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EAN : 9782234085060
240 pages
Éditeur : Stock (22/08/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.86/5 (sur 439 notes)
Résumé :
"Sa robe caresse le sol. A cet instant, nous sommes comme les pierres des voûtes, immobiles et sans souffle. Mais ce qui raidit mes frères, ce n'est pas l'indifférence, car ils sont habitués à ne pas être regardés; ni non plus la solennité de l'entretien - tout ce qui touche à Aliénor est solennel. Non, ce qui nous fige, à cet instant-là, c'est sa voix. Car c'est d'une voix douce, pleine de menaces, que ma mère ordonne d'aller renverser notre père."

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Critiques, Analyses et Avis (158) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  26 octobre 2018
D'une façon générale, les gens passionnés me touchent (peut-être parce que je me reconnais en partie à travers eux...), et ce roman-là raconte définitivement la passion humaine sous toutes ses formes, ses revers aussi.
Celle de l'auteure pour une femme au destin légendaire. Celle, immuable, d'une reine pour ses racines et sa terre. Celle, indéfectible et désespérée, d'un fils pour sa mère. Celle, inlassable, d'un roi pour la conquête à tout prix. Celle, éperdue, d'un autre roi pour une femme qui ne l'aimera jamais...
Toute passion a ses vulnérabilités, elle engendre certes force et courage, mais elle peut entièrement dévaster ou anéantir.
C'est ce que raconte ce roman, à travers les épisodes guerriers comme les moultes rivalités familiales : foi, fidélité, héritage, loyauté, vengeance, colère, amertume, trahison, humiliation, destruction.
Un récit choral où se mêlent plusieurs voix, avec ce "je" qui permet une intimité immédiate avec chaque personnage, la puissance de leurs sentiments, leur résonance et leur universalité.
C'est toute la force de la plume de Clara Dupont-Monod, introspective, poétique et affûtée, qui se définit comme une romancière avant tout, passionnée d'histoire médiévale et d'Aliénor d'Aquitaine en particulier.
Ainsi s'est-elle permise de prendre certaines libertés avec la réalité historique (précisé en fin d'ouvrage), afin de raconter "son" Aliénor, une femme blessée et complexe, une mère froide mais protectrice, une souveraine incroyablement stoïque, un formidable mécène.
Plus que conquise ; ce sera la troisième fois !!
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Eric76
  14 juin 2020
J'ai senti le souffle ensorceleur de l'épopée ; je me suis laissé enivré par la victoire, et j'ai goûté toute l'amertume de la défaite et de la désillusion ; j'ai vu Aliénor d'Aquitaine, flamboyante et superbe, vouloir devenir Roi, échouer, et devenir bien plus encore en entrant dans la légende par la grande porte ; j'ai vu son amour tripal pour sa terre d'Aquitaine ; je l'ai vu dire Non avec cette froide et inquiétante détermination qui ébranle ses pires ennemis ; ivres de rage et de haine, j'ai vu des géants se combattre et finir par mettre genou à terre ; j'ai vu Richard Coeur de Lion, homme des grandes tempêtes, guerrier impitoyable, redevenir petit enfant face au regard impérieux et tendre d'Aliénor, son insaisissable mère ; j'ai vu une femme plus protectrice qu'une louve quand il s'agit de protéger sa portée ; j'ai vu des Hommes courir après des rêves bien trop grands pour eux ; j'ai vu la terre gorgée du sang des combattants ; j'ai vu Richard Coeur de Lion accompagné de tant de fantômes, de regrets, couvert de tant de blessures, tout gagner, et puis tout perdre ; j'ai vu le roi de France Philippe II, futur Auguste, rafler la mise sur un champs de ruines ; j'ai vu enfin les troubadours, ces éternels rêveurs, s'emparer de cette histoire pleine de sang, de fureur et de trahisons pour l'ancrer dans la mémoire des hommes et lui faire traverser les siècles…
Quel beau roman.

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Titania
  12 septembre 2018
Aliénor et Henri, qui se détestaient cordialement, sont réunis pour l'éternité dans le même tombeau à l'abbaye de Fontevraud, cruelle ironie du sort pour celle qui fit la guerre à son royal mari !
C'était une époque intéressante où les rois d'Angleterre ne parlaient pas anglais, et c'est assez amusant de constater que l'Angleterre n'a finalement jamais été vraiment une ile, les rêves impériaux sont ancestraux. Petite chronique d'une autre mondialisation, on va très loin au pas des chevaux en cette fin de 12è siècle !
