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ISBN : 2351781147
Éditeur : Gallmeister (18/08/2016)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Les membres de la famille Binewski sont bien étranges... Pour sauver son cirque. Al, le père, décide avec sa femme Lil de créer une famille "sur mesure".

A force de médicaments et autres radiations, Lil met au monde cinq enfants : Arturo, l'Homme - Poisson dont les membres sont des nageoires, Electra et Iphigenia, soeurs siamoises et pianistes, Fortunato dont on craint un moment qu'il soit normal, mais qui fait bientôt preuve de particularités des pl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
horline
  31 août 2018
Rien, Katherine Dunn ne se refuse rien dans Amour monstre. Ressemblant à un immense moment de liberté, ce bouquin raconte l'histoire d'une famille à la tête d'un cirque qui parcourt l'Amérique. Une famille déjantée et hors norme, des véritables phénomènes de foire qui mettent à profit leurs tares génétiques pour susciter chez le public un engouement irrationnel voire dérangeant.
Si le récit se déploie dans un mouvement de balancier entre deux périodes suggérant que les Binewski aux tempéraments exacerbés ont quelques centaines de pages plus tard périclité, on est avant tout fasciné par le portrait et l'ascension de cette famille extravagante. Une famille soudée dont on suit jusqu'à la démesure les débordements affectueux autant que les luttes intestines et laissent le sentiment de contempler une toile aux couleurs féroces.
Katherine Dunn ne nous épargne rien : une écriture franche et sans inhibition, des remarques étonnantes et des scènes détonantes, l'ensemble témoigne d'une belle assurance. Mais pas suffisamment pour bien maîtriser la construction du récit. En tout cas pas assez pour neutraliser le lien un peu lâche entre les deux époques, un lien qui ouvre sur une autre intrigue peu convaincante et donc anecdotique.
L'auteure américaine aurait pu se contenter de décrire uniquement la folle destinée des Binewski, leurs guerres et étonnants sursauts nourrissant l'essentiel du récit. Il n'en fallait pas plus pour alimenter la morale qui se cache à peine dans cette fiction. Car bien entendu c'est le genre de récit qui invite à une réflexion sur la normalité et le regard que l'on porte sur la différence. Les monstres et les misérables ne sont pas forcément ceux que l'on croit.
Lecture agréable ?...hmm difficile à dire. Katherine Dunn introduit tant d'étrangeté dans le roman que l'on sort de cette lecture un peu désarçonné. L'auteure exploite sans scrupule les clichés sur les «freaks», tirant parti de la fascination que ces être difformes exercent et l'idée qu'ils incarnent une forme de déviation, de perversion, ou encore de communauté à part. Vraisemblablement Dunn ne recherche pas l'empathie, ce qui fait que les personnages ne prétendent surtout pas à l'affection du lecteur. C'est bien ça le plus perturbant, écrit sans aucune limite, ce roman ne convoque nullement l'humanité des personnages et nous met dans la position de voyeur malmené.
Roman qui exerce une force d'attraction réellement déconcertante.
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LeaTouchBook
  16 août 2016
La rentrée littéraire commence doucement sur le blog avec le roman le plus original de cet évènement, un roman comme on en lit une ou deux fois dans sa vie, un roman qui mélange l'étrange, l'émotion et même parfois le thriller. La collection Americana des éditions Gallmeister se pare d'un nouveau roman qui ne pourra que vous surprendre : Amour Monstre ou Geek Love pour les intimes.
Imaginez qu'un père décide de fabriquer ses enfants, avec le consentement d'une mère elle aussi excitée à cette idée : créons des monstres et redonnons ses couleurs au cirque du genre ! "Comme elle disait souvent : Quel plus beau cadeau peut-on faire à ses enfants que la capacité intrinsèque à gagner leur vie en étant simplement eux-mêmes ?". Quelle idée bizarre voire malsaine me direz-vous ! Et j'ai pensé exactement la même chose : est-ce de l'amour ou de la folie ? Pourtant c'est ce sentiment si fort d'appartenance à l'extraordinaire qui fait de cette famille, une famille unique... Mais la compétition est rude pour être le premier dans le coeur des parents et des spectateurs...
La narratrice est Oly, une naine bossue et albinos. Atypique non ? Et cependant elle est considérée comme la moins intéressante de la fratrie, comme celle qui ne sert qu'à présenter les autres, à les mettre en avant. Peu lui importe car elle est fascinée à l'extrême par son grand frère, Arturo l'Aquaboy, ce dernier complètement rongé par sa jalousie et son désir d'être admiré. Un désir qui le mènera parfois à vouloir tuer la concurrence... Il y a bien sûr les deux parents : la mère qui aime tant ses enfants et le père qui souhaite aller toujours plus haut et plus loin et qui refuse toute forme de normalité. Il y a les soeurs siamoises : fascinantes et attirantes pour ceux qui aiment le style. Il y a aussi le petit nouveau : Chick... le lecteur est ainsi tiraillé entre répulsion et fascination, attaché parfois à certains personnages et puis d'un seul coup écoeuré par certains de leurs agissements. C'est vraiment très bien maitrisé par l'auteure !
