AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782205073348
204 pages
Éditeur : Dargaud (22/01/2016)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Florence Dupré Latour raconte comment, de son enfance jusqu'à la fin de son adolescence, elle a torturé, mutilé, tué les petits animaux de compagnie qui lui passaient entre les mains. Version trash des Malheurs de Sophie, ce récit est stupéfiant, singulier et plein d'humour. L'auteure est cruelle mais nous renvoie à une vérité universelle: un bambin qui joue, c'est aussi un redoutable prédateur, un Attila ivre de conquêtes et de pouvoir, un savant fou prêt à toutes ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  11 septembre 2016
À 26 ans, alors que le médecin lui annonce qu'elle pourra sortir dès le lendemain de l'hôpital, Florence Dupré la Tour n'arrive pas à se réjouir de cette nouvelle. Comme si quelque chose de menaçant, à l'extérieur, allait se produire. Pour passer le temps, elle allume la télé et regarde un reportage animalier. C'est alors que sa mère l'appelle pour prendre de ses nouvelles et lui rappelle alors les nombreux animaux qu'elle et ses frères et soeurs ont eu lorsqu'ils étaient petits...
En 1982, à Buenos Aires où habite la famille, Violaine, Florence et sa jumelle Bénédicte reçoivent pour Noël des cochons d'Inde. Noisette ne fera pas long feu dans les bras de Florence. Noisette, premier animal d'une longue liste d'histoires d'amour chaotiques et contrariées...
Sommes-nous au fond si méchants? C'est la question que l'on pourrait se poser lorsqu'on lit cet album. Un album dans lequel Florence Dupré la Tour confie, sans tabou et crûment, ses relations ambigües et malsaines avec les animaux. Elle raconte comment elle a, depuis son plus jeune âge, maltraité ou tué ses petites bêtes de compagnie. Par jalousie? Pour affirmer son autorité et sa domination? Par cruauté ou, au contraire, par inconscience ou insouciance? Questions aujourd'hui qu'elle se pose et auxquelles elle tente de répondre par le biais de cet album brut, un brin méchant et sans concession. Un témoignage qui peut certes décontenancer ou mettre mal à l'aise mais qui, au final, se révèle confondant et criant de vérité. Son dessin vaporeux au fusain, tout en nuance de gris et ses vignettes, dépourvues de tout cadre, aux différents formats sont très efficaces.
Un album singulier et déroutant...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          480
okka
  31 juillet 2019
Le livre commence dans une chambre d'hôpital. Dans le lit est allongée Florence, son médecin lui dit qu'elle pourra sortir demain, mais Florence ne veut pas en partir de crainte qu'un malheur lui arrive. Pourquoi ? Nous le serons plus tard. Florence allume la télé pour chasser ses pensées qui la tourmente et tombe sur un documentaire animalier qui l'émut puis sa mère lui téléphone, lui disant qu'elle en avait eu beaucoup d'animaux quand elle était enfant. de parler de cela la replonge en enfance.
Florence a une soeur jumelle Bénédicte, et une grande soeur Violaine et plus tard sa mère enfantera un petit garçon : Jérôme et une petite fille : Marion. Ils ont pourtant tous été élevé dans la chrétienté, avec pour moral de faire le bien, d'être bon et toujours prêt à pardonner. Pourtant l'autrice nous explique qu'a la différence du reste de sa famille qu'inconsciemment elle agissait en mal car c'était dans sa nature, et qu'elle avait déjà pris conscience qu'elle se devait de porter un masque pour cacher sa vraie nature. Que ça soit pour s'occuper d'un petit être vivant type : cochon d'inde, lapins, oie, chien... Sa cruauté a démarré là. C'est une phase que je pense que passent par là tous les enfants. Ce sentiment de dominance, de contrôle sur un autre être vivant, qui de la maltraitance à la cruauté peut virer au sadisme, à éprouver du plaisir à faire souffrir autrui et à recommencer. Pire quand c'est sur un autre être humain. Mais heureusement nous ne devenons pas tous ainsi.
Mais Florence est une fille intelligente, elle comprend des choses que les adultes ne comprennent pas. Elle comprend que madame Bailly lui a fait peur à elle et ses soeurs quand elle a tué un lapin sous ses yeux pour lui faire comprendre qui était le dominant.
De même quand un dimanche à l'église elle entend et comprend de la bouche du prêtre le discours que les hommes seront toujours au-dessus de la femme. Cela la révolte, elle qui veut être non pas la reine, mais le roi. Alors quand son petit frère Jérôme naît. Elle sait au fond d'elle qu'il aura toujours plus d'importance qu'elle et ses soeurs. Cela la met en colère, elle veut faire comprendre à ce petit Jérôme qui c'est le chef. Par la suite, elle comprend la chance qu'ont les animaux de pouvoir abandonner leurs petits ou de les dévorer quand les conditions sont difficiles car c'est la « nature », mais qu'un humain ne peut pas faire cela.

