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Le comte de Monte-Cristo - Folio tome 1 sur 2

Jean-Yves Tadié (Préfacier, etc.)Gilbert Sigaux (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070405374
703 pages
Gallimard (26/08/1998)
4.46/5   3984 notes
Résumé :
« Attendre et espérer », voilà toute la sagesse d'Edmond Dantès. Fier marin sur le point d'être nommé capitaine et d'épouser sa bien-aimée, Mercédès, il est arrêté.
(SPOIL)
Dénoncé comme bonapartiste il est enfermé au château d'If et attendra quatorze ans sa délivrance et sa vengeance. Elle sera terrible. Edmond Dantès est devenu riche et titré.
Son vieux compagnon de cellule, l'abbé Faria, en lui révélant son secret, l'a fait comte de Monte-C... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (227) Voir plus Ajouter une critique
4,46

sur 3984 notes

Eric76
  19 septembre 2021
Le « Comte de Monte Cristo » d'Alexandre Dumas traverse allègrement les siècles sans prendre une seule ride, malgré l'emploi éhonté de l'imparfait du subjonctif et, dans l'intrigue, quelques tours de passe-passe dignes d'un bateleur de foire.
Combien d'interprétations cinématographiques de ce patrimoine mondial de l'Humanité ? Combien de gueules célèbres ont-elles personnifié le torturé Edmond Dantès ou le vénéneux Comte de Morcerf ? Combien de Mercédès, Déesses à la chevelure opulente et au regard de braise, qui ne cesseront jamais d'être poursuivies par les fantômes du passé ? Combien d'écrivains se sont-ils inspirés de cette intrigue ébouriffante pour construire leur propre histoire ?
Pourquoi cette oeuvre titanesque fascine-t-elle avec toujours autant de force ? Parce qu'elle y parle de vengeance, ce sentiment irrésistible et toxique vieux comme le monde et commun à tous les mortels ? Probablement ! mais réduire l'intrigue à cela serait presque faire injure à la faconde échevelée, enfiévrée, torrentielle du Grand Alexandre.
Il raconte tellement d'autres choses dans ce premier tome de, excusez du peu, près de mille pages.
Il y parle de ces amours de jeunesse, de ce bonheur insouciant et débordant avec ses fronts lisses, ses rires éclatants, ses chemises grandes ouvertes sous un ciel éternellement bleu.
Il y parle de ce soupçon d'immortalité pour ceux qui reviennent d'entre les morts, transfigurés, plus forts et déterminés que jamais.
Il y parle du Comte de Monte-Cristo qui éblouit le tout Paris avec sa fortune et l'expérience de ses mille vies. Son aura est telle qu'autour de lui les puissants se transforment en vilains singes, et les raffinés en pathétiques rustauds.
Qui, au détour d'une algarade, d'un drame, d'un échec tonitruant, d'un coup d'épée ou d'un coup d'épingle, n'a pas rêvé de prendre les atours du Comte de Monte-Cristo ?
Oh oui ! On a tous quelque chose en nous d'Edmond Dantès…

