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Estelle Jacquet-Dégez (Traducteur)
ISBN : 2742791124
Éditeur : Actes Sud (03/11/2010)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 22 notes)
Résumé :

Dans une petite ville de l'Etat de New York, l'irruption d'un serial killer plonge les habitants dans la tourmente ; parmi eux, deux adolescents psychologiquement vulnérables et en proie à l’incurie des adultes décident de faire front ensemble pour éviter de sombrer dans le chaos. Sous des allures d’enquête policière, une sombre variation contemporaine autour d'Hansel et Gretel, récit poignant d'une doulou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  07 janvier 2015
« Dans un bar, à l'extrémité miteuse de la ville, de l'autre côté d'Allen Park où a eu lieu le dernier meurtre, Will laisse un message avant de raccrocher le taxiphone. Toute la nuit, au volant, il a sillonné les rues, comme si quelque chose pouvait éventuellement lui apparaître, qui ait un rapport avec le crime – exercice, bien entendu, totalement insensé. Il a beaucoup conduit ces derniers temps, sans but véritable, le halo rouge du néon de Randy's Hideaway, qui brille sous la pluie, lui a vaguement fait penser à un refuge. le voici donc accoudé au bar, ce qui ne l'avance pas plus que de rouler sans but. Tout vient du fait qu'il n'arrive pas à rentrer chez lui, maintenant qu'elle n'est plus là. […] »
État de New-York, un été de 1984. J'y croise cette gamine, treize ans, fille de parents divorcés. Angie, une musique des Stones dans la tête. Un père qui veut refaire sa vie auprès d'une jeunette bien roulée et une mère alcoolique et totalement nymphomane. Un été qui va changer le cours de sa vie, surtout lorsque du coté de Satan Lake – pourquoi ce surnom, une croyance hippie encore – sévit un dangereux serial killer. Points communs de cette succession meurtrière : la déviance morale des victimes. Mais bon, avec ce seul critère, la liste des suspects tout comme celle des victimes potentielles risquent d'être sacrément longue. Et nul doute que c'est accoudé au comptoir de ce bar que je trouverais l'inspiration.

« […] Il fait signe au barman de lui donner un deuxième Canadian Club, avec une bière. […] »
Putain, moi qui m'était contenté de mettre quelques contredanses par-ci par-là, parcimonie. Un peu de tapage nocturne, des mecs qui donnent un coup de trop dans le visage de leur femme, rien de bien méchant, rien de bien anormal dans ce coin du Nord, une bagarre dans un bar et des excès de vitesse. Bref, voilà mon lot quotidien depuis des années. Alors, oui, j'aurais préféré que le tueur en série sévisse ailleurs que dans ma ville, au lieu de me donner sueurs froides et mal de crâne.
« […] Une prostituée entre, dix-sept ans peut-être, des mèches blondes, complètement trempée. A cause de la pluie, sa minijupe lui colle aux cuisses, et on voit ses tétons à travers son tee-shirt mouillé. Elle prend place sur un tabouret de bar, à l'extrémité opposée de l'endroit où s'est assis Will, secoue sa chevelure humide, et lâche : « Meeeeerde.»
Lorsque, sans rien lui demander, le barman, qui vient de servir Will son carburant, prépare pour la fille un Frozen Daïquiri, le policier fixe intensément le panneau accroché au-dessus du bar qui rappelle que servir les mineurs est illégal.
Il ne brandit pas son badge de flic. Est-ce que je suis vidé à ce point ? « Vivre et laisser vivre », aurait dit Fred, et même si tout ça n'est rien que des foutaises, Will ne parvient tout bonnement pas à se mettre ses principes en action. Il se demande s'il va laisser aller jusqu'à se saouler. Tous ces problèmes qui n'attendent que vous. […]»
Autant te le dire de suite, je n'ai finalement pas regretté une seconde que le tueur en série s'en prenne à quelques uns de mes concitoyens. Moins de votes, certes, mais une atmosphère prenante, une ambiance ambigüe, un vrai thriller envoûtant perçu par le regard d'une adolescente. Et derrière cette violence, se cache la société américaine (la notre, donc) et sa jeunesse perdue entre la violence et le sexe. Dure apprentissage de la vie à treize ans. D'ailleurs le quatrième de couverture – qui ne veut certes pas dire grand-chose – associe ce roman à la lignée des films de Sam Mendes, American Beauty, ou du Virgin Suicide de Sofia Coppola. Deux grands films à mes yeux. Franchement, j'ai été surpris et scotché par cette histoire. Je ne m'attendais pas à prendre autant de plaisir à la lire. Un flic perdu, le comptoir d'un bar, une jeune pute, tout mon univers, un tueur en série en plus.
