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Critiques sur Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon (154)
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Kirzy
  13 octobre 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #31 °°°

C'est l'histoire d'une vie, celle de Paul Hansen, emprisonné à Montréal, qui déroule ses souvenirs des années 1950 aux années 2000, du Toulouse de sa mère au Jutland natal de son père danois, en passant par le Canada algonquin de la femme de sa vie.

Ceux qui suivent et aiment Jean-Paul Dubois aimeront ce roman, c'est mon cas ; les autres découvriront un univers humain et touchant, des personnages pittoresques, des phrases ciselées et profondes.

Le monde de Dubois est tragique, violent, la vie y est injuste ( décès prématurés, les 6m² d'une cellule, la solitude ) mais le burlesque n'est jamais loin. On sourit beaucoup en découvrant la formidable ronde des personnages qui entourent Paul : son père pasteur qui perd la foi, sa mère soixante-huitarde qui se bat pour que Gorge profonde soit diffusé dans son petit cinéma d'art et d'essai, son épouse Wimona qui pilote un aéroplane. Et surtout, le truculent Horton, son compagnon de cellule, Hells Angel incarcéré pour meurtre, un homme et demi qui tombe dans les pommes lorsqu'on tente de lui couper les cheveux.

L'humour comme antidote à la dureté de la vie, la tendresse humaine aussi. Durant 20 ans, Paul a été surintendant d'une résidence, homme à tout faire, gardien d'immeuble, un travail qui laisse peu de temps mais qu'il a pratiqué avec bienveillance, dans le respect des autres, toujours prêt à aimer les âmes seules, à aider les mamies en détresse.

Jusqu'au jour où tout bascule. Jean-Paul Dubois dévoile assez tard dans le récit les raisons de l'incarcération de Paul. C'est là que le roman bascule aussi dans une ambiance très mélancolique qu'on a lu monter crescendo. C'est là que le roman prend une ampleur presque philosophique. Cet immeuble devient la métaphore de notre monde actuel. Il ne faut pas grand-chose, juste l'arrivée d'un gestionnaire manipulateur et autoritaire, pour que la douceur de vivre en communauté disparaisse, remplacée par un monde arbitraire, bureaucratique, quasi totalitaire.

Paul n'est pas de ce monde-là. Il ne le sera jamais. L'auteur compose ainsi un magnifique portrait qui exalte l'aspiration à la liberté, qui sublime le refus de se soumettre à autre chose qu'une éthique personnelle fait de droiture. Paul est seul mais digne. Il trouve la consolation dans un dialogue très vivace avec les fantômes de son passé qu'il convoque le plus qu'il peut.

Ce livre fait du bien et rassure dans le flot des désillusions. Il est pourtant fort mélancolique et narre l'histoire d'une chute, mais ce qu'on retient, c'est la bienveillance humaniste, la tendresse humaine dont fait montre Jean-Paul Dubois à l'égard de ses personnages. Il m'a fait du bien, souvent rire ... même si je lui préfère l'indépassable Une Vie française. Merci Monsieur Dubois.
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Ladybirdy
  05 novembre 2019
J'abandonne. Prix Goncourt ou pas, je n'en peux plus, je capitule.

Une histoire d'un homme incarcéré qui aurait pu être intéressante sans ces sempiternelles digressions sur sa vie passée qui m'ont semblé soporifiques à souhait.

Prix Goncourt ? Chef d'oeuvre, livre incontournable à lire, non mais, je rêve, j'ai l'impression qu'on prend les lecteurs pour des imbéciles. Ce roman trouve son électorat, tant mieux pour lui. Karine Tuil avec Des choses humaines était en lice pour le Goncourt, d'accord, son roman est une belle réussite selon moi. Une histoire qui se tient, une écriture fine et psychologue. Mais ici, à quoi ça sert de nous parler d'un père pasteur marié à une femme affublée aux films porno, à nous parler mécanique, pneus et huile et j'en passe. Certes, la plume sait se montrer drôle, ironique, mais selon moi les passages sur le passé de Paul desservent totalement l'histoire de fond.

