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EAN : 9782020403429
211 pages
Seuil (02/03/2000)
3.55/5   223 notes
Résumé :
« C'est à ce moment-là, je crois, que je décidai de partir pour un voyage dont j'ignorais la destination et la durée. J'étais désargenté, désenchanté. Mais je voulais me replonger dans le courant de la vie, me battre pour ou contre quelque chose, retrouver l'envie du bonheur et le goût de la peur, lutter contre la force des vents, éprouver la chaleur, le froid, casser des cailloux et, s'il le fallait, creuser les flancs de la terre. »


Paul Per... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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sur 223 notes
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Cannetille
  04 décembre 2020
Le narrateur et écrivain Paul Permülter est au bord de la dépression. Fraîchement divorcé et sans enfant, il dresse à cinquante ans le bilan d'une vie creuse et stérile, qu'il résume avec morosité aux quelques décimètres cubes de papier où loge toute son oeuvre. Il décide de secouer ce quotidien qui ne le satisfait plus, en partant à l'aventure outre-Atlantique. Après plusieurs petits boulots aux Etats-Unis, il atterrit au Canada, dans la région des lacs où son père s'est noyé il y a bien longtemps. Son parcours ne tardera pas à l'emporter bien au-delà des traces paternelles, par ailleurs pleines de surprises…

Il aura fallu l'âge mûr, et tout le poids de ses désillusions et de sa solitude, pour que Paul en arrive à affronter ses peurs et ses démons, passage obligé pour enfin devenir lui-même et trouver la sérénité. Loin de son ancienne vie bourgeoise et au gré des imprévus d'une bourlingue sans but précis, son voyage va s'avérer un parcours aussi bien intérieur et personnel qu'intercontinental. Au fil de multiples rebondissements et de rencontres marquantes, Paul nous embarque ainsi dans un récit d'aventures qui, le confrontant d'abord à ses semblables, puis à la nature grandiose du Canada, et enfin à lui-même, monte peu à peu en puissance pour s'achever dans une apothéose haletante.

Captivé à ne plus pouvoir lâcher le livre, le lecteur s'attache à ce personnage en perdition, qui devra d'abord régler ses vieux comptes avec son père pour trouver ensuite le courage de vaincre ses propres ténèbres. le charme du récit doit beaucoup au talent narratif de l'auteur et à son style. L'écriture de Jean-Paul Dubois est toujours un régal de perfection et de dérision, qui vous envoûte et vous fait regretter de déjà tourner la dernière page. du coup de foudre de mon premier titre « duboisien » à mes coups de coeur successifs dans ma découverte de ses autres romans, cet écrivain n'est pas prêt de quitter le panthéon de mes auteurs favoris. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Pancrace
  10 juin 2022
« Il est temps que je change ma vie. Cette vie qui n'avance pas et ne mène à rien. Je veux plonger les mains dans l'eau claire comme le faisait mon père. » Raymond Carver.
Si ce livre m'a rapproché de toi c'est d'abord par son style classieux et ses phrases bien écrites. C'est un pur bonheur de lire un roman où les idées énoncées déclenchent des myriades d'images que l'on peut immédiatement pénétrer et classer au rayonnage intime dans les cases « sensibles » ou dans les tiroirs « souvenirs » des fichiers « mémoire » de son disque interne qu'il soit dur ou moelleux.
« Un livre n'a jamais rendu meilleur. Ni celui qui l'écrit, ni celui qui le lit. »
Néanmoins un livre éclaire, un livre enseigne, éduque, soigne, sème, cultive, surtout si il raconte une quête de soi, une quête de toi.
Et si ce livre était destiné à un proche ? Pourquoi pas à son père disparu ? C'est le clapot de l'eau, le bruissement des arbres, le vent qui s'engouffre dans une faille, le bruit du parquet qui craque des lieux qu'il a fréquentés, des maisons qu'il a habitées qui répondraient aux questions que tu te poses et que tu confierais à ton livre qui tente de rapprocher.
As-tu imaginé que ces réponses pourraient convenir à une multitude de gens et contenir les clés des serrures d'affection ou des cadenas de malaise verrouillés depuis des lustres ?
Parler de quelqu'un, c'est l'empêcher de mourir le temps d'un instant. Ecrire sur quelqu'un c'est autoriser à faire renaître sa vie, à dévoiler une part de son intimité pour l'éternité.
