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EAN : 9782344011836
120 pages
Éditeur : Glénat (08/03/2017)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Été 1905. En tournée dans toute l'Europe, le cirque de Buffalo Bill s'arrête A Valenciennes. Un événement considérable pour la population locale et l'occasion pour Gervais, un gamin qui travaille au fond de la mine, d'élargir son horizon. De sa rencontre poignante avec des Sioux du cirque va naître une terrible erreur judiciaire quand ses amis indiens sont accusés d'un meurtre sauvage...
Riche en péripéties, ce western transposé au pays de Germinal est aussi ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Rodin_Marcel
  12 janvier 2018
Dupont Jean-Michel (scénario) et Vaccaro Eddy (dessin) – "Les Gueules rouges" – Glénat, 2017 (ISBN 978-2-344-01183-6) – format 30x22cm, 116p.

Réactions mitigées après lecture et re-lecture de cette bande dessinée (mais je ne suis vraiment pas un connaisseur en ce domaine), qui m'a été offerte surtout parce qu'elle évoque la vie dans les mines de charbon du "Nord" (le département qui réunit des morceaux des Flandres, du Hainaut, de la Thiérache) au tout début du vingtième siècle (en 1905).

La mise en page, le dessin, le graphisme, les couleurs me semblent très réussis, rendant bien l'atmosphère d'un milieu aussi dur que les mines, les corons, les terrils etc. Les personnages sont également fort bien croqués, aussi bien les enfants que les adultes, y compris les indiens. Seul bémol : le dessinateur aurait peut-être pu créer un contraste graphique fort entre ce monde de la mine et celui du cirque à la Buffalo Bill, au lieu de conserver un même type de graphisme d'un bout à l'autre de la bande dessinée.

Je suis moins enthousiaste au sujet du texte.
N'étant ni papiste ni calotin, je trouve qu'il convient – juste par honnêteté – de mettre un gros, un énorme bémol sur la place donnée au curé représentant l'église catholique : il y eut certes des curés de cet acabit, mais le Nord fut aussi profondément marqué par un curé comme Achille Liénart (par la suite évêque de Lille de 1930 à 1973), par l'implantation du syndicalisme chrétien, par le développement du "catholicisme social" ; par ailleurs, la séparation de l'Église et de l'État donna souvent lieu à des exactions et des interventions plus que musclées de prise de contrôle violente des églises par les forces anti-cléricales.
L'évocation de la fusillade de Fourmies (1er mai 1891) réduite à une bourgade près de Maubeuge (p. 100) est plutôt lapidaire, le rôle courageux de l'abbé Margerin est oublié.

Mais ce qui me révolte le plus, c'est la place donnée aux "cafus", ces femmes qui triaient le charbon dans des conditions épouvantables, et que l'auteur réduit ici à des prostituées, ce qui est profondément blessant et constitue une injure inadmissible à la mémoire de ces femmes (il me semble qu'il existe une association réunissant des descendants de ces femmes, j'espère qu'elle élèvera une vigoureuse protestation).

L'insertion de mots ch'ti me laisse perplexe : exemple en page 8 (dernière vignette en bas), soit on fait causer le personnage en français standard "pousse-toi, je ne vois rien", soit on le fait causer en ch'ti, genre (dans la variante que je connus) "pouch'ti, j'arwète rin".
Il me paraît maladroit de faire causer le père dans ce français standard émaillé de mots ch'ti, surtout en se référant à 1905, une époque où le picard ch'ti était encore nettement dominant, mais bon, il est vrai que le reste de la population française aurait bien du mal à comprendre (la tête de mon amie du Centre France le plus profond, lorsqu'un oncle lointain lui adressa une diatribe commençant par "quin j'allo acater eum'maronne...").
Merci tout de même pour l'évocation du "lapin al'prone" et de "la tarte à gros bords avec deul'cassonade" (p. 12)...

Par ailleurs, introduire la tournée du cirque Buffalo Bill était une très bonne idée, permettant de montrer le contraste saisissant entre deux côtés d'une même époque. Mais l'ajout d'un prêchi-prêcha tendant à démontrer que le sort des mineurs est quasiment le même que celui des indiens, à travers une intrigue policière tirée par les cheveux (et les chevaux, hi, hi, hi), voilà qui est plutôt mal venu, à mon humble avis.