Certains disent et pensent que les enfants naissent tous bons... Florence pense que c'était une question de circonstance, d'occasion que le mal est né en elle... C'est dénier le mal qui a toujours été là et qui a attendu de prendre pleinement possession de ses moyens pour agir.
Ça a toujours été les forts qui survivent, et que les gens ont voulu voir vivre, car il faut avoir les nerfs pour s'accrocher à ce monde violent. Au fond de nous, nous portons ces gènes remplis de violences. Certains sont écoeurés de pouvoir devenir comme l'un de leurs parents, d'autres ne veulent pas devenir comme eux, mais le deviendront. Et puis il y a celles et ceux qui ne s'en rendent pas compte.
Peut-être est-ce dû aux manques d'explications, d'encadrement, d'éducations de la part de nos parents que nous pouvons devenir mauvais... mais aussi que jamais on nous fait passer un contrôle de si on a compris la différence entre le bien et le mal. Et puis de toute façon nous vivons dans un monde d'adultes qui avant de le devenir, étaient des enfants qui ont toujours été menteurs, manipulateurs pour être les dominants.
La comparaison à fin de ce livre autobiographique m'a glacé. C'est pourtant la vérité de notre monde d'humains, et c'est en cela que c'est le plus triste.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
Bazart
  04 juin 2016
Voilà une BD à la fois dérangeante et aytpique qui soulève des questions intimes pour le moins délicate, en nous forcant à nous interroger sur notre propre violence.
Avec Cruelle, qui a été récompensé par le Prix BD RTL du mois de février Florence Dupré Latour nous raconte comment, de son enfance jusqu'à la fin de son adolescence, elle a été particulièrement cruelle avec les animaux de compagnie qui lui passaient entre les mains, des cochons d'inde aux chats en passant par les oies de la ferme où elle vivait.
On n'est pas loin des Malheurs de Sophie dont j'ai parlé ce matin , mais dans une version plus anxiogène et trash en nous montrant à quel point un gamin n'est pas si innocent que cela mais peut etre un inquiétant prédateur,sans scrupules et prêt à toutes les expériences les plus limites, sans avoir forcément conscience du bien et du mal...
L'auteur interroge son rapport viscéral à la nature, et sa volonté de dominer les êtres humains les plus faibles… Est-ce de la pure cruauté, ou bien de l'insouciance, de l'inconscience ? En ne donnant pas de réponse toute faite, l'oeuvre peut décontenancer par la brutalité de son propos et sa mise à nu totale sans fard. On a parfois l'impression que l'auteur sanctifie la méchanceté et la cruauté et prend un plaisir assez jovial à faire du mal.
Les illustrations, en fusain, et noir et blanc illustrent parfaitement les décors et atmosphères. Les personnages sont, eux, représentés de façon caricaturale, sans traits distincts renforcent cette impression anxiogène de cette analyse clinique du mal infligé à autrui aussi intelligente que déroutante.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          151
DOMS
  05 mars 2016
De Paris à Buenos Aires, de la Champagne-Ardenne à Lyon, les années d'enfance de l'auteure sont portées par un réalisme en teinte sombre, comme ses dessins.
Les animaux se succèdent, cochon d'inde, poulet, oie, cochon, chien, et la cruauté des enfants est sans limite. Mais en contre point, celle des parents, des fermiers, des adultes, ne l'est pas moins. du petit cochon qu'on adule à celui qu'on abat, du lapin tout doux à celui qu'on dépèce et qu'on mange, de l'oie en poussin à celle sur la table du dîner, du petit chien tout mignon qu'on adopte et qu'on caresse, au vieux chien qui pue un peu, que plus personne ne veut sortir le soir, et qu'on fait piquer, la frontière entre la cruauté enfantine gratuite et celle des adultes et de la vie est bien mince.
Assez déstabilisée dans un premier temps par le thème abordé, et par ces dessins essentiellement en dégradés de noirs, blancs, gris, j'avoue que la réflexion est bien plus profonde que ce que l'on peut penser de prime abord. L'histoire est ponctuée de questionnements sur la place de la femme, l'égalité, les traditions, la famille, le respect de l'autre, et bien d'autres choses à découvrir entre les lignes et les dessins.

