AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253011843
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1975)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.96/5 (sur 1091 notes)
Résumé :
La société bourgeoise du XIXe siècle tolérait qu'un homme puisse entretenir une liaison, aussi ruineuse fût-elle, avec une courtisane, mais en aucun cas il ne devait s'éprendre d'une de ces demi-mondaines. C'est pourtant ce qui arrive à Armand Duval, qui aime dès le premier regard la plus luxueuse d'entre toutes, la séduisante et capricieuse Marguerite Gautier. Il confie à un inconnu compatissant cette passion tragique, à l'occasion de la mise en vente des biens de ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (91) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  12 décembre 2016
Je ne vais pas raconter l'histoire, tout le monde la connaît, toujours est-il que j'ai beaucoup aimé lire enfin ce roman grâce au site « ebooks libres et gratuits ». Une belle histoire d'amour, dans ce monde de brutes, cela fait du bien. Je ne l'avais jamais lu, mais j'ai une passion pour Verdi et « La Traviata » fait partie de mes opéras préférés. Ahhhhhhhhhhhh « Libiamo ne' lieti calici… », Pavarotti, Callas…
L'Incipit est superbe:
« Mon avis est qu'on ne peut créer des personnages que lorsque l'on a beaucoup étudié les hommes, comme on ne peut parler une langue qu'à la condition de l'avoir sérieusement apprise. »
Marguerite était jeune et belle, arborant ses camélias; elle avait pignon sur rue, mais la tuberculose la rongeait, tel le nénuphar de Chloé de « L'écume des jours » et par amour pour Armand, elle a accepté de perdre le confort que lui apportaient ses protecteurs, fuyant les bijoux et toilettes, les sorties le soir pour abriter son amour à la campagne.
Alexandre Dumas fils aborde la différence entre les milieux sociaux, la manière dont réagissaient les gens du monde, les critiques acides, le rôle de l'argent, la difficulté d'échapper à son milieu social… Il nous présente une Marguerite qui s'affirme et veut rester libre, indépendante, quitte à vendre tout ce qui lui appartient.
J'ai aimé la façon dont le narrateur rapporte l'histoire, avec le long récit d'Armand Duval, décrivant, de belle manière, les splendeurs et les misères de celles qu'on appelait courtisanes, demi-mondaines ou autres qualificatifs. Cette manière de raconter fait penser à « Manon Lescaut» de l'Abbé Prévost : c'est précisément ce livre, acheté aux enchères par le narrateur lors de la vente des biens de Marguerite, qui déclenchera sa rencontre avec Armand…
« Manon était morte dans un désert, il est vrai, mais dans les bras de l'homme qui l'aimait avec toutes les énergies de l'âme, qui, morte, lui creusa une fosse, l'arrosa de ses larmes et y ensevelit son coeur ; tandis que Marguerite, pécheresse comme Manon, et peut-être convertie comme elle, était morte au sein d'un luxe somptueux, s'il fallait en croire ce que j'avais vu, dans le lit de son passé, mais aussi au milieu de ce désert du coeur, bien plus aride, bien plus vaste, bien plus impitoyable que celui dans lequel avait été enterrée Manon. »
le sentiment amoureux est bien exploré par l'auteur dont l'écriture est simple mais assez belle pour faire rêver le lecteur. On fait, bien-sûr, le rapprochement avec la propre histoire de l'auteur avec Marie Duplessis.
J'ajouterai au passage que le e-book nous propose une illustration pour chaque chapitre, ce qui lui confère un charme supplémentaire.
Ce roman m'a plu, mais ce n'est pas un coup de foudre. peut-être l'ai-je lu trop tard, ou alors déçue par rapport à la magie de « La Traviata »…
Note: 8/10
Challenge XIXe siècle
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          569
LiliGalipette
  05 septembre 2012
Faut-il vraiment redire l'histoire tragique de Marguerite Gautier, fameuse demi-mondaine, amoureuse sublime et courtisane au noble coeur ? Dès le début, on sait qu'elle est morte jeune et belle. Elle doit son surnom fleuri aux bouquets de camélias qu'elle ne manquait jamais d'arborer lors de ses sorties au théâtre. Mais c'est en recueillant le long récit, la presque confession, du jeune Armand Duval que le narrateur retrace la vie et les souffrances de la belle Marguerite Gautier. Il découvre les amants richissimes de la courtisane, les amitiés intéressées qu'elle traîne dans son sillage et la maladie de poitrine qui la ronge et la terrasse, comme l'incarnation physique de sa souillure morale.
