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EAN : 9782491854034
240 pages
Editions NA (09/03/2022)
4/5   9 notes
Résumé :
Une pluie incessante s'abat sur la région. Elle semble engloutir les derniers espoirs de Pierre Sanchis, perdu dans son enquête sur le meurtre d'une joggeuse. Elle parait, au contraire, stimuler Yann Despres, jeune journaliste aux dents longues et transcender Marie-Eve Grumbach qui rêve d'échapper à son quotidien. Quant à Philippe Sanchis, le frère de Pierre, il solde le terrible héritage que lui a transmis leur père. Ces quatre personnages se croisent dans une vill... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
La disparition d'une jeune femme en 1987.
Le meurtre d'une autre en 2016.
Aucun lien apparent.

Quatre personnes aux vies et aux préoccupations bien différentes :
- Pierre Sanchis, le commissaire en charge de l'enquête du meurtre de Cécilia Goven, une joggeuse. Il piétine. Il patauge. Que ce soit dans son boulot, ou dans sa vie.
- Yann Despres, un journaliste aux dents longues, prêt à tout pour en savoir plus sur le meurtre de la joggeuse, qui veut montrer à tous qu'il a réussi, lui, celui qu'on maltraitait. Sa revanche, il l'a enfin.
- Marie-Eve Grumbach, une jeune femme, dont la vie n'est pas celle qu'elle aurait souhaitée. le destin semble se moquer d'elle. Mais elle n'a pas dit son dernier mot.
Philippe Sanchis, un homme dévoué à son père vivant ses derniers jours en EHPAD, dont les liens avec son frère ne sont que purement biologiques.

Il pleut. Ça ne s'arrête pas. Il fait sombre.
En chacun d'eux c'est également le cas. L'ombre est en chacun d'eux. Mais de façons différentes.
C'est ce que l'auteur nous offre : des portraits psychologiques, dont la noirceur n'est pas censurée.
Nous entrons dans la vie de chacun. Dans leurs idées, parfois inavouables. Dans l'ombre que l'on essaie parfois de cacher, car on en a honte. Honte de penser ça. Honte de souhaiter ça. On se sent coupable. Oui, mais coupable de quoi réellement ?

Dans ce récit, dont la temporalité n'est que de quelques jours, ces quatre personnes sont amenées à se croiser. Les liens entre elles sont plus ou moins proches. Mais chacune connaît Cécilia Goven, ou au moins le drame qu'elle a vécu.
Reste donc à tirer sur le fil de l'histoire pour comprendre tout ce qui s'est joué en 2016. Ou bien avant...
Et ce qui se passera le dernier jour de pluie...

J'ai bien aimé ce livre, pour son aspect fortement psychologique.
J'aurais peut-être pu, en réfléchissant un peu, avoir une idée du dénouement, mais je n'aurais jamais réussi à imaginer tout ce qui s'était tramé. L'âme humaine est terriblement complexe, et l'auteur est assez doué pour la dépeindre et l'exposer en tout ce qu'elle a de plus noir, même chez une personne lambda.

Ce qui m'a un peu perdue parfois, ce sont tous les retours en arrière, qui ne sont pas du tout annoncés. Mais nous entrons dans la tête de chacun. Et les pensées ne préviennent pas non plus. Elles surgissent parfois sans qu'on les invite.

Un bon roman noir. Une bonne lecture. Une belle découverte.
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Ce roman débute par un court et énigmatique prologue, qui semble assez vite temporellement en dehors du reste de l'histoire, ou plutôt des histoires. le récit tourne autour du meurtre de Cécilia Goven, sans que l'enquête ne soit au centre de l'intrigue. L'auteur s'attache à quatre personnes ayant un lien avec la victime.

Pierre est le premier à entrer en scène. Il est le flic qui tente depuis des mois d'élucider le meurtre. Son père est décédé au premier jour de pluie, et il se trouve dans une intense période d'introspection depuis que sa femme l'a quitté. Il ressasse des souvenirs d'une autre qu'il a vraiment aimée et se raccroche à ses deux filles.

Yann est journaliste. Il a suivi l'affaire criminelle lorsqu'elle faisait la une de journaux et a dû se rabattre sur la couverture du curieux événement météorologique qui fait monter l'eau et la tension.
Chaque instant passé en ces lieux où il a grandi est une petite victoire, lui le personnage médiatique, sur ceux, restés anonymes, qui le méprisaient et le maltraitaient pendant son enfance difficile.

