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EAN : 9782070776528
352 pages
Éditeur : Gallimard (01/02/2007)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 478 notes)
Résumé :
Au mois d'août de l'an 2000, un sous-marin nucléaire russe s'abîme dans des profondeurs accessibles de la mer de Barents. Vania Altman ferait partie des derniers survivants. Dans un port du cercle polaire, la famille Altman retient son souffle : elle risque une nouvelle fois de se heurter à la grande Histoire. Un demi-siècle après la mort de Staline, c'est désormais un ancien du KGB qui gouverne la Russie.

Après nous avoir fait pénétrer dans les couli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  14 novembre 2017
Baptisé Koursk en référence à la bataille de Koursk, qui fut une victoire de l'Armée Rouge sur la Wehrmacht durant l'été 1943, le Koursk, un SNA (sous-marin nucléaire d'attaque) est lancé le 16 mai 1994, et entre en service le 30 décembre 1994. Il fait alors partie des sous-marins les plus perfectionnés de la marine russe.
Le samedi 12 août 2000, le Koursk est en exercice en mer de Barents où il doit lancer deux torpilles d'exercice, mais avant leur lancement, deux explosions font sombrer le sous-marin à 135 km de la ville de Severomorsk. Seulement quelques hommes survivent et se regroupent dans le sas de secours pour attendre leurs sauveteurs. Mais à cause de tergiversations et essais ratés, ils arriveront trop tard.
Poutine donne alors l'ordre de renflouer le sous-marin dont on extrait 115 corps (trois ne seront pas retrouvés), et confie l'enquête au procureur Vladimir Oustinov qui conclut, en 2002, à une l'explosion accidentelle d'une torpille due à une fuite de liquide propulseur. Bien que contestée par certains, cette thèse est confirmée par les Américains, les Norvégiens et les Britanniques.
Autour de ce drame, Marc Dugain, estimant que Poutine n'a pas tout mis en oeuvre pour sauver les marins du Koursk (pour des raisons qu'il développe), revient sur la permanence du mépris de la vie humaine des autocrates russes, en évoquant bien sûr l'époque Stalinienne. Un roman que j'ai trouvé agréable à lire, historiquement intéressant, mais qui, comme souvent avec Marc Dugain, pour ce qui est de la gestion du sauvetage des marins du Koursk par Poutine, défend une thèse qui s'appuie me semble-t-il surtout sur des allégations.
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Krout
  29 janvier 2020
Je ne suis pas Russe. Malgré cela une petite voix indisciplinée m'a souvent soufflé : L'auteur n'est pas Russe ! L'auteur n'est pas Russe ! Peut-être est-il photographe à insérer tant de clichés ? Bien que plaisante ma lecture à cause de ce fait m'a laissé un peu en dehors, même « vrai » comme ce « Staline » les personnages n'ont pas pris corps. La première partie trace l'intrigant enlèvement d'une femme médecin par Staline pour le magnétisme de ses mains guérisseuses. Au plus je lisais, au plus j'avais l'impression de connaître cette histoire. de fait j'ai vu le film éponyme et chose rare, la lecture ne m'a pas paru plus intéressante. L'effet André Dussolier ?

La fin du bouquin s'attache à émettre plusieurs hypothèses sur le naufrage d'un sous-marin nucléaire lors d'un exercice de la flotte du Nord destiné à impressionner les forces de l'Otan. Baptisé l'Oskar dans le roman. Marc Dugain nous raconte sa version de la tragédie des 128 sous-mariniers du Kursk en mer de Barents le 20août 2000, sous Poutine donc. Existe aussi un film réalisé par Thomas Vinterberg.

Au milieu, un périlleux exercice d'équilibriste pour faire le lien entre ces deux affaires, les rattacher en une grande saga familiale sur trois générations, établir un lien entre Plotov (le Poutine romancé) et Staline (le Staline romancé) par l'intermédiaire du cuisinier de ce dernier dans sa retraite caucasienne. En sus un rocambolesque test du KGB pour s'assurer du degré de fidélité à la Maison du jeune agent à quelques jours de la tombée du mur de Berlin. Un mot sur Gorbatchev : « Pérestroïka », trois sur Eltsine : « Bob l'éponge ». Cette construction est pour le moins alambiquée. Ah que j'aime la beauté simple et lumineuse de l'ellipse !

