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EAN : 9791033907602
336 pages
Éditeur : Harper Collins (19/08/2020)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 124 notes)
Résumé :
Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter.
Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme.
Les plus jolis monstres du monde.

Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle des club kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l’h... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (79) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  18 janvier 2020
Visite guidée d'un monde particulier, et qui pourtant bien présent sur notre planète, et même de plus en plus visible, même s'il reste nocturne, en marge, autant pour mieux s'épanouir sous les lumières artificielles ou pour se protéger des menaces bien réelles.
L'histoire se déroule en deux phases. C'est d'abord James, alias Lady Prudence, reine des cabarets new-yorkais qui confie ses souvenirs à Victor Santiago, un père de famille qui se sent prêt à franchir le pas pour se faire un nom sur les scènes célèbres de New-york. Habilement, l'auteur donne la parole à chacun en miroir, James nous contant l'histoire de Victor en rapportant ses proposera le biais d'un tutoiement qui souligne le lien d'affection entre eux.
Les rôles s'inversent dans la deuxième partie puisque c'est Victor qui prendra la main pour compléter le récit.
Deux personnages, deux époques, l'ambiance générale et les règles du jeu ont changé. Si le Sida a modifié la donne en décimant aveuglément amis et ennemis, encore dans l'ignorance de la réalité de la maladie, ce microcosme est aussi sorti de l'ombre et se montre en plein jour dans des parades colorées et décomplexées.
Le récit orne des mêmes paillettes les soirées mythiques, les amitiés sincères, la joie des acteurs, mais aussi la souffrance, à peine évoquée mais présente en filigrane. Souffrance physique, souffrance des rejets, il faut le plus souvent renoncer à la famille et aux anciens amis, souffrance liée à la maladie. Viendra plus tard celle du temps qui passe, mais personne n'échappe à celle-là.

C'est un récit en délicatesse, démonstration d'une affection sincère pour ceux et celles qui s'auto-proclament monstres. Ils sont profondément attachants, ces personnages qui ont voué leur vie à l'apparence, pour l'amour du spectacle.
Evoquées par nos deux interlocuteurs, les fantômes des plus célèbres drag queens de New-york traversent le récit, qui s'appuie sur des faits réels.
C'est instructif aussi, le lexique est bien spécialisé, ne serait qu'en ce qui concerne les chorégraphies de la Vogue dance.
Excellent choix des Blogueurs littéraires, qui ont élus fin 2019 ce roman original et émouvant.

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La_Bibliotheque_de_Juju
  22 août 2019
« Nous sommes un secret enfermé dans une boîte qu'il ne faut surtout pas ouvrir. »
En lisant ce roman, j'ouvre la fameuse boîte et ce n'est pas Pandore qui me pète au visage.
Non, c'est Prudence qui fait irruption et vient m'éblouir.
James est Lady Prudence, drag queen de son état que nous allons suivre durant trente années de sa vie. Loin du cliché, au plus près d'une communauté avec ses codes, ses valeurs, ses peines et ses combats. Un monde qui s'étend sous nos yeux ébahis entre faux cils, talons vertigineux et drames intimes.
Feu d'artifices, monstres éblouissants et comédie humaine sont au rendez-vous. IL FAUT LIRE CE LIVRE.
Ici, vous risquez de croiser Madonna, David Bowie, Keith Haring ou Ru Paul au détour d'une virée nocturne, mais sachez qu'ils ne sont que des personnages secondaires.
Il y a tellement à dire pour que vous ne passiez pas à côté de cette lecture. J'ai trouvé entre ces pages absolument tout ce que je recherche en littérature. Vous savez, ce moment où vous ouvrez un livre et vous ne pouvez plus vous arrêter de lire et, en même temps vous ne voulez jamais voir arriver la fin. Ces livres où après, tout paraît si fade.
J'ai ri. J'ai pleuré. J'ai appris. J'ai grandi. J'ai dansé. J'ai tremblé.
Je suis ressorti changé, chamboulé, bluffé et heureux. Tout ce que la littérature a de meilleur à offrir est là. Un regard, une excitation, un étonnement, aucune page ne vous laissera insensible. Une fête grandiose et intime à la fois. Une prouesse de livre. Un putain de bon livre !
Un hymne à la tolérance, à la vérité, un plaidoyer contre l'indifférence. Un roman d'apprentissage et une fresque flamboyante aussi haute en couleur que ses protagonistes aux perruques folles !