Je ne saurai jamais pourquoi Paul est incarcéré et finalement, je m'en balance quelque peu.
Quel ennui ce livre Goncourt 2019.
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Kittiwake
  12 octobre 2019
Jean-Paul Dubois a l'art de vous attacher immédiatement à ses personnages, et l'on a une seule envie, dès les premières lignes, de savoir comment Paul Hansen s'est retrouvé derrière les barreaux de la prison de Bordeaux, à Montréal. Qu'est-il arrivé à ce fils de pasteur danois pour être amené à partager son quotidien et sa cellule avec un Hells qui ne rêve que d'une chose, c'est de couper en deux tout humain qui se met en travers de son chemin?

On reprend donc les choses au commencement, la rencontre improbable de ses parents, l'évolution divergente de ces deux êtres, jusqu'au point de non-retour et à la séparation. le pasteur émigre au Québec, le fils le rejoint et l'histoire se construit.

Outre le suspens crée par la question posée au départ, l'histoire est passionnante; Les personnages sont saisis dans ce qu'ils ont de plus universels et tout ce petit monde sème peu à peu les jalons du drame ultime.

Que dire du compagnon d'infortune, que le narrateur compte comme un homme et demi, ce qui exacerbe l'exiguïté relative de la cellule? Ce sale type est extrêmement sympathique, avec sa philosophie de comptoir et ses affirmations à l'emporte-pièce, contrastant avec ses fragilités inattendues.

Roman bien construit, pétri d'humour malgré la gravité du sujet, avec des dialogues réjouissants et une belle plume.

Une vrai réussite de cette rentrée.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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latina
  15 septembre 2019
A quoi cela tient-il, donc, d'aimer un auteur au point de trouver en chaque phrase une résonance au fond de soi ?


Je peux l'affirmer en toute certitude : Jean-Paul Dubois fait partie de mes écrivains préférés, et le roman qu'il vient d'écrire en est la confirmation.
Rempli d'humanité, de faiblesse humaine, d'effort pour faire son devoir le mieux possible même si la foi en lui s'en est allée, d'amour pour son père, pour sa femme, pour son chien, plein d'humour aussi, humour noir, entendons-nous bien, « Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon » est pour moi un chef-d'oeuvre de justesse décliné dans un style percutant.


L'histoire ? Paul Hansen est en prison. Oh, pas pour longtemps, 2 ans. Mais ce n'est pas un voyou, disons qu'il n'a pas su refréner un accès de colère bien justifié.
Il se retrouve dans la même cellule qu'un « Hell's Angel », un musclé, un « homme et demi ». Sa bécane, c'est son dieu. Mais sous la carcasse dure perce quelquefois la fragilité, et cela fait sourire, avec toute la tendresse possible.
Pendant cette détention, il se remémore sa vie depuis son enfance et la perte de ses 3 amours : son père, sa femme, son chien.
Paul Hansen a un père danois et une mère française, et vit à Toulouse durant son enfance et son adolescence. le couple de ses parents est antinomique : père pasteur et mère directrice d'une salle de cinéma qui n'hésite pas à passer des films plus que sulfureux. de Toulouse à Montréal, en passant par Skagen, perdue dans les sables là-bas tout au nord du Danemark, Paul Hansen trimballe sa vie du mieux qu'il le peut : « J'avais la patience d'un ange et surtout ce goût qui ne me quitterait jamais, cette envie de réparer les choses, de bien les traiter, de les soigner, de les surveiller. » Des choses aux gens, il n'y a qu'un pas, plein d'humanité.


Vraiment, je recommande la lecture de ce roman, pour la bienveillance dont Paul Hansen fait preuve, bienveillance qu'il tient de son père pasteur, malgré la vie qui n'est pas facile et les coups du sort. Pour l'humour. Pour la vivacité d'esprit et les références littéraires que tout le monde connait et qui nous font sourire. Pour l'amour. Pour cette connaissance sans concession des êtres humains, qui n'habitent pas le monde de la même façon, évidemment.
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Fleitour
  08 septembre 2019
Le nouveau roman de Jean-Paul Dubois est une plongée dans les affres des rapports humains, un dialogue d'anthologie.


Comment cohabiter dans une cellule de 6 m² avec un géant, Patrick Horton, un homme et demi, "qui s'est fait tatouer l'histoire de sa vie sur la peau du dos", celle d'un Hells Angel.

Il est difficile d'imaginer qu'un homme de sa dimension puisse se plaindre de douleurs à une dent sans avoir le courage de se faire soigner,
d'espérer qu'une famille de rongeurs le laisse indifférent, ou de prier pour qu'il devienne plus discret en passant à sa toilette,
et cesse ses vocalises imitant le vrombissement des bielles entrecroisées d'une Harley-Davidson.


