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ISBN : 2072697107
Éditeur : Gallimard (17/08/2017)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 319 notes)
Résumé :
A Vancouver, en Colombie-Britannique, un professeur d'histoire fait sa thèse sur l'assassinat de Robert Kennedy. Il est persuadé que la mort brutale de ses deux parents successivement en 1967 et 1968 est liée à l'assassinat du jeune politicien américain en juin 1968. Son enquête l'amène à découvrir les liens tissés par son père et les services secrets britanniques durant la Résistance.
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Critiques, Analyses et Avis (107) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  16 septembre 2017
Un historien, thésard sur la mort de Robert Kennedy, soupçonne une corrélation entre l'assassinat de celui-ci et la disparition de ses parents qui se sont suicidés à un an d'intervalle.
Un lien que l'historien va chercher toute sa vie entre la mort de ses êtres chers et celle du candidat à la primaire démocrate, Bobby - selon lui le promoteur secret de la théorie du complot - assassiné par ceux-là même qui ont tué son frère John. Il cite : " la CIA, la Mafia, les anticastristes, Johnson, les Texans, l'armée, même s'ils ne sont pas les commanditaires directs. Sans oublier l'industrie militaire, inquiète de la volonté de Kennedy de sortir du conflit vietnamien. "
On connaît la fascination de Dugain pour les Kennedy, et bien qu'on ait déjà tout dit ou presque sur la mort des frères Kennedy, mêlant très habilement la petite histoire à la grande, il refait l'enquête à travers son narrateur (sorte de double littéraire ?) Mark O'Dugain, pour redémontrer la théorie du complot. Le trait est appuyé, la charge est forte, mais d'autres ont démontré l'inverse avec tout autant de conviction et de preuves.
Une thèse, et un point de vue qui, s'ils sont une énième version de la théorie conspirationniste à laquelle je n'adhère pas, reposent sur des faits historiques réels et avérés, fort bien mis en scène par le talentueux Marc Dugain.
Mais au fait, ce Mark O'Dugain a-t-il vraiment toute sa tête ?
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dedanso
  20 août 2017
Waouh, quelle claque ! Ils vont tuer Robert Kennedy fût une véritable découverte coup de coeur pour moi !
Je ne connaissais Marc Dugain que de nom et, grâce à Babelio et aux éditions Gallimard, que je remercie infiniment, je viens de réparer cette faute.
Ils vont tuer Robert Kennedy est un livre passionnant. Passionnant parce qu'il raconte la mort à venir de Robert Kennedy et, partant, démêle l'inextricable complot qui a mené à la mort de son frère John, et de nombreuses autres personnes. De ce fait, se mélangent dans ce récit espionnage, manoeuvres politico-politiciennes, Mafia...
Passionnant parce que l'auteur entremêle la grande et la petite Histoire pour n'en faire qu'une. En effet, son personnage principal, Mark O'Dugain (certainement pas une coïncidence), est persuadé que la mort mystérieuse de ses deux parents est liée à l'assassinat de Robert Kennedy. Il va donc axer ses recherches universitaires sur cette période et enquêter à la fois sur les assassinats de Robert et de ses parents.
Passionnant enfin parce que chacun des personnages qui apparaît dans le récit est parfaitement caractérisé, profondément attachant et réaliste. Marc Dugain sait en quelques mots bien choisis nous plonger dans l'intime et créer une empathie pour ses personnages.
Mais ce qui m'a frappée dès la 1ère page, c'est bien la plume de Marc Dugain. Il est des livres comme ça qui nous plongent immédiatement dans le récit et qui nous font dire dès les premiers mots : "Ah, attention, oeuvre magistrale en vue". Je ne saurais dire exactement à quoi ça tient : des phrases percutantes mais poétiques, des émotions distillées à travers des mots bien choisis... Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai été happée immédiatement par cette musicalité, cette sensation que chaque mot était à sa place. D'ailleurs, il me semble que Fred Vargas, amie de Marc Dugain, a dit quelque chose là-dessus, comme quoi il arrivait à s'exprimer en deux mots parfaits là où elle-même est obligée de rédiger un paragraphe.