Julien Dufresne-Lamy signe là LE roman de cette rentrée littéraire.
Ébouriffant, tendre et indispensable, il raconte une époque, un mode de vie et nous entraîne dans un univers fantasque et fabuleusement humain.
Et si après ça, vous ne le lisez pas, je rends mon tablier et je deviens blogueur beauté !

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Eve-Yeshe
  08 octobre 2019
On explore le monde des Drag Queens à deux époques différentes, sur trois décennies, en fait. D'un côté on fait la connaissance de James devenu Lady Prudence en entrant dans la maison Xtravaganza, où elle fait la connaissance de Venus et Angie mais aussi de Lady Bunny. Ces maisons permettaient à ces femmes de trouver une deuxième famille, car elles avaient été exclues sans ménagement par leur vraie famille.
Le « père Xtravaganza, Hector par exemple a été humilié dans l'enfance : « Sa première expérience avec un gars, Hector avait sept ans. du genre précoce, l'enfant béni. Quand sa mère l'a appris, elle a commencé à le traiter comme de la merde. Tu veux être une femme, commence à nettoyer. Hector est devenu son esclave. Puis il s'est enfui… »
On découvre ainsi la manière dont elles vivaient, les spectacles avec le côté paillettes, les heures passées à se maquiller mais aussi à faire disparaître tout signe de masculinité avec des méthodes de « scotchages » barbares. Mais il y a aussi l'envers du décor, les moqueries, les insultes, les agressions quand elles sortent des clubs après le spectacle. Elles passent parfois tout près de la mort.
De nos jours on a Victor Santiago, marié à Kate, une petite fille, une famille comme tout le monde alors que lui sent au fond de lui autre chose… L'achat de sa première robe, qu'il n'ose pas mettre. La fête foraine où il emmène sa fille, même sur la grande roue alors qu'il a le vertige, comme un cadeau d'adieu, car il sait qu'il va s'en aller et tenter de se trouver en Mia de Guadalajara.
Victor Mia rencontre alors James qui a tout laissé tomber pour s'occuper d'un ranch, mais revient sur les traces de ce qui fût sa vie autrefois. Il va lui servir de mentor, lui apprendre à marcher sur des talons aiguilles, s'habiller, se maquiller et en même temps évoquer pour lui sa vie du temps de la célébrité, ses relations avec Angie, Venus et d'autres.
Toutes ces Drag-Queens ont eu des enfances particulières, et se sont heurtées à l'incompréhension, au rejet et les relations de Victor avec sa mère Maya sont vraiment très particulières.
Tout change brutalement quand le Sida fait son entrée en scène, avec les dénis de l'époque, les ravages que cette maladie a pu faire. Il y aura un avant et un après.
Le choix du nom de scène est important : « Victor, ton nom de scène est ton identité. Dans le milieu, chacun son blase, chacun sa planète d'origine. Si tu ne te bénis pas, tu ne peux pas savoir qui tu deviendras. »
On croise au passage des personnalités connues, Madona, David Bowie ou encore RuPaul, compagne de route de la famille Xtravaganza, qui sera une vedette de la télévision, ce qui donne encore (s'il y en avait besoin) du piquant au livre.
Ce livre bouleversant rend hommage à ces drags Queens célèbres (et les autres) sans jamais tomber dans le sensationnel, ou le voyeurisme. Il décrit leurs parcours, leurs souffrances, leurs vies et nous propose à la fin du livre toute une série de photos… j'ai beaucoup aimé entrer dans cet univers que je ne connaissais pas. Je les ai côtoyées, accompagnées au fil des pages et je n'avais pas du tout envie de les quitter…
Donc un livre bouleversant, qui va rester longtemps dans ma mémoire. Un des romans de cette rentrée littéraire qui m'a particulièrement touchée. La plume de Julien Dufresne-Lamy est pétillante et dégage une énergie très communicative, nous met des paillettes dans les yeux… Bip-bip ! je deviens lyrique, alors je m'arrête là…
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Belfond qui ont permis cette découverte.
#Rentreelitteraire2019 #NetGalleyFrance
Je vous propose deux photos en annexe dans le livre
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Cetsak
  11 mars 2020
- COUP DE FOUDRE ! -
Des monstres ?! N'ayez crainte !
