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EAN : 9782010087684
312 pages
Hachette (05/05/1982)
3.95/5   86 notes
Résumé :
Le mariage était-il différent aux siècles passés? Dans Le Chevalier, la femme et le prêtre, Georges Duby étudie les liens du mariage au moment où ils connaissent une crise importante illustrée par l'excommunication du roi de France Philippe Ier pour cause de bigamie en 1095. La condamnation par le Pape d'une situation conjugale jugée scandaleuse illustre la tension que connaît alors l'institution matrimoniale prise dans un étau entre deux théories, celle des clercs ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  22 mars 2012
L'éminent historien Georges Duby nous offre les résultats de ses recherches concernant l'institutionnalisation du mariage chrétien au cours du Moyen Âge central. On peut sourire rien qu'en lisant le titre "Le chevalier, la femme et le prêtre", soit pour le côté "Le bon, la brute et le truand", soit plus "socialement" pour constater que la femme est encadrée par le chevalier et le prêtre ; une astuce notable de l'auteur déjà.
En étudiant les rapports au mariage entre idéaux chevaleresques et idéologie chrétienne, Georges Duby finit par toucher l'ensemble des mentalités de la société française du Moyen Âge central. Même si elle a été largement influencée par le contexte contemporain de l'auteur concernant le mariage et qu'elle se focalise, à mon goût, beaucoup trop sur une possible confrontation ouverte entre monde laïc et monde religieux, c'est une oeuvre à fortement considérer tant l'ouvrage a fait date dans l'historiographie française.
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CzarnyPies
  07 novembre 2022
À sa sortie en 1981, "Le Chevalier, La Femme et le Prêtre" était très actuel en tant que la réflexion sur la condition féminine. le gouvernement de Charles de Gaulle en exile à Londres avait accordé le vote aux femmes en France juste 27 ans auparavant. le livre décrit le bras de fer entre les nobles et les prêtres catholique au sujet des lois et coutumes qui gouvernaient le mariage au sein de la noblesse. Duby couvre la période de 990 à 1234 la date où les décrétales de Grégoire IX ajoutent les mariage aux sept sacrements de l'Église.
Les problèmes étaient évident aux yeux de tout le monde. Les femme n'avaient aucun droit la société. Elles étaient seulement des vaches reproductrices qui donnaient des héritiers aux nobles et ainsi s'assuraient de la succession chez les familles nobles. Seulement deux critères existaient dans le choix d'une épouse: (1) elle devait être de la noblesse et (2) la fécondité était un exigence absolue. Si la femme n'enfantait pas dans les délais raisonnables le marie la répudierait immédiatement.
Après un premier échec on favorisait une jeune veuve qui avait déjà fait ses preuves de fécondité. Faute de jeune veuve à la portée de main, on enlevait la femme de quelqu'un d'autre. On reléguait les femmes infertiles aux cloitres. La vie était difficile aussi pour les jeunes garçons de la noblesse. Parce que l'on ne voulait pas diviser les successions, on permettait seulement au fils ainé de se marier. Les autres fils devaient aussi rentraient dans les ordres ou rester célibataires. Bref, c'était la barbarie total.
Cet état des choses déplaisait fortement aux clercs mais ils avait d'autres priorités. Il voulait que les pratiques du clergé soient plus rigoureuses. Notamment un mouvement qui visait a empêcher les prêtres d'avoir des concubines débutait à la fin du Xe siècle.
Un deuxième problème était que l'Église romaine catholique n'était pas certain que le mariage était de son ressort. On croyait plutôt que la matière était de juridiction profane car les saints écrits semblaient permettre aux gens mariés de se faire baptiser mais qui interdisaient aux chrétiens de se marier après la baptême. Autrement dit, même si les pratiques étaient abominables, l'église ne croyait pas avoir droit à y légiférer. Pourtant Jésus a dit catégoriquement que le lien conjugal était indissoluble. Il fallait choisir entre deux positions contradictoires qui se trouvaient dans le nouveau testament.
Pendant les onzième et douzième siècles, les prêtres se penchaient graduellement ver la doctrine que le mariage était un sacrement chrétien que l'on ne pouvait pas rompre. En 1234 le pape Grégoire a finalement tranché sur la question et le mariage est devenu un sacrement indissoluble de le l'Église.