Il faut pour accepter un tel colocataire, une patience d'ange, comme celle de Paul Hansen, qui ne connaît que par la rumeur les Hells Angel. 
Concoctées par Jean-Paul Dubois après une insomnie de 31 jours, les 240 pages de son dernier livre, "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon", offrent tout au long de 2 années d'enfermement, un dialogue inclassable entre deux détenus d'une cellule de la prison de Bordeaux ( Montréal) que tout oppose (pourquoi ne pas imaginer ce dialogue entre Depardieu et Michel Blanc).


Le jeu scénique préféré de Jean-Paul Dubois est d'inviter, les bons et les méchants, et dans le langage de Jean-Paul Dubois, confronter les crapules aux bienveillants.

Il donne d'ailleurs une définition assez précise d'une crapule ou d'un salopard incandescent : tout l'attirail d'un gommeux, l'archétype du fourbe cauteleux, du chacal sournois, mélange de familiarité et d'arrogance, de technicité et de mépris, fervent et résolu à veiller scrupuleusement sur tous les détails, le pervers adepte de rudoyer la piétaille.


La bienveillance est incarnée par Paul Hansen, mais aussi largement par son père le Pasteur Johanes Hansen et la lumineuse Winona qui le fera chavirer. A ce moment de leur histoire le bon pouvait encore l'emporter, largement.
Mais un compagnon de route Noël Alexandre, l'a établi un jour capitaine du bateau l'Exelsior.


L'Excelsior était un immeuble à l'image de sa piscine. "C'était un immeuble fragile, fantasque aussi, joueur et primesautier. Été comme hiver, il fallait toujours garder un œil sur lui. Sinon, profitant de la moindre inattention, il risquait de lui fausser compagnie".

"Il en allait alors de l'Excelsior comme du dentifrice, prompt à gicler hors de son tube, moins fervent pour y retourner. Page 150".

Fallait-il que la cabane tombe sur Nouk, le chien ? Jean-Paul Dubois est un inaltérable amateur des anti-héros, c'est là son charme, celui d'écrire des contes qui finissent mal.
Un anti-héros façon Dubois est un personnage optimiste, un peu naïf, dont la vie s'égrène au jour le jour, simple et nonchalante. Il est convivial, aime la nature, les amis, et s'il se trouve confronté à une situation singulière et dramatique, c'est contre nature qu'il y fait face.


Il avoua face à l'immense crapule, président du syndic de copropriété' Monsieur Sedgwick, : ces quelques mots,"il réveillait en moi l'éducation que m'avaient prodiguée les loups", puis comme Monsieur Sedgwick poursuivait ses diatribes,
"foutez-moi ce putain d'animal dehors je ne veux plus le voir ! C'est clair !"
"C'est alors que les loups m'ont montré le chemin, j'ai bondi je l'ai percuté...Ajouta t-il à la page 234."


Paul Hansen était dans cet état d'esprit face au juge, Gaëtan Brossard, au physique de Viggo Mortensen. Il regrettait, sans le dire le plus sincèrement, de n'avoir pas eu davantage de temps ou suffisamment de force pour briser tous les os de la carcasse de ce type méprisant, imbu de lui-même et répugnant.


Viggo Mortensen répondit à son silence par: "j'attendais autre chose de vous Monsieur Hansen une réaction plus appropriée".


Comme son père le pasteur, Paul est totalement démuni face à la chance inespérée ou à la malchance cruelle. Il ne pourra à aucun moment appliquer la règle de son compagnon d'infortune, "une moitié de plaider coupable".

Personnage entier, en empathie avec les siens, avec son compagnon d'infortune trop souvent grincheux, Jean-Paul Dubois fait de Paul Hansen notre ami, un meilleur ami qu'on aimerait croiser dans sa vie, juste un homme plein d'humanité. Un duo à l'humour décapitant !
Chapeau l'artiste.
Un livre culte, il en a toutes les ficelles, les excès, les humeurs.
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palamede
  15 novembre 2019
Jean-Paul Dubois n'oublie jamais d'ironiser gentiment sur les malheurs qui s'abattent inévitablement sur l'homme. Ainsi son héros mélancolique et un brin caustique, Paul Hansen, de sa prison où il purge une peine pour on ne sait quel crime (on le découvre par la suite) raconte que, fils d'un pasteur danois et d'une mère toulousaine propriétaire d'un cinéma d'art et d'essai, s'il a eu des moments de bonheur dans sa vie professionnelle et familiale, il a aussi subi des coups du sort et est resté l'enfant marqué par la mésalliance fondamentale de ses parents.

