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ISBN : 2253099961
Éditeur : Le Livre de Poche (01/08/1995)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 145 notes)
Résumé :
Au cœur de la nuit, le vent d'est cingle la falaise. Entre deux rafales, des nuées d'oiseaux cognent aux vitres. Mais ce n'est pas la peur qui les précipite avec une telle force vers le monde des hommes... On retrouvera ici - et pas moins terrifiant - le récit qui inspira son chef-d’œuvre au maître de l'angoisse, Alfred Hitchcock. Dans les autres nouvelles de ce recueil, l'horreur se fait plus insidieuse, le fantastique à peine étranger au réel. Il suffit d'un pommi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  21 novembre 2013
Les Oiseaux, c'est bien sûr un célèbre film d'Alfred Hitchcock, d'ailleurs pas forcément génial à mon goût avec son cortège de mouettes grossièrement empaillées, mais qui est rentré dans le cercle assez fermé des grands classiques du cinéma d'angoisse.
Or, bien avant ce film aux qualités discutables, il y a cette splendide nouvelle de Daphne du Maurier. Et avant d'évoquer quoi que ce soit qui aurait trait à l'histoire, je voudrais tout d'abord saluer le style de cette auteur britannique hors du commun.
Une économie de moyens, une sobriété de formule, une efficacité d'évocation absolument remarquables. Une manière d'écrire qui me rappelle fort John Steinbeck, ce qui, dans ma tête est sûrement le plus beau compliment que je puisse faire à un écrivain tellement le maître californien trône fièrement sur le podium doré de mes auteurs favoris. Finalement le Nat Hocken des Oiseaux m'apparaît très comparable au George de Des Souris Et Des Hommes ou encore au fameux Tom Joad des Raisins de la Colère. Un type taiseux mais pragmatique, calme jusqu'à un certain point et doué d'une énergie vitale étonnante si le besoin s'en fait sentir.
En quelques pages et avec une poignée de mots, Daphne du Maurier parvient à installer une ambiance de plomb, angoissante au possible où c'est justement le non dit qui fait deviner le pire. Elle allume des amorces et notre imagination fait le reste (d'où l'inintérêt manifeste de chercher à montrer et à en faire un film, mais ça, c'est un autre débat).
L'histoire se présente comme suit : au début des années 1950, sur un rivage de la côte anglaise, Nat, un ouvrier agricole, habite une petite maison isolée dans la campagne mais peu distante de la ferme où il travaille.
Un soir du début décembre, tandis que l'automne avait été fort doux jusque-là, le vent change brusquement et le temps se met au froid piquant.
Tout un peuple d'oiseaux — des petits passereaux, des étourneaux, des corneilles — sans doute amené par le froid vient se bousculer dans les haies, sur les arbres et tout ce qui peut faire office de perchoir. Ces oiseaux pendent par grappes jusqu'à remplacer les feuillages ; ils sont des milliers, des millions probablement.
En mer, sur les vagues rageuses excitées par la houle, les mouettes, les goélands, les fous se massent à perte de vue jusqu'à couvrir les flots sombres de leur blancheur.
Nat a beau fréquenter la baie depuis toujours et avoir vécu des hivers rigoureux, il n'a jamais connu pareil rassemblement de volatiles. le temps n'est guère engageant. Nat se dépêche de rentrer à la maison rejoindre sa femme et ses deux enfants : le petit Johnny et sa grande soeur Jill.
La nuit vient assez vite, il fait un froid mordant, le vent s'insinue sous les portes et fait chanter les tuyaux de cheminée de manière inquiétante. La petite famille Hocken prend son repas calmement faisant cercle auprès du foyer de la cheminée. Tout le monde va se coucher tôt car il n'y a vraiment rien d'autre à faire ce soir que de s'aller blottir sous les couvertures. On souffle la bougie, les enfants s'endorment. Ça souffle toujours aussi fort dehors.
