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EAN : 9782351781142
472 pages
Gallmeister (18/08/2016)
3.68/5   131 notes
Résumé :
Les membres de la famille Binewski sont bien étranges... Pour sauver son cirque. Al, le père, décide avec sa femme Lil de créer une famille "sur mesure".

A force de médicaments et autres radiations, Lil met au monde cinq enfants : Arturo, l'Homme - Poisson dont les membres sont des nageoires, Electra et Iphigenia, soeurs siamoises et pianistes, Fortunato dont on craint un moment qu'il soit normal, mais qui fait bientôt preuve de particularités des pl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
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Rien, Katherine Dunn ne se refuse rien dans Amour monstre. Ressemblant à un immense moment de liberté, ce bouquin raconte l'histoire d'une famille à la tête d'un cirque qui parcourt l'Amérique. Une famille déjantée et hors norme, des véritables phénomènes de foire qui mettent à profit leurs tares génétiques pour susciter chez le public un engouement irrationnel voire dérangeant.
Si le récit se déploie dans un mouvement de balancier entre deux périodes suggérant que les Binewski aux tempéraments exacerbés ont quelques centaines de pages plus tard périclité, on est avant tout fasciné par le portrait et l'ascension de cette famille extravagante. Une famille soudée dont on suit jusqu'à la démesure les débordements affectueux autant que les luttes intestines et laissent le sentiment de contempler une toile aux couleurs féroces.
Katherine Dunn ne nous épargne rien : une écriture franche et sans inhibition, des remarques étonnantes et des scènes détonantes, l'ensemble témoigne d'une belle assurance. Mais pas suffisamment pour bien maîtriser la construction du récit. En tout cas pas assez pour neutraliser le lien un peu lâche entre les deux époques, un lien qui ouvre sur une autre intrigue un peu moins convaincante.
L'auteure américaine aurait pu se contenter de décrire uniquement la folle destinée des Binewski, leurs guerres et étonnants sursauts nourrissant l'essentiel du récit. Il n'en fallait pas plus pour alimenter la morale qui se cache à peine dans cette fiction. Car bien entendu c'est le genre de récit qui invite à une réflexion sur la normalité et le regard que l'on porte sur la différence. Les monstres et les misérables ne sont pas forcément ceux que l'on croit.

Lecture agréable ?...hmm difficile à dire. Katherine Dunn introduit tant d'étrangeté dans le roman que l'on sort de cette lecture un peu désarçonné. L'auteure exploite sans scrupule les clichés sur les «freaks», tirant parti de la fascination que ces être difformes exercent et l'idée qu'ils incarnent une forme de déviation, de perversion, ou encore de communauté à part. Vraisemblablement Dunn ne recherche pas l'empathie, ce qui fait que les personnages ne prétendent surtout pas à l'affection du lecteur. C'est bien ça le plus perturbant, écrit sans aucune limite, ce roman ne convoque nullement l'humanité des personnages et nous met dans la position de voyeur malmené.
Roman qui exerce une force d'attraction réellement déconcertante.
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Un livre qui porte bien son titre !! Tout y est monstrueux, l'amour, la haine, les humains et les actes ! Un livre psychédélique qui malgré son côté sans tabou et sans retenue est accrocheur et fascinant !

Les parents Binewski ont de grandes idées pour faire marcher leur cirque ambulant : la mère se défonce avec tout ce que son mari trouve, du speed à l'alcool en passant par les anti-dépresseurs et les radiations, afin de donner naissance à des monstres qui seront attractifs !

L'ainé est une sorte de larve dotée de nageoire, d'un caractère déterminé, manipulateur et sans scrupule ; les puinées sont siamoises, musiciennes aux caractères opposés et Olly, la naine albinos sans talent particulier au regard de sa famille ! Chick, à priori normal, rejoindra la troupe familiale un peu plus tard et sa monstruosité ne sera pas sans conséquence, même si elle n'est pas visible !