Bref, il y aurait tant à dire sur ce livre, mi-fiction mi-récit historique, qu'il va bien falloir que je m'arrête. Je voudrais tout de même ajouter, pour ceux que ça intéresse, qu'il y est aussi question de Résistance bordelaise, du Paris des guinguettes, des conflits anglo-irlandais, de Marilyn Monroe, de réflexions sur la vie politique, de biographies, de communisme, de la Baie des Cochons, de dépression, de vie conjugale, d'hypnose et de LSD, de racisme... Oui, ça fait beaucoup, mais tout est lié de manière très naturelle et authentique.
Un vrai coup de coeur je vous dis !
Challenge Multi défis 2017
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michfred
  30 août 2017
"Ces malades qui nous gouvernent": ce titre memorable de Libé aurait pu servir au dernier roman de Marc Dugain..ou faut-il écrire Mark O' Dugain?
Sous ce pseudo transparent , le narrateur entreprend de croiser deux recits: celui de l'assassinat de Bob Kennedy, précédé de celui de son frère qui l'éclaire et lui ouvre la voie, et le récit plus intime de la mort violente et mysterieuse, à un an d'intervalle, de ses parents qu'il croit fermement liée à celle de RFK.
Alternant avec un sens diabolique de la frustration le récit-enquête historique et l'enquête-récit fictif, l'auteur nous mène par le bout du nez-que nous avons curieux- dans un dédale d'informations passionnantes, attestées - je n'ai pas cessé de faire des aller-retour sur Internet- et bien souvent étonnantes- présence des Bush père et fils au pied de l'immeuble de la CIA à Dallas le jour de l'assassinat de Jack, présence d'une jeune femme hystérique et très repérable, en robe à pois, le jour du meurtre de Bob et celui de l'assassinat de Martin Luther King, programme de contrôle mental de certains individus fragiles concocté par la CIA, avec la participation active de psychanalystes réputés et peu scrupuleux, et j'en passe!
L'intrigue fictive est, elle aussi, passionnante, et nous suivons cette double intrication avec un intérêt qui se charge progressivement d'une bonne dose de malaise.
C'est que la maladie mentale règne en maître dans ce roman: priapisme et insensibilité émotionnelle du sémillant Jack, maniaco-dépression du romantique Bob qui va à l'élection comme on se suicide, avec une résignation lasse et magnétique, paranoïa meurtrière de la toute-puissante CIA..
Et le narrateur n'est pas plus rassurant...très vite le lecteur attentif repère des anomalies, des redites, des illogismes, des "topoï' dans son récit.
Comme si Marc Dugain avait voulu faire, à travers son narrateur Mark O' Dugain, sa propre thérapie , et, après La Malédiction d'Edgar-le patron éternel et pervers de la CIA- et L'Avenue des géants , en finir avec cette obsession des Kennedy qui hante son oeuvre.
Tout le récit se teinte alors d'un fort parfum de doute: 'Et si ce n'était pas vrai?" pour parodier le titre célèbre d'un roman que je ne lirai pas.
Si les fous sont au pouvoir et si le pouvoir rend fou, que dire d'un historien comme O' Dugain qui serait atteint de manie obsessionnelle?
Tout cela est bien shakespearien..."une histoire racontée par un fou, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien.."
En tout cas, une belle rentrée littéraire pour Marc Dugain, et une lecture qui donne le vertige et le tournis!
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Eve-Yeshe
  27 janvier 2018
Dans ce roman, il revient sur l'assassinat de JFK et la façon dont il est arrivé au pouvoir, ses addictions au sexe, le rôle du père Joe, maffieux antisémite, qui a magouillé pour faire élire son fils, la baie des cochons, le FBI, l'attitude de Johnson que Robert Francis Kennedy alias RFK (ou encore Bobby pour les intimes) appellera le félon.
Marc Dugain nous décrit un John flamboyant, beau gosse, décomplexé par rapport à son père, plutôt misogyne, et un Bobby réservé, timide, obsédé par sa foi catholique, qui va finir par aller au combat comme un kamikaze car il sait très bien ce qui va se passer.
Ce qui rend Bobby attachant, outre la manière dont il va chercher à comprendre le pourquoi de l'assassinat de son frère et les personnes impliquées, c'est son idéalisme, son côté adolescent toujours dans l'ombre des aînés son réel désir de justice sociale pour les pauvres, les Noirs et sa bipolarité : il est capable de s'enthousiasmer pour mieux retomber dans la dépression, ce mal qui le ronge, le pousse vers le questionnement intérieur, la foi et lui fait découvrir la philosophie existentielle, notamment Camus.