J'ai beaucoup aimé ce roman historique bien documenté, qui raconte cet épisode de notre histoire commune dans une très belle langue. Les personnages ont effectivement une excellente disposition pour la tragédie.
On se laisse emporter par la poésie du texte, la vérité des troubadours est aussi intéressante que celle sans cesse actualisée des historiens, vous ne trouvez pas ?
C'est Richard, le fils préféré d'Aliénor, qui raconte la révolte soigneusement couvée par sa mère par des années d'humiliations et organisée avec ses frères contre son père, désigné comme "le Plantagenêt". Quelle famille ! Un vrai drame shakespearien avant l'heure ! L'auteure fait de Richard un personnage torturé, explosif, cruel, en fuite, fasciné par l'Orient, loin de l'hagiographie de Walter Scott.
En creux se joue une dimension culturelle du pouvoir, entre la barbarie guerrière d'Henri impitoyable et répressif, et le raffinement d'un mode de vie nouveau, véhiculé par Aliénor, mécène d'artistes et importatrice des richesses de l'Orient, une autre manière d'agir sur le monde.
Ce portrait d'une femme de pouvoir et d'influence me plait beaucoup. Elle a "répudié" son premier mari, le roi de France, par calcul politique, à une époque où les princesses n'étaient que des terres et des ventres à échanger. Elle a fait apprendre à lire et écrire à ses filles. On lui doit de pouvoir lire encore nombre d'oeuvres littéraires mythiques. L'empire d'Henri, lui, s'est effondré.
Un livre dans les mains, la statue de son gisant montre une arme puissante, personne ne va le démentir sur Babelio.




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nadiouchka
  28 juillet 2018
Encore un excellent livre pour la prochaine rentrée littéraire 2018, un de plus, certes, mais quel roman ! Il s'agit de : « La révolte » de Clara Dupont-Monod.
Pour commencer, j'ai regardé par hasard la « Note de l'Auteur » en fin de livre et bien m'en a pris car il s'y trouvent certaines explications qu auraient pu être lues par la suite, mais une fois n'est pas coutume et il y est précisé : « Ce roman, par définition, n'est pas un livre d'histoire. le temps raconté est celui qui est ressenti par Richard Coeur de Lion, avec les diffractions que ce ressenti suppose . » Si elle s'est « appuyée sur une trame historique avérée », elle a tout de même pris aussi certaines libertés qu'elle décrit.
Mais la plupart des événements sont basés sur des travaux d'historiens. de nombreux faits ou mots sont véridiques comme par exemple, le mot « jihad » employé par Saladin et d'autres encore.
Déjà auteure de plusieurs romans, ici elle s'est penchée sur Aliénor d'Aquitaine vue par son fils Richard Coeur de Lion.
Il faut reconnaître qu'Aliénor d'Aquitaine a été fascinante par son caractère bien trempé, sa volonté farouche, son courage sans limites, sa combativité qui, mariée deux fois, après la première, s'enfuit déguisée en paysan et fait annuler ce mariage.
Sa renommée est telle que :
« Les poètes auront des chambres, un couvert et de l'argent. Ils écriront à la gloire de ma mère et de la femme inaccessible – car ma mère mettra l'amour au centre des poèmes, et cet honneur à l'amour, bien sûr, ne pouvait venir que de quelqu'un qui le redoute. Personne ne nommera explicitement Aliénor, par prudence. Cette fois, elle sera appelée « Tort n'avez », « Étoile de mer » ou « l'Aiglesse », et chacun la reconnaîtra derrière ses surnoms. « (p.58).
Elle fascine et son fils est entièrement dévoué à sa cause, entièrement subjugué par elle.
Avec ce roman, c'est un rappel d'une partie de l'Histoire de France, avec les Plantagenêt – le malheur d'une femme non seulement dépossédée de ses terres mais également trompée – les guerres…
Mais un jour arrive la décision fatidique :
« Tout le pays sait que les Poitevins résistent depuis des années à la mainmise du Plantagenêt. le Sud leur emboîte le pas. La vicomtesse de Narbonne alerte le roi de France, sans savoir que Louis attend la réaction d'Aliénor.
La voici. Elle entre dans la salle de Poitiers et nous ordonne de renverser mon père. « (p.79).
