AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9791033906230
512 pages
Éditeur : Harper Collins (27/05/2020)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Chaque printemps, Shelly et Laura traversent les États-Unis pour suivre la floraison du lilas. En plus de leur offrir quelques mois de lilas supplémentaires, ce périple leur permet de faire passer clandestinement la frontière canadienne à des femmes en fuite qui veulent refaire leur vie. Cette année, elles accueillent Maria Pia, sexagénaire brésilienne, à bord de leur camping-car. Initiée au rite de l’écriture sous l’influence du parfum enivrant du lilas par ses deu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sylviegeo
  11 novembre 2018
Comment amalgamer les fameux lilas engendrés par les doigts agiles de Madame Lemoine (Victor Lemoine, dont elle était l'épouse, fut le maître incontesté de l'hybridation horticole et grâce à sa femme , a vu le jour, le lilas Hyacinthiflora à partir du Syringa oblata. Une grande famille française d'horticulteurs, les Lemoine. ) avec Léopoldine impératrice du Brésil (Marie-Léopoldine de Habsbourg-Lorraine ou d'Autriche (1797 † 1826) part en 1817 pour le Brésil, afin d'épouser Pierre de Bragance (1798 † 1834), roi du Portugal et empereur du Brésil.) ??
Comment rapprocher la violence faite aux femmes au Brésil (En 2017 au Brésil, 4.539 femmes ont été tuées , dont 1.133 victimes de féminicide. Ces femmes savent qui sera leur meurtrier et ne sont pas prises au sérieux...) avec la Gaspésie de nos jours ?
Comment intégrer dans un récit la mélantuphlie et le sous-sol de Paris qui ressemble à un gruyère ??
Ha ça prend un magicien! Eric Dupont est ce genre de magicien.
Il nous semble que tout ces thèmes n'ont rien en commun. Quelle erreur puisque l'auteur nous prouve le contraire avec talent, avec grâce, avec brio.
Que peut bien unir 2 Américaines, 1 Brésilienne, 1 Canadienne ? Mais le lilas ! What else? Mais pas que.
On ne fait pas dans l'ordinaire ici. C'est audacieux , érudit, soignée et vivant d'une imagination débordante et d'un réalisme teintée d'humour et de dérision. Un univers de digressions, de vraies et parfois de fausses références historiques le tout pour nous parler du chaos de nos émotions, de nos vies et de notre époque.
"La route du lilas" est portée par les femmes, ces 3 femmes qui traversent l'Amérique en suivant la floraison du lilas pour en saisir les différentes couleurs et parfums. Pour elles, ce sera prétexte à écrire, à se conter, à se souvenir . Eric Dupont a choisi de nous parler de femmes qui ont bâti leur liberté, combattu pour elle et qui ont vécu et aimer à leur manière, sans qu'on leur dicte leur conduite.
Un roman complexe de par sa forme, dense, documenté mais authentique et se lisant facilement. L'auteur a su créer les ponts entre tous ces personnages et avec patience le lecteur s'y retrouve aisément. Il ne faut absolument pas passer à côté de ce titre. Ce fut un grand plaisir que de plonger et de se laisser porter par cette lecture.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          490
carolitne
  26 mai 2020
"...mais tous les lilas
tous les lilas de mai
n'en finiront
n'en finiront jamais" [Michel Legrand]
Ils n'en finissent pas.
Des États-Unis au Canada, sur un chemin de croix couleurs mauve, rose et parme, ils parfument l'air et ravivent les souvenirs.
Un parfum de Madeleine de Proust qui embaume un voyage physique et psychique sur la route d'un passé propre et figuré.
Dans les États les plus conservateurs, quand les abus faits aux femmes heurtent, quand le sexisme frappe, quand les inégalités tuent, le lilas répand ses effluves de démocratie.
Ils n'en finissent pas.
Sa fragrance provoque "une coulée de souvenirs, heureux ou difficiles, qui engloutit tout sur son passage." Ils déferlent, flots incontrôlables détruisant les barrière de l'oubli.
L'universalité de la menace mauve prend des accents christiques quand son apparition divine annonce Paradis ou Enfer. le parfum du lilas encense la terre promise quand les fidèles se recueillent , méditent, pris d'une frénésie adoratrice.
Ils n'en finissent pas.
Les mots jaillissent, logorrhée noircissant les pages, expérience littéraire unique offrant des perspectives créatrices infinies.
L'écriture sous l'influence du lilas met en phrases un passé doux, léger ou cruel.
Un passé, le passé. Une histoire, L Histoire.
Des histoires de femmes racontées par les femmes, passées et présentes, mythiques ou réelles, ayant en commun l'affirmation, la résilience et la volonté.
Des mots pour donner au vécu de ces femmes une dimension d'éternité et d'immortalité. Comme pour conjurer le destin de cette fleur muette, qui perd son parfum dès qu'elle meurt.