Lu en lecture commune, à des vitesses diverses et même si les avis divergent un peu, la fascination exercée fut la même ! Une envie d'aller plus loin dans la découverte de ce dont cette famille est capable, voir jusqu'où l'auteure peut aller sans tomber dans le voyeurisme. le tout est totalement immoral, sans concession sur la bêtise humaine et la manipulation des uns par les autres. le tout est très déjanté mais bien écrit et sait retenir l'attention à moins d'avoir choqué les sensibilités que certains peuvent avoir.

Pour moi c'est une très bonne lecture, j'ai été scotchée du début à la fin ! Je remercie mes co-lectrices avec lesquelles j'ai passé de bons moments !

Challenge Multi-Défis 2022
Challenge Plume Féminine 2022
Challenge Mauvais Genre 2022
Challenge 20ème Siècle 2022
Lecture Commune Cricri08 – Krissie78 – Sharon - VALENTYNE
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[En arrière-fond, une impression de musique qui fait penser à celles passées dans les cirques ; une faible odeur faite de poussière, de sueur, de pop-corn et de sucre brûlé se fait sentir].

Mesdames, et messieurs, chers lecteurs spectateurs,
Approchez-vous, approchez-vous d'« Amour monstre », le roman de Katherine Dunn, pour un spectacle de phénomènes les plus monstrueux que vous aurez jamais vus ! Ici point de femme à barbe, d'homme le plus fort du monde, de fakir au tapis à clous rétractables, mais une famille extraordinaire, les Binewski ! Une famille fondée par al et Crystal Lil, qui se sont soumis à un cocktail explosif de radiations et de produits chimiques pour obtenir des enfants tous plus fabuleux les uns que les autres ! Dans l'ordre : Arturo, dit « Arty » ou encore « Aqua-man », un homme-ver dont les membres sont faits de nageoires, les siamoises Iphigenia et Electra, deux filles formidables reliées à la taille par une seule paire de jambes, Olympia, naine, albinos, chauve et bossue, narratrice du roman, et Fortunato, surnommé « Chick », un enfant à l'allure de « normo », comprenez un être sans aucune caractéristique notable, mais aux pouvoirs mentaux extraordinaires !

Vous qui entrerez dans ces pages, abandonnez avant tout sens de la normalité et de la moralité, dans un mouvement de renversement de la réalité, car souvenez-vous que ceux qui présenteront une anormalité, ce n'est pas les Binewski, qui sont uniques, mais vous, qui êtes issus du même moule et vous ressemblez tous ! Célèbrez leur différence en assistant à leurs numéros, de piano pour les siamoises, et de nage divinatoire de la part d'Aqua-man !

Vivez à leurs côtés la trajectoire que cette famille rencontrera, de la simple itinérance circassienne au départ à la lente construction d'un culte à la gloire d'Arty, lui qui a su comprendre ce que le public vient voir en lui et ce qu'il attend de lui : les mener vers la voie d'une anormalité spirituelle menant à la purification… par l'ablation de leurs membres ! Un culte qui prendra de plus en plus d'ampleur, faisant peu à peu d'Arty un gourou qui ne se satisfera pas de la vénération du public, mais qui exigera celle de sa famille, les menant à un point de non-retour !

Et assistez également à l'histoire narrée en parallèle par Olympia notre narratrice, un récit qui donne un cadre à celle de cette fabuleuse famille, dédié à Miranda, la fille presque normo d'Olympia. Celle-ci sera tentée par la voie de la normalité en se coupant de sa seule particularité... le fera-t-elle, le fera-t-elle pas ? A moins qu'Olympia tente de la sauver avec le plus grand des courages !

