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ISBN : 2207261158
Éditeur : Denoël (05/03/2009)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 31 notes)
Résumé :
2320, ouest de la Chine. Les élèves de la très chic pension des Conglin s'ennuient dans leur prison dorée. Marquis, le plus enragé d'entre eux, se révolte brusquement : il invente, ou plutôt réinvente, une musique pleine de colère qui va fédérer tous les élèves contre les surveillants. Fuyant la répression qui s'abat sur les Conglin, Marquis se réfugie dans les sous-sols de Shangai où l'attendent l'amour et la guerre.

Le Rock s'est brûlé les ailes à l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  19 octobre 2014
La Chine des années 2320 n'a que peu à voir avec celle d'aujourd'hui. La Terre est en train de rendre l'âme, rongée par la pollution, mais certaines bonnes vieilles habitudes quant à l'organisation de la société, elles, perdurent : aux riches les tours et une longue vie dans le luxe ; aux pauvres, les caves et une existence misérable et souvent brève. Et puis il y a les pensions, ces espaces totalement déconnectés dans lesquels les nantis des tours envois leurs rejetons jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge adulte. Une bulle que Marquis et ses compagnons vont tentés de faire éclater grâce à leur musique. Une musique révolutionnaire, digne héritière du rock, du punk ou encore du métal à travers laquelle notre héros déverse sa colère et réveille celle des autres. L'idée est originale et j'ai toujours jusqu'à présent beaucoup apprécié les écrits de Catherine Dufour et sa plume souvent crue, seulement cette fois, cela ne passe pas. Oui il y a de bonnes idées, oui on ressent et comprend sans mal la rage des personnages, seulement à aucun moment je ne suis parvenue à me sentir concernée par l'histoire. Il faut dire que le procédé narratif choisi par l'auteur n'est pas vraiment d'une grande aide puisque le roman se compose de petits paragraphes, chacun donnant la parole à des personnages différents qui, en ce qui me concerne, auraient aussi bien pu être les mêmes tant j'ai peiné à distinguer leur personnalité.
Le second point négatif tient au côté « trash » trop accentué du roman. La crudité ne me choque d'ordinaire pas, mais ici certains passages semblent être là davantage pour ajouter plus de glauque à l'histoire et pour provoquer plutôt que pour servir l'intrigue (descriptions des malformations des personnages et leur manie de se faire greffer des parties génitales n'importe où sur le corps, habitude du protagoniste de vomir ou pisser sur son public en plein concert...). le titre des chansons écrites par les personnages sont du même genre, de « sens mon doigt » à « pisse-moi sur la gueule » ou encore « chie-moi sur le ventre ». Très poétique... Mais je crois que ce qui m'a le plus gêné c'est en fait la musique en elle-même, dépeinte tout au long du roman par les personnages eux-mêmes comme d'une nullité affligeant et dont l'intérêt ne tient pas à la mélodie ni même aux paroles mais plutôt au comportement de ses créateurs. Comme le résume parfaitement l'un des personnages : « ce n'était pas que de la musique, c'était toute une attitude : « On est amoraux, on est sales, on est improductifs, on ne mérite pas de respirer et vos oreilles vont nous le payer. » » Un concept auquel je n'ai pas réussi à adhérer, d'autant plus que l'auteur nous noie de termes techniques sans aucune explication : plasma, structure du glucagon, mire musicale..., bref, encore une fois je me sentie totalement en retrait.
Catherine Dufour signe avec « Outrage et rébellion » un roman très atypique qui ne manquera pas de séduire certains lecteurs mais duquel je suis complètement passé à côté. Un aspect glauque trop exagéré, des personnages qui restent de parfaits étrangers tout au long du récit, une musique sans attraits..., bref, si l'idée d'origine est bonne, le roman, lui, ne m'aura pas convaincu. Dommage, car il s'agit pourtant d'une auteur que j'apprécie d'habitude énormément...
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TwiTwi
  20 mai 2010
Dans les tours vivent les riches. Dans les pension', ils envoient leurs enfants, où ils seront à la fois abandonnés et emprisonnés. Voilà que l'un d'eux, Marquis, se met à chanter -hurler- leur rage, leur colère, leur quotidien. le mouvement s'étendra jusqu'au suburb' où la révolte gronde ...
