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EAN : 9782823615166
256 pages
Editions de l'Olivier (14/08/2019)
  Existe en édition audio
3.72/5   4071 notes
Résumé :
Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal, où il partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre. Fils d'un pasteur danois et d'une exploitante de cinéma à Toulouse, Paul Hansen vivait déjà au Canada quand s'est produit le drame.

À l'époque des faits, Hansen est superintendant à L'Excelsior, une résidence où il trouve à employer ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (668) Voir plus Ajouter une critique
3,72

sur 4071 notes
°°° Rentrée littéraire 2019 #31 °°°

C'est l'histoire d'une vie, celle de Paul Hansen, emprisonné à Montréal, qui déroule ses souvenirs des années 1950 aux années 2000, du Toulouse de sa mère au Jutland natal de son père danois, en passant par le Canada algonquin de la femme de sa vie.

Ceux qui suivent et aiment Jean-Paul Dubois aimeront ce roman, c'est mon cas ; les autres découvriront un univers humain et touchant, des personnages pittoresques, des phrases ciselées et profondes.

Le monde de Dubois est tragique, violent, la vie y est injuste ( décès prématurés, les 6m² d'une cellule, la solitude ) mais le burlesque n'est jamais loin. On sourit beaucoup en découvrant la formidable ronde des personnages qui entourent Paul : son père pasteur qui perd la foi, sa mère soixante-huitarde qui se bat pour que Gorge profonde soit diffusé dans son petit cinéma d'art et d'essai, son épouse Wimona qui pilote un aéroplane. Et surtout, le truculent Horton, son compagnon de cellule, Hells Angel incarcéré pour meurtre, un homme et demi qui tombe dans les pommes lorsqu'on tente de lui couper les cheveux.

L'humour comme antidote à la dureté de la vie, la tendresse humaine aussi. Durant 20 ans, Paul a été surintendant d'une résidence, homme à tout faire, gardien d'immeuble, un travail qui laisse peu de temps mais qu'il a pratiqué avec bienveillance, dans le respect des autres, toujours prêt à aimer les âmes seules, à aider les mamies en détresse.

Jusqu'au jour où tout bascule. Jean-Paul Dubois dévoile assez tard dans le récit les raisons de l'incarcération de Paul. C'est là que le roman bascule aussi dans une ambiance très mélancolique qu'on a lu monter crescendo. C'est là que le roman prend une ampleur presque philosophique. Cet immeuble devient la métaphore de notre monde actuel. Il ne faut pas grand-chose, juste l'arrivée d'un gestionnaire manipulateur et autoritaire, pour que la douceur de vivre en communauté disparaisse, remplacée par un monde arbitraire, bureaucratique, quasi totalitaire.

Paul n'est pas de ce monde-là. Il ne le sera jamais. L'auteur compose ainsi un magnifique portrait qui exalte l'aspiration à la liberté, qui sublime le refus de se soumettre à autre chose qu'une éthique personnelle fait de droiture. Paul est seul mais digne. Il trouve la consolation dans un dialogue très vivace avec les fantômes de son passé qu'il convoque le plus qu'il peut.

Ce livre fait du bien et rassure dans le flot des désillusions. Il est pourtant fort mélancolique et narre l'histoire d'une chute, mais ce qu'on retient, c'est la bienveillance humaniste, la tendresse humaine dont fait montre Jean-Paul Dubois à l'égard de ses personnages. Il m'a fait du bien, souvent rire ... même si je lui préfère l'indépassable Une Vie française. Merci Monsieur Dubois.
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J'abandonne. Prix Goncourt ou pas, je n'en peux plus, je capitule.

Une histoire d'un homme incarcéré qui aurait pu être intéressante sans ces sempiternelles digressions sur sa vie passée qui m'ont semblé soporifiques à souhait.