Point de nez crochus, de dents pointues ou de griffes acérées. Ces monstres là sont jolis, très jolis même. Vous ne pourrez d'ailleurs pas les rater : ils sont très haut perchés, le port altier et surtout raffinés.
C'est guidée par une certaine Lady Prudence que j'ai découvert ce p'tit monde extraordinaire qui s'éveille lorsque la ville est endormie : le monde des Drag Queen !
Faisant fie de mon ignorance, cette reine m'a accueillie les bras grands ouverts, dans son royaume de strass et de paillettes. Une immersion totale dans les sous-sols new-yorkais des petites salles sinistres aux fêtes grandioses et extravagantes
Ma chère Lady s'est confiée à moi, sur ses 30 dernières années, de folies et de fracas. Car oui cachées sous le fard, j'ai lu les fêlures du passé, les insultes et les coups d'une société bien trop étriquée et aveuglée dans sa normalité. Lu aussi le traumatisme laissé par cette maladie du sang insidieuse, qui a frappé à la porte de tant de jolis monstres.
Mais surtout, j'ai ressenti comme une incroyable rage de vivre, une énergie époustouflante d'un p'tit monde uni pour le meilleur et pour le pire, avec pour mot d'ordre la bienveillance.
En refermant ce roman, frappée par le coup de foudre, une envie subite de crier : « À nos si belles différences !!!! »
Donc un grand OUI, littéralement happée j'ai été, par la plume de Julien Dufresne-Lamy @jdl.jdl. Il y a incontestablement du génie dans cette écriture si vibrante dans sa modernité. Cette plume est incisive, tendre et poétique. Plume divine qui rend là un hommage bien mérité à ces, si attachants, jolis monstres.
Alors merci encore Juju @labibliothequedejuju pour cette très belle découverte !
Et vous ? Cette rencontre, délicieusement monstrueuse, vous tente-t-elle? Déjà lu peut-être ?


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pompimpon
  04 juillet 2019
Plongée dans un monde de fringues, d'accessoires, de poses, de façon de parler, de manière de bouger.
Plongée surtout dans un monde de personnes qui assument leur identité sexuelle et veulent être acceptées pour ce qu'elles sont, sans hypocrisie, sans dissimulation.
Au début des années 80, même à New York qui nous semblait si avancée par-rapport à Paris, ce n'était pas gagné.
Strike a pose
Strike a pose
Vogue vogue vogue
Come on vogue
Let your body move to the music move to the music
Hey hey hey
Come on vogue
Dix ans plus tard, Madonna reprend ce manifeste des fiertés noires et latinos LGBTet-autres qu'était, qu'est toujours le voguing, pour en faire cette jolie chorégraphie tiède en noir et blanc qui fait frémir les bonnes gens.
Elle sait bien d'où vient le voguing, Madonna, elle sait ce qu'il signifie.
Imiter, détourner, s'approprier les codes des concours de beauté, des balls, tous réservés aux blancs, faits par eux et pour eux, et montrer sa vie en instantanés comme des manequins sur le papier glacé du magazine Vogue.
Strike a pose.
Quoi, de la danse, du spectacle, des kilomètres de tissus, des heures de travail et d'inventivité pour trouver LA pose qui dira exactement ce qui gît au fond du coeur, des discussions de fin de nuit, et des pépiements trop féminins pour l'être "de naissance", ça va nous raconter une page d'histoire de la lutte contre l'homophobie ?
Ca pourrait être un peu l'idée, mais pas que.
Il y a aussi les drag-queens, raillées et dénigrées jusque dans la communauté gay, qui les trouvent excessives, caricaturales, et affirment qu'elles desservent La Cause.
Comment pourraient-elles "desservir" La Cause, elles qui se recréent , se réinventent chaque jour ?
Regardez, voici James Gilmore.
Quand il remplit des formulaires, il indique James Gilmore, et pas Lady Prudence sur la ligne "noms". À la rubrique "profession", il écrit : toupie volante.
Drag-queen, ça ne passerait peut-être pas…
James arrive d'Atlanta, où il était déjà drag queen, tout jeune. 1980, New York vibre et frémit sous les pas de ces générations qui vont casser les codes et faire bouger les lignes, moins qu'elles ne le souhaitent mais davantage que la société ne semble prête à l'accepter sous l'ère Reagan.