« […] Il pose les yeux sur sa nouvelle consommation, siffle d'un trait son whisky, puis écluse sa bière comme si c'était une purge, un Alka-Seltzer ou quelque chose dans le genre.
Dehors, sur le terrain goudronné et rafistolé ici et là où autrefois s'étendait peut-être un jardinet menant à la maison de cèdre rouge sombre aujourd'hui appelé Randy's Hideaway, il n'y a qu'une seule voiture le long du trottoir luisant, une Jeep garée tout près de sa Toyota Camry. Avec toute la place qu'elle avait. Dans le rétroviseur central, tandis qu'il met le contact, il la voit debout à la porte, sourire aux lèvres. Il laisse le moteur tourner un peu plus longtemps que nécessaire. le sang lui bat les temps, son coeur semble cogner plus fort que de raison. Sur le rétroviseur extérieur recouvert d'eau de pluie, la fille devient floue. »
Bon, il est temps que je rentre chez moi, même si personne ne m'attend, parce que sinon je risque de faire monter cette pute, mineure ou majeure je m'en branle. Et je crains de ne pas trouver l'inspiration et la trace du tueur en série qui sévit près de Satan Lake, même si elle me pompe sauvagement avec sa bouche, délicieuse et gourmande, d'un rouge cerise flamboyant. du plaisir, certes, à jouir dans sa bouche, mais l'enquête… Meeeeerde.
« Satan Lake », sans tabou.

Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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fleurdusoleil
  16 janvier 2011
Intriguée par cette couverture énigmatique, et par ce résumé qui installe un décor brumeux, j'entame la lecture de ce roman de Joanne et Gerry Dryansky. Ce couple de scénaristes américains sont les auteurs de L'Extraordinaire Histoire de Fatima Monsour et sa suite, La deuxième vie de Fatima.
Avec ce nouveau roman, ils s'essaient à un tout autre registre. Récit dramatique sur fond d'enquête policière, Satan Lake nous fait remonter les souvenirs d'Angie, devenue femme et épouse, sur ce tragique événement de l'été 1984, qui a marqué à jamais sa vie.
Au début du livre, avec de son mari, qui connait aussi cette histoire, elle décide d'exorciser ses démons, et de révéler au public la vérité ( ou du moins ce qu'elle a vécu ) à Whitman, petite ville paisible qui fut le terrain de chasse d'un tueur en série.
Son mari retracera les témoignages des différents protagonistes, il sera le "narrateur "omniscient".
Angie revient donc à l'été de ses treize ans, son arrivée inopinée chez sa nymphomane de mère, et sa rencontre décisive avec Ross, un jeune adolescent de douze ans. Deux enfants aux destins similaires, deux enfants acculés par une vie désastreuse, et abandonnés par des adultes irresponsables ou débordés.
C'est là que le résumé éditeur devient brumeux, mais je dois avouer que je comprends parfaitement leur démarche. Comment parler de ce drame, sans en dévoiler trop. Car sous couvert d'une enquête de police, ce roman est plus profond, plus noir. Ce qui est important n'est pas ce qui est écrit mais ce qui est sous-entendu. Une impression d'oppression s'installe au fur et à mesure de la lecture. On entre dans l'horreur, mais pas celle qui est dépeinte. C'est une sournoise intrusion dans un monde chaotique qu' Angie va devoir affronter en venant à Whitman.
Satan Lake est le point de départ du Mal.
De chapitre en chapitre, nous alternons les points de vue de la petite Angie et les témoignages des autres acteurs entraînaient malgré eux dans ce drame. Cette innocence perdue, ces deux enfants qui crient au désespoir sont tellement touchants, leur histoire serre le coeur, nouent les entrailles. On referme le livre sur leur passé commun et l'on est au bord des larmes. du moins c'est l'effet qu'il m'a fait.

Je mets donc Satan Lake dans mes coups de coeur 2011, et je vous invite à le lire.
Lien : http://lacaveauxlivres.blogs..
