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EAN : 9782070369034
224 pages
Éditeur : Gallimard (16/03/1972)
3.92/5   49 notes
Résumé :
_Mme Delahaie est morte, dit papa.
Maman devint toute pâle.
_Est-ce possible?
_Vois toi même, répondit papa. C'est une lettre du notaire.
Et il enleva son pardessus. Il avait un vêtement de coupe élégante, mais qu'il jugeait fané, ce dont nous ne pouvions nous parcevoir.
Maman dépliait la lettre. Soudain elle se cacha le visage dans son tablier et se prit à pleurer.
Papa souriait, le sourcil dédaigneux.
Joseph s'écria... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
BVIALLET
  02 juillet 2012
En 1889, la famille Pasquier (Raymond, Lucie et leurs quatre premiers enfants, Joseph, Ferdinand, Laurent et Cécile) tire le diable par la queue dans son petit appartement de la rue Vandamme, quartier Montparnasse à Paris. Raymond poursuit d'interminables et fort tardives études et Lucie fait des travaux de couture et s'occupe de ses enfants. Mais un jour, la famille apprend que Lucie pourrait bénéficier d'un héritage suite au décès de ses deux soeurs au Pérou. L'ennui c'est qu'elle n'en a encore que l'usufruit car le décès de l'une des soeurs n'est pas confirmé. L'argent est donc bloqué. La famille ne récupère que quelques meubles et vit dans l'attente de l'arrivée d'une lettre du « Notaire du Havre » leur annonçant enfin la bonne nouvelle... Mais elle tarde à venir et chaque jour la famille s'enfonce un peu plus dans la misère.
« Le notaire du Havre » est le premier des dix tomes que comporte le grand oeuvre de G.Duhamel, « La chronique des Pasquier ». Racontée par la bouche de Laurent, le benjamin des garçons, celui qui deviendra biologiste et est en quelque sorte l'avatar de l'auteur, cette histoire simple et savoureuse d'une famille modeste de la fin de XIXème siècle est intéressante à bien des points de vue. Pour le lecteur d'aujourd'hui, c'est une véritable plongée dans un monde disparu (calèches, allumeurs de réverbères, chanteurs de rue et autres lavandières ayant depuis longtemps quitté nos rues), un témoignage touchant de sincérité sur la vie des petites gens de ce temps-là et une galerie de personnages hauts en couleur : le père étudiant, fort caractère et plutôt grande gueule, la mère courage toute dévouée à sa nichée, la soeur pianiste surdouée déjà promise à une belle carrière et les garçons plus ou moins intéressés par les études, sans parler d'une quantité de personnages secondaires (voisins, connaissances, etc...) comme on n'en rencontre plus. Un début de saga magnifiquement écrit, qui a très peu vieilli, si l'on fait abstraction de quelques envolées lyriques, et qui annonce une suite prometteuse pour cette saga.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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paulmaugendre
  20 mai 2020
Âgé de cinquante ans, Laurent Pasquier, chercheur et professeur de biologie au Collège de France, entreprend de narrer l'histoire familiale. Dans le prologue de ce récit, il nous présente ses ancêtres, paternels et maternels, et quelques ramifications qui s'avèrent indispensables, non pas pour la compréhension de l'histoire, mais pour poser les bases de cette saga qui s'étalera sur dix volumes.
Né en 1881, Laurent Pasquier ne possède que peu de souvenirs de sa petite enfance. Comme tout un chacun de nous. Aussi ce que l'on peut appeler ses mémoires débutent en 1889, alors que la Tour Eiffel est à peine achevée. Son père Eugène-Etienne-Raymond, né en 1846, mais son épouse ne l'appellera que Raymond ou encore plus familièrement Ram, est employé chez Cleiss et parallèlement entame des études de médecine. Sa mère, Lucie née Delahaie, un an plus jeune, sera le pivot, malgré elle, des espoirs et désillusions subies les deux années durant lesquelles se déroule cette histoire.
Outre Laurent, il ne faut pas oublier les garçons Joseph, l'aîné, puis Ferdinand, qui précède également Laurent, et Cécile la petite dernière de deux ans, avant la prochaine qui ne naîtra quelques mois après la fin de ce tome. Il y eut auparavant deux autres enfants, Marthe et Michel, décédés en 1884 de la scarlatine, alors que Laurent n'avait que trois ans. Mais il ne s'en souvient que par les propos de ses parents.