Autant le dire tout de suite, Outrage et Rébellion n'est pas un livre facile. Commençons déjà par la forme. L'histoire nous est racontée par une chiée de personnages, un peu à la manière d'un micro trottoir : ASHTO nous dit quelques mots sur la situation du moment, FADO ajoute son commentaire, LEIGH embraie sur un autre truc ... Et ainsi de suite. Ensuite le style : dans la continuité du micro-trottoir, les intervenants parlent. Seulement, nous, on lit. Pour en rajouter une couche, ces personnes qui parlent, parlent mal et avec un vocabulaire du futur pas toujours évident pour les pauvres êtres du monde archaïque que nous sommes. La troisième chose qui rend le livre pas évident du tout c'est le fait que rien ne nous est expliqué. Ces jeunes qui racontent leur histoire, ils savent de quoi il retourne, ils n'ont pas besoin d'expliquer comment le monde en est arrivé là où il est arrivé, comment il est organisé socialement, le vocabulaire et les technologies. On est laissé tout seul en plan avec notre incompréhension et nos questions, pas de gentille voix off pour nous mettre sur le bonne voie. Tout ceci est assez déroutant et rend l'univers très difficile à appréhender. On est obligé d'accepter.
Outrage et Rébellion, c'est aussi un livre dur. Pas dur dans le sens difficile, ça c'est au paragraphe au-dessus, mais dur dans le sens terrible, pessimiste, violent. La Terre est mal en point, il n'y a plus d'animaux ni de végétation. Ceux-ci sont passés dans la légende à tel point que lorsqu'ils sont mentionnés, c'est avec une majuscule. Par contre, les noms de personne l'ont perdue leur majuscule. Pour vous dire l'importance de l'individu dans cette société limite post-apocalyptique. Et puis il y a la façon dont ils malmènent leur corps. C'est vraiment terrifiant, toute cette drogue, ces mutilations, ces greffes aberrantes, le sexe-n'importe-comment-n'importe-où-avec-n'importe-qui. Quasi complète absence de morale, une identité qui se construit de manière complètement folle. Rien d'étonnant dans le fond quand on voit le manque d'affection et l'ennui dans lequel ils se trouvent.
L'histoire maintenant. C'est l'histoire d'une révolte. Une révolte qui tourne mal. Mais les révoltes, ça tourne toujours mal. Ca commence dans les pension' où des gamins sont laissés en semi abandon par leurs géniteurs, surveillés par des mono' qui ne semblent préoccupés que par leur intégrité physique. Ça dure 150 pages et c'est long. J'en avais marre à la fin. Et puis je me suis pris une claque dans la figure, littéralement. --> Là si vous n'avez pas lu le livre, arrêtez vous et reprenez au dernier paragraphe.
La claque c'est la révélation de ce que sont les pensionnaires. Des clones. Des clones élevés pour remplacer les organes défaillants de leurs géniteurs. Je me suis vraiment pris cette révélation en pleine poire. Je ne m'y attendais absolument pas. La construction mentale que je m'étais faite de leur monde était tout autre. Pourtant en y repensant les indices ne manquaient pas. En fait, je me suis sentie trahie. J'ai dû reposer le bouquin pendant quelques jours, histoire de me faire à l'idée, accepter. Je n'ai pas lu le Goût de l'Immortalité, qui se situe dans le même monde. Peut-être que l'auteur y explique déjà tout ça, je ne sais pas.
Bref, après, on descend dans les caves et les suburb's et une fois lancé dans ce nouvel environnement, ça devient de nouveau long. On s'ennuie un peu. Mais moins que tous ces gamins qui ne savent tellement pas quoi faire de leur vie qu'ils se collent des clitoris sur le visage, se coupent des morceaux d'oreilles et se droguent en permanence. C'est là que la musique de Marquis va les unifier, leur donner une identité et le courage d'aller contre les riches, ceux des tours. La fin laisse un sentiment de malaise, car dans le fond, rien ne change. Reste une humanité honteuse, déshonorée. LINERION l'explique bien dans un des derniers paragraphes du livre :
Et d'un coup, ça m'est venu à l'esprit, que ce n'est pas le soleil qui est terrible. Que c'est nous ! Que c'est le soleil qui a peur de nous. Qu'il ne veut plus voir de champ de marins rayés morts. Que c'est pour ça qu'il nous a chassé de devant sa face.
Outrage et Rébellion est un livre à lire mais il ne plaira pas à tout le monde. de mon côté, j'y ai trouvé du bon et du moins bon. Les longueurs, la difficulté de rentrer dans l'histoire à cause de la pluralité des points de vue, l'impossibilité de s'attacher à un quelconque personnage, le style difficile à suivre ... Mais c'est aussi une bonne grosse claque dans la figure de l'humanité. J'aime bien les livres qui mettent des baffes à l'arrogance humaine.