Richard va alors se lancer corps et âme dans sa mission, prouvant ainsi son amour pour sa mère.
Vont s'ensuivre moult batailles, des guerres en Orient et ailleurs (avec des descriptions de guerroyer particulières à cette époque), l'évocation du jihad… mais il faut laisser place au mystère, au plaisir de découvrir cet ouvrage.
Je ne relate plus que ces quelques lignes du narrateur : « Cette vie ne fut que voyages et guerres, diront les poètes à sa mort. Je pars avec les livres qui restent à écrire. Car je voudrais qu'on écrive l'histoire d'Aliénor, la femme qui voulut être roi, échoua et devint bien plus encore. «  (p.241) et c'est bien ce qu'a fait Clara Dupont-Monod avec ce livre qui va tenir une grande place dans la nouvelle rentrée littéraire 2018 c'est du moins ce que je lui souhaite.
Un beau roman, une belle histoire qui se lit d'une traite.
❤️❤️❤️❤️❤️
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Jolap
  07 janvier 2019
L'histoire se passe au 12ème siècle.
Clara Dupont-Monod donne la parole à Richard Coeur de Lion, fils préféré d'Aliénor d'Aquitaine. Ce dernier raconte la vie de cette mère vénérée "au visage anguleux de chat". Elle nous plonge dans une ambiance faite de complots, de trahisons, de reniements, d'affronts, de tromperies.
Sa mère Aliénor successivement reine de France en épousant Louis VII, puis reine d'Angleterre en épousant Henri II de Plantagenet décrit comme une brute sanguinaire , donne naissance à cinq filles et cinq garçons. Elle gère la première partie de sa vie avec une efficacité et une vigueur redoutable. Elle suit son mari lors de ses voyages, tente de gouverner dès qu'elle le peut ce qui est exceptionnel pour l'époque et organise des machinations politiques de haute voltige.
Infidèle pendant sa première union elle maîtrise mal les affronts et les brimades de son second mari. Elle lutte avec courage mais le paie très cher.
Richard "le combattant, l'assoiffé" va s'épancher et traduire ses sentiments à l'égard de sa mère qu'il magnifie, lui, le fils chéri, le fils qu'elle adule ouvertement.
Richard meurt au cours d'un affrontement, en France, avec les troupes de Philippe Auguste, nouveau roi. le conteur s'éteint. L'histoire s'arrête.
J'ai été frappée par le style de l'auteure. Les phrases sont courtes, précises, sans appel. Elles se succèdent en cadence, à l'allure d'un soldat. le style est assez épuré, déterminé, sans empathie, comme pouvait l'être Alienor, souvent décrite par les historiens comme une personnalité forte, une beauté froide, solennelle, une femme réservée, « Une voix douce pleine de menaces », mais, on le découvre dans ce livre, une mère soucieuse et attentive.
C'est très bien écrit. C'est beau. C'est clair et très agréable à lire. Cependant, L Histoire agrémentée d'une imagination égrenée ça et là m'a quelque peu déstabilisée. Cette période est déjà très dense et parfois difficile à retenir pour la non-initiée que je suis! le vrai, le faux oblige à rester vigilant. Ceci dit ce récit très subjectif est original et tellement bien traité.....
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critiques presse (2)
Bibliobs   20 décembre 2018
Captivée par l'histoire médiévale, l'auteur se fait ici le chantre d'une relation d'une rare intensité: celle qui unit une femme impérieuse et un fils prêt à tout par amour pour sa conquérante de mère. De grandioses fureurs et des éclats de passion font vibrer ce texte puissant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaPresse   27 août 2018
La journaliste et écrivaine, qui a déjà signé quelques romans historiques, nous propose cette fois un portrait d'Aliénor d'Aquitaine.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (137) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   04 juin 2020
Ma mère est une femme sûre d'elle. Je lui fais une confiance absolue. Elle doit cette assurance à sa naissance, puisqu'elle est duchesse d'Aquitaine, élevée dans le luxe et les livres, nimbée du souvenir de son grand-père, le premier poète. Pour elle, la soie et le savoir ne font aucune différence. Très tôt, elle a géré ses fiefs d'une main ferme. Les rébellions des seigneurs, les récoltes, le tracé des frontières, le règlement des litiges… Aliénor aime gouverner et connait chaque ruelle du plus petit village de son Aquitaine. Car elle porte sa terre comme un bijou fondu dans sa peau.