Prenez donc le risque de lire un roman hors du commun, qui interrogera votre part de normalité, ou plutôt de monstruosité, en osant apprécier les aventures de cette famille hors du commun. Demandez-vous ce qu'est l'amour, quand il prend des proportions éléphantesques, grotesques. Malgré quelques risques de longueurs – c'est une longue histoire qui pourrait se résumer aisément, et lui permettrait de garder une acuité extraordinaire –, écoutez ces histoires racontées de manière parallèles, situées à des périodes différentes, et cherchez quelle est leur lien, hormis celui offert par Olympia la narratrice ! Si vous le trouvez, vous me le direz !
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Qu'est-ce que la « normalité » ? C'est la grande question que nous pose Katherine Dunn lorsqu'elle écrit « Amour monstre » en 1989. Ce roman, devenu culte et publié tardivement en France (en 20016), raconte l'histoire d'une famille hors norme. Aloysius (dit Al) et Crystal (dite Lil) dirigent un cirque itinérant : le Binewski's Carnival Fabulous. En visitant une roseraie, ils ont l'idée de fonder une famille de « phénomènes ». Usant et abusant de drogue, radiation et autres méthodes pour le moins originales, ils vont donner naissance à une fratrie détonante : Arturo (Arty), l'homme-poisson, Electra (Elly) et Iphigénie (Iphy), les magnifiques siamoises jointes par la taille et partageant une seule paire de jambes, Olympia (Oly), naine albinos et chauve, et Chick, le petit dernier pas si normal qu'il y parait.

C'est Oly qui nous raconte leur parcours. Nous la découvrons 20 ans après les faits qu'elle va nous livrer. Vieille avant l'âge, elle habite incognito un appartement miteux d'un immeuble géré par une vieille dame qui semble frappée d'Alzheimer et dont l'autre appartement est habité par une belle jeune femme Miranda. Nous apprenons rapidement qu'Oly veille ainsi sur sa mère et sa fille sans que ni l'une ni l'autre ne sache qui est Oly. Chaque partie commence par des « notes pour l'instant présent » que la narratrice écrit pour sa fille Miranda, avant de nous plonger dans la chronologie de ses souvenirs.

Rapidement le lecteur est happé par ce récit d'un monde où l'anormalité est la norme. Élevés dans l'amour, le partage et la solidarité malgré leurs divergences, les enfants Binewski se révèlent attachants. Après une entrée en matière en forme de douche froide on va découvrir progressivement l'univers et les secrets de cette famille. L'habile construction de l'histoire par Katherine Dunn nous distille petit à petit le quotidien du cirque tout en restant extrêmement centrée sur la psychologie des différents membres de la famille Binewski, comme s'ils étaient en autarcie. Entre curiosité et voyeurisme on se demande ce qui fait qu'on n'a pas envie de lâcher ce livre. Car l'écriture est dense, le texte très serré, certains passages s'avèrent difficiles à lire, à appréhender, à digérer. Et si l'amour est omniprésent au sein de la famille, la jalousie ne l'est pas moins. On est fasciné par la cohésion au sein de cette famille, au sein du « Fabulous ». Alors que la famille se transforme, qu'une forme de religion ou de comportement sectaire se met en place autour d'Arty, on se dit que les plus barges ne sont peut-être pas les « phénomènes » mais ceux qui sont prêts à n'importe quel sacrifice pour intégrer leur monde et se faire aimer d'Arty, que les « normos » sont peut-être plus « anormaux » que les « monstres » de la famille Binewski.

Le style de Katherine Dunn est souvent cru, parfois poétique (comme ces titres de chapitre souvent à double sens). Prenant des accents parfois lyriques ou surréalistes, elle dresse le portrait d'une famille monstre (et non pas monstrueuse) par la taille de l'amour qui les soude et par la puissance des sentiments qui va les briser. Par là-même c'est une humanité mise à nu qui instille au sein du lecteur un trouble parfois dérangeant. Et finalement, au-delà du regard que nous posons sur ces « monstres » n'est-ce pas celui que nous posons sur le handicap dans notre société qui est questionné ?

Si la troisième m'a semblé trainer un peu en longueur et que j'ai regretté qu'il n'y ait pas plus de « notes pour l'instant présent », lesquelles donnent au roman un petit goût de polar, j'ai été touchée, parfois bouleversé, parfois horrifiée, par ces destins incroyables, hallucinants, tout en étant émue par un final où culmine l'amour qui a présidé à la naissance de la fratrie des Binewski.

