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Jean-Paul Brighelli (Éditeur scientifique)
EAN : 9782210754249
233 pages
Éditeur : Magnard (12/07/2001)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 52 notes)
Résumé :
« Monsieur, J'ai vu hier les efforts que vous faisiez pour me reconnaître, et vous avez dû voir ceux que je faisais pour ne pas être reconnu. Vous comprendrez qu'au milieu de toutes les humiliations auxquelles nous sommes en butte, une des plus grandes est de nous retrouver, dégradés comme nous le sommes, avec un homme qu'on a connu dans le monde."
Qui est Gabriel Lambert, le forçat brièvement entrevu à Toulon ? A-t-il réellement fait partie de la bonne soci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
PiertyM
  08 juillet 2015
Comment écrire cette histoire de Gabriel Lambert? Voilà ce que s'est posée le père des mousquetaires pour écrire ce roman, qui est aussi complexe que son personnage, il nous est finalement rendu en trois différents temps comme des morceaux de puzzle. En effet, le livre est introduit par une narration tenue par 'Dumas' où émergent toutes les interrogations possibles sur le personnage de Gabriel Lambert ou appelé à un moment le le vicomte de Faverne, ensuite on tombe dans un journal intime où toute l'ossature sur l'identité de Gabriel Lambert nous livrée tenu par un docteur, enfin c'est une lettre de Rossignol, un forçat qui conclut le livre en livrant le dernier sort de Gabriel Lambert...
On se laisse emporter par un conduit psychologique très instable de ce personnage, on le voit d'abord intrépide au bagne, ensuite un enfant fragile dans sa contrée, un espiègle jeune apprenti, un impertinent faussaire, un brave imposteur et enfin un froussard face à la justice, à la mort, un déséquilibré choisissant de noyer sa honte dans le suicide! Un bon petit modèle Dumas!
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Allantvers
  06 juillet 2020
Envie de lire Alexandre Dumas en format court? Gabriel Lambert est le candidat parfait et vous garantit de passer deux heures très agréables.
L'attrait de cette édifiante histoire d'ascension et de chute d'un jeune faussaire trop ambitieux tient en bonne partie à la construction du livre, en récits à la première personne imbriqués les uns dans les autres, le premier étant porté par l'auteur lui-même, car cette construction amène un rythme, un suspens et une pluralité de points de vue d'une redoutable efficacité.
Et Dumas de nous embarquer dans le tourbillon parisien où notre jeune paysan, trop doué mais pas assez malin, se brûlera les ailes. Rêver au-dessus de sa caste, ça ne pardonne pas.
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Taraxacum
  03 septembre 2013
Gabriel Lambert est un roman très court pour Dumas, quand on pense aux énormes Joseph Balsamo ou Vicomte de Bragelonne, par exemple, mais il n'a pas pour autant à rougir devant ses grands frères. Qui plus est, il n'a pas ce côté imposant qui pourrait faire peur à un lecteur: c'est peut-être un de ceux qu'on pourrait conseiller aux personnes n'ayant jamais lu Dumas père?
On y retrouve Dumas narrateur, un modèle de roman courant chez lui et pour lequel j'ai toujours eu un faible,le lecteur passe du bagne aux cercles parisiens les plus chics, de duels en récits d'amours paysannes, le tout guidé par la plume d'un Dumas moins prompt aux détours que d'habitude. C'est agréable, ça se lit vit, presque trop, j'aurai aimé une partie relatant plus avant la période manquante de la vie du protagoniste, entre le récit de son enfance et le récit de sa chute, et si cela n'est pas violemment marquant comme d'autres oeuvres de Dumas, c'est tout à fait plaisant.
Un excellent petit roman.
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CDemassieux
  19 mai 2017
On pourrait dire de Gabriel Lambert qu'il est long « d'une portée de fusil », comme écrivait Flaubert dans Madame Bovary, à propos de la seule rue de Yonville.
En effet, pour ceux qui connaissent le sieur Dumas, on serait tenté de penser, à la manière de Cyrano, que c'est un peu court, qu'on ne nous avait pas habitués à ça, le Vicomte de Bragelonne peut en témoigner !