Lien : http://ledragongalactique.bl..
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Walktapus
  08 août 2013
Ouaaah le coup de pied ! C'est rare de la SF qui secoue comme ça.
Le style d'abord. Les personnages ont la parole, et ça fuse dès la première ligne ! Chacun pour un ou deux paragraphes, voire une phrase, et hop on passe au suivant, qui y va de son témoignage, de sa petite anecdote ou de son commentaire vachard, et ainsi de suite en alternant les points de vue.
Docu-témoignage haché menu dans un style tout sauf châtié, il faut s'y habituer. Pas la moindre voix off pour mettre en contexte. On arrive à situer les personnages, au moins les principaux - car vers le milieu du bouquin, devant leur multiplication, se souvenir qui est qui et qui fait quoi dans quel groupe devient un vrai défi. Même leur sexe devient incertain.
Le livre est un hommage aux débuts du punk. Je ne connais rien au punk, c'est ce qui m'avait fait hésiter à commencer le livre, mais après coup aucun regret. Donc ici les héros de la contre-culture fuckent le système entre parthouses et comas éthyliques et passent leur temps à se droguer à tout ce qu'ils peuvent trouver. C'est trash à longueur de livre. Et le trash au 24e siècle.... eh bien Buko peut aller se rhabiller !
Derrière tout ça, il y a de la vraie SF, avec la description finalement très détaillée et de l'intérieur d'un avenir pas rose du tout (no future !), mais qui passe bien avec énormément d'humour (noir) et d'ironie. On est dans le même monde oriental et pessimiste que le goût de l'Immortalité - on rencontre même sa narratrice (par procuration). Et cet avenir, entre les riches des tours, les dictatures des souterrains et les « pensionnats » pour milliardaires sous bulle (vivre à la surface n'est plus une option) aurait bien besoin d'être amendé.
Donc la grande question - vont-ils réussir à subvertir le système, ou bien s'éteindre d'eux mêmes dans la drogue ou la célébrité ? - vous en connaîtrez la réponse si vous lisez le bouquin jusqu'au bout, mais quand même c'est pas gagné...
J'avoue que j'ai eu du mal à m'accrocher au milieu, mais ça valait la peine de le finir. Un livre claque, jouissif, mais qui n'est pas pour tout le monde.
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Nonivuniconnu
  13 novembre 2012
C'est par hasard que je suis tombé sur Outrage et Rébellion. D'ailleurs c'est un peu normal : il n'est sorti en poche que cette année (la version brochée datant de 2009). du coup, je me suis jeté dessus sans hésiter car Catherine Dufour est de ces auteurs à qui je fais confiance. Deux de ses bouquins ont suffi à m'emballer : le goût de l'immortalité, roman SF aux multiples récompenses (voyez donc ici pour plus de détail) et L'accroissement mathématique du plaisir, un recueil de nouvelles bourré de bonnes choses. Non, je n'ai pas encore lu le reste (ses parodies de fantasy par exemple) car je prends mon temps, voyez-vous. Outrage et Rébellion se déroule dans le même univers que le goût de l'immortalité : on y retrouve donc un avenir dystopique (je ne le souhaiterais en tout cas pas à mes descendants) dans lequel the place to be pour l'humanité amochée semble être la Mandchourie, et plus précisément Shanghai.
Outrage et Rébellion est un gros bouquin, de 500 pages environ, et il s'y passe plein de trucs. Pas question que je dévoile quoi que ce soit de son intrigue, j'ai pris trop de pied à la découvrir pour gâcher ce plaisir à qui que ce soit, mais en décrire les bases n'engage à rien. Tout part d'une pension' (avec une apostrophe, c'est comme ça) où sont reclus tout un tas d'ados priés de rester en bonne santé et de s'enrichir l'esprit jusqu'à ce que leurs parents les réclament. L'ensemble est baigné dans une joyeuse ambiance de tradition et de compétition et si la majorité des pensionnaires jouent le jeu, d'autres s'emmerdent copieusement et se demandent un peu à quoi tout ça rime. C'est là qu'arrive l'idée du siècle : jouer de la musique ouvertement provocatrice, si possible très fort, que ça plaise ou non au public. Il s'agit là d'un concept que n'importe qui ayant un peu entendu parler des Sex Pistols devrait piger : désespoir latent, cheveux gras, hurlements rauques, public médusé, drogues dures, subversion… de là naît un mouvement particulier, quelque chose de différent dans la morosité de cette pension' coupée du monde. Rien de joli : c'est crade et la majorité des sympathisants sont défoncés en permanence, mais un petit quelque chose est lancé, centré autour d'un type nommé marquis (sans majuscule, c'est comme ça), qui n'a pas fini de faire parler de lui.