L'ancrage narratif du récit construit sur le schéma du retour en arrière, par les écrits provoqué par le parfum du lilas permettent à l'auteur d'unifier espace et temps. de donner à chaque histoire individuelle une dimension d'universalité.▪️"La route du lilas" est un voyage initiatique. On perd son chemin, les détours sont nombreux, parfois longs, mais chaque page tournée est un apprentissage. Pour le respect. Pour la tolérance. Pour l'égalité.
Lien : https://www.instagram.com/p/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
gielair
  07 février 2019
Éric Dupont nous avait offert le merveilleux roman La fiancée américaine qui, dans ma classification personnelle, fait ni plus ni moins maintenant partie des classiques de la littérature québécoise. le défi était grand en proposant ce nouveau roman. Et c'est avec grâce que l'auteur a su nous plonger dans un nouvel univers de fictions, d'histoires, d'amours et de péripéties. On suit une traversée de l'Amérique qui n'est pas très banale, cette traversée qu'on fait en compagnie de trois femmes, elle se réalise au rythme de la floraison des lilas, mais aussi à travers le temps, dans le passé du Brésil, dans le futur de Notre-Dame-du Cachalot, dans les vies et les décès mis en images dans Alerte dans la ville diffusé sur TV Real, dans des passages à Paris pour l'enterrement de Simone de Beauvoir, à Vienne et à Laxenbourg où une archiduchesse élève un perroquet amazonien. Et puis, Dupont nous offre une intertextualité qu'on s'amuse à reconnaître. On croise des personnages et des situations qui avaient déjà pris forme dans d'autres univers créés par l'auteur et cela fait naître une étincelle de complicité entre le lecteur et l'oeuvre. Je ne peux que constater que je me suis laissé mené allègrement dans le délire de ce chroniqueur de l'imaginaire qu'est Éric Dupont et cela est totalement sans regret.
Lien : http://rivesderives.blogspot..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80

critiques presse (6)
LaPresse   19 décembre 2018
Dupont a survécu au big bang de La fiancée américaine, et son univers est littéralement en expansion dans ce roman qui rend hommage aux femmes résilientes, tout en nous offrant un prodigieux cours d'histoire sur le Brésil.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   17 décembre 2018
Entre le Brésil, la France et le Québec d’hier et d’aujourd’hui, La route du lilas est une fresque épique et ambitieuse. Six ans après La fiancée américaine, Éric Dupont livre une ode tantôt féroce, sensible ou fantaisiste au Brésil, aux femmes et au lilas.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Chatelaine   26 octobre 2018
«Le lilas est notre alibi», résume Laura à Pia, que Shelly et elle ont admise dans leur périple annuel. En chemin, on apprendra tout sur cet arbuste dont elles traquent la floraison, du Tennessee au Québec. Mais on se sera surtout laissé raconter un bouquet d’histoires passionnantes.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
LaPresse   24 octobre 2018
Au bout du compte, un peu comme pour La fiancée américaine, La route du lilas donne l'impression de lire cinq romans en un, avec ce ton Dupont, rempli d'érudition et de dérision.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   24 octobre 2018
Éric Dupont nous offre dans ce road trip un traité de botanique, un cours d'histoire, un panorama hallucinant du Brésil contemporain, un état des lieux du Québec assez pessimiste, et cela traversé par une érudition écrasante de premier de classe sauvé chaque fois par son humour et son imagination à la frontière du réalisme magique et même de la science-fiction.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   22 octobre 2018
Son cinquième roman va de la téléréalité au réalisme magique, court du XIXe siècle jusqu’à nos jours, s’étend de Paris à Rio de Janeiro et à Belo Horizonte au Brésil, de Nashville en passant par Montréal et jusqu’à Notre-Dame-du-Cachalot, un village imaginaire posé aux confins de la péninsule gaspésienne.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
SylviegeoSylviegeo   10 novembre 2018
Parfois je me désole de constater que nous sommes mal faits, nous les humains. Je veux dire par là qu'il y a un problème avec le fait que les femmes puissent concevoir sans désir. Nous ovulons sans l'avoir demandé. C'est un processus complètement indépendant de notre volonté, qui peut se produire pendant notre sommeil, alors que les hommes ne peuvent pas engrosser une femme sans avoir désiré au moins l'acte sexuel. Un homme ne peut pas accidentellement pénétrer une femme. L'éjaculation ne peut pas lui arriver à la suite d'un geste malheureux, d'une distraction, comme se tromper de sortie sur l'autoroute. Pour féconder la femme, l'homme doit viser, il doit y penser, le vouloir, appliquer sa force à la maîtriser si elle résiste, la plaquer sur le dos en lui tenant le cou d'une main pendant qu'il la possède en grognant jusqu'à ce que le frottement de son gland dans le sexe de la femme provoque le jaillissement. Toutes ces manoeuvres sont exécutées de manière tout à fait consciente. J'en conclus que ce sont les hommes et non les femmes qui veulent et qui font les enfants. Dire le contraire, c'est faire preuve de peu de juggement. Toutes les naissances sont le fruit du désir masculin, voilà. De dire que ce sont les femmes qui font les enfants c'est faux. Elles les portent. Je me demande ce qui adviendra des femmes le jour où on aura remplacé la matrice par des machines. La maternité que l'on glorifie comme une mission divine est plutôt une forme de résignatioon féminine. Voilà. Je ne veux pas dire par là que je regrette d'avoir été enceinte. Mais je voudrais simplement que la question de la volonté et du choix soit mise au clair.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
