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ISBN : 2253010723
Éditeur : Le Livre de Poche (10/07/1987)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Est-ce qu'on se suicide parce qu'on a pour père le poète le plus célèbre d'Angleterre et qu'il se préoccupe plus de son œuvre que de vous bercer sur ses genoux ? Est-ce qu'on se suicide parce qu'on écrit des vers incapables de rivaliser avec les siens... alors qu'il y a tant d'autres choses à faire, à voir, à savourer dans la vie? Richard en convient dès qu'il a passé une heure en compagnie de Jake qui l'a retenu au moment où il allait se jeter dans la Tamise. Quand... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Ambages
  15 juin 2019
Difficile de dire si j'ai apprécié ce roman - et pourtant après réflexion, je dois dire que oui, c'est une très belle plongée dans un cerveau torturé - tant la personnalité du protagoniste principal était déplaisante. Dick, Jeune homme de vingt ans, déboussolé tente de se suicider en se jetant à l'eau mais se voit rattraper à temps par Jake un homme un peu plus âgé. S'ensuit un périple d'Angleterre vers le Nord de l'Europe en bateau où ces deux hommes vont échanger un peu de leurs histoires respectives, le plus jeune dans une grande attente vis-à-vis de l'aîné, plus sage et confiant dans la vie. Ce dernier tente de le rassurer et de lui faire découvrir les beautés du monde et le plaisir que l'on peut en retirer, mais lors d'un dernier voyage, le bateau chavire et Jake meurt. Seul à nouveau, échoué sur les côtes françaises, il se dirige vers Paris. Toujours à la recherche de la figure paternelle, il tente de s'inventer une nouvelle vie (écrivain), sans doute pour indiquer à son père qu'il existe toujours. Sa tentative de suicide résulte de son sentiment de rejet de la part de son père, poète adulé en Angleterre et homme taiseux. de ce que Dick lui écrira dans une longue lettre, je comprends la douleur du fils. Mais Daphné du Maurier ne laisse la parole qu'au fils quasiment tout du long du roman, dès lors le lecteur a uniquement la vision de Dick dans les rapports père-fils. le père a élevé l'enfant de manière stricte et la mère ne s'est pas montrée très maternelle, elle non plus. Mais à nuancer car tout ce que j'ai pu comprendre vient du fils. Arrivé à Paris il se met à écrire, mais pour y arriver il lui faut une bonne âme qui l'aime, lui. Et c'est épouvantable de voir combien Dick est auto-centré dans la relation avec Hesta, jeune fille musicienne et indépendante. Il va pousser très loin la manipulation afin qu'elle tombe éperdument amoureuse et dès qu'il a ce qui lui faut, cette domination d'un être en amour pour lui, il ignore les besoins et envies de sa compagne. Jusqu'à ce qu'il termine son livre…
J'ai été impressionnée par la force de Daphné du Maurier d'arriver à m'embarquer dans l'esprit d'un jeune homme, complètement immature, égoïste et qui finalement n'attend qu'une chose : être dirigé, comme si toutes les années d'éducation ne lui avait jamais appris à devenir un être autonome. Alors la faute à qui ? Je n'ai pas vraiment d'éléments dans le roman pour orienter, reste sans doute un grand manque dans cette famille.
Un roman qui va sans doute rester longtemps dans ma mémoire.
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Ys
  25 avril 2017
Difficile d'avoir pour père un génie. Surtout quand ce génie - reconnu de son vivant comme le plus grand poète de langue anglaise - ne sait mettre de sentiment que dans ses oeuvres et traite son propre fils avec une insensibilité glaciale. Surtout quand ce génie ne songe à faire de vous qu'un digne successeur, une copie idoine, vous enferme dans les livres, dans l'étude, jusqu'à vous les faire détester, et ne vous témoigne évidemment qu'un mépris écrasant quand vous vous révélez indigne de ces hautes attentes.