C'est aussi, à travers lui, exprimer qui tu es. T'échapper de ton passé. Montrer comment tu as évolué. T'évader de toi-même. Excuser ou brandir ce que tu es devenu. Grâce à lui ou à cause de lui.
Et finalement, accomplir quelque chose dont il aurait été fier comme un trophée. Quelque chose d'entier, toi qui n'en a jamais trop fait.
Ce livre est un peu tout ça, du moins c'est ce que j'y ai lu.
Ce n'était pas ma quête mais ce livre m'a tout de même rapproché de lui.
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JIEMDE
  06 août 2021
« En me lançant dans cet étrange voyage, avec l'impulsivité et la naïveté d'une mouche, j'avais confusément réalisé le rêve de tout homme : traverser la forêt de ses peurs pour accéder à ses émotions secrètes, ces infimes parcelles de bonheur qui sont en nous, tapies dans un endroit que nous ignorons, et que, souvent, nous recherchons pendant toute une vie ».
Ces lignes qui terminent Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois (sorti en 1999 et joliment réédité dans la Bibliothèque de l'Olivier pour les 30 ans de la maison) fonctionnent tout aussi bien en exergue de chronique, tellement ces mots résument bien la quête de Paul Peremülter, écrivain, la cinquantaine, au creux de tout, au fond de sa vie.
Le succès de treize livres publiés n'a pas empêché sa femme de le quitter, le plongeant dans une solitude semi-dépressive et dans une remise en cause profonde. Si ses gonades asséchées ne lui ont pas permis de procréer, ses questionnements sans réponse sur son propre père à la vie rangée mais à la fin mystérieuse le taraudent et le poussent à partir sur ses traces au Québec…
À l'image d'un Fromm, d'un Tesson voire d'un Vann, Peremülter va aller se ressourcer en se posant dans une maison isolée au bord d'un lac et de la forêt des Bois Sales. Et en cherchant à percer les énigmes de son père, il va trouver son propre chemin de vie.
Si ce livre… fonctionne immédiatement grâce à l'empathie générée par Peremülter, anti-héros banal aux faiblesses et petites lâchetés du quotidien qui pourraient facilement être les nôtres. Dubois s'y livre en partie, comme souvent. Notamment lorsqu'il évoque les livres et l'écriture.
Pour y asséner quelques vérités discutables : « Un livre n'a jamais rendu meilleur. Ni celui qui l'écrit, ni celui qui le lit. » Ou prendre du recul sur les limites de son oeuvre : « Les livres ne sont qu'un tout petit miroir du monde où se mirent les hommes et l'état de leur âme, mais qui jamais n'englobe la stature des arbres, l'infini des marais, l'immensité des mers. »
Vingt ans avant que la gloire ne lui tombe dessus, Dubois écrit avec Si ce livre… un roman émouvant, rédempteur et réfléchi. Mais surtout rempli d'espoir pour tous ceux qui, à un moment ou à un autre, voient leur vie basculer. Morale à l'appui :
« Comme les alliages de métaux qui reprennent leur forme après un choc, la vie possède elle aussi cette mémoire de carrossage qui lui permet, en peu de temps, de débosseler les impacts les plus violents, d'éliminer les traces du chaos pour imposer son ordre immémorial, ses normes et le lissé de ses formes. C'est pour cela que nous survivons à la disparition de ceux que nous aimons. Parce que l'existence est un tôlier d'exception… ».
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diablotin0
  14 octobre 2016
Si ce livre pouvait me rapprocher de toi m'a été offert, je ne l'aurais pas acheté moi-même, je craignais qu'il s'agisse d'un roman à l'eau de rose , (autrement dit un peu cul-cul) mais ce n'est pas du tout le cas !!!
Je n'ai toutefois pas été complétement séduite. Oui, c'est bien écrit mais toute la première partie ( tant que Paul n'a pas rejoint Jean) m'a semblé longue, trop longue. Je n'ai pas réussi à suivre avec intérêt les pérégrinations de Paul. J'ai eu beaucoup plus de plaisir avec la 2ème partie. Paul m'est devenu de plus en plus attachant et je l'ai même quitté avec regret.
Comme le début a été plus fastidieux, je ne mets que trois étoiles.
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trust_me
  16 septembre 2016
Paul Peremülter, écrivain, décide après son divorce de tout plaquer pour partir sur les traces de son père, disparu des années auparavant au cours d'une partie de pêche dans un lac Québécois. Une région où il se rendait seul deux fois par an et dont personne ne savait vraiment ce qu'il allait y faire. Avant de rallier le Canada, Paul s'installe quelques temps en Floride pour y exercer des petits boulots « exotiques ». Arrivé à La Tuque, au Nord Est de Montréal, il est accueilli par un ami de son père qui lui révèle un secret aussi inattendu que bouleversant.
