AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jean Dufournet (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080704627
277 pages
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 35 notes)
Résumé :

La farce de maître Pierre Pathelin, œuvre anonyme du XVe siècle, est certainement le chef-d'œuvre du théâtre comique du Moyen Age.Pour Michelet, c'est " l'œuvre saillante du XVe siècle, la forte et vive formule qui le révèle tout entier... fait pour un âge de fripons, Pathelin en est le Roland, la Marseillaise du vol. "Elle demeure une pièce énigmatique : sa richesse même et son extraor... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Musardise
  27 septembre 2017
Que dire sur "La farce de Maître Pathelin" autre que "C'est une pièce du Moyen-âge" ou "C'est une farce, genre très prisé au Moyen-âge", lorsqu'on est soi-même peu connaisseuse du théâtre médiéval (et c'est rien de le dire) ? Allez, il faut bien que je me lance, et si j'en viens à énoncer des platitudes, eh bien tant pis : vous n'aurez qu'à me donner des coups de bâton.
Je me suis tout de même un peu renseignée sur le sujet, histoire de ne pas avoir l'air complètement idiote, mais enfin, tout ça ne va pas très loin. C'est un poncif de préciser que les conditions de jeu du théâtre médiéval étaient très différentes de celles du théâtre d'aujourd'hui (première platitude, ça commence bien) ; encore que... Encore que notre théâtre de rue, qui connaît un bel essor depuis pas mal d'années, puisse nous replonger plus ou moins dans le bain. Bon, mais là n'est pas l'essentiel. Il me semble qu'on peut jouer "La farce de Maître Pathelin" aussi bien en salle comme en extérieur. Toujours est-il qu'il existe un problème de taille avec la lecture de cette farce : c'est que, justement, c'est une farce (seconde platitude, allons-y gaiement ! ) le propre des farces médiévales, c'est le jeu de scène, la gestuelle, les mimiques des acteurs: toutes choses qui sont difficilement palpables avec le texte seul pour support, d'autant que les didascalies sont rares. Toutes choses sur lesquelles reposait l'efficacité des farces, bien davantage, donc, que sur des textes ; d'ailleurs, des textes de farces médiévales, on en connaît assez peu. Celui-ci se tient cependant et se résume en une morale qui était le plus souvent celle des farces d'alors : tel est pris qui croyait prendre.
Pathelin est un avocat sans clients, désargenté, mais qui, voulant refaire sa garde-robe et celle de sa femme, trouve moyen de tromper un drapier à la foire. Il choisit du tissu, et réussit, à force d'arguments flatteurs, à l'emporter sans payer, promettant de s'acquitter de sa dette dans la journée. Lorsque le marchand vient réclamer son dû chez Pathelin, celui-ci fait alors mine d'être mourant ; pire, il affirme, avec la complicité de sa femme Guillemette, qu'il est au plus mal depuis des jours, qu'il n'a jamais mis les pieds à la foire de la journée (il est mourant, comment se serait-il rendu à a foire ??? ) Et voilà le marchand qui s'en va la queue entre les jambes, ne sachant plus qui croire ni à quel saint se vouer, se demandant si quelque diablerie n'est pas à l'oeuvre. Survient alors le berger Thibaud chez Pathelin, à qui son maître veut intenter un procès pour des raisons relativement raisonnables : le berger a tué pas mal des bêtes dont il avait la garde et les a mangées pour compenser son maigre salaire. Petite précision : le maître du berger est justement le drapier qu'a escroqué Pathelin, mais cela, Pathelin ne le sait pas. Voilà donc Pathelin au tribunal en tant que défenseur du berger, mais aussi à nouveau en présence du marchand (Pathelin s'est fait passer quelques heures plus tôt mourant, je le rappelle), auquel il tente de dissimuler son visage. le marchand le reconnaît, en perd ses moyens, s'en prend tout autant à Pathelin pour la question du tissu qu'au berger pour avoir tué des moutons, ce qui rend le procès terriblement confus et fait dire régulièrement au juge : "Revenons à nos moutons" (eh oui, l'expression vient de là !), d'autant que, sur les conseils de Pathelin, le berger ne répond que "Bêê" aux questions qu'on lui pose. le marchand en sera pour ses frais deux fois en une seule journée. Quant à Pathelin... il sera joué par le berger qui ne le paiera pas, et lui répondra invariablement "bêê".
Si la scène I, scène d'exposition, démarre un peu poussivement, avec un dialogue entre Pathelin et sa femme qui manque d'entrain, on est vite amusé par le discours flatteur de l'avocat, qui se joue facilement d'un marchand naïf. Mais les deux moments vraiment drôles à la lecture sont le passage où Pathelin joue les mourants (la ruse est bonne, mais sacrément gonflée !) et celui où, au tribunal, les deux affaires s'emmêlent de telle façon que le juge n'y comprend plus rien du tout. Donc, oui, c'est relativement amusant à la lecture, c'est bien ficelé, les personnages sont parfaitement réussis chacun dans leur genre, mais on sent bien que ça doit être dix fois moins drôle que sur scène - pour peu qu'on ne soit pas trop bégueule et qu'on apprécie un théâtre qui joue sur des ressorts simples et un comique bon enfant (et cependant sans aucune blague scabreuse, ce qui est tout de même à noter pour l'époque). Se contenter de lire la pièce en fait presque un objet de curiosité littéraire - et ce d'autant que plusieurs expressions courantes et proverbiales de la langue française en sont issues ; la pièce perd donc beaucoup de sa force à ce stade, et ce serait dommage d'en rester là, car je suis persuadée qu'il conviendrait bien au répertoire de certaines troupes de théâtre de rue et que son potentiel comique reste d'actualité. Me reste à pouvoir vérifier ça de mes yeux et de mes oreilles. Un jour, qui sait ?