Un jour, un mouvement de révolte désespérée met fin à tout ça, Dick s'enfuit du foyer paternel et le voilà désormais sur un pont, dans les fumées de Londres. Prêt à sauter. Terrifié par son geste mais incapable de trouver une raison d'y renoncer. Et puis deux mains se posent sur ses épaules, le retiennent, un homme, un sourire, le raccrochent à la vie. Un homme plus âgé, qui a déjà beaucoup vécu, qui trouve absurde de gâcher ainsi ses vingt ans, qui l'entraîne avec lui, devient l'ami, le compagnon, le frère aîné, le père de substitution dont il a tant besoin pour apprendre, enfin, à exister. Mais leurs voyages n'auront qu'un temps, le plus beau, celui de l'évasion, des découvertes, de la jeunesse enfin - et après cela, que devenir ?
Lecture pas inintéressante mais diablement pesante que cette Jeunesse Perdue, qui me laisse au final très partagée. D'un côté, des thèmes toujours puissants (le poids de l'éducation et des dysfonctionnements familiaux sur le développement d'une personnalité, la difficulté à être par soi-même, les pouvoirs de l'amitié, les mirages de l'amour, la force vivifiante mais bientôt décevante des illusions, le difficile apprentissage de soi), un portrait psychologique implacable et assez fin, quelques scènes superbes, qui m'ont touchée presque aux larmes par la seule force de l'écriture. de l'autre, un personnage principal extrêmement déplaisant, simplement agaçant et puéril tant que Jake est encore là pour le soutenir, puis pour lequel j'ai vite perdu toute capacité d'empathie, en compagnie de qui j'ai eu, de plus, en plus, le sentiment d'étouffer. Un esprit étroit, mesquin et creux, qui a fait siens tous les préjugés de son temps sur la vie, l'amour, le sexe, les femmes... dont mêmes les rêves sont artificiels tant il n'a pas en lui assez de puissance, assez d'individualité pour rêver vraiment.
Tout cela, évidemment, se justifie assez bien par son éducation écrasante, par le propos même du roman (un médiocre qui apprend à s'assumer comme tel en renonçant peu à peu aux rêves trompeurs de sa jeunesse) mais... mais, un petit supplément d'âme, de personnalité, n'aurait certainement pas gâché le propos, aurait même pu le rendre plus subtil et percutant. D'autant que je ne suis pas absolument certaine qu'il n'y ait pas là un brin de maladresse de la part de l'auteur, dont la plume est déjà belle, percutante, mais qui a encore besoin de prendre un peu de bouteille pour mieux maîtriser les dérangements de ses personnages.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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araucaria
  04 mai 2012
Très beau roman traitant de l'amour, du désamour, du mensonge, de la trahison... Fine psychologie de l'auteur et belle plume. Un bon livre.
http://araucaria.20six.fr/
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lilasviolet
  13 juin 2019
Richard est sur le point de se suicider en sautant d'un pont lorsque Jake l'en empêche. le jeune homme est en réalité le fils d'un poète très connu. S'il souhaite se supprimer c'est que son père reste complètement indifférent à ce fils qui n'est pas un génie mais juste quelqu'un d'ordinaire.
La rencontre avec Jake bouleverse sa façon de voir les choses, il s'agit de la première partie du livre. On suit le narrateur et son ami en Scandinavie. C'est la découverte d'un nouvel environnement et de paysages magnifiques.
Dans la deuxième partie de l'ouvrage, Richard s'installe à Paris. Il mène un peu la vie de bohème, tente d'écrire un roman et une pièce de théâtre. Il rencontre aussi Hesta.
Mon avis est mitigé sur ce roman de Daphné du Maurier. En effet, j'ai aimé la première partie qui se déroule en Scandinavie sur des bateaux et qui a petit côté aventure sur des territoires inconnus. Il y a de l'action et c'est assez captivant. En revanche, j'ai moins accroché sur la deuxième partie où l'histoire manque de rythme. de plus, les dialogues entre les protagonistes sont sans intérêt.
Richard n'est pas un personnage très attachant, voire peu sympathique. Il est surtout égocentrique et ne voit pas les choses de manière positive alors qu'elles le sont parfois. Son obsession de l'écriture va lui coûter beaucoup mais celle-ci l'amènera à la maturité.
