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Critique de latina


latina
  30 décembre 2018
« Ne faites pas à ces filles-là l'honneur de les prendre au sérieux. Elles ne savent pas ce que c'est que l'élégance et la politesse ; c'est comme les chiens auxquels on met des parfums, ils trouvent que cela sent mauvais et vont se rouler dans le ruisseau. »
Voilà comment on traite les « femmes entretenues », comme on disait à l'époque d'Alexandre Dumas fils.
Femmes entretenues, ou cocottes, ou prostituées de luxe...Etres humains ? Sûrement pas !
Elles étaient considérées comme de simples et beaux objets à exhiber, coûteux, il est vrai. Un objet perd de son éclat si on ne l'entretient pas, tout le monde sait ça.


Alexandre Dumas nous dépeint très bien l'ambiance de ce 19e siècle, du moins l'ambiance chez les riches et même les très riches, qui adoptaient une femme comme ils adoptaient un bel animal.
Marguerite Gautier était une très jeune femme d'une vingtaine d'années, adulée, caressée, exhibée, et elle en profitait, évidemment. Difficile de se passer des richesses lorsqu'on les a connues. Mais l'amour vient frapper à sa porte en la personne d'Armand Duval, un très jeune homme...
Les conventions vont s'en mêler - le père est un personnage tout-puissant - , les amis et faux-amis, les dettes et les créances, mais aussi la jalousie qui taraude Armand ainsi que la tuberculose qui s'installe chez Marguerite. L'amour et la mort, encore une fois, se mélangent pour former un cocktail explosif, à la plus pure façon romantique.


L'analyse de l'amour entre Marguerite et Armand m'a semblé tout à fait judicieuse et détaillée, et je reconnais là un grand sens de la psychologie chez Alexandre Dumas (honte à moi, je n'avais rien lu de lui ni de son père !).
N'empêche, je me demande pourquoi les grands auteurs du 19e siècle, que ce soit Dumas, Maupassant ou Zola, s'intéressent tellement à la « femme entretenue ».
Hantait-elle leurs rêves ? Question à approfondir !


Je terminerai par cette phrase qui me fait bondir: « Se soigner, c'est bon pour les femmes du monde qui ont une famille et des amis ; mais nous, dès que nous ne pouvons plus servir à la vanité et au plaisir de nos amants, ils nous abandonnent. »
Question encore d'actualité, je suppose...
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