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EAN : 9782228903813
229 pages
Payot et Rivages (21/01/2009)
4.14/5   62 notes
Résumé :

En cas d'amour : que faire ? Axe autour duquel tourne toute vie : aimer, être aimé. Avec toutes ses déclinaisons : reconnaissance, peur d'être abandonné, morsure de la jalousie, désir de possession, envie, délivrance, haine, détachement, paix. L'événement de l'amour est au cœur de ce livre. Depuis les histoires imaginaires que l'on se forge quand on est amoureux jusqu'au désir de vengeance de celui qui est quitté en passant par la jalousie, la fascination,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Psychopathologie de la vie amoureuse - c'est tout dit. Quand l'amour pose problème et que l'être soufrant s'adresse à un(e) psychanalyste.

L'auteur est (était) psychanalyste dans la mouvance freudienne et lacanienne, mais pas que ça : la philosophie et l'écriture font aussi partie de ses intérêts. Beaucoup de publications intéressantes.

Donc, le livre est une suite de chapitres traitant un large éventail de cas pathologiques : abandon et peur de l'abandon, trahison, pédophilie, inceste, portable et adultère, le "ménage à trois", ... Certains sont illustrés par des sessions d'analyse probablement réels qu'elle a traité et d'autres concernent juste des réflexions.

Un traitement à la fois psychanalytique et philosophique. du côté psychanalytique, on ne s'étonnera pas de retrouver les références usuelles à l'enfance, la mère, le père, ... mais sans exagération et dans un langage bien accessible pour les non adeptes de la psychanalyse.

L'organisation de l'ouvrage (ou manque) est un peu déroutante : on entre directement dans dans un cas clinique. Les chapitres sont quasiment indépendants les uns des autres. On peut les lire sans suivre l'ordre de la table des matières. Cela fait qu'il manque un fil conducteur. Une introduction aurait été bienvenue. Il y a deux chapitres, à la fin, qui jouent plus ou moins le rôle de conclusion. C'est à mon avis, un manque. Il aurait été bien d'avoir un chapitre d'introduction permettant d'avoir, au préalable, une vue d'ensemble. Mais on peut aussi voir comme "des considérations sur...".

A la fin, il reste une question : en fait, selon l'auteur, c'est quoi l'amour ? J'ai mis un paragraphe du dernier chapitre parmi les citations. Ça reste encore quelque chose d'indéfinissable, mais plus accessible que la fameuse phrase d'effet de Lacan - "Donner ce qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'a rien demandé" - phrase qui n'a pas vraiment de sens. le scientifique méthodique que je suis préfère celle de Francis Wolff (Il n'y a pas d'amour parfait), une combinaison de trois composantes : désir, passion et amitié. D'autres auteurs, tels Robert Sternberg, ont posé des définitions similaires. Les formes d'amour traitées dans ce livre n'ont pas toutes ces composantes. Ce classement en composantes n'est pas encore complètement satisfaisant mais permet d'aller plus loin dans la compréhension de ce que c'est l'amour.

C'est un livre qui mérite la lecture. Sachant qu'il me semble difficile de trouver LA référence en amour, il faut lire plusieurs livres, voire nombreux, points de vue dans des domaines variés (psychologie, philosophie, sociologie, ...) pour former sa propre idée.
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Tomber amoureux, tomber malade, tomber enceinte : dans certains cas, difficile de dire d'où ça vient. En cas d'amour, je préfère être l'aimée si je veux être tranquille et connaître aussi peu de perturbation affective que l'électrocardiogramme d'un mort, mais je préfère être l'aimante si, soulevée par les variations de la jouissance, puis de la souffrance, et ainsi de suite, je ne peux finalement trouver mon salut que par la découverte d'un sursens. Dans tout couple, le hasard du sceau initial dont notre existence est marquée nous place dans l'un ou l'autre de ces deux rôles. Les cas d'amour ici évoqués appartiennent évidemment à la seconde catégorie. La recherche du sursens se fait élucidation de l'ignorance de l'amour.
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[...] Ardue, parfois abrupte, souvent poétique et à jamais tournée vers l'humain, l'écriture de l'auteure est toujours aussi sensible. Moins linéaire que certains de ses autres ouvrages, il faudra s'armer, à certaines occasions, de courage et d'une envie puissante de comprendre pour justement, ne rien comprendre vraiment.

L'ouvrage semble court, mais est extraordinairement riche. S'il questionne l'amour et ses formes, ses blessures, ses passions, il questionne aussi et surtout le rôle du psychanalyste. Dans une auto-analyse distanciée, Anne Dufourmantelle interroge ses mots et ses actes face à des patients douloureusement atteints d'amour. Elle confie ses impuissances, ses sorties de cadre, sa manière d'être humaine et les transferts qui s'imposent à elle.