Challenge Théâtre 2017-2018
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          296
LydiaB
  27 octobre 2010
La farce de Maître Pathelin, datée du XV°s, s'inspire des fabliaux et des farces déjà existantes. Cependant, la construction et le style en font la première vraie comédie de la littérature française. Chef-d'oeuvre du théâtre médiéval, cette farce ne reprend en aucune façon les vulgarités ou autres lourdeurs que l'on pouvait trouver ailleurs. Elle combine plusieurs intrigues, exploite les ressorts du comique pour mettre en scène un monde dominé par l'astuce et l'hypocrisie. Il s'agit d'une satire féroce dans laquelle il n'y a pas de prise de position morale.
Lien : http://promenades-culture.fo..
Commenter  J’apprécie          160
Belykhalil
  15 décembre 2013
J'ai passé un agréable moment avec ce cher Pathelin ! J'ai même repris la bonne habitude lire mes pièces de théâtre à voix haute. Autant vous avouer que je me suis bien amusée à donner des voix différentes et loufoques à cette joyeuse troupe ! Bon, j'admets avoir fait cela avec l'excellente version de Jean Dufournet et non l'originale.
Vous l'aurez compris, l'adaptation contemporaine est vraiment très bien faite. Tous les choix de « traduction » sont soigneusement expliqués dans des notes de fin qui n'embarrassent donc pas les bas de page. Des notes plus ou moins intéressantes selon les centres d'intérêts du lecteur. Pour ma part, j'y ai jeté un oeil surtout pour voir comment certaines expressions et certains mots avaient pu changer de sens avec le temps.
Quant à la pièce en elle-même, elle est pleine de jeux de mots très intéressants et très drôles. Tout du long, je n'ai cessé de penser à cette célèbre morale de la Fontaine : « Tel est pris, qui croyait pendre » !
Je conclurai donc, si vous le permettez, par ce très bon mot de fin : « Béé » !
Lien : http://belykhalilcriticizes...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
nath_A_lie31
  19 mars 2014
J'ai adoré cette pièce ! Beaucoup d'humour, et une bonne traduction de l'ancien français. A découvrir !
Commenter  J’apprécie          30
Chasto
  26 décembre 2018
Tel est pris qui croyait prendre, pourrait être la morale de cette farce.
Mensonges et duperies ne sont pas toujours les meilleurs compagnons de fortune, Maître Pathelin en connaîtra la leçon bien assez tôt.
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (3) Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   27 octobre 2010
Pathelin

Taisez-vous. Par ma conscience,
si je veux mon sens éprouver,
je saurai bien où en trouver,
des robes et des chaperons.
Si Dieu plaît, nous échapperons
et serons remis sus en l'heure.
Déa ! en peu d'heure Dieu labeure.
S'il esconvient que je m'applique
à bouter avant ma pratique,
on ne saura trouver mon pair.

Guillemette

Par saint Jacques, non de tromper.
Vous en êtes un fin droit maître.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
jujusorel75jujusorel75   01 mars 2016
Pathelin

Par saint Jean, tu as raison :
les oisons mènent paître les oies.
Je me prenais pour le maître de tous
les trompeurs d'ici et d'ailleurs,
des vagabonds et des donneurs
de bonnes paroles à payer
au jour du Jugement dernier,
et un berger des champs me surpasse !
Commenter  J’apprécie          40
nath_A_lie31nath_A_lie31   20 mars 2014
Guillemette

M'aist Dieu ! mais en trompacïon,
au mains en avez vous le los.
Commenter  J’apprécie          30

Dans la catégorie : Littérature dramatiqueVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Littérature dramatique (842)
autres livres classés : farceVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Couples célèbres de la litterature

Julien Sorel

Louise de Renal
Maguerite Gautier
Ariane
Camille
Celimene

10 questions
530 lecteurs ont répondu
Thèmes : roman , théâtreCréer un quiz sur ce livre