Marie-Eve espère toujours que la prédiction de son frère, qui lui assurait une rencontre qui allait bouleverser son existence, se réalise enfin dans sa vie plutôt morne et déprimante. Employée de l'hôtel où réside le reporter, elle a l'impression qu'il pourrait être l'heureux élu si elle s'y prend bien, sans percevoir que son intérêt pour elle s'est subitement révélée en apprenant qu'elle connaissait Cécilia.

Philippe, le frère de Pierre, apparaît en dernier. Ils n'ont en commun que leurs géniteurs, Pierre étant resté avec sa mère alors que Philippe suivait Sergi, son père, lors de la séparation de leurs parents. Ils se croisent lors de l'inhumation de Sergi, qui n'est qu'un passage obligé pour le policier alors que c'est un moment beaucoup plus intense et important pour Philippe.

Bien que de nombreux retours en arrière jalonnent le roman en évoquant le vécu de ces quatre protagonistes, il semble que l'action se déroule en fait sur une période de quelques jours durant laquelle une pluie incessante s'abat sur la région.

Alors que je commençais à me demander en voyant se profiler la fin du livre où l'auteur essayait d'embarquer son lectorat, j'avoue avoir été bluffé par la dernière partie. Et fort heureusement, car je me voyais déjà écrire que la lecture de ce court roman avait été longue... comme un jour de pluie.
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Je n'avais jamais entendu parler de l'auteur, pas plus que de sa maison d'édition et je ne lis pas les quatrièmes de couverture. Autant vous dire qu'avec « le dernier jour de pluie », je partais à l'aventure !

Dans les premiers chapitres, ce roman se présente comme un polar des plus classiques. L'ensemble des ingrédients est réuni. En effet, le lecteur est très vite en contact avec un cadavre et avec le capitaine de police chargé de l'enquête. Tous les clichés sont là aussi. le flic a sacrifié sa vie de famille pour son travail et se blâme de n'avoir pas résolu l'affaire. Cependant, au fil des pages, l'auteur entre de plus en plus profondément dans le quotidien et dans le passé de son protagoniste. le récit s'éloigne alors de ses bases et change de dimension. Il devient un roman noir.

A la suite du flic désabusé, trois autres personnages vont entrer en action. le livre consacre une de ses parties à chacun d'entre eux. Ils ont une histoire personnelle et surtout une histoire familiale assez tourmentée. On comprend qu'ils sont tous à leur manière une pièce du puzzle et que leurs destins sont liés à ce crime. Mais les informations sont données au compte-goutte et le mystère reste entier jusqu'à la fin.

Plus que l'énigme elle-même, qui n'est finalement qu'une toile de fond, on découvre des personnalités. le meurtre n'est qu'un prétexte pour dessiner le portrait de ces personnages, dont la vie a été détruite par des mauvais parents. Ce passé troublé va libérer leur côté sombre, pour mon plus grand plaisir de lecteur immoral !

Je suis ravi d'avoir tenter l'expérience avec Romuald Dumas. Sa belle écriture et sa maîtrise de la narration crée une angoisse psychologique qui flotte au-dessus de l'histoire et nous tient sous sa coupe jusqu'au bout ! Je suis donc convaincu et serai attentif à ses prochaines sorties !
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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Un roman très sombre qui commence avec une battue visant à retrouver une adolescente disparue qui nous plonge dans la tête de celui qui va retrouver son corps... Ce jour change sa vie. Mais on ne comprends pas encore comment.

Ensuite, retour dans une ville où il pleut sans discontinuer à travers le regard de 4 personnages, le policier chargé de l'enquête sur le meurtre d'une femme, un journaliste aux dents très longues, une réceptionniste frustrée et le frère de l'enquêteur. A priori, ces personnages n'ont rien en commun mais, au fil de l'intrigue, on découvre qu'ils ont tous un bout d'information sur le meurtre. le roman est très sombre, très noir et on sent la déprime s'insinuer sous tous nos pores, notamment sur la partie de Pierre, policier très blasé. Les personnages sont bien décrits et on plonge réellement dans leurs têtes. J'ai vraiment apprécié le cynisme du journaliste mais j'avoue que le personnage qui m'a le plus touchée c'est celui de Marie Eve, on ressent parfaitement sa frustration, ses espoirs déçus, sa jalousie aussi. Au final, on se retrouve plongé dans une histoire de tueur en série et la fin est très bien trouvée