Duby ne dit pas quand les pratiques se sont finalement alignées avec le dogme. Il remarque cependant qu'après la décision du pape Grégoire en 1234 que les nobles trouvaient souvent les moyens de détourner les lois de l'église et de répudier leurs pour des raisons parfaitement injustes.
Cependant, la conjoncture historique favorisait le changement. La population s'augmentait rapidement en France au XIIIème siècle. On mettait des nouvelles terres en friches et les familles nobles croyaient qu'elles pouvait se permettre de donner des terres aux fils puinés.
Le défi auquel Duby faisait face était que seulement les clercs savaient écrire. Donc l'historien ne peut connaitre le phénomène que de leur point de vue. La situation des femmes était certainement déplorable mais on ne sait pas du tout ce qu'elles pensaient. Duby clôt son livre avec ces mots: "Il faudrait ne pas oublier ce que les hommes ont fait aux femmes. On en parle beaucoup. Que sait-on d'elles." (p. 203)
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ordinary_reader
  30 octobre 2015
Georges Duby était un grand spécialiste de l'histoire médiévale, et "mon" historien préféré pour la période.
Cet ouvrage dépeint la société médiévale, l'art de l'amour courtois, les origines du mariage, la place de la femme et celle (imposante) du clergé...
Voici l'un de ses livres marquants, parmi ceux lus pendant mes études d'Histoire
(NB : pour les autres périodes, je n'ai ajouté que les titres + auteurs dont je me souvenais vraiment).
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sylvieh11
  14 septembre 2014
J'ai trouvé cette étude médiéviste sur l'évolution des pratiques du mariage plaisante à lire.
Elle commence comme un roman. le discours argumentaire s'accompagne d'historiettes issues d'écrits ou de récits d'époque qui confère, malgré parfois la gravité des faits, une légereté à l'ensemble.
Cette étude s'attache à montrer une tant liée à la volonté des détenteurs du pouvoir spirituel de dominer les détenteurs du pouvoir terrestre, qu'à un processus de "maintien de la paix sociale", ou encore à la volonté d'obtenir, maintenir et/ou développer des positions de puissance et de patrimoine, etc.
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Carteroutiere
  03 avril 2019
Un superbe livre, une masse d'informations sur la vie aux X / XII ème siècle et la condition de la femme vue par l'Eglise et les chevaliers.
Mon regret : un style plus proche de la thèse (ou du livre savant) que de la vulgarisation. C'est tellement dense qu'on a du mal à bien mesurer les évolutions. C'est dommage parce que cela enlève de l'attrait et pourtant c'est très intéressant.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
templiers
templiers  
Que sait-on des origines et de l'histoire de l'institution du mariage, à la fois si menacée et si endurante ?

La cellule conjugale, cadre consacré, contrôlé par le clergé, ne s'impose qu'après une longue lutte qui culmine au XIIe siècle, entre les guerriers et l'Église.

C'est l'histoire de ce conflit, long et spectaculaire, contre les prérogatives des seigneurs que retrace ce livre, pour déboucher sur un nouvel équilibre : celui de l'amour conjugal et de l'amour courtois.
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Videos de Georges Duby (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Duby
A l'occasion de la publication de l'ouvrage : Martine Reid, Félicité de Genlis. La pédagogue des Lumières, Tallandier Avec Gilles HEURÉ, Michelle PERROT, Martine REID Michelle Perrot, historienne pionnière de l'histoire des femmes (Histoire des femmes en Occident, avec Georges Duby, 1991 ; Les Femmes ou les silences de l'histoire, 1998 ; George Sand à Nohant : une maison d'artiste, 2018) et Martine Reid, spécialiste de la littérature du XIXe siècle et notamment des femmes en littérature (George Sand, 2013 ; Félicité de Genlis. La pédagogue des Lumières, 2022), vont revenir sur ce champ de recherche qui ne cesse de s'enrichir et questionne de plus en plus la place des femmes dans la société d'aujourd'hui.
Gilles Heuré
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