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soleil
  03 mars 2015
Angie, 13 ans, a des parents bien plus axés sur leur égo et sur leur vie sexuelle que sur le bien-être de leur fille. La voici donc qui quitte New-York à la demande expresse de son père -qui a besoin d'avoir le champs libre- pour aller vivre à Whitman chez sa mère qui elle n' a que faire de sa fille. Angie fait la connaissance de Ross et les voilà qui deviennent amis avec leurs failles, leurs douleurs, leurs souffrances. Ross ne va pas mieux qu'Angie. Sa maman est malade, alitée à la maison. Les deux jeunes adolescents font du vélo, se baladent et se soutiennent dans les moments difficiles.
Pendant ce temps là, le père de Ross qui est policier a sur les bras une affaire de meurtres à résoudre. Un tueur à Whitman se prend pour un justicier et assassine celles et ceux qui s'adonnent au sado-masochisme, à la pédophilie ou aux relations extra-conjugales. Will le père de Ross essaye tant bien que mal avec Fred, son acolyte, de démasquer le meurtrier. Mais les indices sont bien maigres et la police peine à trouver le coupable.
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Merveilleuse histoire où se côtoient l'amitié, les non-dits, les ressentiments, les maladresses, la violence subie et non décrite.
Emouvante histoire que l'amitié de ces deux enfants livrés soit à eux-mêmes soit à leurs souffrances.
J'ai eu le coeur serré et les larmes aux yeux quelques pages avant la fin, avant que je termine la lecture du récit fait par Angie. Soufflée par l'émotion qui s'est dégagée de ses derniers mots.
J'ai profondément aimé ce livre.
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sheen
  11 janvier 2011
Satan Lake raconte l'histoire de deux adolescents en proie à des tourments intérieurs, le tout sur fond d'enquête policière.
D'un côté Angie, dont la mère ne s'occupe pas beaucoup, trop affairée à trouver des partenaires sexuels en tous genres. de l'autre Ross, fils de l'inspecteur Will Stone, dont la maman décède d'une longue maladie, et qui a bien du mal à s'en remettre.
Un tueur rode dans la banlieue tranquille de Whitman, le tueur à la caméra, qui laisse derrière lui une cassette vidéo à chacun de ses exploits. Mais le tueur ne s'en prend pas à n'importe qui. Il semble vouloir rendre une certaine justice.
Mes "plus" : Tantôt narré par Angie, tantôt à la 3e personne, j'ai beaucoup aimé les 2/3 du roman : la relation touchante entre ces deux adolescents écorchés vifs, l'intrigue du tueur à la caméra le dénouement final et la capacité de l'auteur à stimuler notre imaginaire sans pour autant nous accabler de trop de détails.
Mes "moins" : J'ai beaucoup moins aimé les passages du coq à l'âne de l'auteur parfois, ce qui rend la chronologie de l'histoire un peu chaotique. L'intrigue que l'on élucide nous-mêmes très vite nous laisse sur notre faim.
Il n'en reste pas moins un livre que je conseille, ne serait-ce que pour la beauté de l'histoire.
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Damepluie
  07 août 2011
Deux. Une histoire d'amour, folle et bruyante, inquiétante et rédemptrice.
Whitman, une ville rurale de l'état de New-York. Ils s'aiment mais ne peuvent se le dire, ni même se le formuler, sauf lorsque la crise atteindra son acmé. Deux adolescents, en plein naufrage, perdus au milieu d'adultes inconsistants ou trop fracturés par les abîmes de la vie.
Angie va et vient entre deux parents insouciants, égocentriques, et perdus dans leurs histoires de sexe. Ross assiste à l'inéluctable agonie de sa mère, rongée depuis trop longtemps par ce cancer venu la faucher en plein idéal familial. Son père Will, officier de police, tangue et vire, homme profondément ébranlé par la perte de celle qui illuminait sa vie. A ce moment-là se déchaîne la violence du tueur, qui choisit pour victimes des violeurs de toutes obédiences. Ce tueur ne laisse pas de trace et plonge dans l'impuissance ceux qui sont chargés de le débusquer.
Un roman émouvant et sauvage, au goût de baies acidulées et de désabusement adolescent. La fragmentation-même du discours narratif, déploie l'émotion de déliquescence ambiante. Assurément, ce roman mérite d'être lu.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   12 janvier 2015
Dans un bar, à l’extrémité miteuse de la ville, de l’autre côté d’Allen Park où a eu lieu le dernier meurtre, Will laisse un message avant de raccrocher le taxiphone. Toute la nuit, au volant, il a sillonné les rues, comme si quelque chose pouvait éventuellement lui apparaître, qui ait un rapport avec le crime – exercice, bien entendu, totalement insensé. Il a beaucoup conduit ces derniers temps, sans but véritable, le halo rouge du néon de Randy’s Hideaway, qui brille sous la pluie, lui a vaguement fait penser à un refuge. Le voici donc accoudé au bar, ce qui ne l’avance pas plus que de rouler sans but. Tout vient du fait qu’il n’arrive pas à rentrer chez lui, maintenant qu’elle n’est plus là.
