AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2081407345
Éditeur : Flammarion (01/03/2017)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale. Deux amies, l'une aryenne, l'autre juive, qui chantent l'amour et la liberté en allemand, en yiddish, en français ... cela semble inventé ! C'est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes « indésirables » internées par l'État français. Leur pacte secret les lie à Suzanne « la goulue », Ernesto l’Espagnol ou encore au commandant Davergne. À Gurs, l'ombre d... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
motspourmots
01 mars 2017
C'était en mai 1940, les allemands n'étaient pas encore entrés dans Paris, l'état français s'est soudainement inquiété du danger que pouvaient représenter les étrangers d'origine allemande ayant fui le nazisme et trouvé en masse refuge en France. En quelques minutes, des milliers d'individus sont passés du statut de réfugié à celui d'indésirable. le 12 mai 1940, un décret du gouverneur militaire de Paris ordonne aux ressortissants concernés de se regrouper à différents endroits. Pour les femmes célibataires et sans enfant, ce sera le Vélodrome d'Hiver, première étape avant l'internement au camp de Gurs, dans les Pyrénées.
Voilà donc le point de départ de ce roman qui met en scène la belle amitié entre deux femmes, nous parle de féminité, d'entraide, de maternité, d'amour et bien sûr de stigmatisation. Lise est une jeune femme juive d'une trentaine d'années qui a fui Berlin en 1933 alors que le magasin de ses parents faisait l'objet des premières brimades de la part des nazis. Eva est un peu plus âgée, issue de la bonne société allemande et d'une famille qu'elle a fuie à cause de leurs idées acquises à Hitler. Elles se rencontrent au Veld'Hiv et vont vivre ensemble les différentes étapes, découvrir les conditions de plus en plus atroces de leur détention, traverser la France dans le même wagon à bestiau, se tasser dans le même bâtiment insalubre du camp, faire la chasse aux rongeurs et aux poux. S'aider et se réconforter.
Ces femmes, parmi lesquelles se trouvent beaucoup d'artistes et d'intellectuelles de la vie parisienne de l'époque (Hannah Arendt, mais également la maîtresse de Soutine, des chanteuses et des danseuses) vont mettre toute leur énergie à rester des femmes malgré le vide, la puanteur, le froid et la peur. Dans une autre partie du camp sont enfermés des Espagnols qui ont combattu Franco chez les républicains ou dans les brigades internationales. Entre les deux communautés, des liens se tissent à distance, des rapports de séduction viennent embellir le quotidien. Et puis certaines figures permettent d'espérer encore dans l'espèce humaine : l'ange de Gurs, Elsbeth Kasser, l'infirmière du camp membre du secours suisse et le commandant Davergne qui fait entrer un piano dans le camp et permet aux internées de monter un cabaret.
Malgré le sérieux et la gravité du sujet, ce roman se dévore avec un réel plaisir, porté par le parti-pris lumineux de l'auteure qui n'a pas hésité à inventer les textes des chansons qui ponctuent les chapitres et ancrent le récit dans un contexte criant de vérité. On est tout de suite en empathie avec ces femmes qui refusent d'abdiquer.
Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles il faut lire ce livre. D'abord parce qu'il rappelle un événement de notre histoire trop souvent méconnu voire ignoré (ces cinq mille femmes parquées au Vélodrome d'Hiver c'était 2 ans avant la tristement célèbre rafle...). Ensuite parce qu'il fait utilement écho à l'actualité, à la situation des millions de réfugiés à travers le monde, à la dramatique habitude de toujours stigmatiser certaines catégories de la population. On n'apprend pas assez de l'Histoire, malheureusement.
Diane Ducret a réalisé un travail remarquable de documentation qui lui a permis de s'imprégner de ses nombreuses lectures et de nourrir la trame romanesque sans jamais l'alourdir. On sort de cette lecture un peu plus instruit, avec peut-être l'envie d'être à la hauteur de celles qui ont traversé ces épreuves en refusant la mécanique de rejet et de stigmatisation que certains persistent à vouloir nous imposer. Il y a encore du travail.