Inutile d'en dire plus, même si j'en ai bien envie. Passons plutôt à la forme. On devine rapidement qu'on a sous les yeux une espèce de documentaire historique, la reconstruction a posteriori d'une époque restée dans la mémoire collective. Bref, ce n'est pas un seul narrateur qui nous raconte cette histoire, mais plusieurs dizaines. Chaque protagoniste survivant apporte sa pierre à l'édifice et fait appel à ses souvenirs. Cette façon de présenter les choses rend le tout très dynamique, d'autant que chacun d'entre eux possède sa propre façon de parler (en général des plus fleurie). du coup, on finit assez vite par les reconnaître à leurs tics de langage, à leurs expressions, mais aussi à leurs opinions sur les autres et sur les événements. Un personnage peut très bien nous être présenté comme héroïque à une page et comme un tas de merde à la suivante. Question de point de vue.
J'avais été frappé par l'ambiance dramatique et violente du Goût de l'immortalité. Ici, on se rend compte assez rapidement que de l'eau a coulé sous les ponts depuis les événements du premier opus (dont Outrage et Rébellion est une sorte de suite) mais qu'on ne baigne pas pour autant dans l'optimisme débridé*. En fait, l'ambiance est grosso modo toujours aussi glauque mais une différence de taille réside entre les deux bouquins. Là où le Goût de l'immortalité est narré par une très vieille dame à qui la vie n'a pas fait de cadeau, Outrage et Rébellion est raconté par une palette haute en couleur d'anciens paumés, junkies, musicos et déchets humains un peu étonnés d'être toujours en vie. du coup, ça donne une tonalité vachement détachée à des événements pourtant tout aussi déroutants que dans le goût de l'immortalité. En fait, j'avais aussi dénoté un certain détachement dans ce dernier, mais de nature plutôt sinistre, alors qu'ici il serait davantage rigolard, parfois revanchard, nostalgique, délirant ou carrément vulgaire.
Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit d'un roman résolument punk. Catherine Dufour a pris les ingrédients des divers mouvements musicaux nés « en réaction à » (le punk donc, bien sûr, mais pas seulement) et les a expédiés dans trois siècles à Shanghai, parmi des ados désoeuvrés d'une planète moisie. Les éléments SF du bouquin ne sont pas non plus négligeables et s'intègrent à merveille à l'ensemble. L'un ne va d'ailleurs pas sans l'autre : il s'agit tout simplement de SF Punk. Quant aux acteurs de ce punk du futur, la question est finalement de savoir si Catherine Dufour a réservé à leur oeuvre un meilleur avenir qu'à celui de leurs illustres ancêtres. En d'autres termes, ce mouvement finira-t-il digéré par le système, purgé de toute valeur contestataire, ou bien ira-t-il jusqu'au bout de son ambition ? Tout ce que je peux dire là-dessus, c'est que le résultat est des plus efficaces et franchement jouissif.
* Débridé… chinois… non ? Bon.
Lien : http://nonivuniconnu.be/?p=1..
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Philemont
  21 décembre 2012
Please kill me est une Histoire du protopunk publiée en France aux Editions Allia. Il s'agit d'un ouvrage remarquable à plus d'un titre, à commencer par celui de sa forme. Composée exclusivement d'extraits d'interviews des acteurs de ce mouvement culturel, montés de manière vivante et nerveuse, l'oeuvre devient ainsi comparable à un roman au moment de sa lecture.
Outrage et rébellion de Catherine DUFOUR s'inspire ouvertement de Please Kill Me. L'auteure adopte en effet la même forme pour son roman, citant successivement les multiples protagonistes de son histoire, sans jamais faire intervenir le moindre narrateur extérieur. En outre ses personnages sont inspirés des véritables acteurs du mouvement punk ; elle les incarne simplement dans la peau de personnages adolescents et de type asiatique. Enfin son récit se situe au XXIVème siècle du côté de Shanghai.