La situation de Marguerite est délicate. En tant que femme entretenue, elle ne peut compter sur les largesses de ses amants pour payer ses folies et solder ses dettes. « Nous ne nous appartenons plus. Nous ne sommes plus des êtres, mais des choses. Nous sommes les premières dans leur amour-propre, les dernières dans leur largesse. » (p. 178) Et Marguerite se veut indépendante. Tout le roman peut se lire comme un premier traité du féminisme dont George Sand, proche de l'auteur, n'aurait pas eu à rougir. C'est l'amour payé de retour pour le jeune Duval qui causera la perte de la dame aux camélias. « Quand Dieu permet l'amour à une courtisane, cet amour, qui semble d'abord un pardon, devient presque toujours pour elle un châtiment. Il n'y a pas d'absolution sans pénitence. » (p. 139) Finalement, le grain de sable qui enraye la machine, c'est la fierté d'Armand. le jeune amoureux voudrait guérir sa belle de sa vie de débauche. Pour cela, il est prêt à payer pour toutes ses folies, devenant ainsi un homme comme ceux que Marguerite aimerait fuir. Mais Armand est trop fier pour profiter des générosités d'un autre. Même si sa condition sociale est supérieure à celle de Marguerite, il est insuffisamment fortuné pour l'entretenir complètement. Et c'est pour le sauver de la banqueroute et du déshonneur que Marguerite part dans les bras d'un riche amant.
Le récit du narrateur s'ouvre sur la vente des biens de la courtisane, vente qui doit régler les dettes qu'une vie de faste et de dépenses n'a cessé d'accumuler. Cette vente publique, aux yeux du sensible narrateur, c'est une curée qui dépouille pour toujours la belle de ses précieux atours, mais qui ne saurait flétrir sa grâce. Cela fut déjà dit et ce n'est presque un secret pour personne : le narrateur est une figure de l'auteur lui-même et celui-ci s'est inspiré de sa liaison avec la belle Marie Duplessis pour écrire son chef-d'oeuvre. le narrateur révèle une empathie peu commune pour la dame aux camélias et ses consoeurs. « J'ai une indulgence inépuisable pour les courtisanes, et je ne me donne même pas la peine de discuter cette indulgence. » (p. 21) Mais il tente de dissimuler cette sensibilité derrière des arguments spécieux où seule la beauté compte. « Je regrettais la mort de cette fille comme on regrette la destruction totale d'une belle oeuvre. » (p. 25) Je ne suis pas loin de penser qu'en écrivant cette oeuvre, outre ses prétentions littéraires, l'auteur a tenté de faire quelque peu amende honorable pour l'issue tragique de sa liaison avec Marie Duplessis. Dans son roman, la belle Marguerite est dotée de qualités d'âme dont ses congénères ne disposent pas. Même si le fantôme de Manon Lescaut et son lot d'intertextualité plane sur le texte, Dumas fils a fait le portrait d'une courtisane qui, même si elle a toujours voulu être libre, est une femme qui se serait repentie par amour, mais qui se perd pour l'honneur.
Alexandre Dumas fils dresse un portrait au vitriol d'une société bourgeoise très sûre de ses avantages et de sa position, et bien prompte à stigmatiser les marginaux. le style de Dumas fils n'est pas celui de Dumas père. Il est moins ample, mais pas moins romanesque. Paradoxalement, il est également très théâtral et ce n'est pas pour rien que le roman a été adapté si rapidement et si souvent sur scène et au cinéma.
Parlons maintenant du téléfilm de Desmond Davis, étrangement intitulé Camille dans le générique liminaire. Je n'ai pas été convaincue par cette adaptation. le film s'ouvre sur le journal final de Marguerite Gautier, ce qui prive l'intrigue du ressort dramatique que constitue le secret entourant la fuite de la belle. Contrairement au roman, il n'y a pas de narrateur qui aide Armand dans ses démarches et l'accompagne dans ses souvenirs. le réalisateur a choisi de présenter le passé de Marguerite avant son arrivée à Paris. Là où Dumas fils ne faisait qu'évoquer un passé de pauvre provinciale, le téléfilm montre une jeune Marguerite dans une ferme crasseuse, puis battant le pavé parisien jusqu'à trouver son premier protecteur. C'est ainsi que le duc, si discret dans le roman, devient une sorte de Pygmalion dans cette adaptation, ce qui est erroné puisque lors de leur rencontre, la jeune femme est déjà une demi-mondaine accomplie.