Un grand merci à Babelio, Flammarion et Diane Ducret pour la rencontre passionnante organisée autour de ce texte. C'est un plaisir d'écouter l'auteur parler de la genèse de ce livre et du travail de documentation et de création inhérents. Cela donne envie de partir sur ses traces pour approfondir le sujet.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          238
Ktyminilit
12 mai 2017
En mai 1940, à Paris, les femmes d'origine allemande célibataires et celles mariées sans enfant sont rassemblées au Vélodrome d'Hiver et seront acheminées au camp de Gurs dans les Pyrénées, elles sont "les indésirables".
Deux femmes vont faire connaissance, Lise et Eva et se lier de « plus fort » que d'amitié.
L'une est juive et l'autre aryenne, tout les oppose dans la société de l'époque et pourtant leur lien sera sans faille.
Dans ce camp, des hommes espagnols sont déjà internés à leur arrivée. Tout est misère, souffrance et tristesse, pourtant les âmes restent en vie. Avec coeur, certains organisent un cabaret au sein du camp pour le bonheur de chacun.
On y chante, on y danse, on y vient chercher du plaisir.
Parallèlement, la Grande Histoire suit son cours et les destins vont suivre des lignes inattendues.
Une lecture très émouvante, un hymne à l'amour et à l ‘amitié.
Commenter  J’apprécie          251
Pasoa
13 juillet 2017
Un peu d'histoire : Fin 1938, le gouvernement d'Édouard Daladier pour contenir l'afflux de Républicains et de membres des Brigades internationales fuyant la guerre civile en Espagne, vote une série de lois pour isoler ces étrangers «indésirables». Dans l'improvisation, sont alors érigés dans le sud de la France des camps de concentration destinés à contenir tous ces «indésirables».
Plus tard, le 15 mai 1940, est organisée dans Paris une rafle appelée celle des «femmes indésirables», toutes juives ou d'origine étrangère. Ces «femmes indésirables» ont toutes une particularité : celle de ne pas avoir d'enfant. Parmi elles se trouvent des ressortissantes allemandes qui ont fui le régime nazi.
Elles sont dès ce jour de mai 1940 plusieurs centaines à être arrêtées et retenues par les forces de police françaises dans un lieu qui deviendra tristement célèbres deux ans plus tard : le Vélodrome d'Hiver (Le Vel' d'Hiv'). Après plusieurs jours de détention, elles sont transportées par trains entiers vers le sud de la France et notamment vers le camp de Gurs, près d'Oloron Sainte-Marie, dans les Pyrénées. C'est dans ce camp qu'elles retrouveront les milliers de détenus fuyant la Guerre d'Espagne.
Parmi ces nombreuses femmes «indésirables» regroupées à Gurs, deux jeunes allemandes, Lise Malher et Eva Platz. La première est juive, la seconde est aryenne. Elles ont lié connaissance dès leur détention au Vel' d'Hiv'. Dès lors, elles ne se quittent plus et se retrouvent sous la lettre G baraque 25, les «coordonnées de leur naufrage».
Elles deviendront l'une pour l'autre bien plus que deux codétenues : deux vraies amies qui mêleront leur histoire, leurs désillusions, leurs espoirs, leurs envies.
La vie du camp, le hasard et la proximité avec les autres prisonniers, vont leur faire rencontrer des êtres à part: Suzanne la jeune française au caractère bien trempé, Sylta, l'ancienne couturière russe, la riche et sémillante Bianca Tarkow, la très dévouée infirmière suisse Elsbeth Kasser, le chef du camp Eric Davergne, les réfugiés espagnols Ernesto et Pedro jamais très loin, etc. Tous ces personnages vont chacun à leur niveau faire naître à l'intérieur du camp et entre eux comme des îlots d'espoir et d'entraide. D'amour aussi. C'est ainsi que naîtra le Cabaret bleu, le nom d'une mini-troupe (dont feront partie Lise et Eva) qui donnera des représentations de théâtre et de chansons toutes très appréciées dans le camp.
En écrivant ces lignes, je me rends compte combien j'ai été attaché à l'intrigue et aux personnages de ce roman de Diane Ducret. Conjuguer l'Histoire officielle et le genre romanesque sur un sujet aussi délicat que les camps de concentration en France durant la Seconde guerre mondiale était un pari risqué. Il a été réussi.
Grâce à une écriture élégante et généreuse, à un propos tout à fait crédible (l'auteur s'est appuyé sur d'anciens témoignages de prisonniers du camp de Gurs), Diane Ducret a fait des Indésirables un roman particulièrement attachant, une fable humaniste, un hommage saisissant à toutes les femmes qui dans leur coeur, dans leur chair et dans leurs convictions ont défendu une certaine idée de la liberté pour l'époque et pour leur pays durant la Seconde guerre mondiale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
