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ISBN : 2070376222
Éditeur : Gallimard (02/01/1985)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 81 notes)
Résumé :
L'Hiver de force est un de ces livres confession proche de Miller ou de Kerouac. Les deux héros, André et Nicole, sont « sur la route », même quand ils ne bougent pas de l'appartement où ils se saoulent des films de la télé. Il y a leurs amis, Toune, Laïnou, Roger, Catherine, le bavardage lyrique.

Il y a le travail de correcteur d'épreuves, les chansons de Charlebois et surtout le merveilleux personnage d'André, si proche de l'auteur, rêveur éveillé ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  06 février 2019
J'imagine une étendue blanche, de la neige en abondance, de la glace qui coule du nez. Même ma bière est gelée. Je me rabats sur un verre de rhum ou mieux, une bouteille de vodka glacée. A ces températures extrêmes, il faut savoir survivre en milieu extrême pour rentrer dans « l'hiver de force ». Mais comment tourner les pages à ces températures-là, lorsque mon majeur devient tout bleu. Voilà une question que je me pose, de force ? Mais ce n'est pas la seule. Qui est ce Réjean Ducharme que je découvre ici. Un récit alambiqué, sorti de son alambic, même en suçant la tire, j'ai pas tout compris. Je ne suis donc pas encore prêt à recevoir mon passeport québécois. En plus j'ai pas l'accent, et j'arrive même pas à comprendre Céline Dion quand elle braille.
J'ai pas tout compris, certes. La lecture fut parfois complexe, ardue même, face à tant d'élucubrations huluberluesques. Pourtant, j'ai aimé. J'ai été sous le charme de Ducharme. Cela doit faire partir d'une sorte de rite initiatique qu'ont les québécois, pour nous autres français, avant d'oser nous accepter. Il faut passer par Réjean Ducharme si tu veux faire partie de cette confrérie des buveurs de broue - et d'Unibroue. Comme celui d'écouter Robert Charlebois.
Le charme de la frette. Mais aussi celui de la plume – de lagopède à queue blanche – et de l'auteur. Il y a une telle musicalité dans sa prose, avec ces deux héros perdus dans ce monde trop civilisé capables d'écouter pendant des heures sur leur mange-disque l'album blanc des Beatles. Moi, pendant que je poursuis ma lecture, des mélodies trottent dans ma tête, genre « Je reviendrai à Montréal, Lindberg » ou « La complainte du phoque en Alaska ». Phoque, je serais bien sortie prendre l'air, la graine au vent, mais elle risque de geler… Alors, je me réchauffe des aventures d'André, d'après ce que j'ai compris, un double littéraire de Réjean, ce qui me fait penser que l'auteur est un doux rêveur, même en hiver, parce que quoi de plus beau que de regarder cette étendue presque vide d'homme mais chargée en âme.
« Hey poupée, t'irais pas me chercher une bière dans l'frigo ? » Tabarnak, ça serait quand même sympa de ta part… le temps que je finisse cet extravagant roman du terroir de Montréal avant que finisse le cul gelé sur la banquise avec le gosier asséché. C'est que je ne voudrais pas manquer le char de ces deux aventuriers, correcteurs de métier, dans ce monument de la littérature québécoise. Ils sont à la rue ou presque. Ils sont comme des losers, ou presque, pendant que leurs amis réussissent outrageusement leurs vies. Mais, je crois surtout qu'ils sont heureux comme ils sont, belle philosophie de la vie, le genre à apprécier le silence quand celui-ci s'impose, genre face à l'amour ou à la vue d'une banquise, dans le frette. Genre le fonne c'est platte. Et c'est en ça que j'ai apprécié cette lecture hivernale.
Lien : https://memoiresdebison.blog..
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Azor
  13 octobre 2014
L'action du roman, se déroule dans les années 70 au Québec. La situation économique et sociale de la province ne cesse alors de se détériorer, le taux de chômage atteint des sommets. C'est dans ce contexte particulièrement difficile que Réjean Ducharme choisit de placer ses deux principaux personnages : André et Nicole. Ces deux personnages sont des nihilistes qui refusent de se fondre dans une société dans laquelle les valeurs prédominantes sont la possession et le goût pour tout bien matériel.
Dès les premières lignes du roman, on apprend que Nicole et André, qui sont d'ailleurs bien souvent traités par l'auteur comme un seul et même individu avec l'emploi majoritaire du pronom « on », ont pour vocation première de dire du mal de tout.
Au fil des pages, et après la rencontre d'un personnage qu'ils baptiseront la Toune, ils vont renoncer à tout ce qui est matériel, travail, biens, puis finalement logement, pour se consacrer uniquement et de manière obsessionnelle à elle. On peut alors s'interroger sur la finalité de ces deux protagonistes, sont-ils simplement deux marginaux imbéciles et naïfs ou ont-ils pour fonction de dénoncer la société de cette époque ?
Dans ce roman on retrouve bien l'écriture si particulière de Réjean Ducharme, pleine d'aphorismes, néologismes et autres jeux de mots ainsi que de nombreuses références cinématographiques, musicales et littéraires.
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Cielvariable
  02 juin 2013
De ce roman que j'ai lu il y a plusieurs années, j'ai beaucoup plus retenu le style que le récit en soi. C'est que l'écriture de Réjean Ducharme frappe l'imaginaire par ses figures de style, ses jeux de mots, ses expressions très colorées et poétiques . Je me souviens aussi des deux principaux personnages et de leur manière de vivre plutôt spéciale (un de leur loisir préféré étant de lire La Flore laurentienne). J'ai beaucoup apprécié ce roman très différent de tout ce que j'ai lu.
