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EAN : 9782020660464
224 pages
Éditeur : Seuil (16/04/2004)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Le temps est venu de mener une réflexion sur le destin apocalyptique l’humanité : nous avons en effet acquis la certitude que l’humanité était devenue capable de s’anéantir elle-même, soit directement par les armes de destruction massive, soit indirectement par l’altération des conditions nécessaires à sa survie. Le pire n’est plus à venir mais déjà advenu, et ce que nous considérions comme impossible est désormais certain. Et pourtant nous refusons de croire à la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Rolienne
  08 mai 2013

I – FIN D'UNE CONCEPTION TRADITIONNELLE DU DEVELOPPEMENT :
- La pensée de l'environnement ne se réduit pas à l'économie de l'environnement : la dimension éthique et politique ne peut être négligée.
- le mode de développement grâce à une énergie abondante et bon marché n'est plus possible,
- L'appel à la démocratie a trop servi d'alibi à l'absence de réflexion morale,
- La logique sacrificielle et le fondement mathématique ne sont pas des réponses,
- Les trop grands systèmes induisent contre productivité et perte de sens,
- le savoir prédictif remplace les effets inconnus des bonnes intentions,
- la responsabilité individuelle dans la globalisation se révèle insuffisante,
- La mystification ne peut plus faire passer pour naturel un mal politique.
II – CONSTATS PRELIMINAIRES A UN CATATROPHISME ECLAIRE :
- la sécurité est fille de la peur,
- la dissuasion est imparfaite et son auto réfutation échappe,
- le temps de l'histoire n'est plus le rétroviseur mais le futur qui guide,
- la précaution inutile : se confond avec la prévention d'un danger avéré,
- l'excès de notre puissance sur notre capacité à prévoir,
- l'obstacle n'est pas l'incertitude du pire mais le fait de ne pas y croire,
- le savoir ne fonde plus la crédibilité du danger,
- l'évolution créatrice se double d'une évolution destructrice,
- la finitude de notre nature au même plan que l'état des connaissances,
- l'effort scientifique seul ne saurait combler le fossé des apories,
- l'obligation de savoir se heurte à l'impossibilité de savoir,
- la gestion du risque revient à gérer ce que nous ne pouvons pas savoir,
- l'autonomie de la technique supplante la décision de l'homme,
- les dynamiques des systèmes s'auto renforcent dans leur direction,
- Les frontières des intelligences artificielles et humaines se brouillent,
- La mystification fait passer un mal naturel pour une aliénation.
III - ARGUMENTS POUR EN FINIR AVEC LES VRAIES-FAUSSES MESURES DU RISQUE:
1- La complexité des écosystèmes rend dérisoire le calcul « coûts -avantages » des experts techniques parce que loin des seuils de risques. La sérénité comptable et raisonnable des gestionnaires de l'équation du MINIMAX (minimum du risque maximal) participe à la résignation à l'intolérable. La rationalité procédurale n'est pas séparable de la rationalité substantielle.
2- Les systèmes techniques créés pas l'homme substituent à l'infini le naturel par l'artificiel et la production autonome et libre par la production monopolistique et instrumentale, d'où le principe structurel d'écarts et de fluctuations non prévisibles par les théoriciens économistes et assureurs des hasards solvables.
3- Un état de chose dépendant d'un savoir futur revêt un caractère définitivement imprédictible et le savoir prévisionnel restant en deçà du savoir technique, se pose le problème éthique de la maîtrise de soi face :
a. au pouvoir excessif des sciences et techniques
b. et au mythe empoisonné du partage équitable d'une volonté de puissance grisante mais illusoire.
4- Cependant la probabilité en matière de catastrophe ne saurait être une « survenance » irrationnelle, subjective ou psychologique telle que le pari, la bonne fortune ou la question de chance, et donc une justification rétrospective. le jugement probabiliste doit se fonder en amont sur le terrain de l'objectivité sociale et politique, combinant analyse du voile de l'ignorance et fortune morale.