Ce que j'ai aimé par dessus tout dans ce livre c'est sûrement le fait de suivre Oly des années plus tard alors qu'elle vit dans le même immeuble que sa fille (qui ne connait pas son existence) et sa mère (qui ne la reconnait pas du fait de sa déficience visuelle). Elle se rattache à ce qui fût et le lecteur ne peut que se demander quel a été le drame qui a amené la mort des autres membres de la famille Binewski. C'est une histoire remplie de sentiments très forts, de mystère quant au dénouement de l'histoire passée et de celle présente. le balancier entre ce qui fut et ce qui est, est ce que j'ai préféré durant cette lecture.
Jacques Mailhos, un des grands maitres de la traduction Gallmeister, est au meilleur de son art et réussit avec maestria à retranscrire l'écriture, le style fluide et addictif de Katherine Dunn. Cette grande romancière est décédée cette année mais a laissé derrière elle une oeuvre immortelle dont ce sublime roman.
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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blandine5674
  20 juin 2018
Quel livre étrange ! Ai-je aimé ou pas ? Je n'en sais trop rien. Ce dont je suis sûre c'est qu'il ne peut laisser indifférent et va s'encrer quelque part dans mon cerveau. Il est à la manière d'un plat que l'on mange pour la première fois, on en conserve le goût sans savoir si nos papilles l'aiment. Si je dis que les êtres difformes engendrés par un père gérant de cirque les rend supérieurs aux ‘normos' comme ils disent, ce n'est pas très tentant. Que les monstres deviennent un objet de convoitise à égaler, voir à surpasser. C'est ce que nous explique Oly, naine et bossue. J'abrège : sur la différence physique, le regard des autres, la famille. Ce genre de roman singulier s'analyse, je pense, avec le recul.
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Neneve
  06 septembre 2019
Je viens tout juste de terminer ce pavé et je flotte encore... Une plongée dans l'univers intime d'une famille qui sillonne l'Amérique avec leur cabinet des curiosités. C'est que les parents Binewski ont fait bien des expériences avec diverses substances, afin de s'assurer d'avoir les enfants les plus étranges. Il y a d'abord l'aîné, Arty, qui est muni de nageoires et qui se donne en spectacle dans un grand bassin d'eau. La narratrice, Oly, naine chauve albinos. Et puis les siamoises, deux têtes, deux bras, deux jambes, collées à jamais par le bassin... Et puis le p'tit dernier, Chuck, qui lui a la capacité de déplacer les objets... Une drôle de famille, mais aussi une drôle de dynamique. Un père qui pense aux entrées, une mère qui décline jusqu'à la folie, le plus vieux, un brin tyrannique et qui, par la force des choses, deviendra le symbole de la diversité, des laissers pour compte... Mais ce livre est une ode à la particularité, peu importe de quelle façon elle se manifeste... Et nous parle d'une très belle façon de l'acceptation de soi et du laisser aller face aux préjugés et regards des autres... Encore un très bon Gallmeister...
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Flaubauski
  27 août 2019
Découvert au détour du Challenge Etats-Unis auquel je participe, ce roman a été une franche surprise, jusqu'à se hisser dans mes coups de coeur lecture de l'année – et je dois dire qu'il n'y en a pas beaucoup en 2019, gageons que les derniers mois changent la donne – .
Nous sommes projetés dès le premier chapitre dans un univers carnavalesque qui met en question les notions d'altérité et de monstruosité, et ce par l'intermédiaire d'un ton on ne peut plus noir et grinçant. Ce ton, c'est celui d'Oly, cadette de la famille Binewski, dont Al, le père, possède un cirque qui voyage à travers les Etats-Unis, cirque familial qui va devenir une foire aux monstres éminemment célèbre. Naine et albinos en raison d'expérimentations chimiques faites durant les grossesses de sa mère, Lil, – les autres enfants ont également leur propre altérité physique ou psychique -, elle nous raconte en effet l'histoire de sa famille hors norme, de sa naissance par l'arrivée du premier enfant, Arturo, jusqu'à sa chute par le drame dont le même Arturo va se rendre responsable environ deux décennies plus tard. Entre les deux, une série d'évènements qui mettent au centre l'amour fraternel et l'orgueil poussés à leur extrême le plus glauque, et qui renversent tous les codes de la normalité telle que l'entendent les « normos », ceux qui ne font justement pas partie de la famille ou de son entourage.
Tout au long du roman, l'on oscille entre passé et présent, entre l'histoire de la famille au sein du cirque jusqu'au drame, et l'histoire d'Oly après ce même drame – je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher trop d'éléments de l'intrigue -, entre acceptation, voire glorification, et rejet de la monstruosité dont la majorité des personnages du roman est tributaire. Cette oscillation se fait avec beaucoup de fluidité et m'a rendu la lecture franchement captivante, au point d'avoir du mal à laisser de côté le roman pour vaquer à mes autres occupations. Je suis d'ailleurs ressortie étonnamment émue de cette histoire douce-amère, m'étant attachée à Oly et à sa famille au fil de son récit, comme si, au fur et à mesure, le renversement des codes décrit dans le roman s'était insinué en mon esprit et me faisait prendre à nouveau conscience de la relativité des êtres et des choses…
Lien : https://lartetletreblog.word..
