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La Dame de Monsoreau tome 0 sur 1

Janine Garrisson (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070316366
1040 pages
Gallimard (25/09/2008)
3.97/5   356 notes
Résumé :
Paris, une nuit de février 1578.
Dans une ruelle sombre des abords de la Bastille, Louis de Clermont d'Amboise, sire de Bussy, gentilhomme courageux et loyal, tombe dans l'embuscade que les mignons du roi Henri III lui ont tendue. Seul contre cinq, il ne doit la vie sauve qu'à l'intervention providentielle d'une belle inconnue blonde comme un ange...
Ainsi commence l'histoire d'amour qui forme le cœur de La Dame de Monsoreau, histoire lumineuse qui se... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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Nous sommes à la fin du XVIe siècle et le soleil des Valois est en plein déclin. le dernier héritier de la lignée, Henri III, a bien du mal à conserver ses fesses vissées sur le flageolant trône de France, tiraillé qu'il est entre les exigences de ses « mignons » et les ambitions de son frère cadet, François d'Anjou. Assoiffé de pouvoir mais trop timoré pour s'opposer ouvertement à son ainé, le duc d'Anjou préfère s'attirer le soutien d'adversaires plus belliqueux que lui comme les redoutables ducs de Guise, dirigeants de la Ligue catholique, et s'entourer de valeureux gentilshommes prêts à défendre ses intérêts en provoquant les « mignons » royaux.

Le plus remarquable de ces vaillants jeunes hommes est le comte de Bussy, favori de dames et terreur de ces messieurs. Mais la renommée du séduisant comte lui attire bien des ennemis et, une nuit où il rentrait tranquillement de chez une de ses maitresses, il tombe dans un guet-apens tendu par quatre hommes du roi. Sauvé in extremis par l'intervention d'une jeune femme, Diane de Méridor, il en tombe aussitôt passionnément amoureux (c'est quand même épatant tous ces romans où l'on tombe raide dingue d'une fillette que l'on a aperçue pendant deux minutes à peine, mais bon, passons…) Pas de chance pour notre héros, la belle est déjà prise ! Elle vient d'épouser en justes noces le comte de Monsoreau, grand veneur du roi, proche ami du duc d'Anjou et mari atrocement jaloux. En fière tête-brûlée qu'il est, Bussy ne se laissera pas arrêter par un aussi insignifiant obstacle et fera tout pour libérer sa dulcinée, quitte à attirer sur sa tête la redoutable colère de François d'Anjou qui ne dédaignerait pas non plus de glisser la charmante dame de Monsoreau dans son lit.

Quoique ayant lu beaucoup de romans de Dumas il y a quelques années, je n'avais jamais été attirée par « La Dame de Monsoreau » et j'avais plus ou moins oublié son existence, jusqu'à que la lecture de l'excellent « Les douze muses d'Alexandre Dumas » de Dominique Fernandez le rappelle à mon souvenir. Plaisir retardé mais d'autant plus savoureux, car « La Dame de Monsoreau » est assurément un très bon Dumas ! Dialogues piquants et débordants d'esprit, anecdotes savoureuses, scènes d'action enlevées et intrigues tortueuses, tout y est pour transporter le lecteur et les presque 1000 pages de ce trépidant roman se dévorent comme un rien.

L'histoire d'amour, bien qu'agréable à suivre, est sans grande originalité, mais elle est soutenue par une intrigue historique particulièrement réussie et passionnante. La pâlichonne Diane et son chevalier servant sont aisément éclipsés par le personnage d'Henri III, roi à la personnalité fascinante vacillant sans cesse entre irrésolution et noblesse, et surtout par celui de son bouffon et fidèle conseiller Chicot. Chicot est un gascon, mais un gascon comme les aime Dumas : courageux mais pragmatique, bavard comme une pie mais rusé comme un renard, tortueux mais dévoué, jouisseur, sarcastique, fantasque… En un mot comme en cent, un gaillard formidablement sympathique que son affection sincère quoique un peu vacharde pour son trop faible souverain ne rend que plus attachant. Impossible de ne pas l'adorer ! C'est assurément pour le plaisir de le retrouver que je me procurerai dès que possible « Les Quarante-cinq », dernier tome de la trilogie des guerres de religion de Dumas (le premier étant « La reine Margot »).