Prix Goncourt ? Chef d'oeuvre, livre incontournable à lire, non mais, je rêve, j'ai l'impression qu'on prend les lecteurs pour des imbéciles. Ce roman trouve son lectorat, tant mieux pour lui. Karine Tuil avec Des choses humaines était en lice pour le Goncourt, d'accord, son roman est une belle réussite selon moi. Une histoire qui se tient, une écriture fine et psychologue. Mais ici, à quoi ça sert de nous parler d'un père pasteur marié à une femme affublée aux films porno, à nous parler mécanique, pneus et huile et j'en passe. Certes, la plume sait se montrer drôle, ironique, mais selon moi les passages sur le passé de Paul desservent totalement l'histoire de fond.

Je ne saurai jamais pourquoi Paul est incarcéré et finalement, je m'en balance quelque peu.
Quel ennui ce livre Goncourt 2019.
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Jean-Paul Dubois a l'art de vous attacher immédiatement à ses personnages, et l'on a une seule envie, dès les premières lignes, de savoir comment Paul Hansen s'est retrouvé derrière les barreaux de la prison de Bordeaux, à Montréal. Qu'est-il arrivé à ce fils de pasteur danois pour être amené à partager son quotidien et sa cellule avec un Hells qui ne rêve que d'une chose, c'est de couper en deux tout humain qui se met en travers de son chemin?

On reprend donc les choses au commencement, la rencontre improbable de ses parents, l'évolution divergente de ces deux êtres, jusqu'au point de non-retour et à la séparation. le pasteur émigre au Québec, le fils le rejoint et l'histoire se construit.

Outre le suspens crée par la question posée au départ, l'histoire est passionnante; Les personnages sont saisis dans ce qu'ils ont de plus universels et tout ce petit monde sème peu à peu les jalons du drame ultime.

Que dire du compagnon d'infortune, que le narrateur compte comme un homme et demi, ce qui exacerbe l'exiguïté relative de la cellule? Ce sale type est extrêmement sympathique, avec sa philosophie de comptoir et ses affirmations à l'emporte-pièce, contrastant avec ses fragilités inattendues.

Roman bien construit, pétri d'humour malgré la gravité du sujet, avec des dialogues réjouissants et une belle plume.

Une vrai réussite de cette rentrée.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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A quoi cela tient-il, donc, d'aimer un auteur au point de trouver en chaque phrase une résonance au fond de soi ?


Je peux l'affirmer en toute certitude : Jean-Paul Dubois fait partie de mes écrivains préférés, et le roman qu'il vient d'écrire en est la confirmation.
Rempli d'humanité, de faiblesse humaine, d'effort pour faire son devoir le mieux possible même si la foi en lui s'en est allée, d'amour pour son père, pour sa femme, pour son chien, plein d'humour aussi, humour noir, entendons-nous bien, « Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon » est pour moi un chef-d'oeuvre de justesse décliné dans un style percutant.


L'histoire ? Paul Hansen est en prison. Oh, pas pour longtemps, 2 ans. Mais ce n'est pas un voyou, disons qu'il n'a pas su refréner un accès de colère bien justifié.
Il se retrouve dans la même cellule qu'un « Hell's Angel », un musclé, un « homme et demi ». Sa bécane, c'est son dieu. Mais sous la carcasse dure perce quelquefois la fragilité, et cela fait sourire, avec toute la tendresse possible.
Pendant cette détention, il se remémore sa vie depuis son enfance et la perte de ses 3 amours : son père, sa femme, son chien.
Paul Hansen a un père danois et une mère française, et vit à Toulouse durant son enfance et son adolescence. le couple de ses parents est antinomique : père pasteur et mère directrice d'une salle de cinéma qui n'hésite pas à passer des films plus que sulfureux. de Toulouse à Montréal, en passant par Skagen, perdue dans les sables là-bas tout au nord du Danemark, Paul Hansen trimballe sa vie du mieux qu'il le peut : « J'avais la patience d'un ange et surtout ce goût qui ne me quitterait jamais, cette envie de réparer les choses, de bien les traiter, de les soigner, de les surveiller. » Des choses aux gens, il n'y a qu'un pas, plein d'humanité.