L'écriture est efficace et sans pathos, c'est enlevé et se lit facilement, je me suis pris à tourner les pages avec plaisir, manque un vrai fil conducteur. Au sortir de ma lecture, chose à peine croyable j'en suis encore à me demander quel est le vrai sujet de ce livre. Ce ne semble être ni le communisme, ni sa fin, ni l'ultra-libéralisme (mafieux) qui lui a succédé. Ce n'est pas la Glasnost qui par un jeu de transparence n'apparait pas. Dommage Gorbatchev m'est toujours une énigme et le fait qu'il soit toujours en vie un mystère. Si Gorbatchev était central le titre aurait du être La non-exécution extraordinaire. Quoi alors ?

Une idée m'a bien traversé l'esprit, peut-être le romancier s'attache-t-il à démontrer la thèse suivante. « La révolution a duré un peu plus de soixante-dix ans, si l'on accepte l'idée que la révolution est bien le trajet que parcourt une planète pour revenir à son point de départ, en tournant sur elle-même. » Une autre petite phrase apposant le Tsar blanc, le Tsar rouge, le Tsar bleu, sous-entend que seule la couleur change. Goulag et Vodka sont mentionnés à plusieurs reprises, entre les deux le petit peuple se tait.
Cela expliquerait la nécessité de ce périlleux grand écart vandamesque au risque d'une prise en étau entre Staline et Poutine.
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Fandol
  23 avril 2018
Avec toutes les apparences d'une plongée dans le passé de l'Union soviétique puis de la Russie, Une exécution ordinaire est un roman des plus actuels qui permet de comprendre ce qui s'est passé et ce qui se passe dans ce pays si important dans l'équilibre de notre planète.
Avec précision et un juste sens du romanesque, Marc Dugain passe de la fin du stalinisme à la Russie de Pou..., pardon, de Vladimir Plotov. Au cours de sept parties bien distinctes, l'auteur emploie la narration à la première personne du singulier puis le récit plus classique avant de redonner la parole à son narrateur, Pavel Altman.
Olga Ivanovna Atlina, la mère du narrateur, est forcé d'utiliser ses dons de magnétiseuse pour soulager les douleurs de celui qui est décrit ainsi : « C'était presque un nain, un vieux nain au visage grêlé par la variole, un bras plus court que l'autre. Mais son regard d'autour du Caucase, menaçant comme une arme blanche, avait un éclat bien supérieur à n'importe quelle reproduction sur papier. »
L'auteur mêle remarquablement fiction et réalité politique car nous sommes en pleine épuration suite au « complot des blouses blanches »… Staline ne cache pas ses opinions à propos des juifs qu'il voudrait regrouper dans un territoire lointain mais ceux-ci préfèrent Israël. On visite le Kremlin puis la datcha du Vojd avant de suivre « le tsar rouge » en Géorgie. Au passage, le sadisme incroyable des tortures infligées aux personnes arrêtées pour un motif quelconque ou sans motif du tout, est difficilement soutenable.
Simplement, il faut noter que Serguei, le mari d'Olga est affecté à un projet de sous-marin nucléaire où les parents de Pavel, le narrateur, se retrouvent. Une base sur la mer de Barents où ce même Pavel est né, en 1957, année de la mort de son père.
Après un passage par l'Allemagne de l'est qui vit ses derniers mois, passage utile pour comprendre comment Plotov, membre du KGB, fils du cuisinier de Staline, révèle sa vraie personnalité, le roman atteint toute son envergure lorsque Marc Dugain nous plonge, c'est le cas de le dire, dans le monde des sous-mariniers à Anterograd. Petit à petit, tous les mystères s'éclaircissent jusqu'à l'épisode terrible du naufrage du sous-marin nucléaire qu'il nomme Oskar mais qui rappelle celui du Koursk, le 12 août 2000, avec 118 hommes à bord.