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Gwen21
  07 octobre 2016
{Cet avis concerne le texte intégral}
Énorme.
C'est vraiment le mot qui me vient spontanément à l'esprit après cette lecture.
Énorme par le volume.
Plus de 1 500 pages.
Énorme par le contenu.
Nous sommes là en présence d'une de ces oeuvres qui semblent dicter les règles de l'académisme romanesque. Une écriture si belle, un style si évocateur et une narration si maîtrisée forcent définitivement le respect.
Énorme par le thème.
Cette vengeance d'Edmond Dantès, que le lecteur fait sienne au fil des pages, éveille en lui des émotions fortes, parfois opposées, et s'érige en archétype incontesté de la Vengeance. Qui ne pense pas au comte de Monte-Cristo lorsqu'on évoque la vengeance ? Et quand on se rappelle que Dumas et Maquet se sont inspirés de faits véridiques, la fascination croît encore !
Énorme par ses développements.
Ici, le bât blesse un peu, avouons-le. Publié en feuilletons comme une majorité de romans-fleuves du XIXème siècle, "Le comte de Monte-Cristo" souffre de longueurs que personnellement j'aurais bien découpées à grands coups de ciseaux, parfois rageurs. Telles des boites gigognes, les aventures s'imbriquent tellement les unes dans les autres qu'elles m'ont souvent évoqué des chemins détournés quand j'aurais apprécié des raccourcis. Toutefois, pas question de sauter une page ou de délaisser ne serait-ce qu'un paragraphe, il faut boire la coupe jusqu'à la lie (ou plutôt sonner l'hallali sur les malfaiteurs).
Énorme par le drame.
Ici aussi un point plutôt négatif en ce qui me concerne. J'ai beau être familière de la littérature de cette période et connaître les dogmes des courants romanesques, quand c'est trop, c'est trop. Nombre de situations m'ont lassée par leur caractère "too much". Trop de larmes, trop de simagrées, trop de circonlocutions, trop de gros sabots parfois aussi. Ainsi, contrairement à beaucoup d'autres lecteurs, je n'ai pas du tout aimé le final, pourtant très attendu. Pourquoi faire autant souffrir et lambiner ce pauvre Morrel quand Dantès tient dans ses mains les clés de son bonheur ? La justification du comte sur ce point m'a parue bien fumeuse...
Mais enfin, malgré ces quelques inconvénients, le roman reste passionnant et mérite largement le voyage. Et puis, c'est du Dumas, c'est comme ça ; ces petits travers, on les retrouve d'ailleurs un peu dans chacun de ses romans.