Comme toujours, l'auteure emporte le lecteur vers des voies inattendues. Elle confond celui-ci en le perdant entre promesse attendue d'un livre à découvrir et réelle lecture de celui-ci. Peut-être alors remplit-elle parfaitement son rôle : en forçant le lecteur a être déçu par ce qu'il lit, elle lui ouvre une multitude de fenêtre vers une propre lecture de lui-même, de ses déceptions et donc de ses attentes, de l'univers alors auquel, par ses attentes, il se ferme.
[...]
Lien : https://www.startingbooks.com
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Anne Dufourmantelle était psychanalyste et écrivain. Dans son cabinet au cinquième étage sans ascenseur à Paris, rive gauche, elle a reçu beaucoup d'âmes en souffrance, incapables de savoir que faire ou que dire « en cas d'amour ».
L'abandon, la trahison qui renvoient à la séparation primitive de la naissance sont explorés avec beaucoup de pertinence et d'empathie.

Anne Dufourmantelle écrit de manière poétique et originale sur tous ces fantômes que l'on traîne avec soi « les rêves, les possibilités, les rendez-vous manqués, les espoirs » et les « répétitions de ce qui fait souffrir ».

Lors de ces séances elle est amenée à rencontrer deux patients confrontés à la noyade d'êtres chers, dont ils sont involontairement responsables. Bouleversée et incapable de faire face, Anne Dufourmantelle avoue avoir pleuré.
Quand on connaît le destin tragique dont elle a été victime, noyée en sauvant l'enfant d'un ami, on ne peut qu'être profondément ébranlé et ému par cette coïncidence digne d'une tragédie grecque.
Ce « En cas d'amour », publié en poche, ne devrait jamais quitter le sac du lecteur.


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C'est avec une pointe d'envie et un brin de curiosité que j'ai ouvert ce livre. J'avais envie d'y comprendre quelque chose à cet Amour (avec un grand A) qui nous échappe à coup sûr… je voulais des réponses à cette énigme de la Rencontre (avec un grand R). Autant de mots avec des lettres majuscules, des mondes qui nous concernent tous dans nos ressemblances et nos profondes dissemblances. Et puis par une psychanalyste… j'étais d'ores et déjà conquise !

Je n'ai pas été déçue, ce livre est une véritable invitation à la réflexion.

Cependant, que l'on ne se méprenne pas, il est adressé aux lecteurs avertis. La psychanalyse est là, bien présente, entre les lignes et les chapitres émiettant des repères théoriques pour structurer la clinique brute et riche que l'auteur nous partage. Cette réflexion sur l'Amour nous concerne tous, tout en allant chercher l'Un… Autrement dit, pour qui peut et sait l'entendre, ces lignes regorgeront de matière à réfléchir sur sa propre vie affective et amoureuse.

Bien entendu, je recommande chaudement.
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Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
On ne revient jamais de voyage, d’aucun voyage. Quand on part, on ne revient pas le même, et c’est ce dépaysement, parce qu’il fait écho à nos fragmentations intérieures, qui brutalise nos accoutumances, tant il est vrai que nous percevons le monde avec des préenregistrements continuellement tamisés parce que nous pensons déjà, savons déjà, anticipons, devinons, pressentons, pour ne pas être attrapés trop brusquement par l’inouï. Ainsi va l’amour quand il est de foudre. Il offre tous les dépaysements possibles au détour de la rue d’à côté.
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L’abandon est le lieu premier de notre venir au monde. Là où nous avons affronté ce que signifie vivre quand l’autre n’est plus là, et pour un nourrisson de quelques jours, l’épreuve n’a sans doute aucun équivalent dans l’âge adulte. C’est la déréliction totale. Parce que tout de même nous venons du deux. L’être humain (et animal) est caractérisé par cette chose étrange dont Cyrulnik a si bien parlé dans sa réflexion sur l’éthologie, il vient d’un autre. Dès le commencement le bébé est enveloppé, porté, enveloppé par le corps, la voix, la chaleur, la nourriture, le sommeil d’une autre. Pas de solitude originelle hormis dans quelques-uns de nos mythes fondateurs, la biologie en a décidé autrement, nous venons d’un ventre qui nous fabrique, nous abrite et nous porte pendant neuf mois (c’est très long...) avant que nous sortions seuls et soyons déclarés (seuls d’accord, mais n’existions-nous pas avant ?) « nés » un et unique jusqu’au jour de notre mort. Ce portage n’est pas sans incidence sur notre psyché, il en est même probablement d’un des déterminants majeurs - manière de rappeler que l’hospitalité est originelle. L’autre plus intime que nous-même à nous-mêmes, comme le dit saint Augustin, cet autre sans cesse attendu, que se passe-t-il quand il nous abandonne ? Les adhérences que nous avons à l’égard de nos premiers attachements (je reprends à dessein un langage « animal ») ont des ramifications tellement plus profondes en nous que ce que l’on croit, créant tout un système de dettes et de loyautés étouffantes, qu’on peut en arriver à vouloir en finir avec la vie pour atteindre ce « hors la vie » où l’on serait enfin libre ; nombre de suicides, hélas, l’attestent.
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(p. 198)

