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ISBN : 2253036153
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/1985)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Voici l'histoire d'une femme et d'un amour, et aussi l'histoire d'un peuple. Au temps des crinolines, alors que surgissent les somptueux grands magasins et les immenses usines qui annoncent l'entrée de la France dans une ère nouvelle, Maria Vadamme, jeune femme du Nord, belle et ardente, qui compte pour rien, aspire à devenir quelqu'un. Habitée de la passion de comprendre le monde, d'être heureuse et d'aimer, elle sera entraînée, de Lille en 1862 à Versailles au tem... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  26 avril 2014
"Au nord, c'était les corons
La terre, c'était le charbon
Le ciel, c'était l'horizon
Les hommes, des mineurs de fond..."
Avec "Maria Vandamme", Jacques Duquesne nous propose une version féminine (abrégée et édulcorée) de "Germinal".
Le thème des mines et du travail des mineurs au XIXème siècle est fertile et permet à l'auteur, à travers un destin de femme, de développer une narration sociale autour des conditions de vie et de travail des ouvriers tout en montrant l'importance économique du filon de la houille, dans le contexte de la révolution industrielle.
Une lecture instructive donc mais qui ne m'a pas complètement séduite, sans doute parce que je ne me suis pas attachée à Maria, pourtant personnage principal. J'ai davantage été convaincue par "Catherine Courage", la suite de ce roman qui met en scène le destin de la fille de Maria.
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Sylviemesjeudis
  20 juillet 2019
L'action se passe dans le nord de la France. Maria Vandamme a été embauchée au Vert Pinson, un cabaret situé dans un quartier pauvre de Lille tenu par Monsieur Léonard et Ursule, son adjointe, qui s'occupe de l'étage où des “filles” reçoivent des hommes, ce qu'ignore Maria. Cet établissement lui a été recommandé par une ancienne collègue de travail en usine lorsque Maria lui a avoué n'avoir plus d'argent. Maria est tombée dans un piège, le Vert Pinson pratique la prostitution.
Quand Monsieur Léonard quitte le cabaret, il enferme les serveuses, elles deviennent donc complètement prisonnières. Maria refuse d'être une fille de passe. Monsieur Léonard la frappe à coups de gifles et de canne (entre 50 et 150 coups par jour) jusqu'à ce qu'elle accepte. C'est sans compter sur sa forte personnalité habituée à la lutte. Elle n'est pas une femme à se laisser mener par le bout du nez. Elle ne voit pas d'autre issue pour s'échapper de la souricière que d'y mettre le feu. Ou la porte cédera ou elles mourront dans les flammes.
Maria Vandamme est née sous une mauvaise étoile en 1843, abandonnée au tour de l'hospice des enfants à Saint-Omer avec son nom autour du cou, un papier accroché sur une ficelle : Vandamme. On lui donne le prénom de Maria. Elle passe quatre ans à l'orphelinat qui s'en débarrasse bien vite dans une ferme à Méteren en Flandre pour avoir une bouche de moins à nourrir. Main-d'oeuvre à bon marché, elle deviendra un outil au service de l'agriculture. Les fermiers sont jeunes, exigeants, avides de progrès pour plus de rendement. En grandissant, sa sécurité de femme est menacée par les valets et le fermier lui-même. Elle s'enfuit pour se protéger.
La malchance la poursuit aussi en amour : elle s'éprend d'un contrebandier, puis d'un révolutionnaire !
Aloïs Quaghebeur est cocher et jardinier chez les Rousset. Un jour, il rencontre un autre cocher qui lui propose de s'associer pour faire un trafic de tabac. Celui qui le fournissait s'est fait prendre à la douane et il est en prison. Aloïs, avec ses origines belges pourrait le remplacer et gagner beaucoup d'argent pour faire des cadeaux à sa belle. le tabac belge est revendu jusqu'à trois fois son prix d'achat.
Maria retrouve celui qui l'a sauvée dans l'incendie du cabaret, Blaise Riboullet, maçon, originaire de la Creuse. Blaise est hostile à l'empereur. Il milite en politique contre les bas salaires des ouvriers, leur exploitation et celle des femmes et des enfants dans les mines. On le traite d'anarchiste. Il est sans cesse poursuivi par la police.
L'auteur nous offre une belle page sur une période de notre histoire entre 1843 sous la Monarchie et 1871, l'insurrection de la Commune de Paris. Il nous éclaire aussi sur le comportement des différentes classes sociales de cette époque.