Challenge Petit Bac 2016 - 2017
Challenge PAVES 2016 - 2017
Challenge ABC 2016 - 2017
Challenge BBC
Challenge 19ème siècle 2016
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cmpf
  31 mai 2015
J'avais toujours pensé que les romans d'Alexandre Dumas étaient des livres pour les enfants de dix à quinze ans. Imbécile que je suis. Oui un roman comme le Comte de Monte Christo, ou je suppose Les trois mousquetaires et bien d'autres, peut plaire aux jeunes, mais il peut être lu avec plaisir et bénéfice par les adultes.
Ce roman peut séduire les uns par les nombreuses péripéties et les autres par les réflexions qu'il suscite, par le mélange des deux qui en font un récit complet. La vengeance est-elle juste et facile à vivre une fois accomplie ?
J'ai particulièrement aimé les premiers chapitres, ceux qui nous font accompagner Edmond Dantès dans sa mise au secret au château d'if. Ceux où il est si éminemment humain. Un personnage que j'ai beaucoup aimé est l'abbé Faria, sorte d'accoucheur du nouveau Dantès.
Il y a dans ce roman, beaucoup des caractéristiques du conte. Edmond, jeune homme droit et sympathique, après avoir vécu dans une cellule, coupée du monde et avoir échappé à la mort renait sous les traits du Comte de Monte Christo (et de quelques autres personnages) en ange vengeur tout puissant. A tel point que l'on s'étonne lorsque parfois survient un acte qu'il n'avait pas prévu, une information qu'il ne connaissait pas.
Comment a-t-il vécu entre sa fuite du château d'If et le moment où il apparaît prêt à accomplir sa vengeance ? Comment s'est-il assuré la fidélité de tous ceux qui l'aident et le servent, nous ne le savons pas vraiment, et cela aussi contribue à en faire un être au-dessus du commun des mortels.
Alexandre Dumas n'est pas avare non seulement de rebondissements mais aussi de sentiments, même chez la plupart des personnages qui ont trahi le jeune Dantès. Environ 1500 pages, suivant les éditions, mais 1500 pages qui paraissent moins longues que 300 dans certains autres romans.
Challenge 19ème siècle
Challenge pavés 2015
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Nastie92
  24 avril 2022
Si je devais résumer mon avis sur ce livre en un seul mot, ce serait : exceptionnel !
Mais, se restreindre à un seul mot pour parler de ce pavé n'est pas possible, non ? Je vais donc un peu préciser mon ressenti.
Certains romans vous emportent par une histoire intense et bien construite, par des péripéties qui vous surprennent et vous ravissent, mais pèchent par le style.
On leur pardonne volontiers cette faiblesse de forme parce qu'on est séduit par le fond.
D'autres sont écrits dans un style magnifique mais ont un contenu un peu léger.
On leur pardonne volontiers cette faiblesse de fond parce qu'on est séduit par la forme.
Rares sont les ouvrages qui allient les deux, exceptionnels sont ceux qui le font au niveau du Comte de Monte-Cristo.
Le Comte de Monte-Cristo est d'une richesse inouïe et m'a régalée par de nombreux aspects.
Le comte de Monte-Cristo, c'est l'aventure à l'état pur.
Alexandre Dumas a concocté une intrigue fabuleuse qui vous tient en haleine de la première à la dernière page.
Découpé en petits chapitres dont chacun appelle le lecteur à poursuivre, le récit est terriblement addictif.
Le comte de Monte-Cristo, c'est une folle vengeance.
Implacable, impitoyable.
Edmond Dantès frappe juste : ses cibles sont soigneusement identifiées, il atteint chacune pile au bon endroit et avec l'intensité adéquate.
Suivre cette vengeance si bien conçue et si bien mise en oeuvre est un plaisir de fin gourmet.
Le comte de Monte-Cristo, c'est un voyage.
Marseille, le Château d'If, l'Orient, l'Italie... Edmond Dantès m'a entraînée avec lui et j'ai aimé tous les lieux que j'ai visités en sa compagnie.
Le comte de Monte-Cristo, c'est une merveilleuse galerie de personnages.
Des gentils pour lesquels on vibre, des méchants que l'on adore détester et dont on attend avec délectation la chute.
Principaux ou secondaires, quelle réussite ! La preuve : certains noms sont connus même de ceux qui n'ont pas lu ce roman. Edmond Dantès, l'abbé Faria...
Le comte de Monte-Cristo, c'est un livre historique.
Alexandre Dumas situe son intrigue à la veille des cents jours, en plein affrontement entre royalistes et bonapartistes. L'histoire fictive s'intègre parfaitement dans L Histoire, et ce cadre ajoute un intérêt non négligeable à la lecture.
Le comte de Monte-Cristo, c'est une incroyable écriture. Tout coule de source dans ces phrases au style d'une simplicité magnifique. Tout s'enchaîne naturellement ; les descriptions, les dialogues, tout regorge de vie.
Cette écriture, simple mais pas simpliste, contribue à rendre ce pavé très léger à lire.
Sans oublier le charme de l'imparfait du subjonctif. Jugez plutôt : "Ils attendaient. Et je savais quoi. Ils attendaient que j'implorasse leur indulgence et que je leur offrisse de l'argent." J'adore !
Quel livre, mais quel livre !
Le comte de Monte-Cristo, c'est une lecture grandiose, intense, inoubliable.
C'est un magnifique cadeau fait au lecteur, un immense plaisir de lecture.
Si vous ne l'avez pas encore lu, vous avez de la chance ! Jetez-vous à l'eau et n'ayez crainte : Edmond Dantès veille sur vous, et c'est un excellent marin.
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Marple
  03 mars 2013
Ça fait bien longtemps que j'ai lu le Comte de Monte-Cristo, je crois que c'était mon premier Dumas, et j'en garde le souvenir fort d'un grand plaisir de lecture.
Même si j'ai depuis relu certains passages et vu l'adaptation ciné, je n'ai plus en tête toutes les péripéties ni tous les personnages, les deux étant fort nombreux... Non, ce que je retiens de ce roman, c'est l'immersion complète dans cette période troublée et dans l'histoire d'Edmond Dantes. J'ai vécu les événements en les lisant, j'ai été captivée au point de lire les 3 tomes d'une traite, sans reprendre mon souffle, en une semaine de vacances... tout en soupesant régulièrement les pages qui me restaient pour ne pas voir mon plaisir se terminer trop vite ! C'est tout le talent d'Alexandre Dumas d'écrire des romans-fleuves qui paraissent toujours trop courts et des histoires rocambolesques qui paraissent justes et vraies.
Le thème de la vengeance n'est vraiment pas mon préféré et, en théorie, un héros avec cette motivation ne me sera jamais sympathique. Je me suis pourtant attachée à Edmond Dantes, parce qu'il est beaucoup plus qu'un homme qui se venge. Il est à la fois un homme marqué par le traumatisme de l'injustice et de l'emprisonnement, un manipulateur génial, un amoureux au coeur brisé, un génie des affaires et des relations humaines... le roman évoque sa vengeance, certes, mais aussi toute une palette d'émotions et d'actions humaines, des plus grandioses aux plus mesquines.
Rien qu'en écrivant cette critique, j'ai envie de revivre les aventures d'Edmond Dantes, et je me réjouis d'avoir encore plusieurs titres de Dumas à découvrir.
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Citations et extraits (378) Voir plus Ajouter une citation
ramolagoramolago   03 décembre 2022
lequel de vous, Messieurs, est Edmond Dantès ?
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Talinna9Talinna9   17 août 2018
— Écoutez, dit le concierge, voilà ce qui est arrivé : je me suis dit : On trouve toujours quelque chose dans une chambre où un prisonnier est resté quinze ans, et je me suis mis à sonder les murailles.