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Eric76Eric76   08 juin 2020
Ma mère entre en pays inconnu. Le vent y est gelé. Personne n'y habite. Derrière les murs hauts, elle entend des rires et des phrases, ceux des préservés. Elle aura beau s'écorcher les mains à trouver un passage, tenir et fabriquer encore des enfants, ça ne change rien. Une frontière sépare sa vie des autres vies. Elle avance parmi les mères amputées d'un petit, ombres dansantes qui psalmodient des berceuses. Désormais, ma mère connaît l'envers du monde.
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LoloKiLiLoloKiLi   12 août 2019
Voilà, Richard, pourquoi j’estime la foi et déteste la religion. La première grandit l’homme, la seconde l’affole. La foi est une affaire intime. Et l’intime, par définition, n’est pas une question collective. Il n’y a que la religion pour décider qu’une croyance personnelle, profonde et secrète, doit sortir du cœur et se muer en système de régence. L’hérésie, elle est là. Lorsqu’on décide qu’un sentiment deviendra texte de loi. Alors, seule la religion peut faire passer des atrocités pour des bienfaits. Nos descendants le vérifieront à leurs dépens.
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Eric76Eric76   01 juin 2020
Dans les yeux de ma mère, je vois des choses qui me terrassent. Je vois d'immenses conquêtes, des maisons vides et des armures. Elle porte en elle une colère qui me condamne et m'oblige à être meilleur.
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LoloKiLiLoloKiLi   11 août 2019
Les bonnes âmes s’émeuvent de ce qu’un guerrier s’éloigne des humains pour s’approcher de l’animal, en réalité il en emprunte la part la plus noble, l’instinct. Cette tension muette, invisible aux profanes, qui convoque des réflexes splendides : bien sûr que la proximité du règne animal élève l’homme au lieu de l’abaisser. Cette logique échappe aux donneurs de leçons.
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Vidéo de Clara Dupont-Monod
8 février 2013 :
À propos de Retour parmi les hommes «La beauté de Vincent, c'est de guetter les catastrophes, de voir le bonheur comme une erreur passagère. En cela, il fait partie des grands personnages de la littérature contemporaine, capables d'alimenter encore quelques suites... Un grand Besson !» Clara Dupont-Monod, Marianne La Trahison de Thomas Spencer «L'analyse est menée finement, la jalousie, les souffrances indiquées avec tact. le talent de Philippe Besson, la manière douce et tendre qui lui attire de plus en plus de lecteurs, consiste à ne jamais élever la voix, à montrer que les mouvements du coeur forment l'essentiel d'une vie humaine.» Dominique Fernandez, le Nouvel Observateur Un homme accidentel «Philippe Besson vient de réussir un roman intense et fulgurant.» François Busnel, L'Express L'Arrière-Saison «L'Arrière-Saison a la beauté mélancolique d'une sonate d'automne.» Michèle Gazier, Télérama Une villa en Italie, le soleil trop fort, des ferries qui font la traversée vers les îles, une romancière qui peine à finir un livre, un jeune officier de l'Académie navale, un accident de voiture à des centaines de kilomètres, l'enchaînement des circonstances, la réalité qui rejoint la fiction, la fin d'un amour, le commencement d'un autre peut-être. Dans ce roman plus personnel qu'il n'y paraît, l'auteur de L'Arrière-Saison dresse le portrait d'une femme puissante et de deux hommes fragiles, en proie à des hésitations sentimentales. À propos de son dernier roman Une bonne raison de se tuer «Tout l'art de Besson est là, dans l'introspection des âmes, le déphasage entre l'intime et le public, la marche inexorable du temps.» Marianne Payot, L'Express «Philippe Besson explore l'envers du rêve américain dans un de ses plus forts romans.» Pierre Vavasseur, le Parisien «Portée par un style implacable, dépouillé de tout apitoiement et de tout pathos, l'intrigue a des airs de tragédie grecque, où chacun est en marche vers son destin sans que rien ne puisse l'arrêter. On est touchés en plein coeur.» Valérie Gans, Figaro Madame «Philippe Besson explore la part intime des êtres et traque leur moindre secret. Il gagne encore son pari.» Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo «Si juste et terrible. Quel magnifique portrait de femme et de nous aussi !» Joseph Macé-Scaron, le Magazine littéraire «Un livre qu'on lit d'une traite... C'est très triste et très doux.» Gilles Martin-Chauffier, Paris Match
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