Vraiment, je recommande la lecture de ce roman, pour la bienveillance dont Paul Hansen fait preuve, bienveillance qu'il tient de son père pasteur, malgré la vie qui n'est pas facile et les coups du sort. Pour l'humour. Pour la vivacité d'esprit et les références littéraires que tout le monde connait et qui nous font sourire. Pour l'amour. Pour cette connaissance sans concession des êtres humains, qui n'habitent pas le monde de la même façon, évidemment.
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C'est dans une cellule de prison à Montréal que débute le roman. Paul Hansen, le narrateur est incarcéré depuis le 4/11/2008, date de l'élection d'Obama, comme il le souligne. Il doit cohabiter avec Patrick Horton, "un homme et demi", en attente de jugement après le meurtre d'un Hells Angel. Ce colosse craint de tous lui offre une sorte de protection lui permettant ainsi de s'évader en rêvant éveillé avec auprès de lui la présence de ses morts chéris, Winona, sa compagne pilote, Johannes, son père et Nouk sa chienne qui comprend tout.
Tout en nous racontant sa vie carcérale avec la promiscuité, le froid glacial durant l'hiver, les rats, auprès de ce très versatile Horton qui peut exploser de colère ou alors devenir sentimental et presque attendrissant, Paul revient petit à petit sur son enfance radieuse auprès de son père, pasteur à la foi chancelante, originaire du Jutland du Nord (Danemark) et de sa mère Anna, athée, née à Toulouse qui reprendra le cinéma de ses parents après leur décès accidentel. Cependant des frictions inévitables vont naître entre les époux et iront crescendo. Ils se sépareront et Paul ira rejoindre son père au Canada et deviendra concierge à L'Excelsior, une résidence pour retraités aisés.
Jean-Paul Dubois va ainsi faire défiler le passé du narrateur en le mêlant au vécu d'aujourd'hui en prison. Il nous tiendra en haleine jusqu'au bout, ne nous dévoilant qu'au dernier moment, la cause de son emprisonnement. Car, énigme, il y a. Comment cet être si doux, si sympathique, si altruiste et si dévoué a pu se retrouver en prison ? En tout cas, Paul n'affichera aucun remord et, j'avoue le soutenir...
C'est un roman plein de mélancolie, de fraternité, de tendresse, d'amour mais aussi de révolte à l'égard de toutes les formes d''injustice et, il faut le dire d'un peu de désespoir tout de même.
La vie carcérale est très justement décrite et analysée.
La noirceur de certains personnages ou de certains côtés de la vie, la perte également sont relatés de manière très juste et souvent avec un humour très fin qui magnifie les propos. Jean-Paul Dubois arrive à nous faire rire, même du pire. Mais il sait également fort bien nous parler de la générosité !
Il y a les gens formidables, généreux avec qui l'on vit des moments de bonheur intenses et les gens mesquins, égoïstes, orgueilleux ne pensant qu'à leur ego. Souvent le pire côtoie le meilleur.
Les rêveries que s'accorde le narrateur avec ceux qu'il a aimés et ne sont plus, sont de toute beauté et chargées de poésie.
J'avais lu avec plaisir "le cas Schneijer" et "La succession", mais, avec "Tous les gens n'habitent pas le monde de la même façon", j'avoue un véritable coup de coeur pour ce roman extrêmement poignant et passionnant, Prix Goncourt 2019 !
À noter Paul et Anna, personnages fétiches de ces trois romans.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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critiques presse (6)
LeFigaro
05 novembre 2019
On y voit comme un concentré de ce qu’on aime chez Jean-Paul Dubois. Tout y est: la famille, Toulouse, le Canada, la nature, la mélancolie, la dérision et cet humour bigrement irrésistible.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix
17 octobre 2019
Dans la lignée de ses précédents livres, Jean-Paul Dubois propose avec Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon un itinéraire poétique et mélancolique. Dans une prison de Montréal, un détenu fait défiler sa vie et les grands moments de son bonheur perdu.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeFigaro
13 septembre 2019
L’auteur d’Une vie française publie Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, un nouveau roman mélancolique et lumineux. Il y dévoile sa vision du monde.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs
11 septembre 2019
Dubois a l’humanité chevillée au cœur, mais ne se fait aucune illusion sur rien. [...] C’est certainement pour ça que son cocktail d’humour, d’intelligence et d’émotion, servi très frais avec une élégance faussement désinvolte, est encore une fois si réussi.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama
02 septembre 2019
Son dernier roman, “Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon”, est désespéré… et consolateur. Comme tous ses livres. L’écrivain Jean-Paul Dubois, d’une modestie et d’une discretion peu commune, sait rendre désirable son univers mélancolique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Culturebox