Ce qui frappe également chez lui, c'est cette culpabilité immense par rapport à l'argent, la place dans la société qu'il pense ne pas mériter: « Moins réaliste et moins fataliste que Jack, le passé sombre de leur père, un affairiste antisémite et pro-nazis qui a fait fortune dans la prohibition, fait naître chez lui un fort sentiment de culpabilité. » P 41
Mais comment trouver sa place dans une telle famille, entre le père maffieux, qui le méprisait à cause de sa maladresse lorsqu'il était enfant, allant jusqu'à le traiter de chochotte « Un tel père est-il admirable ou simplement misérable ? le pendule oscille interminablement. » P 121, la mère froide incapable d'amour, le frère aîné mort en héros au combat, et le deuxième, président martyr ? Marc Dugain a tendance parfois à nous les présenter comme des « malades mentaux » : l'addiction sexuelle et la touche dépressive de JFK, la bipolarité de Bobby, entre autres.
Le fonctionnement de cette famille est particulier pour une autre raison : « Un Kennedy succède toujours à un autre, auprès des femmes comme dans les fonctions publiques, c'est une règle non écrite de l'organisation de la tribu » P 50. de là à avancer l'hypothèse qu'il lui a succédé auprès de Marylin, de Jackie…
J'aime bien la phrase fétiche de Bobby, empruntée à George Bernard Shaw : « Vous voyez le monde tel qu'il est et vous vous dites : « Pourquoi ? », moi je rêve d'un autre monde et je me dis : « Pourquoi pas ? »
Marc Dugain revient très souvent sur le rôle de la CIA où Hoover régna en maître absolu pendant plus de cinquante ans, obnubilé par sa haine du communisme, tenant en horreur tout ce qui peut y ressembler, y compris les personnes ayant des politiques tournées vers le peuple et tente de le réduire en miettes, coups d'états, assassinats discrets ou lavages de cerveaux ou du moins manipulation d'individus fragiles…
La théorie de l'auteur sur la récupération du mouvement de la contre-culture par la CIA inondant la Californie de LSD, en décérébrant tous ceux qui s'opposaient à la guerre du Vietnam, (ou en utilisant l'hypnose) est séduisante et plaira sûrement aux complotistes. Et on s'interroge quand même sur la manière dont les USA s'acharnent à semer le trouble sur la planète : ils ont « armé » les Talibans contre l'URSS, ou la guerre d'Irak car Saddam aurait eu des armes chimiques, grâce à W (ah le fameux « Dobeulyou » des guignols) ou simplement l'Amérique du Sud…
J'ai trouvé un déséquilibre entre le récit de l'histoire des parents assassinés de Mark O'Dugain (Marc Dugain) et celui de l'histoire des Kennedy. le père du héros ressemble curieusement à Jack, résistant, passé à Londres puis espion à la solde du MI6, il doit fuir la France après la guerre car accusé de viol sous hypnose, par des personnes au comportement trouble pendant la guerre et qui meurt soi-disant par suicide… ce qui nous permet un détour par Bordeaux, puis les pseudo-résistants, le passé trouble de Mitterrand …
Je ne suis pas adepte de la théorie du complot mais je n'arrive à croire que JFK a été assassiné par un tueur isolé, Oswald, lui-même assassiné le lendemain dans les locaux de la police par un maffieux. En ce qui concerne RFK, j'ai moins réfléchi à la question, car on nous a moins matraqué avec des infos, à l'époque, car il n'était pas président.
Néanmoins, il est curieux de constater les similitudes entre les exécutions de JFK, RFK et Martin Luther King : un tueur isolé, les yeux hagards, des tirs qui se ressemblent… et de toute manière on ne saura rien tant qu'un membre de la famille Bush sera encore dans les parages.