Dans la nuit, Nat est réveillé par des sortes de coups. Quelque chose frappe dans une fenêtre. Cela s'arrête puis ça reprend. La femme se réveille également. Nat se décide à aller voir. C'est un oiseau. Un tout petit oiseau ; un rouge-gorge ou une mésange. Nat ouvre la fenêtre pour chasser cet importun. Ils sont drôlement acharnés ces petits bestiaux, ils veulent absolument rentrer ! Rien d'étonnant, avec ce froid et ce vent ils doivent être affamés.
Nat referme la lucarne. Tiens ! Ses mains sont en sang. Ils lui ont picoré la peau fiévreusement. Rien de grave cependant. Nat retourne se coucher. Mais les coups ne tardent pas à redoubler. Comme c'est étrange, tout de même. Soudain, un cri dans la chambre des enfants. Un carreau a cédé. Ces oiseaux sont déchaînés !
Vite, mettre les enfants à l'abri. Vite, rassurer sa femme. Vite, barricader les fenêtres car ils attaquent par centaines. Il y a maintenant des mouettes qui se jettent à l'aveugle quitte à se briser le cou. Les fous de Bassan font des piqués monstrueux, bec en avant, et viennent s'écraser de tout leur poids sur le sol, morts sous l'impact. S'il y avait qui que ce soit en dessous il serait mis en pièces par tous ces projectiles vivants, petits ou gros.
Une longue nuit d'épouvante commence ; puis une autre le lendemain. On s'organise comme on peut. Il n'est plus question de sortir ni de vivre normalement. Seulement de tâcher de rester en vie tant bien que mal et de consolider ses abris… Je vous laisse découvrir la suite.
Voilà, j'ai essayé, bien maladroitement, de vous faire ressentir l'ambiance dégagée par Daphné du Maurier. Je n'avais pas du tout perçu, en visionnant le film d'Hitchcock, à quoi se référait l'attaque des oiseaux. À la lecture de la nouvelle, il m'apparaît clairement qu'il s'agit d'une évocation symbolique ou allégorique des bombardements allemands sur l'Angleterre durant la seconde guerre mondiale et sans doute, en cette période de guerre froide et de menace soviétique latente, il ne faut sûrement pas attribuer au hasard le fait que l'auteur précise avec insistance que le vent mauvais vient de l'est.
Elle nous fait vivre l'angoisse, l'incompréhension, la folie aveugle et meurtrière de la guerre sur la population médusée, incrédule, non informée et désarmée qui n'a plus qu'à compter que sur elle-même pour essayer de survivre.
J'ai vraiment adoré cette nouvelle, d'une redoutable efficacité d'écriture même si, à l'instar du film, la conclusion peut nous laisser un petit goût d'inachevé. On pourrait toutefois arguer que c'est une volonté de l'auteur qui souhaite ainsi nous placer dans le même état d'inconfort psychologique que les populations traumatisées par la survenue chronique des salves de bombardements.
Ce faisant, ce que j'exprime ici n'est que mon petit avis volant au vent et qu'une bourrasque un peu plus violente pourra chasser à jamais, autant dire, pas grand-chose.
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michfred
  04 avril 2016
Je n'avais plus lu Daphné du Maurier depuis...mes quatorze ans, âge où j'ai dévoré Rebecca avec délice, avant de le voir porté à l'écran dans le noir et blanc troublant du grand Hitch...
J'étais à peine plus vieille quand je suis allée voir Les Oiseaux, mon premier film "d'horreur", en couleurs cette fois, toujours du bon papa Hitchcock...j'ai eu peur, bien sûr, mais j'étais jeunette - et amoureuse: génial d'avoir peur quand on est amoureuse et que votre amoureux vous emmène au cinéma! Je n'avais pas lu ni avant ni après la nouvelle éponyme de Daphné du Maurier...