Il fait signe au barman de lui donner un deuxième Canadian Club, avec une bière.
Une prostituée entre, dix-sept ans peut-être, des mèches blondes, complètement trempée. A cause de la pluie, sa minijupe lui colle aux cuisses, et on voit ses tétons à travers son tee-shirt mouillé. Elle prend place sur un tabouret de bar, à l’extrémité opposée de l’endroit où s’est assis Will, secoue sa chevelure humide, et lâche : « Meeeeerde.»
Lorsque, sans rien lui demander, le barman, qui vient de servir Will son carburant, prépare pour la fille un Frozen Daïquiri, le policier fixe intensément le panneau accroché au-dessus du bar qui rappelle que servir les mineurs est illégal.
Il ne brandit pas son badge de flic. Est-ce que je suis vidé à ce point ? « Vivre et laisser vivre », aurait dit Fred, et même si tout ça n’est rien que des foutaises, Will ne parvient tout bonnement pas à se mettre ses principes en action. Il se demande s’il va laisser aller jusqu’à se saouler. Tous ces problèmes qui n’attendent que vous.
Il pose les yeux sur sa nouvelle consommation, siffle d’un trait son whisky, puis écluse sa bière comme si c’était une purge, un Alka-Seltzer ou quelque chose dans le genre.
Dehors, sur le terrain goudronné et rafistolé ici et là où autrefois s’étendait peut-être un jardinet menant à la maison de cèdre rouge sombre aujourd’hui appelé Randy’s Hideaway, il n’y a qu’une seule voiture le long du trottoir luisant, une Jeep garée tout près de sa Toyota Camry. Avec toute la place qu’elle avait. Dans le rétroviseur central, tandis qu’il met le contact, il la voit debout à la porte, sourire aux lèvres. Il laisse le moteur tourner un peu plus longtemps que nécessaire. Le sang lui bat les temps, son cœur semble cogner plus fort que de raison. Sur le rétroviseur extérieur recouvert d’eau de pluie, la fille devient floue.
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le_Bisonle_Bison   15 décembre 2014
Je suis allée dans la cuisine, où j’ai mordu dans une pêche. Je pouvais encore suivre la petite conversation de la pièce à côté.
« Et qu’est-ce qu’on fait pour les interdits ? a interrogé ma mère.
- On ne force jamais, a répondu l’homme, dont j’apprendrais bientôt qu’il s’appelait Howie. Ça va de soi.
- Vous allez être étonnés, a fait ma mère, mais, là, elle a reculé quelque peu. En fait, j’ai très peu de tabous.
- Dites-nous juste lesquels, a dit Howie, allez mettez-les sur la table.
- Hmm… ne me jouissez pas dans la bouche. »
C’était dit. Silence. Puis Mélanie prends la parole : « Pas grave, Howie, tu n’auras qu’à jouir dans ma bouche à moi, pour changer… »
Et c’est à cet instant précis que j’ai recraché mon noyau de pêche. « M’man ! »
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sheensheen   03 janvier 2011
Contrairement à ce qui se passe dehors, avec la vraie vie et son agitation angoissante, la vie qu’on trouve ici est protégée, catégorisée, apaisée et enluminée par toutes ces rangées de livres. Il subsiste derrière ces installations un espoir qui continue de faire naître de nouveaux livres : que ces ouvrages, dans leur tranquillité privilégiée, puissent nous fournir une clé qui nous permettra de mieux faire face au bazar qui nous attend dehors.
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manU17manU17   27 février 2015
A dire vrai, la première fois que je l'ai vu, il avait l'air surtout perdu, du genre des pauvres bougres qu'on voit trainer aux abords des gares routières. Maigre et l'air d'avoir été passé à tabac, comme Harry Dean Stanton dans Paris, Texas.
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manU17manU17   25 février 2015
Ces rayonnages de livres présentent pour lui le même intérêt qu'auraient représenté pour tout autre gosses des gondoles de supermarché croulant sous les pâtisseries.
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