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ISBN : 2072742080
Éditeur : Gallimard (14/09/2017)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 390 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Gallimard, Blanche - 01/2007)


Au mois d'août de l'an 2000, un sous-marin nucléaire russe s'abîme dans des profondeurs accessibles de la mer de Barents. Vania Altman ferait partie des derniers survivants. Dans un port du cercle polaire, la famille Altman retient son souffle : elle risque une nouvelle fois de se heurter à la grande Histoire. Un demi-siècle après la mort de Staline, c'est désormais un a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  14 novembre 2017
Baptisé Koursk en référence à la bataille de Koursk, qui fut une victoire de l'Armée Rouge sur la Wehrmacht durant l'été 1943, le Koursk, un SNA (sous-marin nucléaire d'attaque) est lancé le 16 mai 1994, et entre en service le 30 décembre 1994. Il fait alors partie des sous-marins les plus perfectionnés de la marine russe.
Le samedi 12 août 2000, le Koursk est en exercice en mer de Barents où il doit lancer deux torpilles d'exercice, mais avant leur lancement, deux explosions font sombrer le sous-marin à 135 km de la ville de Severomorsk. Seulement quelques hommes survivent et se regroupent dans le sas de secours pour attendre leurs sauveteurs. Mais à cause de tergiversations et essais ratés, ils arriveront trop tard.
Poutine donne alors l'ordre de renflouer le sous-marin dont on extrait 115 corps (trois ne seront pas retrouvés), et confie l'enquête au procureur Vladimir Oustinov qui conclut, en 2002, à une l'explosion accidentelle d'une torpille due à une fuite de liquide propulseur. Bien que contestée par certains, cette thèse est confirmée par les Américains, les Norvégiens et les Britanniques.
Autour de ce drame, Marc Dugain, estimant que Poutine n'a pas tout mis en oeuvre pour sauver les marins du Koursk (pour des raisons qu'il développe), revient sur la permanence du mépris de la vie humaine des autocrates russes, en évoquant bien sûr l'époque Stalinienne. Un roman que j'ai trouvé agréable à lire, historiquement intéressant, mais qui, comme souvent avec Marc Dugain, pour ce qui est de la gestion du sauvetage des marins du Koursk par Poutine, défend une thèse qui s'appuie me semble-t-il surtout sur des allégations.
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Fandol
  23 avril 2018
Avec toutes les apparences d'une plongée dans le passé de l'Union soviétique puis de la Russie, Une exécution ordinaire est un roman des plus actuels qui permet de comprendre ce qui s'est passé et ce qui se passe dans ce pays si important dans l'équilibre de notre planète.
Avec précision et un juste sens du romanesque, Marc Dugain passe de la fin du stalinisme à la Russie de Pou..., pardon, de Vladimir Plotov. Au cours de sept parties bien distinctes, l'auteur emploie la narration à la première personne du singulier puis le récit plus classique avant de redonner la parole à son narrateur, Pavel Altman.
Olga Ivanovna Atlina, la mère du narrateur, est forcé d'utiliser ses dons de magnétiseuse pour soulager les douleurs de celui qui est décrit ainsi : « C'était presque un nain, un vieux nain au visage grêlé par la variole, un bras plus court que l'autre. Mais son regard d'autour du Caucase, menaçant comme une arme blanche, avait un éclat bien supérieur à n'importe quelle reproduction sur papier. »
L'auteur mêle remarquablement fiction et réalité politique car nous sommes en pleine épuration suite au « complot des blouses blanches »… Staline ne cache pas ses opinions à propos des juifs qu'il voudrait regrouper dans un territoire lointain mais ceux-ci préfèrent Israël. On visite le Kremlin puis la datcha du Vojd avant de suivre « le tsar rouge » en Géorgie. Au passage, le sadisme incroyable des tortures infligées aux personnes arrêtées pour un motif quelconque ou sans motif du tout, est difficilement soutenable.