Lacune comblée! Dans ce recueil de 7 nouvelles -portant le nom de la première et la plus célèbre d'entre elles - j'ai découvert le talent de nouvelliste de la grande romancière anglaise, maître de l'angoisse subtilement distillée...
Un voyage au pays de l'inquiétude mais des nouvelles de qualité un peu inégale: si toutes avaient atteint celle des quatre premières j'aurais sûrement mis 4 étoiles!
La première nouvelle, Les Oiseaux, se passe en bord de mer, dans un petit hameau à la fois rural et marin dont les Anglais ont le secret.
La famille Hocken - le père, la mère, les deux enfants- voit, un matin d'hiver, les oiseaux faire, dans le ciel, un étrange manège, comme si une "inapaisable nostalgie " une "furieuse inquiétude" les agitait, les possédait. Ils semblent plus nombreux, plus vindicatifs, plus agressifs aussi. le vent d'est, glacé, souffle l'air des steppes. La radio distille de sombres nouvelles, un état d'urgence est lancé puis un raid d'avions de chasse. Mais les radios bientôt se taisent, et les avions dont les hélices se prennent dans des nuages d'oiseaux fous s'écrasent au sol.
Les fermiers voisins, le facteur, des enfants qu'on a imprudemment envoyés à pied à l'école meurent, piqués de mille becs. Les oiseaux ne s'attaquent qu'aux hommes: les vaches qu'on ne trait plus meuglent lamentablement dans les champs.
Nat Hocken est un ancien combattant, un solitaire, un prudent: il rassemble autour de lui son petit monde et organise la résistance, barricade portes et fenêtres, observe les heures d'attaque et les heures d'accalmie, et entreprend - mais jusqu'à quand?- de soutenir le siège infernal que les oiseaux - et spécifiquement les oiseaux de mer, dans leur coin de côte- semblent avoir installé contre les hommes...Sont-ils seuls sur terre désormais ? La colère inexplicable et sauvage des oiseaux contre les hommes est-elle sans merci ?
Pas la moindre clé – à mon avis, le vent d'est, le « coup des Russes » signalé par la brave Mrs Trigg (page 18) est une fausse piste : on est juste plongé sans crier gare dans une guerre sans merci des oiseaux contre les hommes – un bloc de mystère, une vindicte sans motif et sans pitié. Et c'est de là –et de l'écriture magnifiquement dosée, expressive, méticuleuse, de DDM- que vient notre panique ! Ah vraiment on est loin de la bluette à happy end de Hitchcock, et Nat Hocken le taiseux est un héros modeste, patient mais lucide, bien différent de cette insupportable chipie de Tippi Hedren, dont le chignon n'est jamais décoiffé, même par trois cents mouettes en furie !
Les trois nouvelles suivantes sont du même tonneau.
le Pommier est un petit bijou d'inquiétude sournoisement instillée dans un récit qui au début fait sourire..
Un mari, plutôt bon vivant, perd sa femme, Midge, une épouse insupportablement parfaite, frustrée et plaintive. Sans regret : à lui la douce liberté des veufs joyeux ! Mais un vieux pommier décati dérange cette liberté toute neuve : l'arbre fruitier a les attitudes pitoyables de sa femme, il semble lui faire des reproches, des signes..Et ne voilà-t-il pas qu'il se mêle de lui faire des cadeaux : des branches à brûler, des fleurs à foison, à faire crouler ses maigres branches, et une myriade de petites pommes acidulées ..Mais si chacun s'ébaubit de la renaissance inexplicable du vieil arbre, elle a le don d'exaspérer le veuf. Il n'a de cesse que de faire abattre ce pommier revenu d'entre les morts. Mais l'arbre éconduit ne se laisse pas faire…
La troisième nouvelle, Encore un baiser, a pour narrateur un homme simple, pris au piège d'un amour aussi soudain que total pour une étrange ouvreuse de cinéma qui l'entraîne dans un cimetière pour se faire embrasser..Une atmosphère de brumes délétères, de sensualité lascive et menaçante, et la rusticité du narrateur complètement aveuglé par son sentiment sont d'une redoutable efficacité pour semer l'inquiétude..