J'ai été captivé, subjugué, emporté par ce récit haletant, avec Anton qui tente de rassurer le jeune Vania : « N'oublie pas que toute la marine de la grande Russie est à notre recherche et que nous sommes à la portée d'un plongeur en apnée. »
Enfin, que dire de ce président en vacances au bord de la mer Noire ? « le deuxième des tsars bleus s'y est installé en villégiature estivale pour ses premières vacances depuis son élection. » Marc Dugain ajoute : « Il a compris que ne jamais rien renier du passé et l'endosser sans honte est la meilleure façon de ménager son avenir. »
Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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majero
  28 avril 2019
Dugain fait fort avec cette autobiographie fictive du russo-juif Altman, prof d'histoire remercié, sa mère choisie comme guérisseuse par Staline, son fils Vania victime du sous-marin Koursk.
On ne peut qu'être séduit par les personnages humbles et vrais et par l'humour tragi-comique souvent sur le dos d'une misérable fierté Russe.
Et Dugain arrive aussi a glisser de profondes réflexions politiques que tu te dis qu'il faudrait prendre le temps de réécouter mais bon...
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caro64
  16 avril 2012
Le 12 août 2000, le Koursk, sous-marin atomique russe, sombre en mer de Barents alors qu'il effectuait des manoeuvres ordinaires. Aucun des 118 marins ne survivra. Après des mois d'enquête, Marc Dugain nous livre un roman au coeur de ce drame russe. Mais cet évènement n'est qu'un prétexte à dérouler l'histoire de la Russie, de Staline à Poutine, ses dérives et ses jeux de pouvoir. Dugain fait revivre l'ambiance de terreur des années soviétiques, il fait parler les morts. Si vous aimez les petites histoires dans la grande Histoire, les récits bien bâtis, le verbe modeste qui n'exclut pas les belles formules, lisez "Une exécution ordinaire".
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Citations et extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   24 juillet 2015
Tout d'abord, il faut que vous sachiez que les Tchétchènes ne sont pas, au départ, des indépendantistes forcenés. Ce sont des Caucasiens, musulmans, bons vivants, avec de très anciennes traditions. Au moment où le communisme est tombé et où les affaires ont commencé à prospérer, beaucoup d'entre eux ont été employés par des oligarques, les nouveaux riches, comme gardes du corps ou hommes de main à Moscou, où ils ont aussi développé leurs propres intérêts mafieux, mais sans jamais faire d'ombre aux grandes affaires. Pendant que les oligarques avec la complicité des hommes du Kremlin, mettaient la main en Russie sur le gaz, le pétrole, la sidérurgie, l'automobile, les Tchétchènes s'occupaient du business mafieux habituel comme les jeux, les filles, les restaurants. Et tout le monde s'accordait très bien dans cette cohabitation sur des territoires bien délimités. En Tchétchénie, les choses se passaient un peu différemment. Vous devez savoir qu'à cette époque, les affaires là-bas reposaient sur deux secteurs : le pétrole et le trafic d'armes. Les réserves de pétrole ne sont pas gigantesques mais facilement accessibles. Pour les armes, c'est de là que partaient en contrebande de grosses quantités souvent détournées de l'armée russe avec la complicité des officiers supérieurs pour être acheminées à des prix compétitifs dans des zones de guerre comme l'ex-Yougoslavie, par exemple. Et puis, en 94, les généraux russes ont contesté les règles de partage du trafic d'armes, ils trouvaient leur part insuffisante. Ils ont menacé les Tchétchènes qui ont réagi en proclamant leurs velléités d'indépendance. Mais, avant d'entrer dans un conflit ouvert, leur chef, qui était un général d'aviation a pensé qu'on pouvait facilement éviter le guerre. Il a demandé à voir Eltsine, mais les généraux se sont employés pour que cette rencontre n'ait pas lieu, car elle aurait conduit à un déballage de pratiques qu'ils n'avaient pas forcément envie de voir révéler au grand jour.(...). Alors le chef tchétchène n'a jamais pu rencontrer le président. Et les généraux se sont dit que cette guerre présentait un autre avantage majeur. Les Tchétchènes, s'ils trafiquaient des armes, n'en possédaient pas eux-mêmes assez pour mener une guerre. En les acculant au conflit, il leur faudrait bien en acheter et ils se rendraient vite compte que les armes les moins chères et les plus faciles à se procurer étaient les armes qu'allaient leur vendre ces généraux russes.