Pour ce qui est de l'interprétation, j'ai trouvé Greta Scacchi très mauvaise dans le rôle de la courtisane. Elle est blonde, ce qui est bien loin de la beauté brune que Dumas décrit tout au long de son roman. J'ai trouvé son jeu maladroit, voire grossier. Ben Kingsley incarne Duval père et sa prestation ne vaut même pas un commentaire. Quant à Colin Firth, quelle déception. Colin, mon chou, je t'ai trouvé bien falot dans toute cette histoire. Tu n'incarnes pas vraiment le héros follement romantique de Dumas fils. Pour cette fois, désolée de te le dire, mais tu es trop british pour le rôle. Note bien que j'adore ta distinction d'outre-Manche, mais cette fois, ça n'a pas pris. Toutefois, te voir torse nu est toujours aussi agréable, alors mettons que ce n'est rien et oublions ce rôle sans épaisseur.
Sans hésiter, lisez l'excellent roman d'Alexandre Dumas fils et cherchez une meilleure adaptation si vous ne pouvez vous passer d'écran.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          380
Gwen21
  10 décembre 2015
Voilà un classique avec une belle dimension romantique et une grande dimension dramatique. Dumas s'attache davantage à la femme qu'au couple et fait de Marguerite Gautier une véritable égérie de son sexe.
Roman tout en contrastes à travers lequel s'affrontent tous les paradoxes : le vice et la vertu, la luxure et l'amour, le plaisir et le devoir, la jeunesse et la vieillesse, la vie et la mort, la santé et la maladie, la fortune et la misère, la beauté et la noirceur...
Le touchant duo d'amour entre Armand le bourgeois et Marguerite la courtisane s'exprime et tire son essence de toutes ces confrontations, comme autant de clash qui véhiculent une émotion tout en violence. Dans ces conditions, rien de plus normal que nos tourtereaux siègent parmi les plus célèbres amants maudits de la littérature.
Je ne louerai pas excessivement le style de l'auteur qui n'a rien de très remarquable en comparaison de ceux de ses contemporains ; je me contenterai de dire que la narration est agréable, la lecture se fait fluide, le vocabulaire est très accessible et l'ensemble très cohérent. A mon sens, à sa parution, ce roman a dû être plus remarqué pour son fond que pour sa forme.
A découvrir, particulièrement si on s'intéresse à la condition féminine au 19ème siècle. L'aspect social et sociétal du roman ne laisse pas indifférent.

Challenge 19ème siècle 2015
Challenge ABC 2015 / 2016
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          482
Aaliz
  15 janvier 2013
Voilà une des histoires romantiques les plus célèbres car non seulement elle a donné lieu au roman dont il est question ici mais également à une pièce de théâtre et aussi au tout aussi célèbre opéra de Verdi : La Traviata. Adapté également de nombreuses fois au cinéma, ce grand classique ne pouvait pas manquer plus longtemps à ma culture littéraire.
Ce qui m'a surprise en premier lieu lors de cette lecture, ce fut sa grande simplicité dans le style d'écriture. Ici, on ne rencontre point de longues descriptions s'étalant sur des pages et effrayant bon nombre de lecteurs. le roman est d'ailleurs assez court et se lit très vite car tout est concentré sur l'intrigue et les sentiments des personnages.
On rentre donc très rapidement dans le vif du sujet.
Ce n'est pas pour rien qu'Alexandre Dumas fils fait lui-même référence, dans son texte, à un autre grand classique de la littérature française : Manon Lescaut. Car il existe, en effet, certaines similitudes entre ces deux romans dont la première est la construction.
Tout comme dans le récit de l'abbé Prévost, La Dame aux Camélias utilise le procédé du récit dans le récit. le lecteur fait donc tout d'abord connaissance avec le narrateur dont il ne sait finalement pas grand chose et dont il ignore même le nom. Et c'est à travers ce narrateur que le lecteur apprend petit à petit l'histoire de la relation tragique entre Armand et Marguerite.
Nous voici avec un deuxième point commun avec Manon Lescaut : les personnages. Armand, tout comme Des Grieux, est profondément épris d'une courtisane.
Pourtant, là où j'ai beaucoup douté des sentiments de Manon pour Des Grieux, ceux de Marguerite envers Armand sont plus clairs même si je reconnais avoir eu à un endroit un léger soupçon mais très vite dissipé.