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Alexandre Dumas était certainement un de mes auteurs préférés pendant mes années jeunesse. J'ai vibré en lisant Les trois mousquetaires (que j'ai au moins lu deux fois). J'ai tourné fébrilement les pages des trois tomes du Comte de Monte-Cristo en savourant la vengeance d'Edmond Dantes….

Plus tard, après avoir vu le feuilleton télévisé la dame de Monsoreau, ( celui avec Karin Petersen, Nicolas Silberg et l'excellent Michel Creton dans le rôle de Chicot )je me suis promis qu'un jour je lirais le livre. Cependant, la fin m'avait marquée et j'ai repoussé pendant de nombreuses années cette lecture…Les années passant et continuant à me disperser, ce n'est qu'il y a deux semaines que je me suis enfin lancée dans la lecture de pavé.

Oui, il s'agit bien d'un pavé, mais quel plaisir que ce plongeon dans cette France de la Renaissance où règne Henri III. Dumas (que ce soit lui et/ou son « negre « Auguste Maquet ) nous raconte avec beaucoup de verve une page de cette période en y mêlant beaucoup de personnages ayant réellement existé.

Même si la véritable Histoire est bien différente ( il suffit de faire des recherches sur Bussy ou sur Diane-Françoise de Méridor), c'est celle narrée par Dumas que je retiendrais …

L'auteur a su redonner vie avec beaucoup de talent à tous ces personnages sur un fond de guerres de religions. le massacre de la Saint Barthelemy est vieux de quelques années mais la tension à ce sujet est encore bien présente et la Ligue menée par les Guise est en train de fomenter de sombres complots. le frère du roi, François d'Anjou, semble mêlé à l'un de ces complots. On sent Henri III bien seul malgré le fait qu'il soit entouré de ses mignons tous dévoués à sa cause. La seule personne sur qui il va pouvoir compter est son fou, Chicot, qui est pour moi le véritable héros de cette histoire. Certes l'histoire d'amour entre Bussy d'Amboise et Diane de Meridor m'a touchée mais j'ai eu plus de plaisir à suivre le parcours de Chicot.

Depuis que j'ai appris qu'il refera son apparition dans la suite, « Les Quarante-Cinq », je pense que je ne vais pas attendre des années pour lire la suite de ses aventures.

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Challenge Solidaire Lutte contre l'illettrisme

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Tout fout'l camp.

Non, c'est vrai ! Tenez, foi de Chicot, tout bouffon du roi que je suis, je ne sais pas qui est le plus fou de nous deux, le roi ou son fou. Il fait des crises de jalousie, il se fait pommader le soir, met un masque qui couvre le visage par grand froid, a un sauna... Il a même enlevé un de ses mignons le soir de ses noces ! La crise quoi !

Parlons en, des mignons ! Ca se débrouille bien à la dague et à l'épée. Mais ca passe ses journées à caqueter, à jouer au bilboquet, à ajuster sa coiffure, ses épingles, ses chapeaux. Et à conseiller le roi des affaires d'état ! Oui, pas étonnant que le royaume se porte si mal.

Tout fout le camp, même la religion. Des moines braillards, ivrognes, obèses !Et encore, il y a pire. Bien pire !Les Guise veulent ranimer les guerres de religion, justement, pour déposer le roi - mon Henriquet - et mettre à sa place son frère, le duc d'Anjou. Mais il n'en profitera pas longtemps, foi de Guise, haha ! C'est que les morts accidentelles se succèdent, depuis que Catherine de Médicis a ramené ses petites fioles de la douce Florence. Notez : lâche, traître, menteur, prétentieux, lubrique et voleur comme il est, personne ne regrettera Anjou, ca non.