Donc en cette année 1889, alors que les parents ont déménagé à moult reprises, établis à l'époque à Nesles-la-Vallée, Lucie reçoit un courrier du notaire du Havre, l'informant qu'à la suite du décès de la tante Augustine elle en est l'héritière. Théoriquement.
Car les deux soeurs de Lucie qui vivaient à Cusco au Pérou, sont aussi héritières potentielles. Elles ont disparu lors d'un séisme et nul ne sait si elles sont toujours vivantes ou non. Lucie va donc recevoir un tiers de l'héritage en attendant le résultat des démarches entreprises par le notaire et le consulat général de France. Sinon, il faudra attendre les trente ans requis pour les porter définitivement décédées. Autre problème, cet héritage est en grande partie composé de titres dont ne pourra disposer Lucie qu'à la majorité de ses enfants.
La famille s'installe néanmoins rue Vandamme à Paris, non loin de la Gare Montparnasse, de la rue du Maine et de la rue de l'Ouest, dans un appartement plus grand. Raymond pourra ainsi disposer de son bureau, les enfants et les parents se partageant les autres chambres, tandis que Lucie se réserve la salle pour ses travaux de couture. Ils ne roulent pas sur l'or, loin de là, mais vivent avec l'espoir d'une lettre en provenance du notaire leur annonçant la bonne nouvelle.
Parmi leurs voisins, Wasselin, un homme qui s'emporte facilement contre sa femme et surtout leur fils Désiré qu'il traite d'enfant déchu. Désiré se trouve dans la même classe que Laurent, malgré ses trois ans de plus, et les deux gamins deviennent amis. Quant à Wasselin, comptable, il change régulièrement de patron et surtout, il propose souvent des plans financiers qui s'avèrent tous plus ou moins toxiques. Ce qui n'empêche pas le père de Laurent d'écouter les sirènes financières et d'y perdre des plumes.

Ce premier volet de la saga familiale des Pasquier nous plonge dans les espoirs, souvent déçus, d'une famille modeste. Ils sont confrontés à la pénurie d'argent récurrente, ce qui reflète une époque, mais pourrait se décliner aussi de nos jours.
Les petites joies et les grands abattements quasi quotidiens sont narrés avec réalisme mais sans tomber dans le misérabilisme. La pauvreté est le lot de bien des ouvriers et la famille Pasquier subit les coups du sort sans vraiment se plaindre, avec une sorte de fatalité. La mère dans ces cas là ne compte plus ses heures devant sa machine à coudre, payée chichement par des couturiers qui lui confient les coupons de tissus prédécoupés ou non.
Il n'y a pas souvent de viande dans les gamelles et le plat principal consiste en lentilles, ce qui ne les gêne guère, pourvu qu'il soit agréable à l'oeil du père. Alors la mère parsème par-dessus ces légumes du persil afin de donner un peu de couleur.
Raymond, sous l'impulsion de Wasselin, effectue des placements hasardeux, et l'affaire des titres de la société Incanda-Finska nous ramène à ces scandales financiers dont l'affaire du Canal de Panama et celle de l'Union générale, banque catholique française qui fit faillite lors d'un krach boursier. Un fois de plus on ne peut s'empêcher d'évoquer des affaires récentes, américaines, qui déteignirent sur les bourses mondiales. L'appât du gain facile attire toujours les plus démunis, que ce soit dans des placements boursiers ou les jeux de hasard. Un roman qui ne peut vieillir quel que soit le contexte.
Si Raymond se laisse facilement influencer par Wasselin, Lucie est plus réfléchie. Elle a la tête sur les épaules et est pragmatique devant les envolées utopiques de son mari.
Le point positif réside dans l'amitié des deux garçons, Laurent et Désiré, mais qui se clôturera tragiquement.

Le notaire du Havre, dont il est souvent question dans le roman, est un peu comme l'Arlésienne. On en parle, la famille Pasquier reçoit des lettres, rarement, de sa part, mais il n'apparaît jamais.