Dans (presque) tous les romans de Jean-Paul Dubois, le personnage principal s'appelle Paul. Dans (presque) tous les romans de Jean-Paul Dubois, il y a un problème avec le père. Dans (presque) tous les romans de Jean-Paul Dubois il est question de quête existentielle et de solitude intérieure, d'un fardeau lourd à porter et difficile à évacuer. Dans (presque) tous les romans de Jean-Paul Dubois on croise des types attachants en diable que l'on accompagne pour un bout de chemin et que l'on quitte à regret en sachant qu'on ne les oubliera pas de sitôt.
Dans tous les romans de Jean-Paul Dubois je retrouve une petite musique qui me met du baume au coeur, une écriture simple et précise, une pointe de nostalgie et de mélancolie, un humour qui confine parfois à l'absurde. Et toujours ces questions lancinantes qui empêchent de trouver la paix intérieure : « Je sais qu'elles reviendront tôt ou tard, que jamais elles ne lâchent leur proie. le moment venu, j'espère avoir seulement la force de mutiler mes mains pour m'arracher encore à ces ronciers intimes ».
C'est beau comme un roman de Jean-Paul Dubois. Un auteur qui, décidément, sait me parler et me toucher en plein coeur.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
michemuchemichemuche   31 juillet 2020
Le bonheur, c’est d’être auprès de quelqu’un à qui l’on tient, dans un endroit où l’on est bien, dont on n’a pas envie de partir. Trouver sa place sur cette terre et y rester en vie. Être présent, simplement. Offrir du réconfort et savoir que l’on peut en espérer. Aimer l’autre pour sa chaleur, son corps, son odeur. Et, bon dieu, ne pas voir le jour se lever en se disant qu’on voudrait être ailleurs.
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CannetilleCannetille   04 décembre 2020
Le bonheur, c’est d’être auprès de quelqu’un à qui l’on tient, dans un endroit où l’on est bien, dont on n’a pas envie de partir. Trouver sa place sur cette terre et y rester en vie. Être présent, simplement. Offrir du réconfort et savoir que l’on peut en espérer. Aimer l’autre pour sa chaleur, son corps, son odeur. Et, bon Dieu, ne pas voir le jour se lever en se disant qu’on voudrait être ailleurs.
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diablotin0diablotin0   14 octobre 2016
"Tu te promènes en forêt. Et tu te perds. Tu sais comment on fait, nous, au Canada, pour se repérer? On s'arrête sur place et on attend sans bouger. Le temps qu'il faut. Un mois, deux mois, six mois. Et puis, un jour, on remarque qu'on a de la mousse qui a poussé sur une jambe. Et voilà. Maintenant on sait de quel côté se trouve le nord."
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lireanimeslireanimes   04 mai 2008
La nuit, fumant des cigarettes sur la véranda, il m’arrivait de réfléchir à l’héritage, à ces biens inestimables que les pères sont empêchés de léguer à leurs fils, ces fortunes à jamais perdues et enterrées. Je pensais à tous ces trésors de l’esprit, ces savoirs accumulés, cette expérience, cet usage du monde, cette mémoire du temps et des saisons, cette connaissance d’une langue étrangère, des fièvres de la joie et du poids de la peine, je pensais à tout ce patrimoine précieux à jamais muré et enseveli dans la tête des morts. Les notaires n’avaient à connaître que le partage de la ferraille, mais où passaient tous les biens de l’esprit, à qui profitaient-ils ? Si les enfants pouvaient hériter de l’acquis de leurs pères, posséder seulement ce capital ontologique, vivre serait un jeu d’enfant, et le monde infiniment riche.
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grandcaffegrandcaffe   03 août 2015
Les livres ne sont qu'un tout petit miroir du monde où se mirent les hommes et l'état de leur âme, mais qui jamais n'englobe la stature des arbres, l'infini des marais, l'immensité des mers. Si beau que soit le texte, si attentif le lecteur de Melville, il manquera toujours à ce dernier l'émotion fondatrice, l'indispensable synapse avec le réel,ce bref instant où surgit la baleine et où vous comprenez qu'elle vient "vous" chercher. Une chose est de lire la peur, une autre de l'affronter.
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Vidéo de Jean-Paul Dubois
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