La quatrième nouvelle, le Vieux, m'a vraiment roulée dans la farine..Je n'en dirai rien, pour que la surprise soit complète !
J'ai moins aimé les deux suivantes : trop rocambolesque et mélodramatique –Mobile inconnu-ou trop attendue, trop téléphonée –Le petit photographe. Qu'importe : le style y est de toute façon un délice, et on savoure les touches d'humour –les habiles jeux de rôle du détective dans l'une- et l'incisive peinture psychologique d'une lady narcissique, en vacances dans la French Riviera, dans l'autre.
La dernière en revanche m'a beaucoup plu : elle renoue avec le fantastique et joue avec cette « Seconde d'éternité » où le destin rencontre et fracasse une vie – et où cette vie opiniâtre – toute pleine de la force des habitudes et animée par la puissance de l'amour maternel - s'obstine pourtant à continuer d'exister , au mépris du temps et des évidences…
Non, Daphné du Maurier, née en 1907, n'est pas une vieille dame un peu désuète qui nous raconte des histoires à frissonner doucement, entre le scone et le cracker.
Elle a un vrai talent de conteuse, elle parcourt toute la gamme de nos peurs en variant les plaisirs et les narrateurs. Elle fait revivre tous les milieux, elle épingle tous les travers, elle fait aussi des incursions dans le monde mystérieux des bêtes et des plantes…
Pour notre plus grand dépaysement, pour notre plus délicieux effroi…
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AgatheDumaurier
  11 novembre 2016
Encore une grande réussite de la belle Daphné que ces sept nouvelles qui se dévorent. On y retrouve l'atmosphère gothique, aux frontières du fantastique, caractéristique de ses romans les plus célèbres, Rébecca, ma Cousine Rachel, ou, moins connu, la maison sur le rivage...Chacune des nouvelles est cependant un univers à part, et l'auteure se renouvelle constamment.
D'abord, Les Oiseaux, nouvelle rendue célèbre par le film d'Hitchcock. le héros dans le texte d'origine n'est pas une femme blonde et froide, mais un pêcheur intelligent et habile, qui sent avant les autres la terrible menace qui s'élève de la mer : des millions, d'oiseaux, de mouettes en particulier, prêts à s'abattre sur les hommes. A l'originalité de l'idée s'ajoute une atmosphère étrange de fin du monde, dont semble s'être inspirés les multiples prophètes actuels de l'apocalypse dans leurs romans dystopiques. Daphné avait senti monter la marée...Une révolte de la nature contre la civilisation destructrice de l'être humain...
Le Pommier, nouvelle très bizarre, dérangeante, très Edgar Poe, sur un homme qui se révèle à nous peu à peu à travers une fixation paranoÏaque sur un pommier que l'on croyait mort, et qui revit...
Encore Un baiser, ou comment un bon gars craque sur une jeune fille peu commune...
Le Vieux, absolument délirant. Une nouvelle à chute d'une perfection absolue.
Mobile inconnu, ou la quête du passé d'une femme qui se croyait sans histoire...
Le petit Photographe, madame la Marquise fait des bêtises sur la côte d'Azur, et se croit très maline alors que...Bof...
Une seconde d'éternité, prenant, surprenant, le lecteur est perdu avec madame Ellis, bouleversante.
Originale, conteuse hors pair, femme d'atmosphère qui nous entraîne avec elle dans son imagination débridée, Daphné du Maurier ne cesse, personnellement, de m'enchanter, quoiqu'elle écrive.