La Chine est en effet devenue le centre névralgique d'une Terre invivable du fait d'une pollution aussi diverse que dégénérative. La population est stratifiée strictement, les nantis vivant dans les tours, les pauvres dans les caves, la classe moyenne entre les deux. Politiques et scientifiques se disputent le pouvoir mais veillent chacun à ce que l'ordre établi ne soit pas bouleversé. Et puis il y a les pensions, ces lieux où semblent élevés des enfants par des monos qui veillent à leur santé et à ce qu'ils n'aient que des activités orthodoxes, donc ennuyeuses. C'est cette jeunesse qui se révolte en réinventant, 350 ans après sa première naissance, la culture du Sex, Drug & Rock'n Roll qui fait vaciller sur ses bases une société sclérosée.
Et c'est cette révolution que nous raconte une multitude de témoins. Mais ces personnages ne sont pas dotés d'une éducation exceptionnelle et doivent se contenter d'un vocabulaire limité pour nous raconter leur histoire ; en fait il n'y a guère que dans les injures et les propos orduriers qu'ils montrent une imagination débordante. En outre, le sexe, la drogue et la musique, même s'ils sont peu talentueux dans cette discipline, sont leurs seuls centres d'intérêt.
Le lecteur peut donc se demander où va bien pouvoir arriver l'auteure avec un tel choix de forme pour son roman. Et bien, contre toute attente, Catherine DUFOUR parvient bel et bien à raconter aux lecteurs une histoire qui se tient en montrant que le désoeuvrement et l'autodestruction de la jeunesse peut s'avérer salutaire pour la société toute entière. Bien sûr la vie de cette jeunesse est glauque et souvent tragique, mais l'auteure se veut finalement optimiste, surtout si l'on met en parallèle son histoire et la réalité historique du mouvement punk des années 70, qui lui s'est éteint avant d'avoir achevé sa révolution. Ce faisant, Catherine DUFOUR démontre une nouvelle fois qu'elle est une auteure inspirée qui sait s'approprier ses modèles pour en faire des oeuvres profondément personnelles et originales.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   19 septembre 2014
C'est une chose de jouer devant cinquante ruinés défoncés. C'en est une autre de rassembler cinq cent pensionnaires qui n'ont aucune autre distraction ! Ils venaient nous poser des questions absurdes sur nos paroles. Comme si nous avions voulu dire quelque chose ! Je leur expliquais que le sens de nos paroles c'était qu'il ne fallait obéir à personne, et ils répondaient : « Obéir à personne ? Ah, d'accord, c'est noté. Et sinon, faut faire quoi d'autre ? » Désespérant.
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WalktapusWalktapus   10 août 2013
SUZA : Pour beaucoup de gens, la vie et la réalité, c’est la même chose. Il n’y a pas à se plaindre. Mais pour beaucoup d’autres, c’est pas possible. D’être obligé de jeter un chouette seau comme la vie dans le trou de merde du réel. C’est ça, le sujet de ces chansons. Et c’est peut-être ça, le sujet de tout ce qu’on crée.
Quand ce sera mon tour, je sortirai en courant de ce monde où le réel n‘est que la boue de forage du rêve.
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TwiTwiTwiTwi   14 mai 2010
Quand il est tombé, c'est là que je me suis rendu compte que marquis était - c'était, comment ? Marquis se battait pas comme les autres avec ses admirateurs. Ses admirateurs - ben, ils l'admiraient comme des fous, c'est tout. Marquis leur donnait des coups sur la tête, mais eux pas. Parce que c'était clair que marquis était à la fois très au-dessus et très au-dessous de tout le monde. Et vachement à côté, aussi.
C'était ça, marquis.
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TwiTwiTwiTwi   14 mai 2010
Ceux des frat' posaient le pied sur leurs mollards tandis que nous, on faisait des concours avec les nôtres ; ils baisaient furtivement entre deux remises de médailles pendant qu'on s'enculaient en couronne ; ils couraient après une musculature parfaite et nous, après le loa-amer ; ils avaient l'ambition de contrôler jusqu'à leurs sourcils et nous, on travaillait à perdre tout contrôle - ils voulaient tuer tout le monde et nous, putain, on avait simplement peur de mourir.

Du coup, ils nous prenaient pour des monstres et nous, on les prenait pour des débiles.
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TwiTwiTwiTwi   14 mai 2010
Je veux dire, vous êtes né sous la pluie avec un Bec-de-lièvre, qu'est-ce que vous pouvez penser, moralement, d'un multisexe qui carbure aux neurotransmetteurs ? A part : "Brûlez-moi ça !" Jusqu'au moment où tous les gens autour de vous vous regardent avec de grands yeux et vous répondent : "Mais ça va bouffer de l'oxygène !"
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