Heureusement qu'il reste Bussy ! Ah, ca c'est un vrai chevallier ! Quand il est heureux, il se bat en duel. Quand il est malheureux il se bat aussi, mais un peu moins bien. D'où moultes blessures. Dont il se fiche pas mal. Rien ne l'arrête ! L'autre jour, 5 mignons lui ont tendu une embuscade de nuit. Il en a amoché deux, et les trois autres n'ont pu que le blesser. Deux jours plus tard, il reprenait du service. Sacré Bussy !

Il reste Bussy, et il reste... l'amour ! L'amour, c'est Diane de Méridor. Diane, élevée bien loin de la cour, au château de son père, entourée de colombes, de paons et de brebis. Douce, innocente, noble Diane ! Anjou, le frère du roi, voulait y mettre ses pattes, mais le comte de Montsoreau, soldat dur et raide des guerres de religion, homme à tout faire d'Anjou, l'a enlevé et, amoureux fou, l'a contraint au mariage par une série de subterfuges. Elle a cedé, mais ne l'aime pas...qui secourera la belle ? Roi ne puis, prince ne daigne, Bussy suis!

Si vous voulez voir tout ce beau monde se mentir, se trahir, se battre, s'occire, pendant que roucoulent - tant qu'elles le peuvent encore - les colombes, lisez cet excellent roman de cape et d'épée. Et n'en voulez pas trop à mon Henriquet, il a bon coeur, il est un peu faiblard, c'est tout. Heureusement que je veille sur lui, foi de Chicot. Dans un monde de fous et de bouffons, je me sens à l'aise.

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Comme notre papa Dumas sait aussi bien nous le servir les plats historiques auxquels nous avons l'honneur et le plaisir de déguster la vie des rois et reines des siècles précédents, la vie ces gentilshommes célébrés par leur bravoure, c'est de cette même sauce qu'il nous sert avec la dame de Monsoreau qui fait suite à la reine margot, où nous côtoyons le règne du roi Henri III, sa vie, sa cour, ses faiblesses...

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C'est du grand Dumas, c'est du beau style, c'est de l'Histoire remaniée mais tellement vivante. Que du bonheur, au fil des 980 pages de l'édition Folio. On rit, on frémit, on s'impatiente, on aime, on dévore... on vit le roman.

J'aurais été Dumas, je n'aurais pas fait à Diane de Méridor l'honneur de donner à mon roman son titre (de noblesse) mais je l'aurais plutôt dédicacé au personnage de Chicot qui est, selon moi, le véritable héros du roman.