ValerieLacaille
12 mars 2017
Un très beau roman à lire absolument!
La première raison est que c'est un hommage vibrant à toutes ces femmes qui furent enfermées dans les camps, dont celui de Gurs dans les Pyrénées orientales, parce que l'état Français pensait qu'elles risquaient d'être un danger pour la France du fait de leur statut de réfugiées. le 12 mai 1940, des milliers de femmes célibataires et sans enfant se sont ainsi retrouvées au Vélodrome d'Hiver à Paris avant d'être internées dans le camp de Gurs. C'est dans ces lieux que vont se rencontrer puis se suivre les deux héroïnes du roman: Lise, jeune fille juive qui a fui Berlin avec sa mère, modiste, lorsque les nazis ont commencé à les persécuter; et Eva, jeune femme allemande qui a quitté volontairement ses parents, acquis à la cause nazie. A deux, elles seront plus fortes pour affronter les conditions de vie honteuses du camp de prisonniers. En plus de la faim et du froid, il leur faudra subir les brimades vicieuses du garde Grumel, ainsi que la pénurie de médicaments qui permettra aux épidémies de dysenterie de faire des ravages.
Dans le camp, il y a aussi des hommes, et leur présence sera pour ces pauvres femmes l'espoir de pouvoir encore séduire, se faire aimer, cajoler... en cachette bien sûr.
Cet espoir d'amour trouve un écho dans un projet d'Eva: mettre sur pied un spectacle de chant, de musique et de représentation théâtrale. Avec Lise et Suzanne, une prisonnière à la gouaille toute parisienne, elle parvient à mettre en place un spectacle de cabaret reposant sur la pièce de Shakespeare, "Le Songe d'une nuit d'été". Cette parenthèse artistique leur permet de mettre de côté les vicissitudes de la vie du camp, du moins momentanément.
J'en viens donc à la deuxième raison pour laquelle il faut lire ce roman: l'histoire, bien que basée sur des faits réels, nous entraîne dans un épisode commun de la vie de deux êtres de papier, poignant, délicat, touchant. On ne peut qu'être ému face aux répercussions que les épreuves mises sur le chemin de ces deux jeunes femmes vont générer. On reçoit les chocs, mais aussi les vibrations de bonheur en même temps qu'Eva et Lise. Diane Ducret écrit vraiment bien, de sorte que le lecteur ne se retrouve pas seulement spectateur de ce qu'il lit, puisqu'il vit les émotions des héroïnes en même temps qu'elles. Et qu'il referme le roman avec regret!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          133
NATB
04 mars 2017
Je remercie babelio et Flammarion pour l'envoi des épreuves non corrigées du dernier livre de Diane Ducret, jeune femme charmante et passionnante rencontrée lors de la soirée dédicace.
Avec ce roman, Diane Ducret rend hommage à toutes ces femmes qui furent enfermées au Vélodrome d'Hiver avant d'être internées dans le camp de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques, ( à l'origine un camp d'hommes, réfugiés Espagnols).
Des femmes jugées indésirables car soupçonnées de par leur origine allemande d'être une menace pour la France (la "cinquième colonne").
Les indésirables étaient des femmes célibataires et sans enfants.
Cet épisode de l'histoire de notre pays est méconnu, grâce à ce livre ces femmes exilées, réfugiées sortent de l'oubli.
L'auteur nous a parlé des recherches effectuées sur le camp de Gurs, la majorité des archives de 1940 ont été détruites par le commandant Alain Davergne (lisez le roman), de plus il ne reste que le cimetière du camp au milieu d'une immense forêt de pins.
Grâce aux lettres retrouvées, l'auteur a imaginé les deux personnages féminins principaux, que tout oppose: Eva, bourgeoise aryenne qui rejette les idées du national socialisme adoptées par son père et Lise, jeune femme juive, timide, qui a fui Berlin avec sa mère .
Ce livre reconstitue le quotidien de ces femmes dans le camp et leur combat, leur ardeur à rester des femmes belles et désirables malgré tout.
Je vous invite vivement à lire ce roman que j'ai vraiment aimé.
Encore un auteur à suivre !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150

