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ISBN : 2918804509
Éditeur : Rue des Promenades (12/04/2016)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Koumiko est l'occasion, pour, Anna Dubosc, non seulement de parler de sa mère qui s'enfonce dans la maladie, mais aussi de nous faire saisir ce qui compte, le fait d'être en vie ici et maintenant, en relation avec ceux dont nous procédons, même quand cette relation est attaquée par la maladie. Anna Dubosc invente une façon de parler de la douleur et de la plénitude qui est sa façon de les connaître, et qui, chez elle, est une marque de filiation : celle du sang et c... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
11 avril 2016
Tout commence avec une simple chute.
Koumiko , 77 ans vient de tomber. Hospitalisée , elle est opérée. Maman d'Anna Dubosc, Koumiko est poétesse ,( Koumiko Muraoka, qui inspira au cinéaste Chris Marker,son film "le mystère Koumiko", tournée en 1964, en plein jeux olympiques à Tokyo) mais n'écrit plus depuis sept ans,depuis que sa fille est elle-même publiée (" comme s'il n'y avait pas de place pour deux dans l'écriture ou qu'il suffisait qu'une seule de nous deux écrive ").
Un sacré caractère, cette Koumiko, au francais haché. Une première rencontre....son appartement... foutoir sale et poisseux que ses filles déblayent durant son hospitalisation ( la baignoire remplie de linge sale,la vaisselle faites que quand il ne reste plus un seul couvert , des piles de journaux jaunies entassés dans des vieilles valises.....). Anna n'en reste pas là. Enfonçant le clou elle nous livre des pans de son enfance, nous miroitant d'autres facettes de cette mère étrange,paranoïaque obsessionnelle, marginale, qui fera vivre à ses filles une enfance difficile.Pas de papa pour Anna après ses trois ans, des amants de passage sans grande importance....et une soeur jumelle comme bouée de secours.
Critique acerbe de cette maman pas comme les autres, qui note les rêves de ses enfants ,au petit déjeuner....mais les rôles changent au fil du temps...devenue mère de sa mère,l'amour filiale d'Anna suinte à travers les fissures ("j'aimerais tellement lui faire plaisir,c'est fou ce pouvoir qu'elle a sur moi.Je ferais tout pour qu'elle soit bien"), d'une relation mère-fille compliquée ( " Moi je me farcis ma mère comme d'habitude"), que la démence ne va qu'exacerber......Tendresse et violence se côtoient,le quotidien est difficile à gérer...des passages terribles,comme celui où Anna après un déjeuner,s'enfuit laissant sa mère qui veut la suivre,sur le trottoir,sachant très bien dans quel état elle se trouve.
Je viens de lire le troisième livre d'Anna Dubosc.
Sa prose nerveuse, simple et directe, à l'humour grinçant est fort à mon goût.Mais pour des raisons personnelles, c'était une lecture émotionnellement difficile, pour moi. C'est terrible de voir un être aimé , qu'on a connu toute une vie,saine,pétillante de vie,décrépir sous nos yeux, retourner à l'enfance,une enfance qui n'en est pas une....
Je remercie Babelio,les Éditions rue des promenades et Anna Dubosc ,qui m'a dédicacée le livre, pour cette belle lecture émouvante.
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isabelleisapure
19 mai 2016
Kumiko a 77 ans et la mémoire en lambeaux. de celle qui fut une poétesse talentueuse, il ne reste qu'une femme absente, perdue dans un monde accessible à elle seule.
Anna Dubosc évoque avec beaucoup de sensibilité et de pudeur cette mère tant aimée.
L'écriture simple et directe d'Anna Dubosc fait de ce court roman un petit bijou de tendresse.
Cette histoire n'est pas triste, elle est porteuse de l'espoir d'adoucir une fin de vie. Une très belle lecture.
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Leraut
28 avril 2016
Solaire, brillant, émouvant, cet hymne à la Mère, avec un M majuscule est une perle rare, respectueuse, qui emporte le lecteur dans les flots insoupçonnés d'une grandeur incommensurable.
le lecteur marche dans les pas d'Anna Dubosc, ne veut rien perdre de cette beauté du don de soi que l'écrivain, fille de Koumiko Muraoka offre à sa maman.
L'écriture fluide, aérienne, réaliste, pose l'ambiance de ce temps qui fuit, de cette mémoire qui se crispe en pans de grâce parentale.
La trame au jour le jour, déroule le tapis de l'irréversible retour en arrière.
Koumiko est attachante, courageuse, troublante et digne. Intellectuellement démunie par la maladie, sa vie devient un puzzle qui se déchire, morceaux après morceaux.