J'ai lu ce livre en allant chercher des infos sur Internet pour vérifier ce qui était avéré et ce qui ne l'était pas, mais cela devenait fastidieux alors j'ai fini par me laisser porter par le récit… Je me suis souvent demandée en le lisant s'il n'aurait pas été préférable de lire « La malédiction d'Edgar » et « Avenue des Géants » avant…
L'auteur réussit à semer le doute chez le lecteur car il y a des vérités et des interprétations qui sèment le doute, donc objectif rempli ! comme le dit si bien Marc Dugain : « J'ai toujours considéré que la vérité est comparable à Dieu, la question n'est pas de la trouver mais de la chercher, intensément, sans intermédiaire, de bonne foi. » P 315
Dans l'ensemble, malgré mes réticences, j'ai plutôt aimé ce roman, qui a titillé ma curiosité et j'ai éprouvé beaucoup d'empathie pour Robert Kennedy que je connaissais peu, ce qui m'a donné envie d'en savoir davantage sur lui.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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le_Bison
  16 février 2018
L'histoire démarre en Colombie-Britannique. le cul assis sur une souche, je me prends à regarder les pins et quelques érables pliés sous le vent. La neige tombe, la neige s'envole, mes espérances aussi. Des espoirs qui ont abandonnés toute une génération, aussi soudainement qu'un éclair venu fendre le ciel étoilé, aussi brutalement qu'une balle venue fracasser la tête d'une étoile, des morceaux de cervelle blanche, des éclaboussures de sang rouge de son mari ayant tâché la robe rose d'une brune prénommée Jackie.
Un professeur d'histoire se retrouve confronter à la grande Histoire, celle des Kennedy, à l'histoire de ces parents, morts successivement en 67 et 68. Il a 14 ans à l'époque. O'Dugain, l'auteur s'amuse avec son nom et avec les racines de son protagoniste. Des années après ce double drame, il replonge, dans le cadre d'une thèse, dans cette époque des années 60, où l'on assista à la mort d'un président, à la mort d'un futur-président, à une guerre au Vietnam, une presque-guerre avec Cuba, et une bande de hippies fleurs bleues sous LSD qui déchanteront rapidement avec la fin de la décennie, fin d'une utopie. le tout orchestré par des manipulations diverses, aussi bien de la mafia, du FBI que de la CIA. de quoi donner la foi en la politique, mais rien de surprenant vue la qualité des pantins récents qui se sont succédés à la Maison Blanche. Blanche comme la neige d'un hiver en Colombie-Britannique.
Si le professeur ne se remettra jamais de la mort de ses parents, d'où des années plus tard le besoin la nécessité de se replonger dans cette sombre histoire pour comprendre, Robert Kennedy lui non plus ne se remettra jamais de celle de son frère John. Il se remémore sans cesse ce jour de novembre 1963, ses peurs et sa rage. Il sent la vérité, celle qui reste cachée à tout jamais, enfouie sous des faux rapports et des assassins convenus. La vérité ne sortira probablement jamais de ce vieux dossier texan, mais peu importe, les romans sont là pour émettre toute sorte d'hypothèses – et même crédibles - sorties de la théorie du complot. Marc Dugain m'a plongé dans ces sixties avec ce roman psychologique à la limite du thriller, avec l'art de mélanger les histoires mélancoliques, qu'elles soient Grandes ou intimes.
Après le 23 novembre 1963 et le décès de JKF, RFK le suivra à Arlington, Virginie, un soir, le 5 juin 1968. La mort des initiales célèbres.
Lien : https://memoiresdebison.blog..
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critiques presse (4)
LePoint   02 octobre 2017
Avec "Ils vont tuer Robert Kennedy", enquête sur le double assassinat de JFK et Bobby, Marc Dugain signe encore un grand thriller historique et politique.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaCroix   22 septembre 2017
Dans son nouveau roman « américain », l’écrivain s’engouffre dans « la plus grande machination du XXe siècle » et remet en cause la vérité officielle.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LaLibreBelgique   12 septembre 2017
Marc Dugain revient sur les assassinats de John et Robert Kennedy. Où "grande Histoire" se mêle à une enquête plus personnelle. Haletant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   25 août 2017
Dans La Malédiction d’Edgar, vaste fresque sur le directeur du FBI, Hoover, il adhérait à la théorie selon laquelle CIA, anticastristes et mafia auraient éliminé de concert le président John Kennedy, en 1963, à Dallas. Il la reprend de manière convaincante dans Ils vont tuer ­Robert Kennedy, portrait romancé d’un homme qui s’est offert en sacrifice.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (123) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   21 janvier 2018
A soixante-deux ans, au printemps 2016, j'ai donné ma démission de mon poste de professeur d'histoire contemporaine de l'université de Colombie-Britannique. J'allais désormais assister dans les mois à venir à la nomination d'un faiseur ébouriffé comme candidat du parti républicain à l'élection présidentielle. J'étais intrigué de savoir si le peuple américain allait ou non résister à la tentation populiste d'élire un escroc de l'image. L'idée de voir l'appareil de renseignement couplé aux géants de numérique aux mains de ce bouffon qui, tombé dans un fromage, en avait mangé des milliers de fois son poids, m'épouvantait. Même si j'aurai préféré Sanders, voir comme solution de rechange une femme accéder à la maison blanche me paraissait rassurant. La dynastie Clinton, parfois trouble, n'avait pas nui à la planète comme celle des Bush qui a fini par installer au plus haut de l'État la marionnette de Dick Cheney, le ventriloque au cœur transplanté, l'inoubliable pourfendeur du mal, George W. Bush, le fils prodigue à qui il a manqué certainement un quart d'heure de cuisson à la naissance et dont le seul héritage est le cancer islamique.