Ce que j'aime : le traitement des personnages, la déprime poisseuse qui engloutit le roman

Ce que j'aime moins : j'aurais voulu avoir plus de détails sur le meurtre et j'ai parfois eu du mal avec les transitions entre les différents personnages

Pour résumer

Un vrai roman noir, d'ambiance et dont les personnages sont soigneusement écrits

Ma note

7,5/10
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je l'ai lu en deux jours. Je pense toujours à l'auteur qui a passé énormément de temps sur son roman, mais s'il est lu aussi vite, c'est qu'il a réussi à nous emporter dans son univers. Et c'est chose faite ici !
Ce roman noir vous plonge dans ce qu'il y a de plus ombre chez ces quatre personnages. On partage leur vécu et leurs ressentis face à ce meurtre. On découvre leurs pensées les plus secrètes mais aussi les plus inavouables. Chacun se sert de quelqu'un pour parvenir à ses fins et le côté psychologique de ce roman m'a vraiment happée. Ce côté dérangeant nous force à nous interroger sur nos propres pensées.
Et cette pluie qui ne cesse pas ne fait qu'ajouter de la noirceur au tableau. le ciel gris et bas donne un effet supplémentaire au récit, comme une chape de plomb qui vous écrase davantage.
La couverture reflète parfaitement l'ambiance de ce roman qui vous emportera dans les abysses de ces personnages.
Merci à Romuald Dumas pour cette lecture.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Il avait compris qu'ils ne bougeraient plus, que leurs corps tissaient des racines qui, jours après jours, les ancraient de plus en plus dans ce quotidien, au milieu des meubles massifs de leur villa cossue. Ils sentiraient le cuir et la cire jusqu'au bout. Il n'y aurait pas d'épices colorées, de chants diatoniques venus d'outre-mer. Il n'y aurait que la chaleur rassurante d'une chaudière au fioul révisée deux fois par an, que le confort familier d'un matelas ressorts et latex à mémoire de forme, que la vie qui s'écoule sans mauvaise surprise. Seul leur fils provoquait une vibration incertaine capable de faire trembler les verres en cristal disposés dans le vaisselier de la salle à manger. (...) Il n'y avait que Yann pour secouer les coussins de cette baraque, même s'ils n'étaient pas poussiéreux.
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C'était un jour off, exactement comme aujourd'hui. Et comme aujourd'hui, elle avait commencé sa journée en papillonnant sur les réseaux sociaux. C'était devenu une farouche habitude ces dernières années. Faire glisser son doigt sur l'écran du portable, zoomer, appuyer sur le cœur, le pouce, et passer à autre chose, zapper d'un profil à l'autre, d'une photo à l'autre, lire trois lignes, tourner la page. (...) Il y avait les stars dont elle suivait le moindres faites et gestes, les copines qu'elle likait par devoir - aime ma photo et j'aimerai la tienne - et surtout celles qu'on appelait les "influenceuses" et qu'elle trouvait si belles et si drôles à la fois.
Elle avait l'impression de les connaître, d'être devenue leur amie.
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Elle se demandait si la jupe n’était pas un peu trop courte pour un enterrement. Elle tournait sur elle-même, essayant tant bien que mal d’apercevoir son derrière dans le miroir. Elle se disait que le vieux aurait aimé la voir ainsi, lui qui lui envoyait toujours des petits coups d’œil malicieux quand elle dévoilait le bas de ses jambes ou quand elle déboutonnait un peu le haut de sa blouse.
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Il ne possédait pas grand-chose. Philippe Sanchis ne voulait pas avoir le sentiment d’habiter chez sa télévision, son frigo américain, son PC ou sa voiture. Il connaissait l’adage qui voulait que les choses que l’on possède finissent par nous posséder.
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[INCIPIT]

D'abord il y a l'odeur.

Prégnante, pénétrante, insoutenable.

Un hameçon planté dans vos narines et la ligne invisible et puissante qui vous tire vers la source putride. L'odeur qui vous attrape avec ses centaines de bras, qui vous enlace pour une valse nauséabonde. L'odeur qui vous entoure, qui vous colle comme de la glu, comme de la suie, de l'huile et du cambouis. L'odeur qui vous imprègne, qui vous compresse la tête, qui vous retourne le ventre. L'odeur qui monte comme une boule dans votre œsophage. L'odeur qui finir par prendre vie au fond de votre bouche, l'odeur qui devient goût.

(...)

Et puis il ne reste que le mal.
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