Lady Prudence nous prend par la main pour nous faire découvrir ou nous rappeler, c'est selon, ce monde des drag-queens, travestis, trans…
La trajectoire comme une fusée multicolore dans la nuit new-yorkaise, la banalité de noms devenus mythiques, forcément, les clubs, le show, et puis les balls, des battles de voguing, les maisons, les mères de maison devenues mythiques elles aussi…
Comment renforcer son personnage de drag, le travailler, le vêtir, que choisir pour telle ou telle occasion ?
Et où trouver à se produire, parce qu'être drag-queen, ça n'est pas juste pour parader dans son appartement ou pour les copines, c'est être dans le spectacle, chanter, danser, chorégraphier des playbacks, faire le show dans les clubs ?
Affirmer ce qu'on est, montrer sa création...
Le spectacle, le quotidien, la lutte, les nuits, les petits matins, des tissus, des tissus, des tissus, des robes, des accessoires, des voix qui reviennent à la mémoire, des rires, des joies…
La fusée multicolore s'éteint sous les assauts des violences, des amies assassinées, du sida.
Après la voix de Lady Prudence, c'est celle de Victor Santiago qui résonne.
Trente ans plus tard, il cherche à son tour son personnage de drag, se demande comment faire, par où commencer, comment assumer et montrer qui il est, lui dont l'identité sexuelle est et reste hétéro.
James et Victor se parlent, James évoque les années 80, Lady Prudence, les maisons, et la disparition de Venus, Angie, Marsha et tant d'autres.
Sida, meurtres, pseudo-suicides…
Victor dit South Central à LA dans les années 2010, la découverte par hasard du monde des drag-queens, impératrices du show, et l'écho qu'elles trouvent en lui.
Lady Prudence aidera Mia de Guadalajara à venir au monde.
Leurs deux voix s'entremêlent et se répondent.
La cause avance mais étrangement, elle s'enferme aussi dans de multiples cases, sous une étiquette ou une autre, parce qu'il s'agirait de ne pas tout mélanger.
Et ça, ça m'a sauté à la figure. Dans les années 80, je n'ai pas le souvenir qu'on ait eu besoin de tant de précision, il suffisait d'affirmer les droits de tous, l'égalité de traitement pour tous, la fin du jugement à la petite semaine et des regards incendiaires des bien-pensants (mais de quoi se mêlaient-ils, hein ?).
La plongée est double, James racontant à Victor dans la première partie, Victor à James dans la seconde. Elle est portée par une belle écriture. L'évocation est forte, le vocabulaire choisi pour frapper précisément où il doit le faire.
Julien Dufresne-Lamy a le ton juste, les flamboiements dans le verbe qui donnent, redonnent vie à ce moment, cette courte respiration avant le sida.
L'émergence des maisons revit sous nos yeux, et en particulier la Maison Xtravaganza, avec Angie, mère incontournable.
Chaque page rappelle que ce qui semble tellement accepté socialement aujourd'hui a constitué une forme puissante d'affirmation d'un soi "non-conforme".
Dans le vêtement.
Dans le geste.
Dans le mode de vie.
Ce roman m'a bouleversée.
Autant pour la force d'évocation de ce monde si souvent caricaturé et moqué, et dont il dit toutes les rencontres fabuleuses qu'on peut y faire, que pour ce qu'il m'a justement rappelé.
Durant quelques années, j'ai eu la chance de cotoyer cet univers à Paris et d'y faire de merveilleuses connaissances, à partir de 1981.
La gamine hétéro de dix-sept ans que j'étais avait été touchée au coeur par les belles personnes qui créaient ce qu'elles voulaient être et luttaient pour être acceptées telles qu'elles étaient, et choquée par le rejet, l'homophobie, la haine dont elles étaient victimes.
Le sida avait sifflé durement la fin de partie, décimant les rangs.
Ca a été un coup au coeur de retrouver l'écho de leurs voix dans le récit de Lady Prudence, et de lire comme un reflet des discussions sérieuses ou non, des soirées passées, des moments partagés à la même époque de l'autre côté de l'Atlantique. Ce qu'elles m'ont appris n'a pas de prix. La générosité, l'amour, la bonté qu'elles y mettaient non plus.