Simplement, il faut noter que Serguei, le mari d'Olga est affecté à un projet de sous-marin nucléaire où les parents de Pavel, le narrateur, se retrouvent. Une base sur la mer de Barents où ce même Pavel est né, en 1957, année de la mort de son père.
Après un passage par l'Allemagne de l'est qui vit ses derniers mois, passage utile pour comprendre comment Plotov, membre du KGB, fils du cuisinier de Staline, révèle sa vraie personnalité, le roman atteint toute son envergure lorsque Marc Dugain nous plonge, c'est le cas de le dire, dans le monde des sous-mariniers à Anterograd. Petit à petit, tous les mystères s'éclaircissent jusqu'à l'épisode terrible du naufrage du sous-marin nucléaire qu'il nomme Oskar mais qui rappelle celui du Koursk, le 12 août 2000, avec 118 hommes à bord.
J'ai été captivé, subjugué, emporté par ce récit haletant, avec Anton qui tente de rassurer le jeune Vania : « N'oublie pas que toute la marine de la grande Russie est à notre recherche et que nous sommes à la portée d'un plongeur en apnée. »
Enfin, que dire de ce président en vacances au bord de la mer Noire ? « le deuxième des tsars bleus s'y est installé en villégiature estivale pour ses premières vacances depuis son élection. » Marc Dugain ajoute : « Il a compris que ne jamais rien renier du passé et l'endosser sans honte est la meilleure façon de ménager son avenir. »
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caro64
  16 avril 2012
Le 12 août 2000, le Koursk, sous-marin atomique russe, sombre en mer de Barents alors qu'il effectuait des manoeuvres ordinaires. Aucun des 118 marins ne survivra. Après des mois d'enquête, Marc Dugain nous livre un roman au coeur de ce drame russe. Mais cet évènement n'est qu'un prétexte à dérouler l'histoire de la Russie, de Staline à Poutine, ses dérives et ses jeux de pouvoir. Dugain fait revivre l'ambiance de terreur des années soviétiques, il fait parler les morts. Si vous aimez les petites histoires dans la grande Histoire, les récits bien bâtis, le verbe modeste qui n'exclut pas les belles formules, lisez "Une exécution ordinaire".
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Woland
  14 décembre 2007
Le titre de ce roman ne prend tout son sens qu'à sa fin. Jusque là, le lecteur est un peu déstabilisé car le seul reproche que je ferai à ce livre, c'est sa construction hésitante. Marc Dugain nous avait habitués à mieux.
Le narrateur principal, qui nous jette dès le début, avec sa mère, dans le bureau d'un Staline vieillissant, s'appelle Pavel Altman. Par son grand-père maternel, il est juif et il vit dans la Russie de Poutine, là où se réveille l'anti-judaïsme. Mais disons que sa judéité n'est pas pour lui le point le plus important, loin s'en faut - alors que sa fille, Anna, captivée par le mirage israélien, finira par obtenir son visa pour la Palestine.
Le but poursuivi par Pavel est de convaincre le lecteur que, de Staline à Poutine, pratiquement rien n'a changé en Russie. Sauf qu'y règne désormais une mafia toute puissante et qui a accès à tous les niveaux de la société. Et que, pour lui survivre, le plus modeste des particuliers doit savoir, à l'occasion, se transformer en tueur sans état d'âme.
Pour ce faire, il dépeint donc sa mère, urologue qui avait des talents de guérisseuse et que Staline prend comme médecin personnel mais secret lorsque commencent les procès des années 50 contre les médecins juifs. Sur l'ordre paranoïaque du Vojd, elle fera croire à son mari que, lorsque les miliciens viennent la chercher à n'importe quelle heure de la nuit, c'est pour la mener à son amant, membre influent du Parti. A son travail, elle ne pourra pas non plus dire où elle se rend lorsqu'elle s'absente et deviendra l'objet d'une enquête menée par le KGB. On torturera même son mari pour obtenir des renseignements sur les rendez-vous secrets de sa femme ... La folie rusée de Staline est ici décrite avec un talent qui vous glace le sang.