IV- PROPOSITION D'UN CATASTROPHISME ECLAIRE
Au vu de la puissance technologique et scientifique déjà en place, le destin contemporain a le statut d'une erreur, d'un accident qu'il nous est loisible de ne pas commettre. Nous sommes en effet embarqués dans une bombe à retardement et il ne tient qu'à nous que son explosion inscrite comme une fatalité peu probable, ne se produise pas.

Pour éviter ce suicide autoprogrammé de l'homme par l'homme, la futurologie scientifique et la méditation sur les fins de notre civilisation permettraient d'obtenir une image de l'avenir suffisamment repoussante et suffisamment crédible pour déclencher les actions qui empêcheraient sa réalisation, à un accident près.
A défaut de disposer d'observateur divin ou de calculateur infini, cet aléa est hors de portée de notre esprit. Paradoxalement, ce « raté » inconnaissable, non quantifiable, rarissime et futur, offre une marge de manoeuvre, celle de la vigilance permanente.
Dans la situation de destruction mutuelle assurée, faire comme si nous étions la victime tout en gardant à l'esprit que nous sommes la cause unique de ce qui nous arrive est la condition nécessaire de notre salut. Faire « comme si » la cause du mal était exogène pour s'éloigner de nos choix endogènes de développement.
La catastrophe devient alors un projet volontaire, celui d'un avenir tenu pour fixe mais dont on ne veut pas, et contre lequel l'anticipation, l'actualisation, la coordination sont des composantes fondamentales et des conventions qui engagent notre destinée.
La fonction performative de l'énonciation contemporaine d'une catastrophe inéluctable diffère de la prophétie antique comme accomplissement eschatologique : on projette une catastrophe pour que, par notre action rétroactive, elle ne s'accomplisse pas. La posture catastrophiste prévoit réellement l'avenir dans le seul but de le changer.
⇒ Résultats d'activités de prédiction et de simulation comme des signaux avant-coureurs à partir desquels trouver des solutions et des issues.
De ce stratagème de négation de cet évènement négatif, l'autodestruction, résulte l'évènement positif – la vie- .
Patricia JARNIER
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MrDimitriG
  23 mars 2020
Je ne pense pas avoir tout compris, même en relisant plusieurs fois certains passages. C'est un livre qui se diffuse. Il faut y revenir pour bien en absorber tous les savoirs.
Au fur et à mesure des chapitres, on y découvre les angles morts de la pensée humaine, on appréhende les outils qui nous permettent de les dépasser. Tout cela au service d'une cause, comment agir face à la catastrophe qui s'annonce. Une question dont l'importance se fait chaque jour plus prégnante.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
CalabiyauCalabiyau   25 novembre 2015
Comme la tragédie du 11 septembre 2001 l'aura montré de façon saisissante, c'est non seulement le savoir qui est impuissant à fonder la crédibilité, mais c'est aussi la capacité de se représenter le mal, ainsi que la mobilisation de tous les affects appropriés. Cependant, je le répète, au delà de la psychologie, le problème engagé toute une métaphysique de la temporalité, ainsi que Bergson l'a magnifiquement compris à propos de la création. Notre temps impose de transposer au cas de la destruction la leçon qu'il nous a donnée. Avec les hommes, l'évolution créatrice s'est doublée de sa part maudite, l'évolution destructrice.
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DubsjpDubsjp   31 mars 2020
Le monde a vécu l'événement du 11 septembre moins comme l'inscription dans le réel de quelque chose d'insensé, donc impossible, que comme l'irruption du possible dans l'impossible. (page 10)
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DubsjpDubsjp   31 mars 2020
C’est parce que la catastrophe constitue un destin détestable dont nous devons dire que nous n’en voulons pas qu’il faut garder les yeux fixés sur elle, sans jamais la perdre de vue.
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DubsjpDubsjp   31 mars 2020
Nous tenons la catastrophe pour impossible dans le même temps où les données dont nous disposons nous la font tenir pour vraisemblable et même certaine ou quasi certaine. (…) Ce n’est pas l’incertitude, scientifique ou non, qui est l’obstacle, c’est l’impossibilité de croire que le pire va arriver.
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