Bref, une lecture aussi hors norme que les personnages qui y sont évoqués, qui me laisse une forte impression et des sentiments mitigés, mais que je recommande fortement. Sans oublier le plaisir de l'avoir partagée avec @Cricri08, @Zazaboum @Valentynem et @Sharon

NB : Extrait de Wikipédia :
« Un monstre humain désigne, dans le langage courant, un être humain atteint de malformation congénitale, ou d'un désordre génétique, du développement, ou une maladie causant des formes extrêmes de difformité ; Joseph Merrick, dit « l'homme éléphant » étant un exemple représentatif de ce dernier cas. Les « monstres » ont été présentés ou se sont produits dans des spectacles forains, des cirques ou des zoos humains en tant que phénomène de foire ou curiosités médicales. Jugées dégradantes, ces exhibitions ont été interdites en Europe, à la fin du XIXe siècle, elles perdurent aux États-Unis sous le terme de freak show. L'étude des différents cas de monstruosité humaine entre dans le cadre de la tératologie."
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Lire "Amour monstre", c'est un peu comme faire plusieurs tours de grande roue à deux cent à l'heure et en ressortir le cerveau décapé, les repères au diable vauvert et les constructions mentales complètement chamboulées : une expérience de lecture absolument unique, à de nombreux égards.
D'abord parce que sur le thème du freak, du cirque, on ne s'attend vraiment pas à un tel niveau de qualité littéraire. Cela a été ma première grande surprise de découvrir dès les premières pages un récit finement construit, original dans ses angles narratifs, servi par une plume pleine de caractère et d'épaisseur. Impeccable sur la forme, donc.
Ensuite, parce qu'un auteur qui se permet de renverser les codes à un tel point, ça ne se croise pas tous les jours. Se faire culbuter les croyances et décoiffer les biais cognitifs, à partir d'un certain niveau ça ne se refuse pas.
Jugez-en plutôt, et ce sera mon troisième égard : parce que l'histoire en elle-même est une trouvaille dingue et géniale, et qui plus est elle donne à réfléchir.

Naine et bossue, Olympia porte le lourd poids d'être une enfant un peu ratée : elle n'a pas les puissantes nageoires de son grand-frère, la singularité de ses soeurs siamoises ni la capacité d'agir physiquement sur n'importe quelle chose de son petit frère Chick. Mais elle a Miranda, sa fille, si belle et si séduisante avec sa petite queue. Quand cette dernière, devenue adulte, se laissera convaincre de se la faire enlever, Olympia entre en scène. Et raconte comment tout en est arrivé là.
Et nous voilà partis dans l'histoire de cette famille de monstres, créés en toute conscience par les parents pour disposer d'attractions uniques pour le cirque itinérant qu'ils dirigent. Naîtront tour à tour les susnommés, l'affaire prendra de l'essor à mesure que l'aîné prend le pouvoir sur la famille et sur la cohorte de spectateurs "normos" qui viennent l'acclamer comme le nouveau messie.
C'est là que réside tout le génie de cette parabole déjantée sur la nature humaine : ce ne sont pas que les aspects esthétiques qui sont renversés mais aussi les valeurs, les croyances, les aspirations : aux yeux de la famille Binewski, ce sont eux qui rayonnent au milieu des "normos" affligeants de banalité, le mal est bon, la manipulation des foules parfaitement honorable, et plus l'aîné devenu gourou malmène ses adeptes, plus ils viennent en masse se faire charcuter orteils, puis pieds, puis membres entiers dans un élan cathartique halluciné.