Maria apprend à lire en cachette auprès d'Henri, le fils de ses patrons âgé de 10 ans. Elle en a honte vis à vis de sa patronne, comme si elle avait commis un crime. Pour Céleste Rousset, une servante ne doit pas savoir lire, une femme du peuple n'a pas besoin d'être cultivée. Chacun doit rester à sa place. Même le jeune frère de Céleste, Jérôme Dehaynin, médecin qui prétend être à la pointe des pratiques médicales modernes, qui dénonce le manque d'hygiène dans les foyers et les espaces publics, qui joue un rôle social, trouve inutile que Maria sache lire. Maria est renvoyée, elle a trompé leur confiance.
Il y a dans ce livre une magnifique description de la mine et du métier difficile de mineur.
De plus, j'ai beaucoup apprécié le portrait qui est fait d'Aloïs Quaghebeur lorsqu'il quitte Denain pour s'engager comme volontaire dans la guerre de 1870.
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cyan
  03 octobre 2018
(...)
(...) Ce qui m'a le plus intéressée dans ce roman, c'est l'aspect historique et féminin(iste) qui est mis en avant. J'ai découvert une période de l'histoire de France que je connais très très mal: le Second Empire, à la veille de la guerre contre la Prusse et de la Commune. Sur fond de socialisme naissant et de débat sur les conditions de vie déplorables des ouvriers, on aborde beaucoup de sujets et en particulier comment les femmes vivaient ou survivaient à cette époque. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'était pas joyeux-joyeux. Si tout n'est pas traité en profondeur (il n'y a que 383 pages), l'auteur expose les faits avec suffisamment de clarté pour qu'on comprennent les enjeux.
Le personnage de Maria est au centre de l'histoire, mais on la quitte parfois pour suivre les autres protagonistes, en particulier la famille Rousset, de riches industriels, ou Blaise, un « agitateur socialiste ». Ce qui permet d'avoir une vision d'ensemble du contexte. C'était intéressant, mais j'avoue que j'ai préféré les chapitres consacrés à Maria, les autres personnages ne m'ayant pas semblé attachants.
Le style est fluide, ça se lit vite et sans problème. Il y a quand même quelques facilités qui rendent l'histoire un peu trop optimiste pour mon goût. L'accent est mis sur l'évolution de Maria et, dans la 2e moitié, sur celle de ses sentiments. On n'est pas chez Zola ou Hugo, mais l'intention est semblable sur certains points.
Dans l'ensemble, une lecture intéressante et agréable, sans être non plus inoubliable.
Lien : https://bienvenueducotedeche..
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pit31
  07 avril 2019
Troublant les fastes du Second Empire, l'heure de la grand industrie a sonnée. Plongée au coeur de l'ère nouvelle, Maria Vandamme, fille du Nord, veut conquérir le droit de vivre.
Sans famille, sans amis, sans appui, quel chemin prendre ? Ce n'est pas le courage qui manque à cette ardente et belle jeune femme, ni la passion : car elle aime !
Mais tant d'obstacles se dressent contre son amour ! Que ses pas la conduisent à travers la campagne flamande, les faubourg de Lille ou les rues de Versailles, elle est avide de comprendre le monde qui l'entoure. Toutes les classes s'y côtoient : industriels, ouvriers, bourgeoises, femmes du peuple, policiers, contrebandiers même. A qui donc se fier quand on est sans défense ? Comment garder l'espoir quand tonnent les canons de la guerre de 70 ou lorsque gronde la Commune ? Pour se guider, Maria n'a que son coeur.
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clairevi
  29 mars 2010
. Entraînée de Lille en 1862 à Paris pendant la Commune, Maria Vandamme découvre le monde et l'amour. Autour d'elle gravitent de nombreux personnages superbes et attachants, permettant de valser entre de grands moments intimistes et de véritables tableaux de la vie en communauté à cette période.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
pit31pit31   04 avril 2019
On les avait placés côte à côte, comme des jeunes mariés déj, presque au centre de la grande tablée qui réunissait leurs deux familles. Mais ils ne se parlaient guère. Léonie Rousset, parfois, levant les yeux, observait à la dérobée son voisin. Un homme de douze ans son ainé, avec un léger embonpoint, mais aussi un je ne sais quoi d'inachevé dans le visage, le menton fuyant, les traits mous. Elle essayait de l'imaginer à ses côtés la vie durant. Difficile.