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le_Bisonle_Bison   11 janvier 2018
Je me souviens parfaitement de la scène, quand je lui ai annoncé le sujet de mes recherches. Il trônait au milieu de ses livres dans son bureau du troisième étage de l'université, agrémenté de quelques objets amérindiens, ultime trace d'une civilisation dont il regrettait notre acharnement à la faire disparaître, comme si elle était le témoignage gênant d'un paradis perdu. Il lui arrivait dans ses cours de comparer le génocide des malades mentaux par les nazis à celui pratiqué par les Blancs sur les Amérindiens. Dans un massacre annonciateur de celui des juifs, les nazis s'étaient acharnés à tuer les fous, des hommes, des femmes, des enfants, comme si la pathologie de ces innocents renvoyait à la leur, celle de psychopathes nihilistes à la recherche d'une identité chimérique qui n'existait que par leur agglomération en hordes meurtrières. Selon lui, cette extermination relevait de la même logique, celle du miroir inacceptable. La spiritualité de ces ethnies d'Amérique nous renvoyait cruellement l'image de la nôtre, dévoyée, corrompue, pleinement complice de la dégradation de notre relation avec notre environnement.
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le_Bisonle_Bison   18 janvier 2018
Il se tut brutalement, but une gorgée de bière, esquissa un demi-sourire.
"Qui aurait pu imaginer à cette époque qu'un jour un président des États-Unis pourrait être élu avec l'aide du président de la Russie ? Ces deux-là vont nous mettre sous la cloche du mensonge éhonté. Vous savez que Trump a un hôtel en bord de mer ici, en Irlande, et qu'il voulait construire un mur de cinq mètres de haut tout autour pour se prémunir de la montée des eaux à la suite du réchauffement climatique ? Les écologistes ont eu raison de son projet. Pour l'instant..."
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le_Bisonle_Bison   15 janvier 2018
Le mouvement de la contre-culture n'a vraiment pris son envol que lorsque l'assassinat de Robert Kennedy a sonné le glas d'un changement politique en 1968. Mais j'ai le souvenir d'une vague montante qui portait en elle les stigmates de son désespoir. Sa traduction politique était déjà morte avant sa réelle éclosion, et nous le savions. Nous le portions sur nous, et l'enfoncement progressif dans la drogue en a été la confirmation la plus flagrante. L'overdose a fait autant de morts dans nos rangs que le napalm dans les rizières du Vietnam.
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le_Bisonle_Bison   09 janvier 2018
"Pourquoi faut-il forcément mourir ?"
Cette question, je ne passais pas un mois sans la poser à ma grand-mère. Elle me répondait en souriant que Dieu avait choisi d'installer la vie et la conscience dans une substance périssable et de laisser les matières minérales éternelles se morfondre dans leur hébétude.

Ma mère est morte l'été 1967, mon père une année plus tard. J'avais quatorze ans. Nous sommes restés ensuite, Maine et moi, comme deux âmes en peine.
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Videos de Marc Dugain (51) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marc Dugain
Entrevue avec Marc Dugain, par Sylvie Tanette, pour le site onlalu.com, à propos de la sortie de son roman, "L'emprise", paru chez Gallimard.
(photos Emmanuel Orain)
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