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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
Gorenflot gémissait d'autant plus que neuf heures approchaient, l'heure à laquelle on dînait au couvent; car les moines, en arrière de la civilisation, comme il convient à des gens détachés du monde, suivaient encore, en l'an de grâce 1578, les pratiques du bon roi Charles V, lequel dînait à huit heures du matin, après sa messe.
La première idée, celle dont il eut le plus de peine à se débarasser, nous devons le dire, fut de rentrer dans Paris, d'aller droit au couvent, de déclarer à l'abbé que bien décidément il préférait le cachot à l'exil, de consentir même, s'il le fallait, à subir la discipline, le fouet, le double fouet ... pourvu que l'on jurât sur l'honneur de s'occuper de ses repas, qu'il consentirait même à réduire à cinq par jour.
A cette idée si tenace qu'elle laboura pendant plus d'un quart d'heure le cerveau du pauvre moine, en succéda une autre un peu plus raisonnable : c'était d'aller droit à la Corne-d'-Abondance, d'y mander Chicot, si toutefois il ne le trouvait pas endormi encore, de lui exposer la situation dans laquelle il se trouvait à la suite de ses suggestions bachiques, suggestions auxquelles lui, Gorenflot, avait eu la faiblesse de céder, et d'obtenir de ce généreux ami une pension alimentaire...
C'était enfin une autre idée, qui ne manquait pas d'une certaine audace, de tourner autour des murs de la capitale, de rentrer par la porte Saint-Germain ou par la tour de Nesle, et de continuer clandestinement ses quêtes dans Paris. Il connaissait les bons endroits, les coins fertiles, les petites rues où certaines commères, élevant de succulentes volailles, avaient toujours quelque chapon mort de gras-fondu à jeter dans le sac du quêteur; il voyait dans le miroir reconnaissant de ses souvenirs, certaine maison à perron où l'été se fabriquaient des conserves de tous genres, et cela dans le but principal, du moins frère Gorenflot aimait à se l'imaginer ainsi, de jeter au sac du frère quêteur, en échange de sa paternelle bénédiction, tantôt un quartier de gelée de coings séchés, tantôt une douzaine de noix confites, et tantôt une boîte de pommes tapées dont l'odeur seule eût fait boire un moribond ...
(pp. 370-371).
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-Mais, dit-il, que fait donc M.De Quelus chez M.le duc d'Anjou ? Je ne les savais pas si grands amis.
- Chut ! dit Chicot avec un air de mystère ... Il vient demander pardon à Son Altesse Royale pour une petite querelle qu'ils eurent hier.
- En vérité ? dit Aurilly.
- C'est le roi qui a exigé cela; vous savez en quels excellents termes les deux frères sont en ce moment.Le roi n'a pas voulu souffrir une impertinence de Quelus; et Quelus a recu l'ordre de s'humilier.
Aurilly sourit et passa dans l'antichambre, en ouvrant la porte assez grande pour que Chicot put échanger un coup d'oeil des plus significatifs avec Quelus...
Aurilly, une fois rentré dans l'antichambre, fut salué très courtoisement par Quelus...
- Mais où est donc Monseigneur ? Ne lui parliez-vous pas ce matin, Monsieur ?
- J'ai en effet audience de lui, mon cher Aurilly, mais Schomberg a le pas sur moi!
-Ah! Monsieur de Schomberg aussi !dit le joueur de luth avec une nouvelle surprise.
- Oh ! Mon Dieu! Oui ! C'est le roi qui règle cela aussi, il est là dans la salle à manger. Entrez donc, Monsieur Aurilly, et faites moi le plaisir de rappeler au duc que nous attendons.
Aurilly ouvrit la second porte et apercut Schonberg ciouché plutôt qu'assis sur un large escabeau tout rembourré de plumes.
- Ah ! Monsieur de Schomberg !
- Ah! guten Morgen ! Monsieur Aurilly, vous voyez,je tue le temps en attendant mon audience.
-Mais où est donc Monseigneur ? demanda Aurilly.
- Chut! Monseigneur est occupé dans ce moment à pardonner à d'Epernon et à Maugiron . Mais ne voulez-vous point rentrer, vous qui jouissez de toutes familiarités près du duc ?
- Peut-être y-a-t-il indiscrétion? demanda le musicien.
-Pas le moins du monde, au contraire, vous le trouverez dans son cabinet de peinture; entrez, Monsieur Aurilly, entrez.