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Arakasi
  25 octobre 2016
Depuis plusieurs années, Daphnée du Maurier fait partie des valeurs sûres de mon univers littéraire. J'ai pourtant longuement hésité à lire ce recueil car la nouvelle est un format qui ne m'attire pas : j'ai souvent une impression de trop-peu et de superficialité. C'est en apprenant que le fameux film de Hitchcock « Les oiseaux » avait été adapté d'une nouvelle de du Maurier que j'ai cédé à la curiosité. le film lui-même ne m'avait guère marquée – je l'ai probablement vu trop tard – mais le concept de base m'avait impressionnée. N'en déplaise aux cinéphiles, j'ai trouvé la nouvelle beaucoup plus anxiogène que son adaptation peut-être parce que j'ai une imagination plus facilement excitable par les mots que par les images. Là où les images d'Hitchcock se sont ternies, année après année, les mots de du Maurier ont gardé toute leur acuité, toute leur vitalité.
L'ambiance est magnifique, d'une pesanteur intolérable qui s'accentue de plus en plus au fur et à mesure du déroulement du récit. Les images suscitées sont choquantes et morbides, comme cette mer tapissée d'un océan de mouettes ou cette chambre couverte de cadavres de moineaux, et marquent d'autant plus l'esprit que le vocabulaire utilisé est sobre et efficace. Derrière le fantastique et la démence aveugle des oiseaux, se devine une métaphore de la guerre et de la terreur impuissante des populations confrontées aux bombardements. le tout donne une excellente nouvelle à l'efficacité redoutable.
Les autres nouvelles du recueil sont de qualité plus variée, bien qu'aucune ne soit dépourvue d'intérêt. Je me contenterai de parler de celles qui m'ont le plus marquée, à savoir « le pommier » et « Une seconde d'éternité ». La première a pour point commun avec « Les oiseaux » de montrer comment un élément du quotidien, inoffensif en apparence, peut tout à coup se muer en menace. Ici, le narrateur réalise un jour qu'un vieux pommier de son jardin présente une ressemblance troublante avec sa défunte épouse. Petit à petit, le personnage sombre dans la paranoïa jusqu'à reporter sur le pauvre arbre toute la haine longtemps refoulée qu'il avait pour sa femme. L'angoisse y naît de petits détails, d'impressions à peine esquissées, jusqu'à devenir insoutenable.
La seconde, « Une seconde d'éternité », pourrait sortir tout droit de la série « La quatrième dimension » de Rod Sterling : ambiance étrange et déconcertante, récit impeccablement mené et twist final ébouriffant. Une jeune mère voit brusquement son quotidien basculer (« … dans la quatrième dimension » – Chut Rod !) : au retour d'une promenade, elle retrouve sa maison remplie d'inconnus et ses meubles disparus. Croyant à un cambriolage, elle appelle la police mais celle-ci lui assure que les locataires ont toujours vécu ici et que la maison ne lui appartient pas. Ses voisins, ses amis, sa fille, tout le monde semble avoir disparu, jusqu'à sa propre identité que les policiers remettent en doute. Amnésie ? Folie ? Ou quelque chose de plus étrange encore ? Une nouvelle captivante au dénouement inattendu.
En conclusion, un petit recueil de qualité qui ne fait que me conforter dans la très bonne opinion que j'ai de cette auteur.
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belette2911
  16 juin 2015
Oublions directement le film du maître Alfred, le texte ici est assez éloigné de mes souvenirs d'enfant.
Le film m'avait impressionné, enfant, maintenant il n'y arriverait plus, les effets spéciaux étant trop merdique pour notre époque.
Mais je me souviens parfaitement bien de la tension qui montait lentement, des oiseaux rassemblés sur les fils et un peu partout…
J'ai retrouvé la tension dans la courte nouvelle : les oiseaux qui attaquent au départ de manière un peu bizarre, mais personne n'y attache grande importance, sauf un homme…
Récit apocalyptique, d'horreur et de survie, voilà comment on pourrait résumer en quelques mots cette nouvelle qui fait froid dans le dos.
