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Pierre Furlan (Traducteur)
ISBN : 2742789316
Éditeur : Actes Sud (05/05/2010)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Un jeune Néo-Zélandais, fruit d'une brève liaison, pendant la Seconde Guerre mondiale, entre une femme maorie mariée et un soldat noir américain de passage doit apprendre à vivre entre le mépris dont sa communauté accable sa mère et les dangers que fait peser sur lui la tentation d'idéaliser un père inconnu. Par l'auteur de L'Ame des guerriers, un roman puissant et dérangeant sur la violence qui règne au sein de la société maorie et sur la rémanence du racisme dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
  05 février 2016
Quel beau roman plein de charme et de sincérité, et si dur en même temps !
Mark, surnommé Yank, est le fruit d'un adultère entre sa mère et un Yankee venu en Nouvelle-Zélande lors de la dernière guerre.
Sa vie est racontée tout à tour par lui-même, par sa mère, par son père, par son meilleur ami, par son père biologique.
C'est un livre parlant de l'enfance, de la femme, de la musique, du racisme
Les personnages sont formidablement vivants.
Alan Duff rend belles et optimistes les situations les plus graves. C'est plein d'humanité et de chaleur, de confiance en la vie. S'accrocher dans les conditions les plus sombres, remonter à la surface, rester en vie.
Profondément teinté de son expérience, on découvre la culture des maoris, la beauté de la Nouvelle-Zélande.
Je reste toute imprégnée de cette belle histoire.
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Mia
  21 janvier 2012
Alan Duff, c'est l'auteur de ce livre remarquable "L'âme des guerriers" traduit en français en 1996 et adapté au cinéma où ceux qui l'ont vu ne l'ont pas oublié. La société maorie et ses traditions est au centre de la littérature de cet auteur qui s'inspire largement de son vécu et dont la dimension des écrits prend une valeur de témoignage social.
"Un père pour mes rêves" fait partie de ces livres qui mêle la petite histoire à la grande. le contexte se situe d'une part dans les années 40 lorsque certaines troupes américaines se trouvant en Nouvelle-Zélande ont combattu aux côtés des maoris contre les Japonais et d'autre part, dans le Missouri raciste du Ku Klu Klan des années qui ont suivi la guerre jusqu'à Martin Luther King. Mais tous ces événements sont esquissés dans le roman et c'est surtout les personnages et leurs défis quotidiens qui prennent place au premier plan.
Le roman est d'ailleurs construit sur le mode polyphonique ce qui rend chaque personnage d'autant plus consistant et permet de se projeter dans le ressenti de chacun sans jugement.
J'ai beaucoup apprécié ce roman dont le récit prend son temps pour se dérouler. Les situations sont crédibles et résonnent terriblement dans le contexte historico-politique d'une époque mais dont la portée est encore tellement actuelle. Car s'il est un thème central qui se déroule comme une colonne vertébrale tout au long du récit, c'est celui de la ségrégation et de ses ravages. Après les dernières lignes écrites par Alan Duff, une photo est reproduite, qui laisse perplexe... et si tout cela était plus que du roman? Et puis enfin, un texte magnifique et bouleversant de Richard Wright, intitulé "Entre le monde et moi" que je vous partage en citation.
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myriampele
  06 septembre 2018
Ce roman est l'histoire d'un garçon qui cherche à retrouver son père.
C'est aussi l'histoire d'une très belle femme maorie,qui aime son fils et veut son bonheur.
C'est l'histoire d'un peuple méprisé en Amérique, martyrisé par le Ku Klux Klan.
C'est enfin un hymne à la musique des années 50/60 et des messages portés par les chanteurs de ce moment. Une page de l'histoire américaine.
C'est un texte magnifique, qui m'a beaucoup touchée!