Mais Staline meurt et la mère de Pavel retrouvera son mari, non sans avoir croisé, dans la datcha de "l'homme d'acier", le cuisinier de celui-ci lorsqu'il vient annoncer la naissance de son petit-fils, Vladimir Vladimirovitch Plotov.
Là, l'histoire bifurque sur deux militaires qui discutent justement de ce Vladimir Plotov, devenu entre temps agent de renseignements.
Puis, on revient à la narration de Pavel, à sa vie familiale, aux problèmes de santé de sa femme (qui souffre de problèmes de mémoire), à sa fille, Anna, journaliste dans une station de télévision de la Russie d'après-le Mur et puis à son fils, Vania, qui était sous-marinier.
Et peu à peu, on comprend que Vania est mort dans le naufrage de l'"Oskar", un sous-marin nucléaire disparu en période de grandes manoeuvres sans que l'on sache exactement ce qui avait provoqué l'explosion première, cause de sa chute dans la mer de Barents.
Par la suite, on retrouvera les deux militaires, un peu plus vieux et plus gradés, parlant toujours de ce Plotov devenu le successeur de Boris Eltsine. Et Plotov lui-même interdisant qu'on accepte l'aide de sous-mariniers britanniques pour sauver les vingt-trois hommes qui auraient pu l'être dans l'épave de l'"Oskar." Une exécution ordinaire, par raison d'Etat, pour que le prestige de la Russie ne soit pas une fois de plus mis à mal.
C'est un roman qui se lit bien et qui a vraiment de très beaux moments - le paragraphe final est d'un cynisme et d'une tristesse exemplaires. La personnalité de Staline est superbement rendue - à mon sens. Celle de Plotov-Poutine aussi mais le parallèle évident avec Staline me semble moins bien trouvé. Quoi qu'il en soit, le récit manque - à mon avis - de cette unité que l'on peut apprécier dans "La Malédiction d'Edgar."
Ce qui ne m'empêchera pas de lire le prochain Dugain. ;o)
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Illwenne
  22 avril 2015
C'est à partir d'un fait divers, tragique tant humainement qu'écologiquement, que Marc Dugain nous entraine en URSS-Russie depuis les derniers jours de Staline jusqu'au début des années 2000. La tragédie du sous-marin Koursk -Oskar dans le roman - coulé en eaux peu profondes lors de manoeuvres navales dans la mer de Barents avec 118 hommes à bord, dont pas un ne survivra, avait fait la une de tous les journaux en Août 2000. Pavel, le narrateur a perdu son fils Vania dans ce naufrage, mais son corps n'a jamais été trouvé. C'est lui qui va nous guider dans la Russie communiste et post-communiste à partir de ses souvenirs, puis de ce qu'il a vécu.
La première partie nous raconte comment Olga, la mère de Pavel, urologue, mais aussi magnétiseuse est réquisitionnée - je dirais presque enlevée- par un Staline mourant, paranoïaque et despotique. Il vient de licensier ses médecins juifs qu'il a envoyé "en villégiature" loin à l'est. Olga devra être à sa disposition de jour comme de nuit, parfois attendre le bon vouloir du tyran pendant de longues heures, enfermée dans une petite pièce. Staline ne veut surtout pas qu'on sache qu'il se fait soigner par une magnétiseuse, alors il oblige Olga à garder le secret, même vis à vis de son mari qu'elle devra quitter sous un prétexte fallacieux. Dans la seconde partie, on rencontre Vladimir Plotov (qui n'est autre que Poutine), jeune officier du KGB, mis à l'épreuve par ses supérieurs. Il doit montrer que, prêt à tuer sans aucun état d'âme, il a bien les qualités qui feront de lui un bon espion. La troisième partie nous mène au bord de la mer de Barents, ou vit Pavel et sa famille. Celui-ci nous fait partager leur vie après la catastrophe de l'Oskar.