Le début du roman m'a beaucoup rappelé Un amour de Swann de Proust dans lequel Proust détaille en profondeur les sentiments de jalousie de Swann à l'encontre d'Odette. le jeu du chat et de la souris auquel se livrent Odette et Swann est identique à celui d'Armand et Marguerite. Les sentiments (jalousie des hommes) et les comportements (dédain des femmes) des personnages sont similaires. Les scènes se ressemblent aussi comme celle où Armand/Swann guette le retour chez elle de Marguerite/Odette.
Le parallèle entre les deux couples s'arrête là car le duo Armand/Marguerite évolue bien différemment de son « presque reflet » proustien.
La relation entre Marguerite et Armand m'a profondément touchée et émue. Alexandre Dumas a merveilleusement exprimé les pensées et sentiments de ses personnages et d'Armand en particulier.
Savoir qu'en plus, cette histoire est basée sur du réel puisqu'Alexandre Dumas s'est inspiré de sa relation avec Alphonsine Plessis, n'a fait qu'ajouter au réalisme tragique du récit, de quoi vraiment me bouleverser.
Je me suis de plus beaucoup reconnue dans la réaction d'Armand, dans son désir de vengeance. C'est fou comme l'amour, quand il est passionné, peut atteindre des extrêmes, tant dans la passion elle-même que dans son exact contraire : la haine.
Avec La Dame aux Camélias, j'ai senti une proximité et un attachement à Armand et Marguerite alors que je n'avais éprouvé que de l'antipathie à l'égard de Des Grieux et Manon.
Le dénouement est aussi tragique que dans Manon Lescaut où il m'avait bien fallu ça pour éprouver enfin un peu de compassion pour les personnages.
Finalement bien que l'intrigue ne soit pas particulièrement originale (puisque certains des aspects sont régulièrement repris dans nombre de romans ou films sentimentaux), la force et la justesse des sentiments, le réalisme de l'histoire font que ce classique restera un de mes très bons souvenirs de lecture.

Lien : http://booksandfruits.over-b..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          430
PiertyM
  16 juillet 2015
Une déchirante histoire d'amour! Les amours impossibles qui emportent tout sur leur passage!
L'amour surgit sans tenir compte des principes des hommes, sans tenir compte des interdits pour lesquels la société a prodigieusement érigé des barrières surtout lorsqu'on se retrouve au XIXe S où la bourgeoisie est encore une classe fermée, verrouillée, nul n'entre ici s'il n'est fortuné de naissance, pour les autres battez-vous pour se faire une place, c'est en cela que s'inscrit la vie de Marguerite Gautier, une femme courageuse qui brave le regard hautain des autres, qui brise les principes d'une bonne femme soi disant, en faisant sa fortune avec le commerce de son corps, une fille du monde, une entretenue, une fille de joie, une courtisane, une prostituée...celle qui a vendu son cœur...mais l'amour...
Comment aimer une courtisane étant pauvre? Encore il faudrait briser avant tout la gène du regard des autres. Armand Duval est amoureux, il décide de se lancer sur ce terrain mais le vent qui va souffler non seulement emportera tout mais il va déchirer tous ses muscles...L'auteur nous enferme alors dans sa tête, on se trouve coincé comme dans un labyrinthe où on se dit il va y passer...