Oui, froid dans le dos puisque ici il n'est pas question de Clown maléfique, de momie, de vampires, de zombies ou autre monstres, mais bien de pacifiques et inoffensifs oiseaux !
Avez-vous déjà pensé au nombre de volatiles qui arpentent le ciel ? Imaginez-les en train de fondre sur vous alors que vous déambulez tranquillement à la campagne… Ou alors défonçant les vitres de votre chambre afin de vous crever les yeux de leurs petits becs vicieux !
Vous me direz que vous ne craignez pas que des petits moineaux ou des rouge-gorge défoncent votre porte ou le bois que vous avez cloué à vos fenêtres. Mais des éperviers ou des buses peuvent y arriver, eux !
De plus, ils se foutent pas mal de mourir, les zoziaux, jouant même au kamikaze sur vos portes, fenêtres, cheminées, afin de se glisser chez vous pour vous picorer de la tête aux pieds.Dans ce roman, beaucoup d'angoisses dans peu de pages, c'est du concentré et vous tremblerez comme cette petite famille, retranchée dans leur petite maison, avec peu de moyen et qui tente de survivre alors que tout le pays est dans le chaos le plus total.
Isolé de tout, la radio n'émettant plus, avec peu de vivres, vous allez devoir attendre que les volatiles se calment pour aller quérir de l'aide chez votre plus proche voisin, celui qui n'avait pas peur des mouettes volant en formation serrée… Oups, c'est devenu de l'Human Nuggets !
Contrairement au film, la nouvelle se termine sans que l'on sache comme se terminera cette invasion de bêbêtes à plumes.
En tout cas, lors de votre lecture, vous n'aurez certainement pas envie de fredonner ♫ Ouvrez, ouvrez, la cage au z'oiseaux ♪ Regardez-les s'envoler, c'est beau ♫.
Dégommez votre canari, oui ! Et méfiez-vous des zoziaux dans le ciel, on est jamais trop prudent… surveillez votre petit oiseau, aussi, messieurs, des fois que…

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   20 novembre 2013
- Va voir, Nat, la fenêtre bat.
- J'ai été voir, répondit-il. Il y a un oiseau dehors qui cherche à entrer. Tu entends ce vent ? Il souffle de l'est et les oiseaux cherchent abri.
- Chasse-les, dit-elle. Je ne peux pas dormir avec ce bruit.
Il retourna à la fenêtre mais, cette fois, lorsqu'il l'ouvrit, il trouva sur la barre d'appui, non pas un oiseau, mais une demi-douzaine ; ils volèrent droit à son visage, l'attaquant.
Il cria en agitant les bras et les dispersa ; comme le premier oiseau, ils s'envolèrent et disparurent par-dessus le toit. Il laissa vivement retomber la vitre de la fenêtre à guillotine et la ferma. [...]
Tout à coup, un cri d'effroi sortit de la chambre où dormaient les enfants, de l'autre côté du couloir.
- C'est Jill, dit la femme, émue par le cri et s'asseyant dans son lit. Va voir ce qu'elle a.
Nat alluma la bougie, mais, lorsqu'il ouvrit la porte de la chambre pour traverser le couloir, le courant d'air souffla la flamme.
Il y eut un second cri de terreur, poussé cette fois par les deux enfants, et, comme il entrait en tâtonnant dans leur chambre, il sentit des battements d'ailes autour de lui dans l'obscurité. La fenêtre était grande ouverte. Les oiseaux entraient par là, se cognaient d'abord au plafond, puis aux murs, puis viraient à mi-vol, se dirigeant vers les lits des enfants.
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Nastasia-BNastasia-B   27 novembre 2013
Noirs et blancs, corneilles et mouettes, réunis par une étrange association, cherchaient on ne sait quelle libération, jamais satisfaits, jamais apaisés. Des vols d'étourneaux filaient dans un bruissement de soie vers de nouveaux pâturages, poussés par le même besoin de mouvement, et les petits oiseaux, les pinsons, les alouettes, se dispersaient d'arbre en arbre et de haie en haie avec un air effaré. [...]