Des aléas de vie et des discordances qui sont le lot de tous les personnages du livre, mais surtout de Paul — si proche de Jean-Paul Dubois, semble-t-il — qui dresse un constat désabusé mais néanmoins affectif et indulgent sur ses proches et sur le monde qui l'entoure. Humanité qu'il se garde de juger, même s’il n’est pas dupe de l’abîme de bassesse de certains, convaincu que chacun s'efforce d'être au monde avec une foi fluctuant au gré des doutes et désillusions (ce qui pourrait, en y réfléchissant bien, constituer le sel de l'existence).

" Il suffit de prêter son attention et son regard pour comprendre que nous faisons tous partie d’une gigantesque symphonie qui, chaque matin, dans une étincelante cacophonie, improvise sa survie. "
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ODP31
  31 août 2019
D'un roman à l'autre, les personnages de Jean Paul Dubois partagent le même génome et l'auteur cueille ses histoires dans le même marronnier.
Ses doubles se prénomment presque toujours Paul. Il est difficile de vous dire à quoi ils ressemblent car les descriptions n'esquissent que les reflets de leurs ombres. Un effet miroir. Si l'auteur ne décrit pas l'emballage, on devine toujours chez les « Paul » de bonnes bouilles de victime, plus locataires que propriétaires de leur existence, plus fatalistes que révolutionnaires aux poings levés.
Le héros de « Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon » ressemble trait pour trait... de crayon à ce portrait-robot.
Paul a un père danois, pasteur exilé au Canada pour prêcher à proximité d'un gisement d'amiante à ciel ouvert et qui joua les derniers deniers du culte dans les champs de course. Un personnage très bien construit qui perd la foi et se réfugie dans le hasard pour continuer à croire en quelque chose.
Paul a une mère qui ne risquait pas une overdose d'instinct maternel. Elle exploita un cinéma d'art et d'essai à Toulouse et y programma dans les années 70 « Gorge Profonde ». Une liberté artistique incompatible avec les principes moraux et religieux du mari. Les fidèles s'indignèrent et la belle devint infidèle.
Chez Jean Paul Dubois, les héritages familiaux sont lourds à porter, comme un tatouage de jeunesse au milieu du front. Point d'inné, que de l'acquis, souvent bien mal. La question de la déliquescence du couple traverse l'oeuvre de l'écrivain. L'usure du temps et des sentiments.
Paul n'a pas bénéficié de circonstances atténuantes et il a le temps de nous raconter ses joies, ses peines et l'acharnement du destin car il purge une peine de deux ans de prison à Montréal pour des faits de violence.
Entre deux souvenirs, il nous livre le quotidien de la cellule qu'il partage avec Horton, un Hells Angels imprévisible qui attend son procès pour meurtre, réfractaire au bon sens et phobique aux rongeurs.
En prison, les heures ne manquent pas pour raconter et se raconter des histoires. du pain béni pour cet auteur qui ne découpe jamais la vie de ses héros en tranches, préférant les accompagner de la naissance au trépas.
le récit alterne des scènes assez désopilantes qui se passent entre les quatre murs de la cellule et le fil de la vie pré-carcérale de Paul, une corde raide qu'il traversa comme un funambule apatride et aveugle, sans filet de sécurité.
Suite à la séparation de ses parents et après avoir suivi son père au Canada, Paul fut pendant longtemps le super intendant d'une résidence de standing, concierge dévoué qui réparait aussi bien les robinets que les âmes des pensionnaires. Il fut aussi l'heureux mari d'une pilote d'avion, femme de caractère au sang Algonquin.
L'élection d'un nouveau président de syndic, un « cost killer » Trumpisé, plus affamé de rendement que de bons sentiments, allait précipiter la fin des beaux jours et conduire Paul à la case Prison.
Le récit ne sombre jamais dans la tragédie grâce à l'humour un peu « smart » et distancié de l'auteur qui possède le don d'enchanter le désenchantement de ses personnages. de la langueur, mais point de longueurs dans ce texte dont la lecture est aussi douce et fluide que celle du titre.
Chez Jean-Paul Dubois, les romans disposent de deux adresses postales : L'une à Toulouse (ville natale de l'auteur, et de l'auteur du présent billet, soyons chauvin) et une en Amérique, mais il ajoute des lieux insolites qui sont un prétexte à dénoncer les injustices du destin et celles des hommes (l'exploitation de l'amiante au mépris des alertes sanitaires, l'emprisonnement de la victime et non du bourreau).
Jean Paul Dubois est un écrivain dont l'univers ressemble à celui de Ian Mac Ewan et s'il creuse toujours le même sillon, j'adore fréquenter son exploitation.