Or, justement, j'ai acheté ce roman parce que je pensais qu'il y avait une relation avec cette ville portuaire où j'ai passé mon enfance, croyant retrouver quelques images. Nostalgie…
Par certains points, ce roman pourrait être considéré comme un roman noir dont le thème serait la finance délétère, comme cela a déjà été traité à maintes reprises par Hector Malot dans Les Millions honteux, ou par Emile Zola dans L'argent. Mais les exemples ne manquent pas.

Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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HORUSFONCK
  09 décembre 2016
Je viens de trouver, très récemment, une intégrale de la Chronique des Pasquier en uns seul volume, relié cuir et imprimée sur "papier bible"... dans une vente Emmaüs et à un prix plus que raisonnable.
Ce sera l'occasion, pour moi, de relire quelques morceaux de cette attachante saga...
Ma lecture remontant à la décennie 1970.
Le premier épisode des Pasquier, dégusté en 1970 ou 71, m'avait passionné et donné l'envie de lire la suite. J'en avait fait un exposé de livre lorsque j'étais en quatrième.
Dans ce premier opus, les présentations sont faites du "noyau" Pasquier... Une famille qui va grandir et évoluer, et dont les caractères sont déjà dessinés.
Laurent sera le savant, Cécile la pianiste virtuose, Ferdinand le terne employé et Joseph l'affairiste... Et Suzanne n'est pas encore là.
Pour l'heure, la lettre du "Notaire de Havre" se fait attendre, et les Pasquier vivent assez chichement dans leur appartement parisien.
Et c'est Laurent qui raconte...
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M_a_r_c
  28 août 2020
Je lisais pour la première fois le Notaire du Havre en 2014. Je pensais plonger dans un classique aussi poussiéreux qu'ennuyeux. Je me trompais lourdement. Ce que j'admettais en quelques lignes. Pour lire immédiatement après le Jardin Des Bêtes Sauvages, le deuxième tome de la Chronique Des Pasquier, tout aussi intéressant que le premier.
Impossible, par la suite, de mettre la main sur les tomes suivants. Alors que des M*ss* et des L*v* (et bien d'autres, je suis désolé de m'en prendre toujours aux deux mêmes auteurs, que je n'ai même jamais lus…) vendent leurs romans par dizaines ou par centaines de milliers, les maisons d'édition ne jugent même plus utile (et surtout rentable) de proposer au lecteur les oeuvres d'écrivains tels que Georges Duhamel. Apparemment, un style élégant, une syntaxe correcte ou encore l'emploi du subjonctif ne font plus recette.
Le temps passe. D'autres livres me tombent entre les mains. Et je perds les Pasquier de vue. Mais pas totalement… Lorsque je vois passer – d'occasion mais en excellent état – l'intégrale de la Chronique Des Pasquier en deux volumes aux éditions Mercure de France, je n'hésite pas : je me la fais offrir pour mon anniversaire !
Six années ayant passé, je ne pouvais pas commencer Vue de la Terre Promise sans relire d'abord le Notaire du Havre et le Jardin Des Bêtes Sauvages.
C'est chose faite pour le premier tome. Dont cette nouvelle lecture confirme tout le bien que j'en avais pensé à l'époque.
Tout d'abord, Georges Duhamel écrit bien. Si son style, classique, est impeccable, il est en même temps moderne et totalement dépourvu de cette poussière qui ne pouvait selon moi que recouvrir un roman ayant un tel titre.
Ensuite, Georges Duhamel se livre, non sans humour, à une critique de la société française de la fin du XIXe siècle et du modèle familial qui prévalait à l'époque. Sans pouvoir en déduire qu'il était féministe, il tourne en ridicule Eugène-Etienne-Raymond Pasquier, le chef de famille, souvent trop sûr de lui. Il le fait avec finesse, sans véritable méchanceté, en confiant à son épouse le rôle – délicat – de le ramener à la réalité et à la raison sans heurter sa susceptibilité de mâle dominant. Une prudence souvent inutile, tant Monsieur Pasquier, convaincu de sa valeur en certains domaines, parvient à présenter ses échecs comme des opportunités et à s'éviter ainsi de devoir faire amende honorable.