De si précieux souvenirs…
Merci à #netgalleyFrance de m'avoir fait découvrir ces #jolisjolismonstres
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
CetsakCetsak   05 mars 2020
- Sur scène, tu dois être parfaite. Ni seulement belle. Ni seulement divertissante. Tu dois faire tomber les masques des gens. Tous ces rôles depuis la naissance. Le genre, la race, la famille. Ton rôle est de faire du flip-flops avec tout ça. Tu es drag. Tu n’es plus homme, pas exactement femme. Tu es en dehors. Tu es l’exemple que chacun incarne sa création. Inspire-les. Trouve des mots, des gestes. N’oublie jamais que tu t’adresseras à des individus de tous horizons. Des touristes. Des mecs et des nénettes sans histoire. Et peut-être qu’au fond de la salle, il y aura une vieille femme. Peut-être un homme esseulé. Un ado en recherche de sens. Une jeune fille mal aimée. Dis-toi que tu incarnes précisément ce que le monde leur interdit d’être. Montre-leur. Même si cela ne dure que cinq petites minutes. (...)
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CetsakCetsak   21 janvier 2020
- Alors tu fais quoi dans la vie, James ?
- Je suis drag-queen.
Portia et lui me dévisagent comme si j’avais prétendu être agent du KGB ou sorcière de Salem. Les deux autres filles sortent en trombe de la cuisine.
- On a bien entendu, là ?
Je confirme.
- Je fais du drag-queen depuis des années. Je viens d’Atlanta.
- Génial, dément. Mais c’est dingue. On veut voir !
Et d’un œil languide, les deux beatniks rétorquent :
- Ouais. Ok. Tu fais du play-back, quoi.
- Du play-back et d’autres choses parfois.
- Et comme quoi, par exemple ?
- Je couds, je danse, j’écris des textes, j’invente des numéros, des blagues, des gestes. Je fais la déco des clubs, du marketing et je de la com’. Je repartis des fonds, fixe les cachets, décide du line-up, règle les conflits, organise les plannings. Et sur scène, je réveille les gens. Mais je fais aussi du play-back.
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CetsakCetsak   10 mars 2020
- N’oiblie jamais qui nous sommes, Victor. Nous sommes un petit pays fou dans la doublure du monde. Bric-à-brac de bric et de broc, clandestins, cachés dans les replis de la conscience. Nous devons montrer nos nuances, nos ratures, nos erreurs de la nature. Nous sommes une chose et une autre, tout et son contraire, nous sommes la perfection et ses défauts. Nous sommes des maharadjas sans visage, alités par la fièvre ou endiablés sur le dancing. On n’a pas peur du grabuge et de la nuit qui s’écroule sur les toits. Les drags et les trans meurent chaque jour mais on tient bon. On passe sous les échelles en ricanant. On ouvre les parapluies et brise les miroirs. On amadoue les mauvais sorts et les chats noirs parce que nous aussi, nous sommes de la chair de gouttière.
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pompimponpompimpon   02 juillet 2019
Une fontaine gravée d’une plaque au nom de Marsha P. Johnson, retrouvée morte ici, il y a vingt-trois ans. Tu n’en reviens pas. À ce même endroit, vous aviez veillé, prié, chanté, improvisé un mémorial de bouteilles de verres au lendemain de sa mort. Aujourd’hui, Marsha a une fontaine. D’autres ont droit à quelques portraits dans la presse spécialisée. En t’asseyant sur le rebord, tu te remémores cette conversation avec Marsha l’année de sa mort. Elle te parlait des émeutes du Stonewall et d’un monument commémoratif dans tu-ne-sais-plus-quel parc, et Marsha t’avait dit.
"Combien de gens sont morts pour que deux jolies petites statues soient placées dans un square ? Combien de jolies petites statues faut-il pour que les gens se comportent comme des frères et des sœurs ? Pour qu’ils comprennent que l’on fait tous partie de la race humaine ?"
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CetsakCetsak   17 janvier 2020
Je m’appelles James.
J’ai les cils d’une femme. Un regard de biche. Le goût de la friandise. James Gilmore, c’est moi. Mais à l’époque, on m’appelle Lady Prudence. On me siffle, on m’adore, on m’applaudit et sur le devant de la scène, on me lance des roses blanches.
Dans la famille des drags-queens, je suis la beauté. L’altesse. Pas l’animatrice de garderie. Courtoise, je souris façon grande dame, la mise en plis impeccable. Entre 1980 et 1993, le milieu me surnomme « le Trophée ». On susurre que mon drag fait partie des plus dotés.
-Moi, je suis reine, je suis monstre. Tu comprends ?
À moi seule, je suis tout le conte.
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