C'est un roman d'initiation. Ce n'est vraiment pas un coup de coeur alors que j'apprécie habituellement les oeuvres de Daphné du Maurier.

Lien : http://lilasviolet.blogspot...
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lecottageauxlivresFanny
  26 juin 2019
Jeunesse perdue est le sixième roman de Daphné du Maurier que je découvre. Jusqu'à présent, je les ai tous aimés mais pour celui-ci j'aurais dû passer mon chemin.
Dès le premier chapitre, Dick est sur un pont de Londres. le jeune homme est le fils d'un grand poète anglais, il vit dans l'ombre de son père et ne supporte plus cette situation. Il regarde la Tamise en contrebas et franchit le parapet. Il est prêt à se jeter dans le fleuve lorsqu'une main appuie sur son épaule. C'est Jake, un jeune homme, un peu plus âgé que Dick, qui parvient à le ramener à la raison. Dick suit alors Jake comme son ombre, semble fasciné par le personnage. Ils décident de s'embarquer ensemble sur un navire, en tant que marins, en partance pour la Scandinavie.
Les aventures de Dick le mèneront ensuite à Paris où il rencontrera le grand amour et tentera de faire concurrence à son père qui n'a pas daigné répondre à l'une de ses lettre. Il se lance dans l'écriture d'un roman.
Comme vous l'avez déjà compris, je n'ai pas aimé ce roman. Les premiers chapitres étaient très prometteurs : les extraits décrivant le trouble psychologique du héros et sa rencontre presque surnaturelle avec Jake, son guide et son ami dès les premiers regards, sont beaux. Mais très vite le livre s'essouffle, et particulièrement le centre du roman se déroulant à Paris. Dick m'a souvent agacée et son apprentissage de la vie adulte ne m'a pas du tout touchée alors que j'aime les romans d'initiation.
Mon avis est assez radical, j'en ai bien conscience, mais malheureusement je me suis vraiment ennuyée en lisant Jeunesse perdue. J'ai eu l'impression de ne pas lire du Daphné du Maurier. Quelques réflexions sur l'amour, le désamour, le temps qui passe étaient pourtant belles.
Lien : http://lecottageauxlivres.ha..
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Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   14 juin 2019
« Je voudrais, dit-elle, je voudrais qu'on puisse se marier.
- Oh ! chérie. » Je la regardais stupéfait. « Tu ne peux pas vouloir dire cela. Mais le mariage est une chose horrible. Tu sais bien. Nous en avons parlé souvent.
- Oui, dit-elle, mais maintenant ça ne me paraît plus si horrible que ça.
- C'est impossible, continuai-je, pas nous. Nous ne nous aimerions plus la moitié autant. Être avec toi ne serait plus une chose passionnante. Tu serais ma femme et voilà tout. Nous trouverions ça tout naturel.
- Je ne crois pas que ça ait tant d'importance, dit-elle.
- Chérie, tu n'as pas vraiment envie de te marier. Tu n'as pas réfléchi à ce que ce serait. Allons, sérieusement, y as-tu réfléchi ?
- Oui, dit-elle.
- Non, Hesta, ce n'est pas possible. Voyons, tout d'un coup la vie devient terne, ordinaire, pareille tous les jours. Tu ne t'es pas mise tout d'un coup à avoir des scrupules moraux ?
- Oh ! Dick. Tu es fou.
- Mon cœur, non, je ne suis pas fou. Mais le mariage... tu te sentirais liée et moi aussi. Ce qu'il y a de respectable là dedans me tuerait. C'est parfait d'être comme nous sommes, jamais sûrs.
- Jamais sûrs de quoi ?
- De la vie, de l'amour, l'un de l'autre... Je ne sais pas. Écoute, est-ce que tu veux vraiment te marier ?
- Non, si tu ne le veux pas.
- Tu ne vois pas que ce serait affreux ?
- Peut-être...
- Tu ne le vois pas ?