Les critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec24 juillet 2017
Diane Ducret met en scène la résistance de l’espoir et les miracles de l’amour et de l’amitié dans ce nouveau roman inspirant inspiré d’histoires vraies.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeDevoir22 mai 2017
Si elle décrit de l’intérieur les conditions de vie et d’hygiène misérables de ces femmes, elle nous imprègne aussi de leur joie, de leurs rires.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Citations & extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
NATBNATB12 février 2017
Mon imagination file en croisant les villages, les champs et les plaines.C'est beau, la France, à la vitesse d'un train.Je t'imagine à l'autre bout de ces rails, dans un pays de nuages.Je voudrais glisser ma main dans tes cheveux, de gauche à droite, comme sur mon clavier, pour effacer en musique le mauvais rêve qui vient se créer, t'inventer des notes roses au lever du soleil, des notes bleues quand la nuit se fait opaque, des notes ocre comme les maisons de Rome où nous voulions tant aller.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
NATBNATB16 février 2017
Je suis montée si haut,
Que je croyais voler,
Je suis tombée si bas,
Les os brisés.

Au sol on m'a maintenue,
Je me suis débattue,
Puis me suis relevée,
Et alors j'ai dansé.

J'ai l'allure buissonneuse,
La démarche boiteuse,
Mais essayez toujours de l'arrêter
Rien ne retient ma liberté.
Commenter  J’apprécie          160
KtyminilitKtyminilit06 mai 2017
J'ai lu dans un livre traitant de l'Orient que mon père avait dans sa bibliothèque qu'au Japon, quand une poterie est cassée, plutôt que de masquer l'endroit où on l'a réparée, on la recolle avec une laque saupoudrée d'or, pour mettre la fêlure en beauté. On appelle cela la jointure de l'or. La poterie porte alors les signes de son histoire. Et plus elle a de fêlures, plus elle est appréciée, parce que l'or la traverse comme un fleuve riche et abondant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
NATBNATB13 février 2017
Crépuscule du soir
Comme une discrète plainte
S'élève encore le cri des oiseaux
Que j'ai créés.

De grises cloisons
S'effondrent,
Mes mains
Se retrouvent.

Ce que j'ai aimé
Je ne puis le saisir,
Ce qui m'entoure
Je ne puis le laisser.

Tout de sombrer.
La pénombre s'accroît.
Rien ne me pèse
Tel est le cours de la vie.

Hannah Arendt
Commenter  J’apprécie          90
KtyminilitKtyminilit28 avril 2017
En armes, les agents encadrent le défilé de celles que les journaux appellent désormais les "femmes indésirables", celles dont on ne veut pas, celles qui doivent être hors des regards, hors la loi, partir ou disparaître ; nuisibles que l'on veut oublier avoir jadis aimé.
Au milieu des robes d'Eté aux couleurs fleuries, la valise de Lise est bousculée de tous côtés. On joue des coudes pour entrer. A quoi bon se dépêcher pour se faire enfermer ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Diane Ducret (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Diane Ducret
Les indésirables de Diane Ducret aux éditions Flammarion
Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale. Deux amies, l?une aryenne, l?autre juive, qui chantent l?amour et la liberté en allemand, en yiddish, en français? cela semble inventé! C?est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes «indésirables» internées par l?État français. Leur pacte secret les lie à Suzanne «la goulue», Ernesto l?Espagnol ou encore au commandant Davergne. À Gurs, l?ombre de la guerre plane au-dessus des montagnes, le temps est compté. Il faut aimer, chanter, danser plus fort, pour rire au nez de la barbarie.
À la façon d?une comédie dramatique, Diane Ducret met en scène le miracle de l?amour, la résistance de l?espoir dans une fable terrible et gaie, inspirée d?histoires vraies.
http://www.lagriffenoire.com/71717-divers-litterature-les-indesirables.html
Vous pouvez commander Les indésirables sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
+ Lire la suite
autres livres classés : campVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

C'est la guerre !

Complétez le titre de cette pièce de Jean Giraudoux : La Guerre ... n'aura pas lieu

de Corée
de Troie
des sexes
des mondes

8 questions
775 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , batailles , armeeCréer un quiz sur ce livre
. .