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biblio47
  27 octobre 2010
C'est l'histoire de Mark, surnommé « Yank » dans son village de Waiwera en Nouvelle Zélande. Il est moitié maori et moitié noir. Sa mère Léna a eu une aventure avec un GI pendant la Seconde Guerre mondiale, pendant que son mari était parti sur le front. A son retour Henry n'accepte pas Yank, et il contraint Léna à vivre en marge de la communauté avec son fils. Yank vit dans l'illusion d'un père américain blanc très riche, il le compare à John Wayne, ou bien à Elvis Presley son idole. Il faut dire que Mark est un passionné de musique, il crée un groupe et achète avec l'argent que lui envoie son père une guitare électrique, un ampli et des baffles, ainsi qu'une voiture. Son père lui envoie aussi des disques, entre autre de Sam Cooke et Ray Charles. A 20 ans, devenu musicien professionnel, Yank décide d'aller retrouver son père dans son petit village de Piney Woods. Il arrive un matin sans avoir prévenu son père de son arrivée. Yank est acclamé par toute la communauté. Seule ombre au tableau : le Ku Klux Klan…
Le récit s'étire de l'après guerre jusqu'au milieu des années 60.
Les paysages de Nouvelle Zélande donnent envie de les parcourir pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de s'y rendre… Et des portraits sont intéressants.
Ce livre nous apprend les conditions de vie des maoris et parallèlement, la ségrégation raciale aux Etats-Unis, en particulier dans l'Etat du Mississipi, ou vit Jess Hines, le père de Yank : en Nouvelle Zélande, les maoris et les blancs sont égaux en droits ; ce qui n'est pas le cas aux USA entre les noirs et les blancs.
A découvrir ABSOLUMENT !
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lcath
  20 février 2019
Les guerres sont aussi des périodes où la vie d'individus lambda vacillent car tout bouge. La seconde guerre mondiale a, ici, dessiné un entrelacs de destins entre la Nouvelle Zélande et les USA.
Une femme Maori, mariée, a mis au monde un enfant, né d'une union illégitime avec un Américain pendant que son guerrier et chef de mari était sur les champs de bataille. le retour du guerrier est douloureux pour tout le monde, pour lui, humilié par la situation et incapable de la dépasser, pour elle qui prend les coups, physiquement, moralement, sexuellement, et pour l'enfant qui bien qu'adoré par sa mère se voit exclu au sein de ce qui est malgré tout sa famille.
Pour tenir, il s'invente un père, héroïque, blanc, riche... Quand ce père, après de longues années de silence, écrit à sa mère, il doit s'adapter au père réel qui va lui apparaître peu à peu et qui est bien différents du père rêvé.
Ce roman, sans être exceptionnel, a l'avantage de nous promener entre différentes cultures et différents pays. Il offre un beau panel de personnages et donne une belle part aux femmes et à la relation père/fils, sans oublier un contexte "racial" où les couleurs de peau détermine la place de l'homme.
Lien : http://theetlivres.eklablog...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
MiaMia   21 janvier 2012
ENTRE LE MONDE ET MOI (texte de Richard Wright reproduit en fin d'ouvrage)

Et dans les bois, un matin, j'ai trébuché dessus,
Trébuché dans une clairière herbeuse gardée par des chênes et des ormes à l'écorce qui pèle.
Et les noirs détails de la scène se sont élevés entre le monde et moi...

Le dessin des os blancs sommeillant dans l'oubli d'un oreiller de cendres.
Le chicot carbonisé d'un jeune arbre dressant un doigt émoussé qui accusait le ciel
Des branches arrachées, des veinules de feuilles brulées,
Un rouleau roussi de chanvre graisseux.
Une chaussure inhabitée, une cravate vide, une chemise déchirée, un chapeau solitaire, un pantalon raide de sang noir.
Et sur l'herbe foulée, des boutons, des allumettes mortes, des mégots de cigares et de cigarettes, des coquilles de cacahuètes, une flasque de gin épuisée et le rouge à lèvres d'une pute;
Des traces éparses de goudron, des bouquets de plumes qui s'agitent et l'odeur persistante de l'essence.