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marina53
  18 novembre 2019
4 novembre 2008, alors que les États-Unis célèbrent l'élection de Barack Obama, Paul Hansen, lui, est incarcéré à la prison de Bordeaux, à Montréal. Deux ans qu'il croupit en prison et neuf mois qu'il cohabite avec Patrick Horton, un Hells Angel, à l'humeur changeante, incarcéré pour meurtre (dont, évidemment, il est innocent). Dès que celui-ci apprend les raisons de l'enfermement de Paul, il cherche à en savoir plus sur l'homme. Une occasion pour Paul de se souvenir et se rappeler à lui ses morts tant aimés : son père, Johannes, pasteur danois; sa femme, Winona, mi-Indienne, mi-Irlandaise; son chien, Nouk...

Paul Hansen est en prison. Son motif d'incarcération, on l'apprend bien plus tard. Et ce n'est pas là l'essentiel de ce roman mais bien la vie de ce Paul Hansen. de sa naissance à Toulouse en 1955 à son boulot de superintendant à L'excelior en passant par son enfance auprès d'un pasteur danois et d'une mère, propriétaire d'un cinéma, féministe, sa découverte du Danemark et du Canada ou encore sa rencontre avec Winona, pilote hors-pair qui deviendra sa femme, l'on prend un réel plaisir à découvrir Paul. Un homme très attachant, empreint d'humanité, infiniment dévoué à son travail et aux habitants de L'Excelsior. Et une vie faite, inévitablement, de hauts et de bas, avec ses petits bonheurs et ses grands chagrins. Outre Paul, l'on se délecte de l'humour ravageur de Patrick Horton, un compagnon de cellule pour le moins inoubliable. Jean-Paul Dubois nous offre un roman d'une grande finesse, tendrement désespéré et tristement beau.
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sabine59
  20 septembre 2019
J'ai toujours le sourire aux lèvres et le coeur en émoi quand j'entame un roman de Jean-Paul Dubois...

J'aime ses personnages atypiques, un peu perdus dans l'existence, maladroits dans l'expression de leurs sentiments, si humains, si émouvants.

J'aime l'humour, léger et décapant à la fois, qui accompagne avec bonheur la description lucide des travers de notre société.

J'ai tout de suite apprécié Paul Hansen, incarcéré dans une prison de Montréal pour deux ans. Nous n'apprendrons qu'à la fin la raison de son emprisonnement. Alternant le présent carcéral et les souvenirs qui affluent, peuplés des trois fantômes des êtres qui ont compté pour lui: son père, pasteur d'origine danoise, sa femme amérindienne, sa chienne Nourk, il m'a totalement conquise.

Il y a l'inénarrable Patrick, son co-détenu, qui a souvent déclenché chez moi des crises d'hilarité, entre son interprétation toute personnelle -et ma foi pertinente- de la Bible, le spectacle scatologique qu'il offre à Paul, sa passion d'Hells Angel pour les catalogues de motos.

Il y a le lien si tendre de Paul avec sa chienne, qui comprend tout et lui parle.

Il y a les vols magiques, avec Winona, à bord de son aéroplane. Et son porte-bonheur, l'oiseau-mouche.

Il y a un père, doux rêveur nordique, ayant perdu sa foi mais pas le goût des mots, lui qui avouera:" Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon" . Quelle phrase magnifique et juste!

Vraiment un beau roman, prenant, entre rires et larmes aux yeux, porté par une histoire addictive! Un excellent cru!
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michfred
  07 octobre 2019
Jean Paul Dubois, je confesse que je l'aime d'amour, ce gars-là. 