Une impression donc fort mitigée.
Mais le dessin justifie à lui seul la lecture de cette BD.
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badpx
  28 janvier 2018
Lu dans le cadre de la sélection Cezam Bretagne 2018, et j'en suis bien contente. Les premières pages pourtant ne m'emballaient pas particulièrement. J'ai déjà tellement lu ces histoires d'enfants d'ouvrier du XIXème (ou ici début XXème) doués à l'école mais qui devaient renoncer à leurs rêves d'éducation pour travailler que j'ai un moment cru que ce serait un Nième opus de ce type d'histoire.
Mais non... pas du tout.
En quelques dizaines de pages tout est évoqués sur la condition des mineurs, mais aussi le parallèle avec la vie des indiens parqués dans des réserves.
La rencontre improbable entre les gueules noirs et les gueules rouges....
Juste un petit bémol : j'ai un peu de mal avec le parlé Ch'ti.
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helhiv
  23 février 2020
Je vais distribuer des bons points et des mauvais points à cette bande dessinée qui m'a globalement séduite. Les bons points d'abord, ce sont la mise en couleurs somptueuse d'Eddy Vaccaro (ce n'est pas juste qu'il n'apparaisse pas comme auteur du livre sur Babelio), l'originalité du sujet c'est à dire la rencontre des gueules noires du nord de la France et des indiens du cirque de Buffalo Bill sans omission de tous les préjugés du début du XXe siècle, et enfin l'intrigue qui va permettre à un jeune garçon et à un mineur anarchiste (ce n'est pas tous les jours que les anarchistes sont les héros !) de venir en aide à des indiens injustement accusés de meurtre. le scénario n'oublie pas les problématiques sociales, religieuses (on est en 1905) et celles liées au monde de la mine mais aussi à l'instruction publique. Mes mauvais points maintenant sont pour le dessin (Eddy Vaccaro aussi) qui me paraît manquer d'expression et de détails, pour les dialogues en dravie c'est à dire en français "mâtiné" de picard qui n'est pas réaliste du tout et fait juste ambiance, pour les définitions répétés des termes de la mine dans le corps de l'histoire et enfin pour la fin un peu négative où le jeune héros devenu, comme son modèle Elisée reclus, un géographe ouvert sur le monde mais aussi un combattant de la Grande guerre considère que les vrais sauvages ce sont les "Boches" qui lui font face.
Comme une institutrice, j'ai distribué mes bons et mauvais points, mais j'accorde finalement ma modeste mais sincère recommandation à cette bande dessinée qui sait mélanger les mondes et témoigner d'une époque.
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Erik_
  25 septembre 2020
C'est un western assez étrange car il mêle un mineur du Nord de la France avec un peau-rouge du cirque de Buffalo Bill. Un jeune garçon essaie en effet d'échapper à son destin.
L'intrigue entre l'enquête policière et la chronique sociale est savamment bien construite. Il sera également question du fameux débat concernant la séparation des Églises et de l'État en 1905.
Cela va être une rencontre assez intéressante entre deux modes de vie totalement différents mais qui semblent combattre la même chose. Comme quoi, il peut y avoir des points d'accord malgré les différences.
C'est une oeuvre profondément humaine et assez bienveillante comme je les aime, comme une leçon de vie. Les thèmes me sont assez chers comme la tolérance et la solidarité dans un monde qui en manque cruellement. On y retrouve tout le vécu et l'ambiance des cités minières de l'époque.
Au niveau du graphisme, j'ai quand même eu un peu de mal mais je m'y suis habitué au fil de la lecture. de manière générale, j'aime bien les couleurs directes à l'aquarelle. Ici, c'est surtout sombre et rouille.
Quelques bémols cependant comme l'emploi du patois local (le ch'ti) qu'on aurait pu éviter.
La conclusion sera plutôt cynique sur le fait que l'Europe sombrera dans une folie meurtrière. Une question se pose alors : qui sont alors les plus sauvages ?
En tout cas, un mélange fort réussi qui rend ce western tout à fait original et surprenant.
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mimouski
  17 mai 2019
Quand les gueules noires rencontrent les peaux rouges...Rien qu'à la couverture dure, sombre avec les traits fermés, on s'attend à un récit où choc des cultures et tolérance seront au coeur du propos. Gervais est un jeune garçon ch'ti intelligent et voulant une autre vie que celle dont il est destiné : être une gueule noire au fond des mines comme son père. Il est plein d'espoir et ouvert vers le monde que lorsque la troupe de Buffalo Bill s'arrête dans sa région, il rêve de voir de ses propres yeux ce peuple d'une contrée lointaine. Défiant son père aux risques de recevoir des coups, il tente tant bien que mal d'y aller et c'est le début d'une belle rencontre et aventure pour ce jeune homme. On le suivra jusqu'au début de la 1ère guerre mondiale. Je regrette de finir sur une conclusion ouverte..
L'histoire en elle-même est simple et c'est le contexte historique en fond qui est intéressant, un point fort non négligeable. le ch'ti a été parfois compliqué à comprendre mais l'ambiance et la tradition représentent bien ce début du XXème siècle dans le Nord. L'univers des mineurs est détaillé ainsi que la culture des amérindiens.
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critiques presse (4)
BoDoi   28 juin 2017
Si Jean-Michel Dupont, scénariste du superbe Love in vain, fait à nouveau mouche, les dessins d’Eddy Vaccaro portent bien le récit avec leur mise en couleur directe sur un léger crayonné
Lire la critique sur le site : BoDoi
Bedeo   28 mars 2017
Un récit poignant qui mêle western et pays noir par Dupont et Vaccaro !
Lire la critique sur le site : Bedeo
Auracan   23 mars 2017
Au scénario réussi s’ajoute le travail du dessinateur Eddy Vaccaro qui a su donner un rythme au récit, avec un trait réaliste et dynamique rehaussé par de superbes aquarelles.
Lire la critique sur le site : Auracan
BDZoom   09 mars 2017
L’évidence du message proposé par l’album s’imposera avec justesse auprès du lecteur.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Erik_Erik_   25 septembre 2020
Je suis un vieux peau-rouge qui ne marchera jamais dans une file indienne.
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piou87piou87   17 janvier 2021
lui aussi aurait pu vivre avec les indiens
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