haïssez parce que je m'amuse. Vous me haïssez et moi je vous emmerde.

Ca c'est bien vrai !
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ADAMSYADAMSY   29 septembre 2014
Mais la langue grecque, cet après-midi-là, n'eut pas d'effet calmant. Il parcourait trois lignes et puis pensait : "C'est en ce moment que cela se passe. C'est peut-être déjà fini. Je suis peut-être déjà battu... Ah ! ce ne sera pas drôle la vieillesse." Il n'avait pas même auprès de lui une maîtresse de longue date, une durable affection féminine. "Je les ais toutes trop trompées, voilà !..." Puis revenant à l'obsession académique, il se dit et ses lèvres en remuèrent : "Quand je pense que j'en ai vu au moins quinze tout nus, et que je n'ai que quatorze voix ! ... Quel peut bien être le quinzième ? " Parmi les anatomies qu'il avait eues devant lui, les dos arrondis piquetés de vieux points noirs, les gros ventres surplombant un reste de toison blanche, il cherchait le traître.
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jack56jack56   23 mai 2017
Chacun de nous, voyez-vous, porte en soi au départ plusieurs destins possibles, et l'on ne sait jamais si la vie nous a fait suivre le bon.

page 96
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