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
blandine5674blandine5674   20 juin 2018
Vous pouvez voit tout ça comme une vaste thérapie professionnelle. Le pouvoir comme industrie familiale à destination des aliénés. Le berger est l’esclave de ses brebis. Le jardinier vit sous le joug de ses carottes. Seul un fou peut vouloir devenir président. Ces fous sont délibérément créés par ceux qui veulent un président au-dessus de leur tête. Vous avez déjà constaté ça des milliers de fois. Nous créons un chef en pointant le doigt vers la seule personne qui se tient debout parmi une foule de gens assis. C’est peut-être tout simplement parce qu’il y a plus de chaises, ou parce qu’il a les genoux perclus d’arthrose. Peu importe. Nous élevons cette victime au rang de ‘personne-qui-se-tient-debout’ du seul fait que nous restons assis autour d’elle.
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Charybde2Charybde2   13 août 2016
Peut-on en vouloir à l’enfant de haïr l’attrait trompeur des choses grandes ? Des grands bras doux et des voix graves dans le noir qui disent : « Raconte à Papa, raconte à Maman, et tout va s’arranger. » L’enfant, qui ne cesse de hurler sa demande de refuge, sent bien l’extrême fragilité de la hutte de brindilles que la conscience adulte lui offre en guise d’abri. La terre en larmes elle-même sait l’impérieux besoin qu’a l’enfant de trouver ce sanctuaire. Elle n’ignore rien de la profondeur et de la poisse des ténèbres de l’enfance. Elle l’ignore rien du tranchant des dagues du mal enfantin, non encore altéré, non encore réprimé par les coussins commodes de l’âge et de son civilisateur pouvoir anesthésiant.
Les adultes peuvent faire face aux genoux éraflés, aux cornets de glace qui tombent, aux poupées que l’on perd, mais s’ils soupçonnaient les vraies causes de nos pleurs ils nous expulseraient de leurs bras en un violent geste de dégoût horrifié. Pourtant nous sommes petits et aussi terrifiés que terrifiants dans la férocité de nos appétits.
Cette chaleureuse stupidité qu’ont les adultes, nous en avons besoin. Conscients que ce n’est qu’une illusion, nous pleurons et nous nous réfugions tout de même sur leurs genoux, ne parlant que de sucettes souillées et d’ours en peluche perdus, prenant en réconfort ni plus, ni moins, que la valeur d’une sucette ou d’un ours en peluche. Nous nous accommodons de cela plutôt que d’affronter tout seuls les recoins caverneux de nos crânes pour lesquels il n’y a pas de remède, pas d’abri, pas le moindre réconfort. Nous survivons jusqu’à ce que, par la seule grâce de l’énergie vitale, nous disparaissions à notre tour dans la trouble innocence et dans l’oubli de notre propre âge adulte.
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blandine5674blandine5674   18 juin 2018
Si toutes ces jolies femmes pouvaient se débarrasser des traits qui les rendent désirables aux yeux des hommes (si elles pouvaient se débarrasser de leur joliesse) alors elles cesseraient de dépendre de leur propre nature de petits êtres exploitables et se serviraient de leurs talents et de leur intelligence pour gagner du pouvoir.
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EffeLouEffeLou   20 octobre 2014
"Grownups can deal with scraped knees, dropped ice-cream cones, and lost dollies, but if they suspected the real reasons we cry they would fling us out of their arms in horrified revulsion. Yet we are small and as terrified as we are terrifying in our ferocious appetites.
We need that warm adult stupidity. Even knowing the illusion, we cry and hide in their laps, speaking only of defiled lollipops or lost bears, and getting lollipop or a toy bear'd worth of comfort. We make do with it rather than face alone the cavernous reaches of our skull for which there is no remedy, no safety, no comfort at all. We survive until, by sheer stamina, we escape into the dim innocence of our own adulthood and its forgetfulness.”
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Charybde2Charybde2   13 août 2016
Ses longues mains tapotent le sexe d’encre pendouillant, le pénis presque invisible du vendeur de journaux.
– Comme presque toujours chez les humains de sexe masculin qui font de la rétention de graisse, dit-elle, le ventre semble avaler le pénis depuis sa base, le réduisant considérablement en taille.
– C’est dégoûtant ! claque une voix dans mon dos.
– Allez vous faire foutre, hurle Miranda.
Le critique s’éloigne vers le carrefour d’un air pincé. Ce n’était qu’un passant. Miranda pose son bras sur ma bosse pour me protéger. Un doigt pointé sur la ligne qui trace une fesse fripée ballant du tabouret, elle glousse. – Un de mes professeurs m’a dit que je dessinais comme une tueuse en série. Pourtant, j’ai horreur de ce genre de merde inepte. De ces petites lignes minables comme des hésitations d’estafilades sur le poignet d’un suicidaire.
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