30 août 2019
Jean-Paul Dubois a déjà obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi, le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une vie française. Son dernier roman, tendrement désespéré, nous laisse une douce impression de charme immarcescible.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (473) Voir plus Ajouter une citation
Mais j'avais trente-cinq ans, la patience d'un ange et surtout ce goût qui ne me quitterait plus jamais, cette envie de réparer les choses, de bien les traiter, de les soigner, de les surveiller. Et pourquoi pas, quand on m'en faisait la demande, de procéder de la même façon avec les soixante-huit propriétaires qui ne se privaient pas d'aller en répétant : " Si vous avez un problème, Paul a la solution. "
Le 14 mai 1991, je fus confronté à une situation qui, elle, ne connaissait aucune solution. Gunther Ganz, le compagnon de ma mère, m'appela au milieu de la nuit pour m'annoncer sa mort. (...)
La chambre et le corps de ma mère. Vêtue comme pour les beaux jours. Les mains croisées sur le ventre. Un visage repeint aux couleurs de la vie. On dirait qu'elle se repose. Que la mort n'a fait qu'entrer et sortir. Qu'elle va ouvrir les yeux, apercevoir son fils et lui demander de venir s'asseoir près d'elle. (...)
Je soigne un immeuble. J'aide les vieux, parfois les malades. J'aimerais aussi pouvoir ressusciter les morts. Je m'assois sur le rebord du lit, j'effleure sa peau aussi froide que celle de mon père. Alors, chargées de tout le limon de nos vies, remontant des sentiers de l'enfance, emplies d'un amour initial, porteuses de tant de choses que nous n'aurons plus, les larmes du petit Paul Hansen tombent sur l'emmanchure cotonneuse de la veste de sa maman. (...)
Ma mère, athée de la première heure, n'allait pas quémander les onctions pastorales avant de griller dans les brûleurs à gaz. A l'égard de Médée elle entra dans les enfers, impie, emportant avec elle toute la grâce et la beauté du monde.
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Les inégalités de la vie sont généralement reconduites et confirmées par voie de justice jusque dans notre mort. Pour un assureur, le décès d'un chef d'entreprise new-yorkais est une sale affaire, car l'indemnisation versée à la famille sera entre dix et vingt fois supérieure à celle d'un éleveur de chevaux disparu dans le Montana. Il existe une cartographie du malheur, on sait tous cela, une liste de comtés où un mort vaut de l'or. Vous savez quel est le pire cas de figure pour un assureur qui n'a pas pu trouver une entente avec la famille du disparu et qui se retrouve devant le juge ? Sans hésiter, un enfant tué par un airbag, ou alors un Blanc de quarante ans, urbain, bon boulot, marié, deux gosses, aimant sa famille et prenant soin de ses vieux parents. Dans les deux cas c'est la ruine de la compagnie. Quand l'affaire parait trop lisse, comme dans le cas du Blanc de quarante ans, c'est là qu'on me demande d'enquêter. Sur sa santé par exemple. C'est bizarre, mais la santé d'un mort peut influer sur le montant de l'indemnisation. Un fumeur voit sa côte baisser. Un hypertendu traité, c'est encore moins bon. Séropositif, là, elle s'effondre littéralement. Imaginez que dans les barèmes de la profession et ceux des jurys, une victime sociable, qui sortait, voyait des amis, pratiquait des activités sportives (on appelle ça les outdoorsy people) vaut plus cher qu'un type solitaire qui reste chez lui à lire ou à regarder la télévision. En fait, vous voyez, l'Amérique est cet endroit merveilleux, ce territoire délicieux où l'on adore que les morts soient athlétiques, actifs et surtout en bonne santé. Sans oublier une prime supplémentaire pour la famille de ces défunts qui ont, en plus, toujours pratiqués ce que nous appelons une "loyale sexualité familiale. Devant la cour, il suffit qu'une veuve déclare se retrouver privée de "satisfaisantes et fréquentes relations sexuelles" pour qu'un jury lubrifie son chagrin avec une gratification qui va de 250 000 à 300 000 dollars. Et vous savez quoi, Paul ? Une chose étonnante qui se vérifie à chaque fois : plus la veuve est jolie, plus la compensation est élevée.
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Au moment de quitter la scène, je regardai bien attentivement tous ces pauvres acteurs qui essayaient de tenir leur rang et de jouer au mieux leur rôle de complément. J'approchai du bord, pris appui sur la margelle, et, flottant entre deux eaux, dans l'enviable position du tireur couché, je regardai fixement Edouard Sedgwick. Ainsi que l'on examine un animal mort. Cette cure d'observation silencieuse dut lui sembler durer des siècles, mais il ne broncha pas, m'offrant simplement le délicieux spectacle de son orgueil brisé, de son épaule suppliciée.