— Ah ! s’écria Monte-Cristo en se rappelant la double cachette de l’abbé, en effet.

— À force de recherches, continua le concierge, j’ai découvert que cela sonnait le creux au chevet du lit et sous l’âtre de la cheminée.

— Oui, dit Monte-Cristo, oui.

— J’ai levé les pierres, et j’ai trouvé…

— Une échelle de corde, des outils ? s’écria le comte.

— Comment savez-vous cela ? demanda le concierge avec étonnement.

— Je ne le sais pas, je le devine, dit le comte ; c’est ordinairement ces sortes de choses que l’on trouve dans les cachettes des prisonniers.

— Oui, monsieur, dit le guide, une échelle de corde, des outils.

— Et tu les as encore ? s’écria Monte-Cristo.

— Non, monsieur ; j’ai vendu ces différents objets, qui étaient fort curieux, à des visiteurs ; mais il me reste autre chose.

— Quoi donc ? demanda le comte avec impatience.

— Il me reste une espèce de livre écrit sur des bandes de toile.

— Oh ! s’écria Monte-Cristo, il te reste ce livre ?

— Je ne sais pas si c’est un livre, dit le concierge ; mais il me reste ce que je vous dis.

— Va me le chercher, mon ami, va, dit le comte ; et, si c’est ce que je présume, sois tranquille.

— J’y cours, monsieur.

Et le guide sortit.

Alors il alla s’agenouiller pieusement devant les débris de ce lit dont la mort avait fait pour lui un autel.

— Oh mon second père, dit-il, toi qui m’as donné la liberté, la science, la richesse ; toi qui, pareil aux créatures d’une essence supérieure à la nôtre, avais la science du bien et du mal, si au fond de la tombe il reste quelque chose de nous qui tressaille à la voix de ceux qui sont demeurés sur la terre, si dans la transfiguration que subit le cadavre quelque chose d’animé flotte aux lieux où nous avons beaucoup aimé ou beaucoup souffert, noble cœur, esprit suprême, âme profonde, par un mot, par un signe, par une révélation quelconque, je t’en conjure, au nom de cet amour paternel que tu m’accordais et de ce respect filial que je t’avais voué, enlève-moi ce reste de doute qui, s’il ne se change en conviction, deviendra un remords.

Le comte baissa la tête et joignit les mains.

— Tenez, monsieur ! dit une voix derrière lui.

Monte-Cristo tressaillit et se retourna.

Le concierge lui tendait ces bandes de toile sur lesquelles l’abbé Faria avait épanché tous les trésors de sa science. Ce manuscrit, c’était le grand ouvrage de l’abbé Faria sur la royauté en Italie.

Le comte s’en empara avec empressement, et ses yeux tout d’abord tombant sur l’épigraphe, il lut :

« Tu arracheras les dents du dragon, et tu fouleras aux pieds les lions, a dit le seigneur. »

— Ah ! s’écria-t-il, voilà la réponse ! merci, mon père, merci !

En tirant de sa poche un petit portefeuille, qui contenait dix billets de banque de mille francs chacun :

— Tiens, dit-il, prends ce portefeuille.

— Vous me le donnez ?