Mais quelle densité et quel implacable plaidoyer contre la lâcheté que ce roman ! Rarement, l'auteur ne nous aura servi un personnage à ce point maltraité par lui, pour qui il n'a que mépris, se faisant même pour l'occasion le narrateur principal d'une histoire à laquelle il veut insuffler une apparence de vérité, comme cela se pratiquait fréquemment au XVIIIe siècle.
Car ce Gabriel Lambert, qui, par des moyens malhonnêtes, a tenté de s'élever au-dessus de sa condition, abandonnant les siens sans remords, n'invite à aucune empathie, pas même de la part de l'un des protagonistes du récit, médecin pourtant reconnu pour sa profonde humanité : « Je quittai ce malheureux avec le plus profond dégoût qu'un homme m'ait jamais inspiré. »
Et si le texte soulève quelques grands thèmes de société de l'époque – celle du règne de Louis-Philippe –, dont la peine de mort n'est pas des moindres, il semble les survoler pour se focaliser sur la seule lâcheté du personnage principal, qui le motive à tous les manquements à la morale. Aussi, quand il devient à son tour victime, forcément lamentable, la pitié qu'il inspire n'est que passagère.
Gabriel Lambert est une histoire à charge, qu'on croirait écrite de la main même d'un homme sans pitié : le comte de Monte-Cristo. Qui sait, c'est peut-être le cas…
Une oeuvre méconnue qui vaut autant pour l'intrigue que ce style nerveux si reconnaissable.
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Ewylyn
  08 janvier 2016
Comme vous le savez, je suis une grande fan de l'écriture d'Alexandre Dumas, c'est un auteur que j'aime beaucoup, il a une plume très agréable à lire. En essayant de mieux le connaître, je me suis penchée sur le cas de cette petite histoire, Gabriel Lambert, un roman intéressant sans être mon écrit favori de Dumas, il m'a manqué un petit truc pour pleinement être satisfaite.
L'histoire nous présente l'auteur (Alexandre Dumas) reconstituant le passé d'un homme croisé par hasard et dont le visage lui rappelait une affaire à l'Opéra. On change ainsi de point de vue très souvent sans savoir clairement à qui l'on a affaire, c'est déstabilisant au premier abord, je me suis sentie un peu dépassée par ces changements inopinés, même s'ils ont pour but de nous présenter Gabriel Lambert. Un paysan monté à Paris et vivant au-dessus de ses moyens par le mensonge et la couardise, un antihéros pour lequel je ne suis pas parvenue à me prendre d'affection.
L'intrigue est écrite de manière à rentrer dans l'intimité de cet homme, Henry de Falerme. Je l'ai jugé tellement méchant, menteur, manipulateur, égoïste, je ne parviens même pas à le plaindre de ses nombreux malheurs ou a avoir une once de compassion pour lui. Ce qui est dommage, c'était le but du récit et j'en suis restée totalement à côté. J'avais plus d'égard pour ce docteur obligé de le suivre et de le surveiller, ou pour son épouse, la malheureuse qu'il a jetée. Les autres personnages sont intéressants même si on les voit que peu comme Alexandre Dumas lui-même, ou le père de Gabriel Lambert, un vieil homme très attachant.
La plume de l'auteur est fluide et il sait nous rendre compte des lieux, des émotions sans être ni simpliste ni trop long. Les descriptions sont suffisamment précises pour nous rendre compte de ce qui se passe sous nos yeux, le roman se lit assez facilement, en quelques jours, la variation des points de vue entraînent un bon rythme et l'envie de connaître le passé de ce comte mystérieux se retrouvant au bagne est une motivation importante pour tourner les pages. Les dialogues sont bien écrits, ils renforcent l'idée d'en savoir plus sur la personnalités des personnages rencontrés.
L'époque de Dumas est bien narrée, les moeurs, les coutumes, la fascination pour l'opéra est présente, les lois sur le bagne et les faussaires donnent des informations en plus sur ce XIXe siècle. La plume de Dumas permet de se fondre aisément avec les expressions en usage ces années là. Je n'ai eu aucun mal à comprendre, mais c'est la grande force de cet auteur, sa plume est soignée et lisible.