Quand sa mère, vers le milieu de mai, était venue au couvent lui parler mariage, la fille ainée des Rousset avait pourtant failli crier de joie. Elle était lasse d'ne vie austère et rabougrie entre les salles d'étude et les dortoirs sombres, et de la robe de mérinos noir qu'elle portait comme ses compagnes toute l'année - dimanche et fêtes exceptés. Elle croyait savoir assez de broderie, de piano, de cuisine et de français. Elle se sentait isolée depuis que sa meilleure amie avait quitté le couvent pour épouser un militaire, un lieutenant plutôt fringant, rencontré lors du mariage d'une cousine. Depuis, elle s'ennuyait.
Le mariage proposé offrait les couleurs prometteuses d'une libération. Léonie se voyait avec quelque satisfaction présidant à dix-huit ans, aux destinées d'un foyer - soumise à son mari bien sûr mais appelée "madame" par les fournisseurs, commandant à une bonne, et ayant un "jour" pour recevoir ses amies. Quant à l'époux… Céleste avait expliqué à sa fille qu'un prétendant existait, à qui l'on avait montré le daguerréotype qui la représentait à seize ans, et qui se déclarait depuis passionnément épris. Le fils unique d'une très honorable famille d'Amiens, qu'un père avisé avait envoyé faire études et séjours en Angleterre, d'où il était revenu avec une bonne connaissance des mécaniques modernes de tissage.
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pit31pit31   05 avril 2019
Un cheval s'agita, hennit, s'apaisa. On entendait, assez loin, les roulements de berlines, des cliquetis aussi, des bruits de choc, des coups sourds qui venaient des cages. L'extraction était interrompue jusqu'au lendemain matin, mais la mine bourdonnait encor de mille activités.
Blaise s'interrogeait. Ils n'allaient pas s'éterniser au fond. Il fallait trouver un moyen d'en sortir, et ça ne serait pas facile. En haut, si les policiers étaient intelligents, il leur suffirait de surveiller toutes les remontées des cages, puisqu'il n'existait pas d'autre issue. La mine était un piège.
Il s'ouvrit de ses inquiétudes à son compagnon. Celui-ci croyait connaître la solution. Ils passeraient la nuit dans la chaleur des chevaux, et au petit matin ils se cacheraient dans une berline de charbon. Là-haut, les gendarmes ne fouilleraient pas toutes les berlines, ils ne s'intéresseraient qu'aux hommes.
Ils s'installèrent pour la nuit. Blaise songeait à Maria, à l'avenir : le plus simple, s'ils parvenait à sortir de là, serait de passer en Belgique.
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pit31pit31   04 avril 2019
Un coup de pot d'étain sur la tête l'avait fait taire.
A présent, l'heure d'agir était venue. Les femmes semblaient dormir. Ursule s'était retirée dans une petite chambre à la porte percée d'un judas qui lui permettait d'observer les allées et venues. Et la petite lampe à huile brûlait, jetant une lumière jaunâtre sur ce monde clos et crasseux qui sentait la fumée de charbon, la bière passée, la paille pourrie.
C'était, avait calculé Maria, du côté du réduit dénommé cuisine qu'il fallait mettre le feu. Elle y disposerait de nombreux matériaux combustibles : de vieux papiers, le petit bois qui servait à allumer les poêles à charbon, sans compter les rideaux graisseux.
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rkhettaouirkhettaoui   27 décembre 2017
La prostitution, elle la connaissait de longue date. Il était impossible de vivre plus de huit jours dans ce quartier en l’ignorant. Et plusieurs de ses compagnes, à l’usine, trouvaient là un moyen d’arrondir leur pécule : quand elles sortaient le soir pour arpenter les petites rues de Saint-Sauveur, on disait qu’elles allaient faire le cinquième quart de leur journée, le mieux payé. Maria ne s’en indignait pas : chacun, chacune devait s’organiser pour survivre. Et la clientèle de ces filles n’était pas spécialement repoussante : quelques ouvriers, des gens du quartier, surtout des soldats,des garçons venus des Flandres, qui parlaient à peine le français, d’autres encore, recrutés dans les régions des mines et qui racontaient d’étranges histoires de chevaux tirant des chariots de houille à des centaines de mètres sous terre. Quand ils n’avaient pas trop forcé sur la bière ou le trois-six, ces hommes-là n’étaient pas terribles.
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fefe2fefe2   30 mars 2016
Mais il n'avait pas imaginé le froid glacé, la boue, la pluie des sources, la puanteur du goudron, de l'urine, de la merde répandus au hasard des galeries, ni ce sentiment d'étouffement qui l'avait étreint à la première minute, dès l'entrée dans le labyrinthe noir. Oui, c'était l'enfer.
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Vidéo de Jacques Duquesne
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