J'aime sa mélancolie, aussi douce que profonde, j'aime les "Paul " de ses romans, des anti heros de toutes origines qui détestent les ascenseurs, l'argent, le management, les plannings, qui aiment les chiens et les gens-  les humbles, les vieux, les débiles, les paumés,  les taulards-  et sont des losers magnifiques et des amis sans faille.

 J'aime sa petite musique , ironique et déchirante qui me fait pleurer de rire et pleurer tout court... aucun de ses livres ne m'a jamais ennuyée,  ils m'ont tous apporté un petit supplément d'âme, une petite parcelle d'humanité,  et par les temps qui courent ce n'est pas un apport négligeable.

J'ai bien retrouvé tout ça dans son dernier livre mais sans éprouver l'enthousiasme inconditionnel de mes précédentes lectures...

Alors avant que tous les aficionados de Jean-Paul Dubois ne m'étrillent le cuir,  façon Davy Crockett avec un vison tout frais, et  ne crient à la trahison, je vais essayer de m'expliquer...

L'histoire de Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon se passe au Québec:  je vais donc m'inspirer d'un film que j'avais vu,  en joual non sous-titré, à  Montréal,  et qui s'appelait L'eau chaude, l'eau frette...

Côté eau chaude:
- l'humour tenace, le désespoir discret-  le style Dubois, parfait, léger sans être superficiel, profond sans être lourd.
-  l'amour des vraies gens et l'amour des chiens -pas besoin d'ajouter "vrais", c'est toute sincérité et toute franchise, un chien, ça ne feinte jamais!
- l'anti héros loser, un Paul, encore,  taulard gentil, ex-homme à tout faire d'un condominium, une résidence de luxe avec jardin et piscine,  un rincé par la vie qui garderait intactes ses facultés d'amour, de naïveté , de générosité.
- une chienne trop gnon, trop douce, trop mimi, qui confie ses impressions du jour  en fourrant son nez sous le coude de son maitre. 
-un codétenu, Horton,  sorte de Samson sans trône -quoique...le trône soit l'endroit où  il se montre le plus inspiré ! - absolument irrésistible,  dont les interventions, le naturel confondant, et la présence ont rendu encore plus exaspérantes ses éclipses dues au découpage "scénaristique" dont je me dispose à parler
-
Côté eau frette:
- un putain de découpage, en effet, un kriss de découpage scénaristique tout droit sorti d'un stage de novel writing à  l'américaine - un coup je te balance mes souvenirs d'enfance, un coup je reviens dans ma chtite zonzon avec mon hell's angel de coloc' !-
( On a vu ça dix fois, Jean-Paul, à quoi tu pensais?)  Bref, ça m'a gonflée qu'un chum comme Jean-Paul fasse le niaiseux avec ce truc pitoyable...
- un roman du père qui n'en finit plus,  et fait attendre le roman du fils,  autrement mieux torché,  mais si lent à venir qu'on est presque déçu,  kâliss, en le découvrant - genre tout ça pour ça? Tu comprends-tu?
- des personnages auxquels on ne croit pas- l'aviatrice -algonquine- as- du -manche- à- balai qui vous pose un hydravion sans casse sur le lac le plus gelé , le pasteur sans foi devenu  gambler frénétique, qui perd à la roulette tous les deniers du culte, kâliss d'hostie!

Et vous savez quoi? L'eau chaude pis l'eau frette, ça fait de l'eau tiède...

 J'ai même pas pu me laisser prendre par les bons sentiments tant ça me paraissait un robinet d'eau tiède , justement,  je ne suis pas arrivée à  me laisser  attendrir par mon Dubois que j'aime, par mon Paul et sa chienne, par mon motard hilarant...

Je me suis ENNUYÉE , là,  je l'ai dit, je me suis ENNUYÉE sur le dernier bouquin de mon Jean-Paul Dubois à moi que j'aime, c'est une chose pas croyable, tu comprends-tu?

NB : Et pis aussi, Jean-Paul, dans tes dialogues de taule ou de condo', pourquoi pas le moindre mot de joual? Pas la plus petite touche de  couleur locale? C'est ben l'fun, le joual,  pourtant! Ils  parlent tous comme s'ils sortaient des grandes écoles françaises, kriss kâliss d'hostie!! ..



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