Lorsque je sentis mon cœur battre en paix, je sortis lentement de l'eau, marche après marche, et dans l'herbe, les oreilles heureuses, la queue oscillante de joie, je vis Nouk, ma chienne, qui m'attendait.

M'allongeant sur la chaise longue près de Kieran, je l'entendis me dire : « C'était vraiment angoissant. On aurait dit une orque jouant dans un Marineland. »

Quelques instants plus tard, Sedgwick quitta son siège en faisant le grand tour par-derrière pour éviter d'avoir à nous croiser. Le voyant se retirer sans gloire. Read dit : « Vous savez quoi, Paul ? À la fin de l'année je me présente contre lui. »
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Patrick m’instruit des conduites à tenir face à un évaluateur. « C’est pas compliqué. Tu lui dis juste ce qu’il veut entendre. Des trucs simples. Je regrette à mort ce que j’ai fait. Et je reconnais que j’ai dépassé les limites. En plus je n’ai aucune excuse. J’avais des putains de parents nickel qui m’ont pas élevé comme ça. Voyez, je crois que la prison m’a fait du bien. Ici, j’ai appris le respect et on m’a remis les yeux en face des trous. Je crois que je suis prêt à sortir et à faire une vraie formation. J’aimerais bien conduire des bus. Si tu sens pas le bus tu le remplaces par ce que tu veux. Ce qu’il faut, c’est que l’autre saucisson soit content, qu’il ait l’impression que tu t’es mis en slip devant lui et que tu es prêt à servir. Tu vois bien le truc ? La règle elle est super simple : tu dois le convaincre que t’as rien dans le calcif. »
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Je suis né à Toulouse, le 20 février 1955, aux alentours de 22 heures, à la clinique des Teinturiers. Dans la chambre que l’on m’a attribuée, deux personnes que je n’ai encore jamais vues me regardent dormir. La jeune femme allongée à mes côtés, qui semble revenir d’une soirée, renversante de beauté, souriante, détendue malgré l’épreuve de l’accouchement, c’est Anna Margerit, ma mère. Elle a vingt-cinq ans. L’homme assis près d’elle, essayant de ne pas trop peser sur le rebord du lit, et que l’on devine de grande stature, avec des cheveux blonds et un regard bleu transparent empreint de bienveillance et de douceur, c’est Johanes Hansen, mon père. Il est âgé de trente ans. Tous deux semblent satisfaits du produit fini, initié dans des circonstances dont ils n’avaient peut-être pas, à l’époque, mesuré toutes les conséquences. En tout cas, mes parents ont depuis longtemps choisi mes prénoms. Je serai donc Paul Christian Frederic Hansen. Il est difficile de faire plus danois. Droit du sol, du sang, de tout ce que vous voulez et surtout du hasard, je serai pourtant titulaire de la nationalité française. p. 27
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