— Oui, mais à la condition que tu ne regarderas dedans que lorsque je serai parti.
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Gwen21Gwen21   09 septembre 2016
Ce qui n’empêchait pas Albert de faire des toilettes flamboyantes toutes les fois qu’il allait à l’Opéra avec Franz : toilettes perdues ; car, il faut l’avouer à la honte d’un des représentants les plus dignes de notre fashion, depuis quatre mois qu’il sillonnait l’Italie en tous sens, Albert n’avait pas eu une seule aventure.
Albert essayait quelquefois de plaisanter à cet endroit ; mais au fond il était singulièrement mortifié, lui, Albert de Morcerf, un des jeunes gens les plus courus, d’en être encore pour ses frais. La chose était d’autant plus pénible que, selon l’habitude modeste de nos chers compatriotes, Albert était parti de Paris avec cette conviction qu’il allait avoir en Italie les plus grands succès, et qu’il viendrait faire les délices du boulevard de Gand du récit de ses bonnes fortunes.
Hélas ! il n’en avait rien été : les charmantes comtesses génoises, florentines et napolitaines s’en étaient tenues, non pas à leurs maris, mais à leurs amants, et Albert avait acquis cette cruelle conviction, que les Italiennes ont du moins, sur les Françaises, l’avantage d’être fidèles à leur infidélité.
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iarseneaiarsenea   21 juin 2011
« Nous sommes au 30 juillet 1816; que dites-vous donc ? il n'y a que dix-sept mois que vous êtes prisonnier.
-Que dix-sept mois ! reprit Dantès. Ah ! monsieur, vous ne savez pas ce que c'est que dix-sept mois de prison : dix-sept années, dix-sept siècles ; surtout pour un homme qui, comme moi, touchait au bonheur, pour un homme qui, comme moi, allait épouser une femme aimée, pour un homme qui voyait s'ouvrir devant lui une carrière honorable, et à qui tout manque à l'instant ; qui, du milieu du jour le plus beau, tombe dans la nuit la plus profonde, qui voit sa carrière détruite, qui ne sait si son vieux père est mort ou vivant. Dix-sept mois de prison, pour un homme habitué à l'air de la mer, à l'indépendance du marin, à l'espace, à l'immensité, à l'infini ! Monsieur, dix-sept mois de prison, c'est plus que ne le méritent tous les crimes que désigne par les noms les plus odieux la langue humaine. Ayez donc pitié de moi, monsieur, et demandez pour moi, non pas indulgence, mais la rigueur; non pas une grâce, mais un jugement; des juges, monsieur, je ne demande que des juges ; on ne peut pas refuser des juges à un accusé. »
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glennherbertgouldglennherbertgould   28 janvier 2017
Le comte de Monte-Cristo pâlit d’une façon terrible ; son œil fauve s’embrasa d’un feu dévorant ; il fit un bond vers le cabinet attenant à sa chambre, et en moins d’une seconde, arrachant sa cravate, sa redingote et son gilet, il endossa une petite veste de marin et se coiffa d’un chapeau de matelot, sous lequel se déroulèrent ses longs cheveux noirs.

Il revint ainsi, effrayant, implacable, marchant les bras croisés au-devant du général, qui n’avait rien compris à sa disparition, qui l’attendait, et qui, sentant ses dents claquer et ses jambes se dérober sous lui, recula d’un pas et ne s’arrêta qu’en trouvant sur une table un point d’appui pour sa main crispée.

— Fernand ! lui cria-t-il, de mes cent noms, je n’aurais besoin de t’en dire qu’un seul pour te foudroyer ; mais ce nom, tu le devines, n’est-ce pas ? ou plutôt tu te le rappelles ? car, malgré tous mes chagrins, toutes mes tortures, je te montre aujourd’hui un visage que le bonheur de la vengeance rajeunit, un visage que tu dois avoir vu bien souvent dans tes rêves depuis ton mariage… avec Mercédès, ma fiancée !

Le général, la tête renversée en arrière, les mains étendues, le regard fixe, dévora en silence ce terrible spectacle ; puis, allant chercher la muraille comme point d’appui, il s’y glissa lentement jusqu’à la porte par laquelle il sortit à reculons, en laissant échapper ce seul cri lugubre, lamentable, déchirant :

— Edmond Dantès !
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Avec “La Reine Margot”, Alexandre Dumas a transformé l'un des pires massacres de civils en France en épopée flamboyante et humaniste. Voici l'histoire d'un chef-d'oeuvre mêlant romance et réalité historique.
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