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michelekastnermichelekastner   24 juillet 2015
Le premier réflexe de nos dirigeants a été de faire porter la responsabilité du drame aux étrangers, en prétendant que ce submersible insubmersible ne pouvait avoir été envoyé par le fond que par un missile américain. Puis ils se sont rétractés, les avantages de faire porter le chapeau aux étrangers balayé par l'inconvénient de devoir justifier une absence de riposte, de ne pas avoir atomisé l'agresseur ou même plus. La version la plus neutre consistait alors à expliquer qu'une vieille torpille avait explosé à l'avant du bâtiment. Ils ont répandu cette rumeur avant de savoir quelle était la vraie cause qui peut bien être celle-ci, au final. Mais, dans tous les cas, ils ne voulaient pas être pris à contre-pied par les révélations des survivants. Ces hommes devaient mourir pour que le doute puisse continuer à bénéficier au pouvoir, pour que la vérité ne puisse lui être jetée à la face. Au bout du compte, que sont ces vingt-trois vies, comparées à un secret d'Etat à naître ? Rien. Et cela n'a rien de choquant. Le contraire aurait étonné. Dans un pays où la vie ne vaut rien, où la mort a longtemps été une délivrance, peut-on concevoir qu'on échange des siècles d'exercice du pouvoir dans le secret contre les vingt-trois vies d'hommes qui ont choisi le métier des armes ? Le contraire aurait été à lui seul une révolution. Et de révolution, dans ce pays, nous n'en avons jamais eu.
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Sophie_BazarSophie_Bazar   09 juin 2012
Quand elle est revenue à elle avec cet air de terreur de quelqu'un qui regrette d'avoir retrouvé la conscience, j'ai compris que nous avions basculé dans un monde où il n'est plus question de vivre mais de se maintenir en vie. La frontière qui mène de l'existence à la survie est facilement franchissable. On ne peut pas perdre un enfant et continuer à adhérer à toutes ces petites choses dérisoires qui nous tiennent debout.
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KroutKrout   29 janvier 2020
Elle ne la trouvait pas assez ordonnée pour son goût. L'obsession pour l'ordre et la propreté est souvent une manière d'échapper à son propre désordre intérieur.
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Lysiane7Lysiane7   14 octobre 2012
Et qu'est-ce que la terreur ?
C'est la certitude pour tout homme de l'Union Soviétique, du plus humble au plus puissant, de l'anonyme à l'ami intime de Staline, que rien ne le protège d'une décision de l'exécuter qui peut tomber chaque instant sans véritable fondement. Les hommes doivent accepter qu'à tout moment, sans raison précise, on puisse les ramener à cette forme absolue de modestie qu'est la mort.................
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« Marc Dugain signe un formidable roman d?anticipation, sous forme de critique de la révolution numérique et de ses dérives. » François Busnel, La Grande Librairie
« Jetant son dévolu sur les grands manipulateurs et la lumière sur le rapport qu?entretient le pouvoir avec le libre arbitre, Marc Dugain joue les lanceurs d?alerte. Ses nouvelles cibles ? le désastre écologique et l?industrie tentaculaire du Big Data. Un roman futuriste audacieux. » Marianne Payot, L?Express
« Marc Dugain a écrit le journal d?une psychopathe néo-gnostique qui, cent ans après Mai 68, pense qu?elle va enfin créer un brave new world de hippies, domestiqués par la perspective d?un éternel paradis sur terre.Terrifiant. » Astrid de Larminat, Le Figaro Littéraire
« L?auteur de "Ils vont tuer Robert Kennedy" signe un passionnant roman d?anticipation sur le transhumanisme. » François Forestier, L?Obs
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