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nilebeh
  10 février 2015
André et Nicole, artistes plus ou moins ratés, mènent la vie de bohème, entre petits boulots alimentaires (ils sont correcteurs pour des maisons d'édition), soirées entre amis où ils écoutent Robert Charlebois et rencontres avec des gens du show-business parmi lesquels une jeune actrice surnommée Petit Pois. On la verra apparaître sous les noms de Toune, un de ses rôles au cinéma, ou de Catherine son vrai prénom. Petit à petit, ils s'entichent de cette jeune femme, belle, sensible, capricieuse, égoïste, jusqu'à ne plus vivre que pour la voir, l'entendre, simplement être à ses côtés. Curieuse passion qui n'a rien de sexuel mais les happe totalement. Ils l'épient, la harcèlent au téléphone, la suivent, l'entraînent dans leur monde. Ils jubilent quand elle est “ gentille ”, c ”est-à-dire quand elle accepte leur compagnie, au désespoir si elle les rejette.
Le tout est conté dans une langue truculente (on croit entendre l'accent!), avec drôlerie, tendresse, finesse. Une curiosité et un plaisir.
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Pixie_dust
  07 novembre 2018
Génies rebelles jusqu'au-boutistes ou loosers alcooliques névrosés? Les personnages de ce roman sont à la fois exaspérants et fascinants! Un couple fusionnel d'artistes manqués, nihilistes et désabusés, atteints d'une forme particulièrement aiguë de déni et complètement obsédés par une jeune célébrité aussi riche qu'égocentrique.

Le roman propose un portrait cynique du milieu artistique montréalais des années 70 : une Bohème québécoise, à la fois déprimante et amusante, savamment agrémenté des truculents tours de langue de Réjean Ducharme. Un auteur à découvrir!
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   06 février 2019
On en a marché un coup. Il faisait beau. On respirait le soleil comme des nageurs épuisaient avalent de l’eau. On est revenus gonflés, bouffis, bleus, tout étranglés en dedans. Avoir, comme une effervescence, dans toutes tes tripes, envie qu’elles zé, qu’elles zécla, qu’elles zéclatent, que toute la marde gicle !
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le_Bisonle_Bison   25 janvier 2019
Un chauffeur de taxi âgé mange une sorte de flaque de jambon grise et triste comme la figure du premier ministre Bourassa sur Montréal-Matin.
Il raconte à Nikos comment l'hiver c'est mieux que l'été. "Prends le mercredi par exemple. L'hiver je serre mon char à six heures. Me lave, me change, me repose, mange un bon steak, j'ai tout fini vers sept heures et demie. M'assis, m'allume une bonne cigarette, puis 'Le Ranch de Willie' commence au canal 10. Des bonnes chansons de cowboys, des bonnes farces, j'ai un fonne noir. Après, juste le temps de me lever pour aller tourner le piton : la partie de hockey commence au canal 2.
puis là je suis bon pour jusqu'à dix heures et demies onze heures moins quart, puis là je me couche puis je dors. L'été 'Le Ranch à Willie'
tombe, le hockey tombe, y'a plus rien, c'est mort, pas le goût de revenir à la maison, pas le goût de rien faire, me parke au stand puis j'attends puis je niaise..."
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le_Bisonle_Bison   14 janvier 2019
Quand Nicole fait basculer sa tasse pour prendre une gorgée de café, tout le café, sans exception, s'incline, monte vers sa bouche. Pas une particule qui reste en place, qui ne fasse corps ; le café, d'une seule pièce penche. Sa bouche s'arrondit, ses lèvres se plissent, elle aspire. On ne boit pas les premières gorgées d'un café, on les siphonne, on les teste... "C'est chaud. " Oui, Nicole. Oui ! Oui ! C'est vrai : c'est chaud. C'est chaud et puis c'est tout ; il n'y a que ça.
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le_Bisonle_Bison   04 février 2019
Qu’elle a passé la fin de semaine stone. Qu’elle a pris trois caps d’acide, que c’était du mauvais stock, qu’elle a fait des bads trips. Que c’est sur le hasch qu’elle a les meilleurs flashes. Qu’il n’y a rien pour la mettre dans le groove comme quelques bonnes sniffées de hasch. Que l’acide, man, c’est pas son bag, que ça fuck son cosmos, que là son cosmos est aussi fucké qu’il peut. Qu’elle s’excuse mais qu’elle est encore toute shakée par les mauvaises vibrations. (Ma grammaire undergound fait dur.) Puis boutonne, déboutonne…
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le_Bisonle_Bison   17 janvier 2019
Nous avons descendu sans rien dire l'escalier du Thalassa Bar. Nous avons marché sans rien dire, la parole coupée pour toujours, jusqu'à l'avenue du Parc. Dans la nuit froide, devant la montagne lisse et nue où la lune blanchoyait comme une dernière couche de neige, nous avons couru pour héler le taxi Diamond qui fonçait pour ne pas manquer sa verte. J'ai ouvert la portière gris fer du Chevrolet Biscayne 1969. Elle est montée sans rien dire, tête première, pliée en deux. Et je n'ai jamais rien vu de moins sexy que ses petites culottes, qu'elle a montrées sans faire exprès, comme toutes les femmes qui montent en auto.
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Videos de Réjean Ducharme (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Réjean Ducharme
"C'est un monstre sacré de la littérature canadienne qui est mort cet été.Réjean Ducharme avait su conquérir le monde francophone avec seulement 9 romans en 50 ans d?existence."
Réjean Ducharme - le conseil d'Emmanuel Khérad https://www.franceinter.fr/emissions/la-librairie-francophone
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