Et il poussa Aurilly par les épaules dans la pièce voisine... Le duc, sans épée, se tenait dans un fauteuil, entre d'Epernon et Maugiron, qui ne le regardaient que pour surveiller ses mouvements...
-Faites moi donc l'amitié, Monsieur le musicien, de m'apporter votre petite dague, s'il vous plait, dit Maugiron.
- Messieurs, Messieurs, dit Aurilly, ne vous rappelez-vous donc plus où vous êtes ?
- Si fait, si fait, mon cher Orphée, dit d'Epernon, voilà pourquoi mon ami vous demande votre poignard. Vous voyez bien que M.le duc n'en a pas.
-Aurilly, dit le duc avec une voix pleine de douleur et de rage, ne devines-tu pas que je suis prisonnier ?....
- En voilà déjà un dans la ratière, dit Quelus; passons aux autres.
(pp.576-578)
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-Oh alors, Monsieur le comte, j'ai vu qu'il fallait recourrir aux grands moyens, et ma foi ...
- Eh bien .
- Ma foi, je suis devenu amoureux.
- Hein ? fit Bussy, qui ne comprenait pas en quoi l'amour de Remy pouvait le servir.
- C'est comme j'ai l'honneur de vous le dire, répéta gravement le jeune docteur, amoureux, très amoureux, amoureux fou.
- De qui ?
- De Gertrude.
- De Gertrude, la suivante de Mme.de Montsoreau ?
- Eh oui, mon Dieu ! de Gertrude, la suivante de Mme. de Montsoreau...
- Pauvre Remy, dit Bussy, crois bien que j'apprécie ton dévouement, va !
- Eh! Monseigneur, reprit le Haudoin, je ne suis pas si fort à plaindre, après tout. Gertrude est un beau brin de fille qui a deux pouces de plus que moi et qui me lèverait à bras tendu en me tenant par le collet de mon habit, ce qui tient chez elle à un grand développement des muscles du biceps et du deltoïde. Cela me donne pour elle une vénération qui la flatte, et comme je lui cède toujours, nous ne nous disputons jamais.
(p.344-345).
-
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En voyant ces préliminaires d'hostilité, Saint-Luc devina que Bussy était venu de la part de Monsieur pour amener quelque scandale ou adresser quelque défi. Il trembla plus fort que jamais, car il se sentait pris entre les colères ardentes de deux puissants ennemis qui choisissaient sa maison pour champ de bataille.
Il courut à Quelus, qui paraissait le plus animé de tous, et, posant la main sur la garde de l'épée du jeune homme :
-Au nom du Ciel, ami,lui dit-il, modère-toi et attendons.
- Eh, pardieu, modère-toi toi-même, s'écria t-il. Le coup de poing de ce butor t'atteint aussi bien que moi: qui dit quelque chose contre l'un de nous dit quelque chose contre tous, et qui dit quelque chose contre nous tous, touche au roi.
-Quelus, Quelus, dit Saint-Luc, songe au duc d'Anjou, qui est derrière Bussy, d'autant plus aux aguets qu'il est absent, d'autant plus à craindre qu'il est invisible. Tu ne me fais pas l'affront de croire, je le présume, que j'ai peur du valet; mais du maître.
-Eh mordieu, s'écria Quelus, qu'a t-on à craindre quand l'on appartient au roi de France ? Si nous nous mettons en péril pour lui, le roi de France nous défendra.
-Toi, oui, mais moi, dit piteusement Saint-Luc.
-Ah ! Dame ! Pourquoi diable te maries-tu, sachant combien le roi est jaloux dans ses amitiés ?
(p.42-43)
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- Il y a d'abord le roi de Navarre.
- Oh ! il ne m'inquiète pas celui-là ; il est tout occupé de ses amours avec la Fosseuse.
- Celui-là, Monseigneur, celui-là vous disputera jusqu'aux cordons de votre bourse ; il est râpé, il est maigre, il est affamé, il ressemble à ces chats de gouttière à qui la simple odeur d'une souris fait passer des nuits tout entières sur une lucarne, tandis que le chat engraissé, fourré, emmitouflé ne peut, tant sa patte est lourde, tirer sa griffe de son fourreau de velours ; le roi de Navarre vous guette ; il est à l'affût, il ne perd de vue ni vous ni votre frère ; il a faim de votre trône. Attendez qu'il arrive un accident à celui qui est assis dessus, vous verrez si le chat maigre a des muscles élastiques, et si d'un seul bond il ne sautera pas, pour vous faire sentir sa griffe, de Pau à Paris ; vous verrez, Monseigneur, vous verrez.
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