A travers l'air matinal, le soleil versait un étonnement doré dans les orbites d'un crâne pierreux...
Tandis que j'étais là, debout, mon esprit se figea de froide pitié pour la vie qui s'en était allée.
Le sol agrippa mes pieds et mon coeur fut encerclé par les murs glacés de la peur -
Le soleil mourut dans le ciel; un vent nocturne murmura dans l'herbe, bouscula les feuilles dans les arbres; les bois déversèrent les gémissements affamés de chiens; l'obscurité hurlait de voix assoiffées; et les témoins se levèrent, vivants :
Les os desséchés remuèrent en cliquetant et se fondirent dans mes os.
Les cendres grises devinrent une chair ferme et noire qui pénétra dans ma chair.
La flasque de gin passa de bouche en bouche; les cigares et les cigarettes se mirent à luire, la pute étala le rouge sur ses lèvres,
Et mille visages tourbillonnèrent autour de moi en hurlant que ma vie devait brûler...

Maintenant ils me tenaient, ils me mirent nu, ils m'enfoncèrent les dents au fond de la gorge jusqu'à ce que j'avale mon propre sang.
Ma voix se noya dans le rugissement de leurs voix et mon corps noir, mouillé, glissait et roulait entre leurs mains tandis qu'ils m'attachaient au jeune arbre.
Ma peau, collait aux bulles de goudron brûlant, me tombait du corps en lambeaux mous.
Le duvet et les pennes des plumes blanches s’enfonçaient dans ma chair à vif, et, agonisant, je gémissais.
Puis on me rafraichit miséricordieusement le sang par un baptême à l'essence.
Et dans un embrasement rouge, je bondis jusqu'au ciel, la douleur montait comme de l'eau et me bouillait les membres.
Haletant, implorant, je m’agrippais tel un enfant, je m'agrippais aux parois brûlantes de la mort.
Maintenant, je ne suis qu'os desséchés, et mon visage, crâne pierreux, fixe le sol dans un étonnement doré...

- Richard Wright
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myriampelemyriampele   06 septembre 2018
Ils chantent comme si quelque chose en eux n'arrivait jamais à se résoudre, et en même temps comme si tout était en paix, au moins tant qu'ils chantent ensemble.
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GenevIeveRossierGenevIeveRossier   15 août 2013
que nous étions bêtes ,naïfs et idiots de nous attendre à un changement rien que parce que nous avions combattu aux côtés de nos camarades blancs.Et notre hymne national qui prétendait que nous étions au pays des hommes libres.Un mensonge , si on était d'ascendance noire dans cette nation où la moindre goutte de sang noir passait pour une tache.J'aurais dû savoir, moi comme nous tous,que des attitudes forgées pendant trois siècles ne changeraient pas, même à l'occasion d'une guerre mondiale où nous nous étions engagés prétendument en égaux pour défendre notre patrie et nos croyances.
Nous, les Noirs, n'aurions jamais dû nous leurrer , croire que cette guerre pouvait modifier la situation .Pas dans le Sud.Il nous restait une autre guerre à mener contre un ennemi qui s'appelait la discrimination raciale.
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mimipinsonmimipinson   15 avril 2013
Père, ô père, on m’a dit que tu étais mort, que tu avais été tué à la guerre. Tu étais celui qu’il était interdit de mentionner dans la maison où j’ai grandi ; j’ai dû t’inventer dans ma tête. Jusqu’au jour où des mots écrits t’ont soudain donné vie. Tu n’étais pas le héros américain blanc que j’avais supposé : tu étais celui qui aujourd’hui se tient devant moi. Grand, sombre et beau.
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MiaMia   20 janvier 2012
Que se passe-t-il quand vous voulez vous émanciper de choses auxquelles vous avez été habituée toute votre vie?
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Video de Alan Duff (1) Voir plusAjouter une vidéo
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ONCE WERE WARRIORS - HQ bande-annonce ( 1994 )
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