Anna Dubosc retient de toutes ses forces les éclats de lumière qui surviennent parfois. Note, retient, admire, pleure, rit, soulage et aime. Donnante et magnanime, elle devient le respir de sa maman. Sa famille liée à l'extrême dans cette grande difficulté et ce tumulte qui brusquent le quotidien est admirable. Koumiko poétesse japonaise, grande dame dont Chris Marker a fait un film « le Mystère Koumiko » n'est plus. La séparation entre Koumiko et l'artiste qu'elle était est terrible. le lecteur, fil invisible d'Ariane, lui tient la main. Ne la lâche jamais et devient aussi l'ombre D'Anna Dubosc et de sa soeur jumelle Zoé.
« Cet horrible cauchemar se transforme en rêve merveilleux. Cette sensation fait partie de moi. le bonheur confine à l'effroi et l'effroi au bonheur. Il n'y a pas l'un sans l'autre. »
Le lecteur s'apaise lorsque Koumiko trouve refuge à Noisy. Comme s'il pouvait d'un coup lâcher- prise lui aussi en sachant Koumiko sereine dans cette doublure dont on ne peut rien changer irrévocablement. Anna Dubosc devient une plume qui vole au vent , légère, soulagée, digne formidablement mature dans cette quintessence d'amour d'une fille pour sa mère.
C'est un témoignage de force et de courage, de loyauté aussi. le lecteur sait qu'il va offrir « Koumiko » en multitude autour de lui. Les Editions « Rue des Promenades » nous prouvent une nouvelle fois leur haute capacité éditoriale en publiant cet écrin de sentiments vrais. Anna Dubosc est un écrivain majeur. On ne quittera jamais Koumiko des yeux. Merci pour ce grand livre !!!!!
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nilebeh
25 avril 2016
Elle est toute petite et si fragile, de son regard bridé, elle rit de tout et d'abord d'elle-même. Elle regarde le monde avec une fraîcheur de jeune fille, elle manie les mots comme des étoiles filantes, s'insurge d'un rien puis en rit aux éclats, elle vit dans un invraisemblable fouillis amassé au fil des ans, entre caverne d'Ali Baba et trésors de clocharde : elle a 78 ans, elle s'appelle Koumiko, elle souffre de démence sénile. Elle a 18 ans, s'appelle Mère de toutes les femmes et s'est recréé un monde dans la maladie, un monde pour y être heureuse. En dépit de tout.
Ce livre est quasiment un journal de bord tenu par Anna, l'une des jumelles de Koumiko, tout est dit, les moments de chagrin et d'angoisse, ceux où on n'en peut plus et où on en deviendrait presque méchante, la culpabilité inévitable, l'énorme tendresse qu'on ne sait pas dire pare qu'on n'a jamais appris à le faire.
Koumiko a beau être poétesse, férue de cinéma, Japonaise arrachée à la Mandchourie dans son enfance, Anna a beau être auteure, jeune et pleine de talent : Koumiko-Anna, c'est le couple mère-fille intemporel, c'est l'expérience de toute fille qui a dû accompagner sa mère vers le dernier passage. Entre sourire attendri et larmes au bord des yeux, on lit ce livre avec l'expérience de cette relation si unique, si douloureuse, si tendre et si joyeuse, celle d'une femme qui en a mis au monde une autre avant de céder la place.
Anna Dubosc s'exprime en un style d'autant plus savant qu'il s'attache à restituer le vrai, le dit, l'entendu, sans fioriture ni effets. La nudité de l'expression va droit au coeur, on entend vraiment la drôle de façon de s'exprimer de Koumiko. Et vraiment, vraiment, on aurait voulu la connaître.
Merci à Anna Dubosc pour sa jolie dédicace mais surtout pour avoir partagé avec nous, mères, femmes, filles, son expérience, unique et universelle.
Merci aux éditions Rue des Promenades pour m'avoir fait bénéficier en avant-première de cette lecture.
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AliceW
21 juillet 2016
Les romans de chez Rue des promenades ont quelque chose d'enivrant, ils possèdent une simplicité qui marque, une certaine pureté qui les rend entêtant.
Koumiko a déjà fait l'objet d'une oeuvre, le mystère Koumiko, un court-métrage réalisé par Chris Marker en 1964, décrivant sa rencontre au Japon avec cette femme originaire de Mandchourie, parlant français et aimant Truffaut. Koumiko est par la suite devenue poète, elle a arrêté d'écrire lorsque sa fille a commencé à être publiée.
Nous la découvrons aujourd'hui à l'âge de 77 ans. Anna Dubosc prend des notes, la mémoire de sa mère s'envole. Elle conserve les souvenirs, les ressentis. Koumiko vient de faire une chute, elle doit être hospitalisée, il faut enfin oser mettre des mots sur la maladie qui prend ses quartiers depuis quelques temps. Anna et sa soeur en profitent pour remettre en ordre l'appartement de leur mère, faire du tri, donner un coup de neuf. Les souvenirs remontent en même temps que ceux de leur mère s'effacent. Elles gagnent en maturité alors que leur mère semble retourner en enfance.