L'événement de l'amour est une machinerie sans objet, qui se renforce quand elle se perd, se perd quand elle se garde, échappe quand on la possède, vous dépossède de tout, quoi que vous possédiez, vous rend puissant et vous désarme définitivement. L'événement de l'amour est présent dans une analyse comme un catalyseur précieux, inévitable et impossible à maintenir comme à provoquer. Il peut seulement "advenir" de son propre mouvement et dès lors mettre en branle de telles forces en chacun de nous, que l'on soit allongé sur le divan ou seulement exposé là, face à l'autre, implorant une aide à laquelle par ailleurs on ne croit pas. Que peut une "talking cure" contre le délire amoureux, la peur d'être abandonné, les blessures d'une enfance bafouée, la jalousie qui vous torture ? La parole c'est du corps, du corps en bloc et en morceaux, des affects, des segments de vie, de mémoire, des rayures à la surface des mots, remplis comme des outres de souvenirs. J'aime l'ignorance de l'amour, sa persistance terrible en dépit de tout et son abaissement devant la moindre chose quand il est déjà mort.
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Se sentir vivant - entièrement vivant - est rare. La joie est la seule sensation humaine qui nous totalise.
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(p. 195)

En cas d'amour : que faire ? Axe autour duquel tourne toute vie : aimer, être aimé. Avec toutes ses déclinaisons : reconnaissance, peur d'être abandonné, morsure de la jalousie, désir de possession, envie, délivrance, haine, détachement, paix. Est-ce d'avoir été porté dans un ventre qui nous rend ainsi à la merci de ce sentiment inconstant et sauvage pour lequel nous sommes prêts à abdiquer tout le reste ? Nos secrets ont pour axe cet amour. Le malheur est que l'on veuille y faire entrer toute une vie, et concilier passion, amour et paix comme si la violence était un pur accident, la fragilité une erreur et l'ennui un handicap passager. Mais le secret qui porte le nom de l'amour est comme l'empreinte de notre propre nom, sa doublure silencieuse, son alibi. Avoir été porté par une mère, c'est avoir connu le mouvement, la fragilité, la voix, la texture même d'un autre plus intérieur à soi que soi-même, "doublure silencieuse" de notre propre soi.
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Videos de Anne Dufourmantelle (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anne Dufourmantelle
#JournéeDeLaPhilo2020 #Philosophie #LesRencontresPhilosophiquesdeMonaco #Philomonaco
Philosopher ensemble !
#Trailer de présentation des Rencontres Philosophiques de Monaco
Avec la participation de: Alain Fleischer, Anastasia Colosimo, Anne Dufourmantelle, Avital Ronell, Barbara Cassin, Bernard Harcourt, Bernard Stiegler, Boris Cyrulnik, Bruno Karsenti, Camille Riquier, Catherine Chalier, Catherine Millet, Charlotte Casiraghi, Christian Godin, Claire Chazal, Claire Marin, Claude Hagège, Cynthia Fleury , Davide Cerrato, Denis Kambouchner, Dominique Bourg, Donatien Grau, Edwige Chirouter, Elisabeth Quin, Emanuele Coccia, Éric Fiat, Étienne Bimbenet, Fabienne Brugère, François Dosse, Frédéric Gros, Frédéric Worms, Gary Gillet, Geneviève Delaisi de Parseval, Geneviève Fraisse, Georges Didi-Huberman, Georges Vigarello, Géraldine Muhlmann, Gérard Bensussan, Hakima Aït El Cadi, Jean-Luc Marion, Jean-Pierre Ganascia, Joseph Cohen , Judith Revel, Julia Kristeva, Laura Hugo, Laurence Devillairs, Laurent Joffrin, Luc Dardenne, Marc Crépon, Marie Garrau, Marie-Aude Baronian, Mark Alizart, Markus Gabriel, Marlène Zarader, Martine Brousse, Corine Pelluchon, Maurizio Ferraris, Mazarine Pingeot, Michael Foessel, Miguel de Beistegui, Monique Canto-Sperber, Nicolas Grimaldi, Olivier Mongin, Paul Audi, Perrine Simon-Nahum, Peter Szendy, Philippe Grosos, Pierre Guenancia, Pierre Macherey, Raphael Zagury-Orly, Renaud
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