C'est un livre qui vibre, qui tremble comme si l'auteur avait tremblé devant la beauté de Marguerite...non c'est comme respirait la folie dans les veines de Armand Duval...plutôt quand le cœur tonne des coups de carillon!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          410
Citations et extraits (136) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   08 décembre 2015
Être aimé d'une jeune fille chaste, lui révéler le premier cet étrange mystère de l'amour, certes, c'est une grande félicité, mais c'est la chose du monde la plus simple. S'emparer d'un cœur qui n'a pas l'habitude des attaques, c'est entrer dans une ville ouverte et sans garnison. L'éducation, le sentiment des devoirs et la famille sont de très fortes sentinelles ; mais il n'y a sentinelles si vigilantes que ne trompe une fille de seize ans, à qui, par la voix de l'homme qu'elle aime, la nature donne ses premiers conseils d'amour qui sont d'autant plus ardents qu'ils paraissent plus purs. Plus la jeune fille croit au bien, plus elle s'abandonne facilement, sinon à l'amant, du moins à l'amour, car étant sans défiance, elle est sans force, et se faire aimer d'elle est un triomphe que tout homme de vingt-cinq ans pourra se donner quand il voudra. Et cela est si vrai que voyez comme on entoure les jeunes filles de surveillance et de remparts ! Les couvents n'ont pas de murs assez hauts, les mères de serrures assez fortes, la religion de devoirs assez continus pour renfermer tous ces charmants oiseaux dans leur cage, sur laquelle on ne se donne même pas la peine de jeter des fleurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
OlsbuOlsbu   09 octobre 2007
C’est que depuis que je vous ai vue, je ne sais comment ni pourquoi, vous avez pris une place dans ma vie, c’est que j’ai eu beau chasser votre image de ma pensée, elle y est toujours revenue, c’est qu’aujourd’hui quand je vous ai rencontrée, après être resté si longtemps sans vous voir, vous avez pris sur mon cœur et mon esprit un ascendant plus grand encore, c’est qu’enfin, maintenant que je vous connais, vous m’êtes devenu indispensable, et que je deviendrais fou, non pas seulement si vous ne m’aimez pas, mais si vous ne me laissez pas vous aimer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          350
ChocolatiineChocolatiine   26 octobre 2014
Si fort que l'on aime une femme, quelque confiance que l'on ait en elle, quelque certitude sur l'avenir que vous donne son passé, on est toujours plus ou moins jaloux. Si vous avez été amoureux, sérieusement amoureux, vous avez dû éprouver ce besoin d'isoler du monde l'être dans lequel vous vouliez vivre tout entier. Il semble que, si indifférente qu'elle soit à ce qui l'entoure, la femme aimée perde de son parfum et de son unité au contact des hommes et des choses. Moi, j'éprouvais cela bien plus que tout autre. Mon amour n'était pas un amour ordinaire ; j'étais amoureux autant qu'une créature ordinaire peut l'être, mais de Marguerite Gautier, c'est-à-dire qu'à Paris, à chaque pas, je pouvais coudoyer un homme qui avait été l'amant de cette femme ou qui le serait le lendemain.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
ChocolatiineChocolatiine   26 octobre 2014
Vous savez ce que c'est que d'aimer une femme, vous savez comment s'abrègent les journées, et avec quelle amoureuse paresse on se laisse porter au lendemain. Vous n'ignorez pas cet oubli de toutes choses, qui nait d'un amour violent, confiant et partagé. Tout être qui n'est pas la femme aimée semble un être inutile dans la création. On regrette d'avoir déjà jeté des parcelles de son coeur à d'autres femmes, et l'on entrevoit pas la possibilité de presser jamais une autre main que celle que l'on tient dans les siennes. Le cerveau n'admet ni travail ni souvenir, rien enfin de ce qui pourrait le distraire de l'unique pensée qu'on lui offre sans cesse. Chaque jour on découvre dans sa maîtresse un charme nouveau, une volupté inconnue.
L'existence n'est plus que l'accomplissement réitéré d'un désir continu, l'âme n'est que la vestale chargée d'entretenir le feu sacré de l'amour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
Eve-YesheEve-Yeshe   12 décembre 2016
« Manon était morte dans un désert, il est vrai, mais dans les bras de l'homme qui l'aimait avec toutes les énergies de l'âme, qui, morte, lui creusa une fosse, l'arrosa de ses larmes et y ensevelit son cœur ; tandis que Marguerite, pécheresse comme Manon, et peut-être convertie comme elle, était morte au sein d'un luxe somptueux, s'il fallait en croire ce que j'avais vu, dans le lit de son passé, mais aussi au milieu de ce désert du cœur, bien plus aride, bien plus vaste, bien plus impitoyable que celui dans lequel avait été enterrée Manon. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
Video de Alexandre Dumas fils (1) Voir plusAjouter une vidéo

Théâtre : le demi monde à la Comédie Française
Sur les indications du metteur en scène, Maurice ESCANDE, Lise DELAMARE et Magali de VENDEUIL répétent une scène de la pièce d'Alexandre DUMAS Fils, "Le demi monde", dans laquelle elles interprètent repectivement la baronne Suzanne d'Ange et Marcelle, deux demi-mondaines. Pierre DESCAVES assiste à la répétition.
autres livres classés : courtisanesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

La Dame aux camélias

Quel est l'auteur de ce roman du XIXème siècle ?

Chateaubriand
Alexandre Dumas fils
Gérard de Nerval
Marcel Proust

12 questions
115 lecteurs ont répondu
Thème : La Dame aux camélias (roman) de Alexandre Dumas filsCréer un quiz sur ce livre
. .