Avec beaucoup de simplicité, Anna Dubosc aborde la difficile condition de celui qui accompagne, de celui qui passe du statut d'enfant à celui d'aidant. Elle évoque les sentiments contradictoires, l'impuissance, l'envie de continuer à partager des choses, un restaurant, une séance au cinéma, et à la fois la distance qui se creuse et le quotidien qui se désagrège. Koumiko a un caractère bien trempé, qui s'accentue avec la dégénérescence. Les rapports entre la mère et la fille ne sont pas toujours évidents, on sent poindre de l'agacement, et le retrait parfois, comme un réflexe de survie.
L'écriture presque sèche, directe, sans fard ajoute en spontanéité et peut s'avérer assez perturbant. Des mots presque comme ils viennent, comme si Anna Dubosc nous les racontait là, à la terrasse d'un café, à l'angle d'un immeuble parisien. Nous avons l'étrange impression de connaître ces deux femmes et de régulièrement prendre des nouvelles de leur quotidien chamboulé.
Un texte qui fait écho, met le doigt sur le chamboulement, la difficulté à admettre la maladie et l'éventuelle disparition. A chaque page on se demande si le fil va céder, on se prépare pour faire face et on se laisse finalement aller, porter, la trouille au ventre que ça tourne court.
C'est un bel hommage à sa mère que livre ici Anna Dubosc, un grand cri d'amour, et plus largement un texte retentissant sur la relation mère-fille.
Lien : http://casentlebook.fr/koumi..
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Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
nilebehnilebeh25 avril 2016
“ Elle prend des notes en français ou en japonais.Parfois, juste un mot sur une page, parmi plusieurs pages blanches. Faut aérer. Il ne faut pas remplir, pas compter, c’est les pauvres qui font ça. La hantise de ma mère. Comme s’il suffisait de ne pas compter pour être riche et qu’elle était seule à avoir pigé ça. ”
“ On fait les choses correctement quand on manque d’imagination, c’est la pire tare au monde. ”
“ Tout est tellement vétuste, les moignons de robinets qu’on ne peut ouvrir qu’avec une clé anglaise, les fils électriques qui se baladent, les feuilles agrafées autour des ampoules en guise d’abat-jour... ”
“ Je peux quasiment tout supporter, sa connerie, sa méchanceté. Son désespoir, non, ça me terrasse. Je préfère quand elle m’emmerde. Au moins, ça fait diversion, ça brouille mon amour. ”
“ Tout ce qu’elle a intégré, elle peut le désintégrer. C’est aussi fascinant qu’observer les progrès d’un nourrisson, le même processus à l’envers. ”
“ Parfois j’aimerais qu’elle meure.Je me dis qu’il faudrait qu’elle meure là, tout de suite, qu’on en finisse. J’y pense dans la rue, quand elle traîne ou quand elle se fâche ou qu’elle prend son air harassé. Puis j’imagine le monde soudain vide d’elle. Non, impossible. Il faudrait qu’elle meure pour de faux, pas pour toujours. ”
“ Je me sens précipitée dans sa vieillesse et dans la mienne, par ricochet. ”
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AliceWAliceW21 juillet 2016
On va à la papeterie à côté. On prend le journal et des carnets. Elle adore les carnets, elle en a plein son sac. Elle note les numéros, les adresses de restos, des expressions, les films, les livres qu’on lui recommande. Et puis des phrases de quelques lignes, ce qu’elle a vu, ce qu’elle a entendu. Toutes ces notes, ces carnets qui ne donneront plus d’histoires, ça me serre le coeur, comme si Koumiko était un poulet sans tête courant dans tous les sens.
Elle prend des notes en français ou en japonais. Parfois, juste un mot sur une page, parmi plusieurs pages blanches. Faut aérer. Il ne faut pas remplir, pas compter, c’est les pauvres qui font ça. La hantise de ma mère. Comme s’il suffisait de ne pas compter pour être riche et qu’elle était la seule à avoir pigé ça.
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LerautLeraut28 avril 2016
"Cet horrible cauchemar se transforme en rêve merveilleux. Cette sensation fait partie de moi. le bonheur confine à l'effroi et l'effroi au bonheur. Il n'y a pas l'un sans l'autre.
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LerautLeraut28 avril 2016
"Cet horrible cauchemar se transforme en rêve merveilleux. Cette sensation fait partie de moi. le bonheur confine à l'effroi et l'effroi au bonheur. Il n'y a pas l'un sans l'autre.
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livresetbonheurslivresetbonheurs18 janvier 2017
Parfois j’aimerais qu’elle meure. Je me dis qu’il faudrait qu’elle meure, là, tout de suite, qu’on en finisse. J’y pense dans la rue, quand elle traîne ou quand elle se fâche ou quand elle prend son air harassé. Puis j’imagine le monde soudain vide d’elle. Non, impossible. Il faudrait qu’elle meure pour de faux, pas pour toujours.
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