SylviegeoSylviegeo   14 novembre 2018
Rosa était déchirée entre plusieurs envies. D'une part, elle tenait mordicus -tout en se rendant compte de l'étrangeté de ce mot étant donné les circonstances - à ce qu'on lui explique pourquoi ce policier l'avait traitée "d'hostie de lesbienne laitte" et non de "salope de végétalienne", de "criss de clitoridienne pas rapport" ou de "maudite Sagittaire de marde". Étant donné qu'il ne la connaissait pas, n'importe laquelle de ces invectives choisies au hasard aurait pu faire l'affaire. Pourquoi "hostie de lesbienne laitte"?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
SylviegeoSylviegeo   10 novembre 2018
J'avais un faible pour Jean Cocteau et Antoine de Saint-Exupéry. Chez les artistes que nous fréquentions un peu dans les bars d'Ipanema, où Thiago avait des clients, on me disait mille merveilles de cette culture française où le concubinage n'était pas une condamnation à la réclusion sociale. En faisait foi le couple Beaucoir-Sartre, dont l'union insolente de liberté me faisait rêver, même si je m'étais cassé les dents sur Le Deucième Sexe sans y comprendre rien, mais je persévérais, trouvant délicieusement effronté de m'asseoir dans un lieu public pour lire un livre dont la couverture portait le mot sexe. Dans le Minas Gerais, j'aurais caché la couverture sous une couche de papier brun. À Rio, je me laissais aller à la volupté de la provocation.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
SylviegeoSylviegeo   10 novembre 2018
Puis, le phénomène se produisit. Dès que le parfum se précisa, le visage de Pia s'adoucit, toute la tension faciale disparut. Le parfum qui émanait des thyrses blancs -1 sur l'échelle de Wister qui sert à classer les couleurs des lilas-provoqua chez elle une expérience proustienne. Il avait suffi d'un effluve pour effacer plusieurs décennies de sa vie et ranimer en elle des souvenirs qu'elle avait crus à jamais oubliés. Au centre de ses images, il y avait un visage. Shelly et Laura ne saisirent pas immédiatement l'ampleur de l'effet que le parfum du lilas exerçait sur leur nouvelle amie. Le phénomène avait quelque chose de religieux. Il fallut une bonne minute pour que Pia revienne à elle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
SylviegeoSylviegeo   10 novembre 2018
Pour Shelly, les effets exercées par le parfum du lilas chez la femme ouvrent des perspectives créatrices infinies. Selon elle, l'homme est en général indifférent au lilas non seulement parce que la société moderne patriarcarle et machiste lui interdit de s'émouvoir sur des choses aussi légères que le parfum d'une fleur, mais aussi, tout simplement, parce que le cerveau masculin est incapable de percevoir la charge émotive du lilas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Éric Dupont (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Éric Dupont
Alors que j'attendais impatiemment de vous parler de La route du lilas d'Eric Dupont, service de presse envoyé par les éditions Harper Collins que je remercie chaleureusement d'ailleurs, ce road-trip féminin ET féministe a vu sa sortie poche reculée faute de covid-19. Puisque c'est comme ça, j'en ferai une vidéo ! Et c'est ce que j'ai fait. Avec ce roman, l'auteur dévoile à travers le prisme du lilas la personnalité de Maria Pia, une Brésilienne insaisissable. Du Brésil au Canada en passant par Paris, la sexagénaire nous raconte sa vie, sa quête de liberté, l'amour, mais aussi les violences domestiques et ses désirs avortés. En passant clandestinement les frontières des Etats-Unis Maria Pia remonte pendant plusieurs mois, avec l'aide de Shelly et Laura deux Américaines un brin loufoques, les routes qui assistent à l'éclosion du lilas, et ce, jusqu'au Canada. Mais que, ou qui peut-il bien l'attendre dans la contrée des caribous ? Derrière l'histoire d'une vie, Eric Dupont trace celle du lilas en égratignant, au passage, la société nord-américaine. Dense et érudit, ce roman aux longues digressions m'a quelque peu déstabilisé. Néanmoins, le romancier a toutefois réussi à garder mon attention intacte grâce ses personnages féminins forts et attachants. Allez venez, je vous dis tout et plus encore...
Lien blog : http://bookncook.over-blog.com/2020/05/booktube-la-route-du-lilas-eric-dupont.html
+ Lire la suite
autres livres classés : vivantVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Littérature québécoise

Quel est le titre du premier roman canadien-français?

Les anciens canadiens
La terre paternelle
Les rapaillages
L'influence d'un livre
Maria Chapdelaine

18 questions
157 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature québécoise , québec , québécoisCréer un quiz sur ce livre