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Critique de Alfaric


Alfaric
  20 mai 2019
Depuis le temps on connaît bien la méthode Jean Dufaux qui entre histoire et mystères n’a pas son pareil pour concocter des pitch pleins de promesses. Après avoir officié pendant 8 tomes avec Philippe Xavier sur une croisade fantasmée pleine de démons et de merveilles, les deux compères récidivent en nos comptant les heurs et malheurs des Conquistadores. Tout est centré sur Hernando Del Royo un hidalgo en rupture de banc qui exécute les basses œuvres d’Hernán Cortés qui est clairement dans la merde : l’entourage de l’Empereur Moctezuma commence à douter de la prétendue divinité des nouveaux arrivants, et Charles Quint qui ne peut plus le saquer a envoyé Panfilo de Narvaez le remplacer… Sa dernière chance est de mettre la fin sur l’or aztèque dédié aux dieux pour calmer la colère de du roi très catholique. Son âme damnée est ainsi chargé d’engager un commando pour réaliser le casse du siècle : on passe ainsi des « Douze Salopards » aux « Sept Conquistadors », et nous suivons une phase de recrutement en faisant connaissance avec Catalina la mercenaire de choc et de charme, le brave Gomez, le colossal Burro, l’apothicaire La Sauterelle et l’étrange prêtre Cristobal qui a force de peyotl a réuni christianisme et paganisme… Nous somme donc dans une histoire de casse et de cavale, puisque les braqueurs ont laissé en vie le prêtre de Txlaka qui lâche sur eux les forces des ténèbres...

L'introduction rappelle d'autres titres comme "Aguirre la Colère de Dieu", "Apocalypto", "The Mission", "The Fountain" (je n'ai toujours pas compris pourquoi avec tout le matériel à disposition on avait réalisé un film métaphysique pompeux au lieu d'un film d'aventure sombre) et nous montre que l'histoire est doublement raconté en analepse : comment a-t-il survécu là où tous ses compagnons sont morts, et au bout du bout comment est-il devenu le monstre au sens figuré et au ses propre qu'il prétend être devenu… Il n'empêche que malgré le bon travail de Jean Dufaux, la qualité de l'ensemble tient essentiellement sur les graphismes de Philippe Xavier qui n'a cessé de s'améliorer en reprenant encore et encore ses héros classieux, ses bad boys bien musclés, ses belles gosses bien galbées, ses criminels et ses fanatiques détestables au possible… Ici le contraste entre le jour lumineux et la nuit ténébreuse rythme le récit, il donne une verticalité qui suscite à la fois le vertige et la claustrophobie donnant une aura divine au classieux Moctezuma qui la dirige et la domine, et qui crève l'écran tant sa noblesse contraste avec la vilenie sans borne des Occidentaux avides d'argent et de pouvoir facilement acquis au détriment d'autrui… Dans ce clair obscur on s'aventure dans une jungle verte ponctuée par le jaune des rêves dorés et le rouges des cauchemars ensanglantés !
Malheureusement il faut se superméfier du « Syndrome Jean Dufaux » : il va se fait plaisir et nous faire plaisir avec des scènes de cul et une ambiance fantastique de bon aloi, mais tant qu'on gagne on joue il va s'éparpiller au petit bonheur la chance en enchaînant les tomes ou les diptyques. A la fin on s'aperçoit tout le temps que les pièces du puzzle ne s'assemblent pas à force d'être parti dans tous les sens dans des voies divergentes voire contradictoires : à celui qui ne sait où il va, nul vent ne saurait être favorable...
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