Les pies de mer, les rouges-queues, les courlis, guettaient au bord de l'eau. Quand la marée venait lentement lécher la grève, puis se retirait, découvrant une bande de varech et de galets, les oiseaux marins accouraient sur les plages. Le besoin de voler les prenaient eux-aussi. Criant, sifflant, s'appelant, ils rasaient la mer tranquille et s'éloignaient de la rive. Dépêchons-nous, plus vite, hâtons-nous de partir ! Mais pour où et pourquoi ? La furieuse inquiétude de l'automne, l'inapaisable nostalgie les possédait, les rassemblant, les chassant à grands cris dans le ciel. Il leur fallait dépenser toute cette activité qui était en eux, avant l'arrivée de l'hiver.
Peut-être, songeait Nat en mâchant son pâté au bord de la falaise, peut-être les oiseaux recevaient-ils un message à l'automne, une espèce d'avertissement. L'hiver arrive. Beaucoup d'entre eux vont périr. Il advient que de gens, redoutant une mort prématurée, s'étourdissent dans le travail ou la folie ; ainsi font les oiseaux.
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Nastasia-BNastasia-B   25 novembre 2013
- Ouvre-moi, cria-t-il. C'est moi, Nat. Ouvre.
Il criait pour se faire entendre par-dessus le frémissement d'ailes des mouettes. Puis il vit le fou au-dessus de lui dans le ciel, prêt à foncer. Les mouettes firent le cercle, s'écartèrent, montèrent ensemble contre le vent. Seul, restait le fou. Un unique fou au-dessus de lui dans le ciel. Ses ailes se replièrent soudain contre son corps. Il tomba comme une pierre. Nat hurla, et la porte s'ouvrit. Il franchit le seuil en chancelant, et sa femme se précipita de tout son poids contre la porte.
Ils entendirent le choc sourd du fou tombant sur la terre.
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Nastasia-BNastasia-B   28 novembre 2013
Le frémissement, la vibration des ailes avait cessé. Il dégagea sa tête de la couverture et regarda autour de lui. La lumière froide et grise du matin éclairait la chambre. L'aube et la fenêtre ouverte avaient rappelé au-dehors les oiseaux vivants ; les morts gisaient sur le plancher. Nat, horrifié, regarda les menus cadavres. Il n'y avait là que de tout petits oiseaux, une cinquantaine, peut-être, jonchant le sol. Il y avait des rouge-gorges, des pinsons, des passereaux, des mésanges, des alouettes, oiseaux qui généralement restent entre eux, dans leurs domaines, et voici qu'ils s'étaient rassemblés pour le combat et s'étaient brisés contre les murs de la chambre ou bien avaient été détruits par Nat. Certains avaient perdu des plumes dans la bataille, d'autres avaient du sang — le sang de Nat — sur le bec.
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michfredmichfred   04 avril 2016
Les Oiseaux

C'est alors qu'il vit les mouettes, au loin, chevauchant la mer. Ce qu'il avait pris tout d'abord pour les coiffes d'écume des vagues était des mouettes. Des centaines, des milliers, des dizaines de milliers...Elles montaient et descendaient avec l'onde, tête au vent, comme une flotte puissante à l'ancre, attendant la marée. A l'est, à l'ouest, partout, des mouettes. Elles s'étendaient aussi loin que son œil pouvait voir, alignées en formation serrée. Si la mer avait été calme, elles auraient couvert la baie comme un nuage blanc, tête contre tête, les corps serrés les uns à côté des autres. Seul le vent d'est, soulevant les vagues, les cachait en partie de la rive.
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Videos de Daphné Du Maurier (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Daphné Du Maurier
Bande annonce (VO) de la série Jamaica Inn, adaptation du roman de Daphné du Maurier, paru en français sous le titre L'Auberge de la Jamaïque.
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