Dans Une Exécution Ordinaire, Marc Dugain nous démontre avec son talent habituel comment rien n'a changé dans ce pays, bien que les régimes et les dirigeants se soient succédés. Les tsars blancs ont été remplacés par les tsars rouges mais leurs manières de diriger le pays reste la même. Que le régime soit tsariste, communiste ou post-communiste la gestion de cet énorme pays ne varie pas : La vie des hommes n'a aucune importance, seul compte l'honneur du pays et rien de ce qui s'y passe ne doit transpirer à l'extérieur. C'est ainsi que Plotov décidera de laisser mourir les marins de l'Oskar encore vivants après la catastrophe, refusant l'aide des autres pays. Ainsi quelle qu'ait été la cause de la catastrophe, le secret aura été gardé, l'honneur du pays sauf.
C'est un portrait de la Russie, saisissant et très bien documenté, que Marc Dugain dresse dans ce roman, une sorte de fresque historique de presque un siècle. J'ai tout de même regretté que malgré que l'auteur ait choisi l'histoire de la famille de Pavel pour nous faire voyager du régime stalinien à celui de "Plotov ", il n'y ait pas de lien réél entre les différents épisodes. Il m'a semblé que je lisais trois nouvelles : la première mettant en scène Staline, la seconde Plotov dans ses débuts au KGB, et la troisième narrant le naufrage de l'Oskar et les manipulations employées par l'Etat pour acheter le secret des familles. Malgré cela j'ai passé un bon moment avec cette lecture. le mystère plane tout au long du récit et la fin fait froid dans le dos.
Lien : http://lecturesdebrigt.canal..
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Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   24 juillet 2015
Tout d'abord, il faut que vous sachiez que les Tchétchènes ne sont pas, au départ, des indépendantistes forcenés. Ce sont des Caucasiens, musulmans, bons vivants, avec de très anciennes traditions. Au moment où le communisme est tombé et où les affaires ont commencé à prospérer, beaucoup d'entre eux ont été employés par des oligarques, les nouveaux riches, comme gardes du corps ou hommes de main à Moscou, où ils ont aussi développé leurs propres intérêts mafieux, mais sans jamais faire d'ombre aux grandes affaires. Pendant que les oligarques avec la complicité des hommes du Kremlin, mettaient la main en Russie sur le gaz, le pétrole, la sidérurgie, l'automobile, les Tchétchènes s'occupaient du business mafieux habituel comme les jeux, les filles, les restaurants. Et tout le monde s'accordait très bien dans cette cohabitation sur des territoires bien délimités. En Tchétchénie, les choses se passaient un peu différemment. Vous devez savoir qu'à cette époque, les affaires là-bas reposaient sur deux secteurs : le pétrole et le trafic d'armes. Les réserves de pétrole ne sont pas gigantesques mais facilement accessibles. Pour les armes, c'est de là que partaient en contrebande de grosses quantités souvent détournées de l'armée russe avec la complicité des officiers supérieurs pour être acheminées à des prix compétitifs dans des zones de guerre comme l'ex-Yougoslavie, par exemple. Et puis, en 94, les généraux russes ont contesté les règles de partage du trafic d'armes, ils trouvaient leur part insuffisante. Ils ont menacé les Tchétchènes qui ont réagi en proclamant leurs velléités d'indépendance. Mais, avant d'entrer dans un conflit ouvert, leur chef, qui était un général d'aviation a pensé qu'on pouvait facilement éviter le guerre. Il a demandé à voir Eltsine, mais les généraux se sont employés pour que cette rencontre n'ait pas lieu, car elle aurait conduit à un déballage de pratiques qu'ils n'avaient pas forcément envie de voir révéler au grand jour.(...). Alors le chef tchétchène n'a jamais pu rencontrer le président. Et les généraux se sont dit que cette guerre présentait un autre avantage majeur. Les Tchétchènes, s'ils trafiquaient des armes, n'en possédaient pas eux-mêmes assez pour mener une guerre. En les acculant au conflit, il leur faudrait bien en acheter et ils se rendraient vite compte que les armes les moins chères et les plus faciles à se procurer étaient les armes qu'allaient leur vendre ces généraux russes.