Lien : https://domiclire.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
pycrozet
  19 novembre 2017
Quand la méchanceté s'allie à l'exhibitionnisme...
Je m'attendais, avec ce titre et cette couverture, à ce que cette BD me fasse rire des petits travers cruels des enfants (et pourquoi pas des adultes aussi, d'ailleurs). Malheureusement, l'histoire nous est racontée sans la moindre mise à distance, comme si la narratrice prenait un véritable plaisir sadique à nous montrer comme elle a été méchante et cruelle... Sauf que, pour qu'on puisse rire, il faudrait un minimum d'autodérision de la part de cette narratrice. Je ne connais rien de Florence Dupré La Tour, ni sa vie ni le reste de son art, mais si cette oeuvre est pleinement autobiographique (autrement dit, si l'auteure est bien à la fois le personnage et la narratrice premier degré), alors c'est inquiétant d'immaturité et d'exhibitionnisme. Dans le cas contraire (si l'auteure a choisi de se créer, à travers la narratrice, un double incapable de recul), je serais curieux de comprendre ce choix : qu'a-t-elle voulu faire passer ? Mystère...
Finissons sur une touche positive : le dessin est très agréable, les mises en scène sont réussies, les couleurs aussi. Bref, rien à redire côté graphismes, d'où les deux étoiles globales.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20


critiques presse (2)
ActuaBD   04 avril 2016
Etonnante chronique très personnelle que celle de cette auteure qui débusque l’instinct de cruauté et de sauvagerie tapi au cœur de chacun de nous dans notre prime jeunesse
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BoDoi   08 février 2016
Cette première partie, sur trois, de l’autobiographie de l’artiste est une franche réussite. Un regard acéré, parfois douloureux, mais jamais pénible, posé sur le passé.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
okkaokka   31 juillet 2019
p.35.
Devoir être triste. Seule la curiosité m'animait à la vue du petit corps sans tête. Aussi je pleure pour faire "comme tout le monde", pour faire plaisir à maman. Et je pleure plus encore ce jour-là, comprenant que pour vivre parmi les humains, il va falloir apprendre à ressentir ce que je ne ressens pas. Ou bien alors mentir.
Commenter  J’apprécie          20
PetitesLecturesDeCPetitesLecturesDeC   27 août 2016
Absolument tous les dimanches, nous allons à la messe.
"-Le Christ est le chef de tout homme... et l'homme est le chef de la femme."
?!?
Ça, c'est mon petit frère, Jérôme.
"-Aime ton prochain comme toi-même."
Je hais Jérôme. C'est nul, la messe. Heureusement, il y a les BD !
J'adore Tintin ! Valeureux, libre, franc, intrépide, aventureux, je suis comme Lui. Je suis Tintin. Je...
Je... Ha non. Moi, je suis là. Moches, soumises ou exaspérantes, voilà les femmes dans "Tintin".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
DOMSDOMS   05 mars 2016
"Une tumeur,et un diabète, c'est inopérable".
Les justifications fusent quand on a pas d'excuses.
Reniée par les siens, Chica n'est pas morte malade. Elle est morte de chagrin.
Commenter  J’apprécie          40
NievaNieva   28 janvier 2017
Plus que toute autre merveille de la nature, c'est l'espace qui me fascine. La possibilité d'un territoire. En aurai-je jamais un ? De quoi sera-t-il constitué ?
Commenter  J’apprécie          30
BazartBazart   04 juin 2016
"En vrai, je ne lui en veux pas d'avoir abandonné ses petits.Je lui en veux parce qu'elle, elle a le droit, sans que personne n'y retrouve à redire. Parce que c'est la nature"
Commenter  J’apprécie          20

Lire un extrait
autres livres classés : cruautéVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
967 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre

.. ..