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ISBN : 2253158704
Éditeur : Le Livre de Poche (18/10/2012)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Edition enrichie (Introduction, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)En juin 1553, Du Bellay arrive à Rome que les troupes de Charles Quint ont mise à sac vingt-six ans plus tôt ; il y accompagne comme intendant le cousin de son père, le cardinal Jean Du Bellay, auquel le roi Henri II vient de confier la mission de négocier avec le pape une alliance contre Charles Quint. Et c'est pendant ce séjour romain qu'il compose - outre des poèmes en latin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
NMTB
  19 décembre 2014
« Les regrets » est un recueil composé de sonnets écrits par Joachim du Bellay pendant un séjour de quatre ans à Rome. Un séjour pénible où il a pu constater que Rome n'était plus la Rome antique mais un monceau de ruines.
Les premiers sonnets sont des chants d'exilé, des plaintes adressées à ses amis, et dans lesquels il exprime la peine que lui cause son isolement ainsi qu'une grande nostalgie de la France et de la douceur angevine. Du Bellay se reconnait dans le personnage d'Ulysse, affrontant mille tourments dans le seul espoir de retrouver sa chère patrie. le célèbre « Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage… » illustre parfaitement l'esprit de ces premiers sonnets. Puis le ton change, il devient plus moral. Une moralité en accord avec le fameux Carpe diem des poètes de la pléiade : « Celui vit seulement, lequel vit aujourd'hui », écrit-il. Un Carpe diem qui a peu de rapport avec l'hédonisme, ainsi qu'on veut bien trop souvent les confondre aujourd'hui. Il suffit de lire ces Regrets pour en comprendre la différence. Il y a toute la distance entre le Carpe diem et l'hédonisme qui sépare le contentement de l'avidité. Des poèmes satiriques (dénonçant l'esprit de cour qui règne dans les Etats de l'Eglise, l'hypocrisie, la cupidité, la pédanterie) qui s'inscrivent dans une vraie tradition française. Du Bellay en profite pour régler ses comptes avec ses ennemis et aussi parler un peu des évènements qui secouent l'Europe à l'époque. Les dernières poésies sont consacrées à ses amis, à la France, à la famille royale, il y fait l'éloge de leur vertu.
Les trente-deux sonnets sur Les Antiquités de Rome sont moins amers, bien qu'ils soient eux aussi empreints de nostalgie. Mais ce n'est plus une nostalgie tournée vers la France, elle regarde les ruines de Rome et son ancienne gloire. Ainsi du Bellay médite sur l'inconstance du monde, sur la fuite du temps et le fait que la Rome éternelle n'a jamais existée. « Rome de Rome est le seul monument, et Rome Rome a vaincu seulement. le Tibre seul, qui vers la mer s'enfuit, reste de Rome. » Fortune divine, destin d'un peuple trop cruel et trop orgueilleux ? Quoi qu'il en soit, Du Bellay retient que « Tout en rien doit un jour devenir ».
Du Bellay et les poètes de la pléiade sont pratiquement les inventeurs de la langue française. C'est eux qui ont donné au parlé populaire issu de la langue d'Oïl ses lettres de noblesse, une certaine fixité. Et, de fait, quand on compare les écrits de du Bellay à ceux de ses prédécesseurs, tels que François Villon un siècle plus tôt ou même Rabelais (ainsi qu'ils ont été écrits à leurs époques respectives), le vocabulaire, l'orthographe et la grammaire de du Bellay sont beaucoup plus proches du français d'aujourd'hui. Toutefois, on trouve quand même quelques mots désuets et formulations baroques. J'ai été particulièrement frappé par le nombre de répétitions dont use Du Bellay, qui ne sont pas du tout dans les conventions actuelles.
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lucia-lilas
  11 novembre 2015
La plupart des poèmes de ce recueil ont été écrits en Italie alors que Du Bellay est à Rome chez le cardinal Jean du Bellay dans les années 1555. S'il est content de partir, de faire ce voyage dont rêvent tous les poètes humanistes, très vite, c'est la déception et l'amertume qui l'emportent: son rôle d'intendant l'ennuie fermement: "Je suis né pour la Muse, on me fait mesnager", les moeurs romaines le déçoivent, et très vite, c'est le mal du pays qui le fait souffrir.
le ton est sincère et les mots sont simples et émouvants, c'est peut-être pour cela que ces sonnets sont si beaux: "Je me contenterai de simplement écrire/ Ce que la passion seulement me fait dire/ Sans rechercher ailleurs plus graves arguments" Cette poésie est vraiment touchante et l'on ressent aisément toute la douleur de l'exilé qui souffre de façon poignante. Il veut que ses textes soient;" ... une prose en rime et une rime en prose". En lisant ces textes, on se sent proche de l'homme malgré les siècles qui nous séparent, c'est vraiment troublant...
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Henri-l-oiseleur
  10 octobre 2015
On aura beau y revenir sans cesse (tant que la lecture de ce poète n'aura pas totalement disparu de l'école française nouvelle manière) sur ces poèmes, dont certains sont très célèbres, on ne se lassera pas : Du Bellay, comme La Fontaine, n'est pas notre "patrimoine" ou quelque objet de musée, c'est notre compagnon vivant. Il chante son amour et son regret de la France, ce qui lui vaudrait les foudres des crétins autorisés d'aujourd'hui. Il est donc encore plus actuel qu'à la Renaissance.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   09 décembre 2015
L'habitude s'est perdue de lire intégralement des recueils de poésie : l'école et la paresse nous ont habitués à lire un peu au hasard, ou à nous contenter de morceaux choisis. Or Les Regrets, comme Les Fleurs du Mal et certains autres recueils particuliers de notre littérature (mais non tous) est un ensemble de poèmes construit selon une progression, un développement thématique, et dans le cas des Regrets, des itinéraires géographiques de voyage (dans Rome, de Rome à la France, etc). Si chaque sonnet est comme un "arrêt sur image", il appelle sa suite et commente celui qui l'a précédé. Donc une lecture progressive s'impose, même lente, et peut-être l'accompagnement d'un commentaire comme celui que proposent les éditions Folio, où l'on trouvera différentes manières de traverser les Regrets, selon les thèmes, et de lire le livre comme l'auteur voulait qu'on le lise.
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lucia-lilaslucia-lilas   11 novembre 2015
Je n'écris point d'amour, n'étant point amoureux,
Je n'écris de beauté, n'ayant belle maîtresse,
Je n'écris de douceur, n'éprouvant que rudesse,
Je n'écris de plaisir, me trouvant malheureux.
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NMTBNMTB   19 décembre 2014
Esprit royal, qui prend de lumière éternelle
Ta seule nourriture, et ton accroissement,
Et qui de tes beaux rais en notre entendement
Produit ce haut désir, qui au ciel nous rappelle,

N’aperçois-tu combien par ta vive étincelle
La vertu luit en moi ? N’as-tu point sentiment
Par l’œil, l’ouïr, l’odeur, le goût, l’attouchement,
Que sans toi ne reluit chose aucune mortelle ?

Au seul objet divin de ton image pure
Se meut tout mon penser, qui par la souvenance
De ta haute bonté tellement se rassure,

Que l’âme et le vouloir ont pris même assurance
(Chassant tout appétit et toute vile cure)
De retourner au lieu de leur première essence.
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Vidéo de Joachim Du Bellay
Comme le marinier, que le cruel orage - Joachim Du Bellay
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