Jubilatoire, malaisante, estomaquante, troublante, mais aussi touchante histoire d'une fratrie et famille aimante et soudée pour le meilleur, mais surtout pour le pire : malgré quelques longueurs, j'ai adoré.
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
Vous pouvez voit tout ça comme une vaste thérapie professionnelle. Le pouvoir comme industrie familiale à destination des aliénés. Le berger est l’esclave de ses brebis. Le jardinier vit sous le joug de ses carottes. Seul un fou peut vouloir devenir président. Ces fous sont délibérément créés par ceux qui veulent un président au-dessus de leur tête. Vous avez déjà constaté ça des milliers de fois. Nous créons un chef en pointant le doigt vers la seule personne qui se tient debout parmi une foule de gens assis. C’est peut-être tout simplement parce qu’il y a plus de chaises, ou parce qu’il a les genoux perclus d’arthrose. Peu importe. Nous élevons cette victime au rang de ‘personne-qui-se-tient-debout’ du seul fait que nous restons assis autour d’elle.
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Peut-on en vouloir à l’enfant de haïr l’attrait trompeur des choses grandes ? Des grands bras doux et des voix graves dans le noir qui disent : « Raconte à Papa, raconte à Maman, et tout va s’arranger. » L’enfant, qui ne cesse de hurler sa demande de refuge, sent bien l’extrême fragilité de la hutte de brindilles que la conscience adulte lui offre en guise d’abri. La terre en larmes elle-même sait l’impérieux besoin qu’a l’enfant de trouver ce sanctuaire. Elle n’ignore rien de la profondeur et de la poisse des ténèbres de l’enfance. Elle l’ignore rien du tranchant des dagues du mal enfantin, non encore altéré, non encore réprimé par les coussins commodes de l’âge et de son civilisateur pouvoir anesthésiant.
Les adultes peuvent faire face aux genoux éraflés, aux cornets de glace qui tombent, aux poupées que l’on perd, mais s’ils soupçonnaient les vraies causes de nos pleurs ils nous expulseraient de leurs bras en un violent geste de dégoût horrifié. Pourtant nous sommes petits et aussi terrifiés que terrifiants dans la férocité de nos appétits.
Cette chaleureuse stupidité qu’ont les adultes, nous en avons besoin. Conscients que ce n’est qu’une illusion, nous pleurons et nous nous réfugions tout de même sur leurs genoux, ne parlant que de sucettes souillées et d’ours en peluche perdus, prenant en réconfort ni plus, ni moins, que la valeur d’une sucette ou d’un ours en peluche. Nous nous accommodons de cela plutôt que d’affronter tout seuls les recoins caverneux de nos crânes pour lesquels il n’y a pas de remède, pas d’abri, pas le moindre réconfort. Nous survivons jusqu’à ce que, par la seule grâce de l’énergie vitale, nous disparaissions à notre tour dans la trouble innocence et dans l’oubli de notre propre âge adulte.
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- Ça ne te fait pas faire des mauvais rêves? lui demandai-je. Ça ne t'effraie pas de lire ce genre d'histoires le soir? Elles sont censées te terroriser.

- Hého, chiure de pou! Elles sont écrites par des normos des normos. Et tu sais ce que c'est, tous ces monstres, tous pour ces démons, tous ces ectoplasmes rances? C'est nous, voilà ce que c'est. Toi et moi. C'est nous qui apparaissons aux normos dans leurs cauchemars. La chose qui rôde sous le toit du clocher et qui égorge les gentils enfants de choeur à grands coups de dents, c'est toi, Oly. Et la chose tapie dans le placard qui fait hurler les bébés dans le noir avant de leur sucer jusqu'à la dernière goutte de sang, c'est moi. Et le bruissement des buissons et les étranges cris stridents qui glacent les os sur une route déserte à la tombée de la nuit, c'est les siamoises qui font leurs gammes de chant en ramassant des mûres.

"Ne me regarde pas comme ça d'un air navré! Ces livres m'apprennent énormément de choses. Ils ne me font pas peur parce qu'ils parlent de moi. Tourne la page.
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LA chose prit de l’ampleur. Les fans d’Arty – ou plutôt, “les Admis”, comme Alma voulait absolument qu’on les appelle – commencèrent à suivre le cirque à bord de leurs propres voitures, camping-cars et caravanes. La demi-douzaine de simplets qui arpentaient la grande allée centrale avec des bandages à l’emplacement de feus leurs doigts ou leurs orteils, se changea en une horde disparate qui bivouaquait en marge du cirque à chaque nouvelle étape. Au bout de trois ans, cette horde formait un convoi de plus de cent kilomètres qui nous suivait partout où nous allions.
page 234 (ebook)
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Si toutes ces jolies femmes pouvaient se débarrasser des traits qui les rendent désirables aux yeux des hommes (si elles pouvaient se débarrasser de leur joliesse) alors elles cesseraient de dépendre de leur propre nature de petits êtres exploitables et se serviraient de leurs talents et de leur intelligence pour gagner du pouvoir.
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