Il y a aussi de la tendresse dans la Chronique Des Pasquier. Même si elle est trop dévouée à son mari, même si celui-ci tantôt l'infantilise, tantôt la prend de haut, les époux s'aiment (du moins dans ce premier tome…) et aiment sincèrement leurs enfants. A qui ils s'efforcent, malgré leurs déboires et cet héritage du Pérou qui rechigne à tomber dans leur escarcelle, de donner le meilleur.
Lecture faite et refaite, persiste et signe : le Notaire du Havre, prélude à une vaste saga familiale comptant dix épisodes est un classique qui n'a pas pris une ride et à côté duquel il serait dommage de passer.

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
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La31
  09 mars 2019
la chronique des Pasquier nous entraîne l'histoire d'une famille les Pasquier avec toutes les péripéties de cette époque bouillonnante du début du XXe siècle de la montée des périls à la guerre et aux années folles.
Cette oeuvre est un monument comme les Thibaud de Roger Martin du Gard ou les hommes de bonne volonté de Jules Romains. malheureusement l'histoire bégaie souvent...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
BVIALLETBVIALLET   02 juillet 2012
Melle Vermenouze avait en outre la passion du beau parler, ce qui la conduisit, un jour, à corriger mon père en notre présence à tous : « Mais non, Monsieur, mais non ! Le verbe aimer suivi d'un infinitif, demande la préposition. » Mon père se mit à sourire de ce sourire féroce qui nous jetait dans l'épouvante. « Avec ou sans préposition, c'est un verbe, Mademoiselle, que vous n'auriez pas été fâchée de conjuguer au moins une fois si on vous y avait aidée. » O terrible papa ! Comme il tapait cruellement quand il était agacé !
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BVIALLETBVIALLET   02 juillet 2012
« A quand le poulet d'honneur ? » l'entendions-nous crier s'il rencontrait maman dans l'escalier. Parfois, il me pinçait la joue, préludait par plusieurs prrrt...prrrt... à mi-voix et lançait, l'air résolu : « Dis à tes parents, jeune Eliacin, que c'est pour dimanche. Oui ! Dimanche sans faute. Je vais acheter la bête et mettre le vin au frais. » Je ne répondais rien, bien sûr, et le singulier homme oubliait tout, à peine le dos tourné. Mais le lendemain, il était ressaisi de sa marotte. Il inventait des détails : « Aimez-vous les escargots ? Il faudrait ajouter une douzaine d'escargots par personne. Tu dis : les enfants ! Non, tu ne dis rien ? Mais les enfants mangeront leur douzaine comme père et mère. Comprends-moi bien, Paula : je veux faire quelque chose de très, très gentil. »
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BVIALLETBVIALLET   02 juillet 2012
Un garçon de ton âge doit commencer à se défier des dames de la rue. Et d'un ! Ecoute la suite? Défie-toi aussi des jeunes filles, oui, des très jeunes filles. Et de deux ! Ca t'étonne ? Possible. Tu me comprendras un peu plus tard. Ah ! Je devrais aussi te parler de certaines rencontres, de certains camarades, mais c'est plus rare qu'on ne le dit et, surtout... Non. On reparlerait de ça s'il y avait lieu. Je le verrais quand même bien. Au revoir, mon cher, et rappelle-toi ce que je t'ai dit : primo, les dames de la rue ; secundo, les jeunes filles. Voilà pour l'instant.
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BVIALLETBVIALLET   02 juillet 2012
Nous fûmes tous habillés de neuf. Grande affaire et qui mit en état de siège l'appartement à peine installé. En général, Ferdinand reprenait les habits de Joseph, et les habits de Ferdinand, lavés, reprisés, pliés attendaient dans un tiroir que je fusse en âge de leur donner le coup de grâce. Mais maman voulait que notre début rue Vandamme fût considéré comme une date capitale et nous reçûmes tous des vêtements neufs.
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PiertyMPiertyM   25 février 2014
Le romancier est l'historien du présent, alors que l'historien est le romancier du passé
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Vidéo de Georges Duhamel
Première partie de la conférence sur Georges Duhamel donnée le 25 mai 2016 à l'Institut Henri Poincaré à l'occasion du Festival Quartier du Livre (Paris 5ème) par Philippe Castro.
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