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michelekastnermichelekastner   24 juillet 2015
Le premier réflexe de nos dirigeants a été de faire porter la responsabilité du drame aux étrangers, en prétendant que ce submersible insubmersible ne pouvait avoir été envoyé par le fond que par un missile américain. Puis ils se sont rétractés, les avantages de faire porter le chapeau aux étrangers balayé par l'inconvénient de devoir justifier une absence de riposte, de ne pas avoir atomisé l'agresseur ou même plus. La version la plus neutre consistait alors à expliquer qu'une vieille torpille avait explosé à l'avant du bâtiment. Ils ont répandu cette rumeur avant de savoir quelle était la vraie cause qui peut bien être celle-ci, au final. Mais, dans tous les cas, ils ne voulaient pas être pris à contre-pied par les révélations des survivants. Ces hommes devaient mourir pour que le doute puisse continuer à bénéficier au pouvoir, pour que la vérité ne puisse lui être jetée à la face. Au bout du compte, que sont ces vingt-trois vies, comparées à un secret d'Etat à naître ? Rien. Et cela n'a rien de choquant. Le contraire aurait étonné. Dans un pays où la vie ne vaut rien, où la mort a longtemps été une délivrance, peut-on concevoir qu'on échange des siècles d'exercice du pouvoir dans le secret contre les vingt-trois vies d'hommes qui ont choisi le métier des armes ? Le contraire aurait été à lui seul une révolution. Et de révolution, dans ce pays, nous n'en avons jamais eu.
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Sophie_BazarSophie_Bazar   09 juin 2012
Quand elle est revenue à elle avec cet air de terreur de quelqu'un qui regrette d'avoir retrouvé la conscience, j'ai compris que nous avions basculé dans un monde où il n'est plus question de vivre mais de se maintenir en vie. La frontière qui mène de l'existence à la survie est facilement franchissable. On ne peut pas perdre un enfant et continuer à adhérer à toutes ces petites choses dérisoires qui nous tiennent debout.
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Lysiane7Lysiane7   14 octobre 2012
Et qu'est-ce que la terreur ?
C'est la certitude pour tout homme de l'Union Soviétique, du plus humble au plus puissant, de l'anonyme à l'ami intime de Staline, que rien ne le protège d'une décision de l'exécuter qui peut tomber chaque instant sans véritable fondement. Les hommes doivent accepter qu'à tout moment, sans raison précise, on puisse les ramener à cette forme absolue de modestie qu'est la mort.................
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Florence94Florence94   14 août 2012
La version la plus neutre consistait alors à expliquer qu’une vieille torpille avait explosé à l’avant du bâtiment. Ils ont répandu cette rumeur avant de savoir quelle était la vraie cause qui peut bien être celle-ci au final. Mais, dans tous les cas, ils ne voulaient pas être pris à contre-pied par les révélations des survivants. Ces hommes devaient mourir pour que le doute puisse continuer à bénéficier au pouvoir, pour que la vérité ne puisse lui être jetée à la face. Au bout du compte, que sont ces vingt-trois vies, comparées à un secret d’Etat à naître à Rien. Et cela n’a rien de choquant. Le contraire aurait étonné. Dans un pays où la vie ne vaut rien, ou la mort a longtemps été une délivrance, peut-on concevoir qu’on échange des siècles d’exercice du pouvoir dans le secret contre les vingt-trois vies d’hommes qui ont choisi le métier des armes . Le contraire aurait été à lui seul une révolution. Et de révolution, dans ce pays, nous n’en avons jamais eu.

- La vérité est un objectif théorique, lui ai-je dit. Ceux qui se battent pour elle, le font souvent au risque de leur vie pour la transmettre à des gens qui n’en ont pas grand-chose à faire.

- Si la vérité vous intéresse vraiment, elle n’est pas dans les faits, qui n’en sont que la partie visible. Elle n’est même pas dans les rapports de pouvoir qu’une minorité nous impose. Elle est dans la compréhension des raisons qui nous font les accepter, et pour ce sujet il faut plus de trois jours.
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