En conclusion, ce n'est pas mon roman favori d'Alexandre Dumas. L'idée de faire connaissance avec un homme, ses qualités et ses défauts à travers le point de vue de six personnes l'ayant côtoyé apparaît certes intéressant, encore faut-il que l'homme en question soit fascinant à suivre. Henry de Falerme, Gabriel Lambert de son vrai nom, est méprisable, il n'a d'humanité que ses plus bas côtés et rien n'a su me toucher en lui, excepté sa fin. Les personnages l'entourant sont intéressants à suivre, en particulier le docteur l'accompagnant durant plusieurs mois. La plume est fluide et très agréable à lire, mais le récit m'a paru laborieux à cause de cet homme peu recommandable.
Lien : http://la-citadelle-des-livr..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
TaraxacumTaraxacum   03 septembre 2013
— Mon cher M. Fabien, continua le roi, sachez bien une chose, c’est qu’il ne tombe pas une tête en France que je n’aie acquis par moi-même la certitude que le condamné était bien véritablement coupable.
« Chaque nuit qui précède une exécution est pour moi une nuit de profondes études et de réflexions solennelles.
« J’examine le dossier depuis sa première jusqu’à sa dernière ligne, je suis l’acte d’accusation dans tous ses détails.
« Je pèse les dépositions à charge et à décharge, loin de toute impression étrangère, seul avec la nuit et la solitude, je m’établis en juge des juges. Si ma conviction est la leur, que voulez-vous ? le crime et la loi sont là en face l’un de l’autre, il faut laisser faire la loi ; si je doute, alors je me souviens du droit que Dieu m’a donné, et, sans faire grâce, je conserve au moins la vie. Si mes prédécesseurs eussent fait comme moi, docteur, peut-être eussent-ils eu, au moment où Dieu les a condamnés à leur tour, quelques remords de moins sur la conscience, et quelques regrets de plus sur leur tombeau.
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PiertyMPiertyM   07 juillet 2015
D’abord on ne demande en général de conseil que pour se corroborer soi-même dans la résolution qu’on a déjà prise ; ou si, indécis encore de ce que l’on fera, on suit le conseil donné, c’est pour avoir le droit de dire un jour au conseiller : C’est votre faute
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TaraxacumTaraxacum   03 septembre 2013
— S’il a fait fortune, répondis-je timidement, il faut nous en féliciter ; au moins il sera heureux, lui.
— Fait fortune ! s’écria le père Thomas ; et par quel moyen veux-tu qu’il ait fait fortune ? est-ce qu’il y a des moyens honorables de faire fortune en un an et demi ? Est-ce qu’un homme qui a fait fortune honorablement ne reconnaît pas les gens de son pays, cache son existence à son père, oublie les promesses qu’il a faites à sa fiancée ?
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brigetounbrigetoun   21 novembre 2011
Il est vrai que la nuit, quand je pouvais prendre sur moi de fermer mes volets aux rayons tentateurs de la lune ; quand je pouvais détourner mes regards de ce ciel tout scintillant d'étoiles ; quand je pouvais m'isoler avec ma propre pensée, je ressaisissais quelque empire sur moi-même. Mais, comme un miroir, mon esprit avait conservé un reflet de ses préoccupations de la journée, et comme je l'ai dit, ce n'étaient plus des créatures humaines avec leurs passions terrestres qui m'apparaissaient, c'étaient de beaux anges qui, à l'ordre de Dieu, traversaient d'un coup d'aile ces espaces infinis ; c'étaient des démons proscrits et railleurs, qui, assis sur quelque roche nue, menaçaient la terre ; c'était enfin une oeuvre comme la Divine Comédie, comme le Paradis Perdu ou comme Faust, qui demandait à éclore, et non plus une composition comme Angèle ou comme Anthony.
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MedelieMedelie   22 décembre 2012
Puis il y avait les jours de tempête, les jours où le ciel si pur se voilait de nuages sombres, où cette Méditerranée si azurée devenait couleur de cendre, où cette brise si douce se changeait en ouragan.
Alors le vaste miroir du ciel se ridait, cette surface si calme commençait à bouillir comme au feu de quelque fournaise souterraine. La houle se faisait vague, les vagues se faisaient montagnes. La blonde et douce Amphitrite comme un géant révolté, semblait vouloir escalader le ciel, se tordant les bras dans les nuages, et hurlant de cette voix puissante qu'on n'oublie pas une fois qu'on l'a entendue.
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