- Tu dois avoir raison, Dick.
- Et c'est tellement inutile ! Nous n'avons pas à nous soucier des autres gens. Tu es indépendante, moi aussi. Ton tuteur, tu t'en moques, n'est-ce pas ?
- Oui.
- Ce n'est pas comme si tu étais pauvre
- Bien sûr.
- Qu'est-ce qui t'a mis ça dans la tête ?
- Rien, une idée comme ça. N'en parlons plus, Dick.
- Chérie, c'est merveilleux quand même que tu y aies pensé, c'est la preuve que tu tiens un peu à moi. Mais ça serait affreux, tu le sais bien ?
- Oui.
- Non, ce qu'il faut, c' est que tu quittes la pension et viennes habiter ici avec moi. »
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AmbagesAmbages   11 juin 2019
Être jeune, c'est une chose que tu ne comprendras, dit-il, que quand tu ne le seras plus, et ce sera alors comme un éclair qui te laissera un peu plus sage qu'avant. Mais, si tu écoutes bien, tu entendras dans l'air comme l'écho d'une chose perdue, comme un oiseau dont on ne peut définir la chanson, trop haut, trop loin, pour qu'on l'atteigne, et qui dit : Je ne serai plus jamais jeune, je ne serai plus jamais jeune.
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AmbagesAmbages   15 juin 2019
" Tu sais, dit-elle, tu avais absolument raison en ne voulant pas qu'on se marie. C'est beaucoup plus amusant comme ça, tu ne trouves pas ? On ne se sent pas lié du tout. On peut se quitter si on veut. "
Je fus surpris de ces paroles. C'était fort bien pour moi de mépriser le mariage mais, je ne sais pourquoi, cela prenait un autre sens, venant d'elle.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   12 juin 2018
J'entrai dans une boutique et achetai le livre de mon père puis remontai dans ma chambre d'hôtel pour le lire tout seul. Et quand je le lus, je vis que tout ce que les journaux en disaient était vrai. Il ne servait à rien de lui résister, car là s'imposait une beauté nue et le sens de ses rêves, et l'angoisse, et l'extase, et tout ce que j'avais jamais pu connaître. Là était le frémissement même de la vie, le doute et la douleur, la voix d'une âme solitaire perdue dans le désert, et il m'appelait du fond de ce désert, non comme un père et un homme, mais comme un esprit frère du mien, sans âge, un être semblable à moi, et je le connaissais ainsi comme je n'aurais jamais pu le connaître dans sa chair, penché vers moi du haut d'un inaccessible sommet et m'amenant jusqu'à lui.

Deuxième partie: Hesta
Chapitre VIII
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AuroraeLibriAuroraeLibri   11 juin 2018
Une paysanne lavait son linge dans un étang, un chien s'étirait sur le seuil d'une maisonnette et secouait la queue pour chasser les mouches. Les choses se succédaient, inévitables et paisibles, mais je ne voyais pas comment je m'y réintégrerais jamais. On eût dit que le murmure et l'émotion de la vie continuaient autour de moi, tout près, sans me toucher, et que je demeurais isolé dans le canal de mon existence sans communication avec le grand fleuve qui coulait devant moi. Peu importait. Je m'étais trouvé, un jour, sur un pont devant la certitude de la mort et, à ce moment, l'appel de la vie et l'attrait de l'aventure m'étaient apparus plus forts que jamais. Du haut d'un seuil mystérieux, j'avais regardé la terre et vu qu'elle était bonne. Quelque chose en moi avait aspiré à une libération, à une satisfaction. L'air qui soufflait sur mon visage, la poussière éparse sous mes pieds, le passage des femmes et des hommes chers et familiers, jusqu'à la sueur de leur corps et l'odeur de leurs vêtements m'avaient attiré dans un appel suprême et définitif.

Deuxième partie: Hesta
Chapitre I
+ Lire la suite
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Vidéo de Daphné Du Maurier
La chronique de Gérard Collard : "Le bouc émissaire" de Daphne Du Maurier
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